Il m'est difficile d'imaginer le public pour lequel ce titre a été créé. Très. J'imagine qu'il doit exister, hein, car malgré ses échecs répétés sur divers formats Ryse compte encore quelques fans qui prétendent apprécier au second degré ses charmes déjà surannés. Pour ceux et celles qui auraient eu la chance - comme moi, tiens - d'échapper à ce titre lors de sa sortie originale je me dois de vous préciser quelques points de détail qui pourraient vous permettre de comprendre l'ampleur du désastre. Par malchance, tout commence en...



  1. Budapest. Crytek reçoit quelques-uns des tout premiers kits de développement d'un objet que l'on finira par nommer le Kinect. L'appareil est à l'époque prévu pour sortir le plus vite possible sur Xbox 360 comme une réponse simultanée au succès de la Nintendo Wii et à l'éventuelle résurrection de l'Eye Toy dans le camp de Sony. L'idée, toujours louable même aujourd'hui, consiste à remplacer les moyens traditionnels de contrôle par les mouvements de votre corps. Ce n'est pas sale. Ni érotique, d'ailleurs. Crytek Budapest pense à l'époque créer un film interactif proche d'une attraction dans l'un de ces parcs dont le nom m'échappe mais dont ma mémoire m'indique pourtant qu'ils sont synonymiques aux susmentionnées attractions. L'idée, du moins à l'époque, semble appropriée au moyen de contrôle proposé.


Nous sommes soudain en 2013. Nintendo a évité l'apocalypse une génération de plus en arrivant à faire paniquer ses compétiteurs directs par l'une des diversions les plus étranges et magnifiques de l'histoire vidéoludique. Ryse est maintenant une exclusivité Xbox One contrôlée à la manette - le nouveau Kinect est pourtant enfin assez précis pour s'acquitter de l'idée ébauchée à la base - car Microsoft espère en faire un grand succès chez les Hardcore Gamers. Mutilé par huit longues années passées en développement le jeu simpliste est maintenant censé être un blockbuster. Il n'est plus dirigé à partir d'une vue subjective mais bien à la troisième personne. Son scénario est devenu censément plus profond - comprendre qu'il dure huit heures et comporte des cinématiques censées prouver aux gogos la justesse de leur achat - mais fait pourtant tout ce qu'il peut pour mimer les grands classiques récents du film de gladiateur. Ainsi que quelques classiques du Péplum mais je n'ai aucune envie de vous gâcher la maigre historiette qui vous est ici proposée. Ryse, maintenant, est une aventure cinématographique racontée par l'entremise d'un beat 'em up teinté de QTE.


Ah, et Kinect sert à y donner des ordres vocaux aux diverses unités incompétentes qui vous entourent. (J'ignore si vous vous en souvenez mais Microsoft prétendait croire très fermement à l'accessoire jusqu'à ce que son échec pleinement avéré les force à l'abandonner pour récupérer une portion des ressources de leur machine.) L'on y incarne un romain nommé Marius Titus qui doit venger son père d'un meurtre perpétré par des Barbares Britons sous les ordres d'une terrible conspiration de sénateurs romains menée par Néron. Le tout prend place durant un flashback malhabile où votre héros raconte à son ultime victime le chemin qu'il a emprunté pour arriver là. (Le terme couloir serait plus approprié, d'ailleurs, vu le niveau de liberté qu'on vous laisse dans ce titre.) Comptez huit heures d'intrigues prévisibles entrecoupées de combats difficiles à distinguer les uns des autres et vous aurez une bonne idée de la tentative ici ébauchée : creuse, mais magnifique.


Comme quoi, Rome ne s'est pas faite en sept ans.

MaSQuEdePuSTA
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le 26 déc. 2015

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