Dans les productions de l'âge d'or du studio From Software, Sekiro peut paraitre à part.
Si il reprend certains éléments de la formule des Souls-like, il l'en débarrasse de quasiment tout l'aspect rpg pour n'en garder que la montée en puissance, comme carotte à l'exploration et régulateur de la progression. Le loot est réduit à l'essentiel: des consommables et des accessoires venant épauler la seule arme du jeu. Cette épuration conduit à une focalisation du joueur sur un aspect du gameplay: les combats. Avec un système différent de celui des souls, simplifié, moins stratégique mais beaucoup plus dynamique qui tend vers le jeu de rythme. On demande moins au joueur de gérer (la barre d'endurance qui a disparue, l'espace puisque la parade demande moins de se déplacer autour des ennemis) mais plus de lire les animations de l'adversaire et de trouver et d'exécuter la réponse adaptée dans le bon tempo. Et c'est ce tempo que doit trouver le joueur et apprendre à danser avec le jeu.
Curieux jeu que ce Sekiro parce que son épreuve d'entrée est certainement la plus difficile des jeux Fromsoft mais, une fois trouvé le déclic, une fois fois que le gameplay est assimilé, c'est le plus facile est le plus agréable à jouer des jeux du studio.
Quelle agréable expérience de revenir des années après à Sekiro. La mémoire musculaire reste, comme pour le vélo ou le ski, et redécouvrir complètement le jeu avec ses automatismes et un vrai délice. On n'a plus qu'à se concentrer sur la lecture des animations et constater l'excellence de From Software dans ce domaine et la brio de son intégration au gameplay. Rejouer à Sekiro est une activité de dégustation.
Faux jeu difficile (même si l'apprentissage est très rude et à quelques pics de difficulté vraiment abusés), Sekiro n'est pas non plus un jeu parfait. Un manque de variété des décors qui laissent beaucoup de regrets, l'habituelle réutilisation des boss, le démon de la haine, insupportable et qui dénote complètement avec le reste du jeu. Il ne laisse pas le joueur repu et reste, de loin, le Fromsftware qui mériterait le plus une suite.
Refaire Sekiro est donc un pur plaisir que je recommande.