Pour attendre entre 2 Grand Theft Auto, on peut choper une alternative plutôt efficace. Les Saints Row, du premier au troisième se sont montrés être très efficace dans ce domaine, à défaut d'être égaux. Les True Crime aussi. Alors Sleeping Dogs, anciennement True Crime : Hong Kong, c'est du même calibre?

Sleeping Dogs se passe donc à Hong Kong et nous envoie du True Crime à fond les ballons : Wei Shen est un policier infiltré dans la triade des Sun on Yee. Il a donc une enquête principale à mener tout en ayant quelques affaires à côté. On est dans un pur GTA-Like : ville ouverte, possibilité de personnalisation du héros pas poussée au max, longues plages de dialogues, casting ahurrissant au doublage, des radios dans les voitures, des courses de bagnoles... Rien de nouveau, en fin de compte. Sauf que Sleeping Dogs se passe à Hong Kong et que les scénaristes du jeu ont parfaitement intégré cet élément dans le jeu. La ville est superbe, de jour comme de nuit même avec des graphismes un peu à la ramasse et le scénario mêle bien tous les éléments de la culture hongkongaise (les Triades, les croyances, le sens de l'honneur) avec les clichés réjouissants inhérents au genre tout en s'inspirant des meilleurs films du genre comme Infernal Affairs... Les personnages sont tous très bien travaillés, avec un héros, Wei Shen, ultra-charismatique . Certains personnages secondaires sont exceptionnels, comme Vivienne Lu et Sandra, les bad guys sont détestables à souhait, mention spéciale à Mr. Tong et à Pendrew, machiavéliques à souhait. Mais où le jeu se démarque des autres, c'est dans ses ruptures de ton, éblouissantes. Le jeu commence de manière conventionnelles avec des missions classiques avant de sombrer dans ses dernières heures dans une violence sans nom, à la limite du soutenable (avec Mr. Tong, justement, et sa manière de torturer Wei)qui ne font que renforcer la puissance émotionnelle du jeu. Autre exemple : on démarre dans les faubourg d'Hong Kong et, à la manière d'un GTA SA, on finit dans le clinquant, avec des imprésarios et des stars impliquées. Sauf qu'on est bien plus proche d'un Vice City réjouissant avec les Love Fist que d'un GTA SA avec le fade Madd Dogg (et j'adore GTA SA, ne nous méprenons pas).

Mais dans un jeu vidéo, le scénario ne suffit pas, il faut que la technique suive. Bien heureusement, elle est à la hauteur du projet. Mais pas comme on pourrait l'imaginer. En effet, les graphismes sont à la ramasse, comme dit auparavant, même au maximum, quelques défauts de collision sont à déplorer, deux, trois commandes ne sont pas très intuitives (tirer depuis une voiture) quelques objectifs pas clairs, les fusillades sont un peu manquées mais heureusement très peu nombreuses et deux ou trois bugs sont à signaler. Mais globalement, le jeu n'est pas quand même moche, la maniabilité est presque parfaite, en témoignent les combats dantesques à 1 contre 20 (certains sont mis en scène de manière virtuose, comme celui de la boîte de nuit avec les lumières qui dansent et FUSE d'Hudson Mohawke en bande son) ou les déplacements géniaux où tout s'effectue avec le bouton "A". En effet, tout est plus fluide, les animations sont énormes, comme celle de Wei quand il saute d'une hauteur inconsidérée, et renforcent la viscéralité du jeu. La conduite est totalement arcade et quelques commandes comme le bouton pour percuter les voitures rendent les courses franchement fun à défaut d'être réaliste. Les arbres de compétences sont de très bonnes idées et apprendre des nouveaux coups très faciles à sortir est un plaisir non dénigrable. En effet, les coups de pied sautés et les coups de coude en plein saut sont jouissifs à souhait. Le doublage est tout bonnement exceptionnel, avec de très grandes prestations de Lucy Liu (comme d'habitude), Will Yun Lee, Byron Mann et Parry Shen. Les autres, comme Ron Yuan, Emma Stone et Tom Wilkinson ne sont pas en reste mais sont quand même en deça des sus-cités.

Sleeping Dogs est une excellente expérience pour tout joueur pas trop regardant sur les graphismes et plus sur le plaisir de jeu. On peut le trouver répétitif mais difficile de ne pas être passionné par le destin d'un héros si charismatique dans un monde si passionnant. Dans mon panthéon du jeu vidéo hands down.
CeeSnipes
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le 26 août 2013

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