Comme si le premier épisode s’était enfin souvenu de qui il était censé être. Là où Sonic Advance hésitait, tanguait entre héritage Mega Drive et adaptation molle au support GBA, sa suite assume tout, la vitesse, la frénésie, l’exigence. ça fait une sacrée différence.
Dès les premières secondes dans Leaf Forest, on sent que quelque chose a changé. Sonic fuse, les décors défilent à une vitesse presque absurde pour la petite console!
C’est peut-être ça la vraie réussite de Sonic Advance 2, avoir su transformer ses défauts d’hier en moteur pour le jeu. Le level design du premier était hésitant, souvent cassé par des ennemis surgis de nulle part, des obstacles mal placés, une caméra trop proche. Ici, la caméra reste toujours aussi serrée, mais le jeu est construit autour de ça.
Tout est plus fluide, plus anticipable. On a cette impression rare d’être dans un flux, comme si le level design avait été pensé pour être lu en mouvement. Ça demande d’apprendre, de recommencer, de mémoriser, mais c’est enfin gratifiant, car prévisible avec quelques bons réflexes. (Comme quoi, moi qui aurait revue la copie, il suffisait juste de mieux doser?)
Ce n’est pas pour autant que le jeu est facile. Bien au contraire. Sonic Advance 2 est technique, exigeant, parfois frustrant, mais dans le bon sens. Tu ne le termines pas sans t’investir. Chaque niveau cache ses subtilités : plateformes cachées, embranchements multiples, rampes à synchroniser parfaitement... et bien sûr, ces maudits anneaux spéciaux à collecter pour débloquer les émeraudes.
Là-dessus, on peut vraiment dire que le jeu ne fait aucun cadeau. Les 7 anneaux à trouver dans un seul run de niveau, sans mourir, sans se tromper de route ? C’est presque cruel. Mais justement, ça crée un enjeu. Une maîtrise qu’on n’exigeait plus de toi dans un Sonic portable.
La grande force du jeu, c’est aussi la sensation de vitesse, encore plus poussée que dans n’importe quel épisode précédent. Sonic n’a jamais couru aussi vite. Et ça, c’est en partie dû à l’inertie retravaillée, les persos accélèrent vite, mais gardent un certain poids. On est dans une vraie zone d’équilibre entre fun immédiat et rigueur mécanique. Chaque saut, chaque dash demande un timing propre. Tu ne spammes pas bêtement le bouton, tu danses avec le level design.
On retrouve Sonic, bien sûr, mais aussi Cream, Tails, Knuckles, et plus tard Amy, chacun avec un gameplay sensiblement différent. Cream, en particulier, est la vraie star pour les débutants, son compagnon Cheese attaque automatiquement les ennemis, rendant l’expérience beaucoup plus accessible. Tails vole, Knuckles plane et grimpe, Amy a toujours son gameplay à part avec son marteau, sauf cette fois ça marche!
Les niveaux s’adaptent mieux aux spécificités de chacun, même si certains restent clairement pensés pour la vitesse pure de Sonic.
Visuellement, Advance 2 est plus lisible, plus propre, plus inspiré que son aîné. Les zones sont marquées par de vraies identités graphiques, Hot Crater, Music Plant, Sky Canyon, Techno Base... il y a du charme, de l’inventivité, et un travail bien plus poussé sur les arrière-plans. Même les animations ont gagné en fluidité, et les boss, bien qu’un peu trop scriptés et parfois punitifs, ont un vrai cachet.
Surtout qu’on les affronte en scrolling forcé, en courant. Une idée brillante sur le papier, parfois brouillonne en pratique, mais toujours spectaculaire.
La bande-son, elle, fait le job. Moins mémorable que les pistes Mega Drive (ça reste difficile de rivaliser), mais avec des thèmes très bien construits, dynamiques, et toujours en phase avec le ton du niveau. Le thème de Music Plant, par exemple, fonctionne à merveille, avec ses percussions synthétiques et sa petite ligne de basse sautillante. Ceci dit, des épisodes gameboy Advance, ça reste l'épisodes avec les mélodies les moins marquantes, à mon goût.
Il y a, bien sûr, encore des frustrations. Certaines zones deviennent un peu trop labyrinthiques. Le système de récupération des émeraudes, comme dit plus haut, est inutilement punitif. Et le jeu, parfois, t’oblige à passer en mode perfectionniste, au détriment du plaisir immédiat. Mais pour peu qu’on accepte le deal, que ce ne sera pas un Sonic contemplatif, mais un jeu de maîtrise, Sonic Advance 2 devient une petite pépite.
Encore aujourd’hui, c'est l’un des meilleurs Sonic 2D portables, tous supports confondus. Un jeu nerveux, précis, élégant.