SoulCalibur VI
6.9
SoulCalibur VI

Jeu de Project Soul et Bandai Namco (2018 · PC)

Après pas loin de 20h sur ce Soulcalibur VI (2018), je peux affirmer qu’il s’agit d’un très bon cru du genre même si cet épisode n’est pas dénué de défauts. La première chose qui m’a frappé, c’est la relative « stagnation » de la franchise depuis toutes ces années. J’avais joué à Soulcalibur II, à l’époque sur la Nintendo Gamecube : j’avais saigné cet épisode car je trouvais les combats dynamiques, les personnages réalistes et l’idée de se combattre avec des armes originales (ça l’est toujours en 2025). Ce Soulcalibur VI ne change pas vraiment avec la formule de 2003, vous avez globalement les mêmes personnages, les mêmes coups, les mêmes niveaux restreints et peu détaillés, la même personnalisation poussée de vos personnages que l’on peut foutre quasi à poil si l’envie vous prend, etc. En fait, en jouant, j’avais la sensation de rejouer au deuxième opus sur Gamecube, je n’étais pas bousculé par la nouveauté si ce n’est la mise à jour graphique et les modes solo propres à Soulcalibur VI. Si les personnages sont bien modélisés et relativement sexy pour les femmes (Ivy, Cassandra, etc.), les décors, eux, font très à l’ancienne, pour ne pas dire désuets : peu de détails, graphiquement en deçà des productions actuelles, arènes vides et petites, aucune interaction possible. Côté combat, Soulcalibur VI demeure un titre plutôt facile à prendre en main, d’autant plus si vous prenez un personnage avec une allonge (Kilik, Astaroth) ou une capacité à frapper rapidement (Maxi, Taki) mais c’est comme tous les jeux du genre, pour maîtriser le gameplay comptez quelques dizaines d’heures d’investissement. Le jeu tente vainement d’équilibrer ses personnages notamment en donnant le plus de vélocité aux personnages de corps à corps, équipés d’armes avec peu d’allonge, et davantage de lourdeur ou d’inertie aux personnages avec une allonge déraisonnable. C’est globalement bien fait mais très clairement déséquilibré en l’état et je crois pouvoir dire sans trop de risque que si Soulcalibur VI ne fait pas partie des jeux de combat joués à haut niveau, c’est qu’il y a une raison. Pour ma part, ce n’est absolument pas un problème car, comme vous le savez, je ne joue aux jeux de combat que pour la campagne solo, le mode arcade et la manie de déverrouiller du contenu pour les personnages. Soulcalibur VI introduit aussi deux mécaniques censées moderniser les combats : le Reversal Edge et le Critical Edge. Le premier fonctionne comme une sorte de pari défensif qui, en cas de réussite, déclenche une phase de pierre-feuille-ciseaux un peu artificielle, cassant le rythme nerveux habituel de la série. Le second, plus classique, permet de déclencher une attaque spéciale spectaculaire en consommant une jauge, à la manière d’un super coup dans Street Fighter. Honnêtement, ces ajouts n’apportent pas grand-chose car le Reversal Edge ralentit l’action et semble pensé pour les débutants, tandis que le Critical Edge, bien qu’efficace visuellement, reste finalement une option parmi d’autres dans un système déjà maîtrisé depuis quinze ans. Du reste, les combats sont rapides, dynamiques, chaque combattant possède son propre style et ses armes, on peut critiquer autant qu’on veut le manque de prise de risque de la licence, Soulcalibur VI reste un jeu très plaisant à parcourir en solo ou en multijoueurs. J’ai adoré retrouver mes personnages fétiches de l’époque, Ivy, Mitsurugi et Astaroth, j’ai poutré des culs comme jamais et ça, ça n’a pas de prix ! Tiens, parlons-en du prix, je me suis procuré une version complète avec tous les DLC pour près de 15 € en passant par des sites annexes à Steam. Ils ont encore l’audace de vendre le jeu plein pot hors solde, ce que je déconseille évidemment. Côté campagne solo, Soulcalibur VI est un très bon cru même si j’ai trouvé l’histoire principale, le mode « Chronique d’âme », peu engageante. On passe son temps à lire des lignes de dialogue façon roman virtuel dans une histoire de failles qui font apparaître des légions d’adversaires sur notre planète. Franchement, pas terrible du tout, à la fin je ne lisais plus aucun dialogue. Idem pour le mode « La Balance des âmes », un mode arcade remanié autour de l’histoire de la franchise au XVIème siècle. C’est trop, ils n’ont pas su trouver un équilibre. D’ailleurs, on sent que les développeurs ont eu un budget très serré pour créer cet épisode : ça sent le jeu fauché. Très peu de cinématique, décor vide et moche, toute l’histoire principale passe par des dialogues façon RPG sur Nintendo DS… Un peu triste de voir cela pour une franchise aussi réputée, aussi historique. Ils ont mis l’intégralité du budget sur la modélisation des personnages nombreux (une trentaine en comptant les DLC), jolis et variés au demeurant.

Au final, Soulcalibur VI reste un très bon jeu de combat, solide et agréable malgré son évident manque de moyens et une formule qui n’a presque pas bougé depuis l’époque Gamecube. On y prend beaucoup de plaisir, surtout si l’on a connu les grandes heures de la série, mais difficile de ne pas s’interroger sur l’avenir. En effet, depuis 2018, aucun nouvel épisode annoncé, tandis que Tekken, Street Fighter ou Mortal Kombat continuent de se renouveler. Peut-être que la licence prépare quelque chose, peut-être qu’elle traverse simplement une longue pause, mais cette absence prolongée laisse un léger doute planer. En attendant d’en savoir plus, ce sixième épisode reste un bon moment de baston, imparfait mais sympathique.

silaxe
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le 16 nov. 2025

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