En 1978 sort en Arcade un jeu qui marquera de son empreinte l'Histoire du Jeu Vidéo : Space Invaders. Et comme la plupart des hits de l'époque, il se retrouvera porté -en 1980- sur la célèbre 2600 du puissant Atari, qui détient alors au moins 90 % du marché des consoles de salon (à vue de nez).


Le succès de Space Invaders est le résultat de plusieurs facteurs positifs, qui s'entremêlent à la perfection : déjà, à l'orée de la décennie 80, on est en pleine Star Wars mania, ce qui est pile le sujet du jeu (aka les "guerres stellaires", et non la "guerre des étoiles" comme est si mal traduit le titre français de la saga de mr. Lucas).


De plus, il donne naissance presque à lui tout seul à un genre, le shoot spatial, ce qui n'est pas rien, vous en conviendrez. Il y a bien eu des Computer Space ou encore des Space War, mais leur impact fut bien moindre (puisque très peu de gens ont eu la chance de pouvoir les essayer).


Enfin (et surtout), c'est tout simplement son accessibilité et son addictivité qui lui ont permis d'accéder à cette notoriété largement justifiée. Un système de jeu que je vais m'empresser d'évoquer pas plus tard que tout de suite, pour les deux du fond qui ne connaissent que FIFA et Call Of


Contrairement à la plupart des "shmup", Space Invaders est ce qu'on appelait en des temps très reculés un "fixed shooter" : on ne peut se mouvoir à sa guise, mais seulement sur une certaine zone d'action ; ici en l'occurrence, tout en bas de l'écran, sur tout l'axe X.


On dirige un canon mobile devant éliminer la menace alien. Petit aparté à ce propos, vous avez remarqué que dans 99 % des jeux vidéo, les aliens sont toujours une menace ? Comme si chaque espèce dans l'Univers devait avoir un comportement de connard anthropo-logique…


Les aliens se présentent à nous par vagues de 36 spécimens, à raison de 6 colonnes de 6, se mouvant latéralement en rang telle une bonne vieille garnison romaine. Une fois le bord de l'écran atteint, ils descendent d'un cran, et repartent dans l'autre sens… Ah, j'allais oublier un petit détail: ils essaient ni plus ni moins de nous bousiller la gueule, en nous tirant dessus !!! À moins d'être un chrétien convaincu et pratiquant, on préfèrera répliquer plutôt que de tendre l'autre joue…


Si l'absence de bonus offensifs/défensifs trahissent l'âge du jeu, Space Invaders va tout de même un peu plus loin que le basique "tuer ou être tué". Citons par exemple la bonne idée des barricades, qui est une arme à double tranchant : elles nous protègent de quelques coups (tout en se déteriorant) mais sont également fragilisées par nos propres tirs !!


Notons également que plus leur nombre se réduit, plus les aliens gagnent en célérité : il devient alors très dur de shooter les derniers survivants… Ajoutons aussi que les bruitages accélèrent le rythme à mesure que la menace s'estompe, participant aussi au stress du tir manqué…


Mais si on ne devait retenir qu'une seule qualité du soft, c'est la possibilité d'exterminer de l'alien en coopération. Et ça, c'est pas rien. Non seulement ça ajoute un zeste de stratégie appréciable (et ça change des traditionnels deathmatchs), mais surtout ça diminue partiellement le sentiment de grande répétitivité du titre de Taito.


Car oui, s'il y a bien un défaut à Space Invaders, c'est bien la répétitivité de l'action. Ainsi, par exemple, bien que d'apparences différentes, aucun alien n'a de réelle spécificité propre. Les niveaux se suivent et se ressemblent tous un peu trop, même si quelques variations ajoutent un peu de piment aux joutes (ennemis plus véloces, cadence de tirs plus rapide ou qui ondulent, barricades qui bougent, etc…).


Les autres hits de l'époque (Pac-Man, Breakout, Asteroids, Centipede…) n'étaient cependant pas spécialement mieux lotis, Space Invaders serait même plutôt dans la moyenne haute à ce niveau-là… Mais surtout, le plus important c'est le fun, et le pari est réussi haut la main. C'est pas pour rien que Space Invaders est devenu le premier million-seller de la bécane (et accessoirement du jeu vidéo en général)…

Wyzargo
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le 20 juil. 2015

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