Attention, instant vieux con : j'ai découvert Star Fox alors qu'il s'appelait encore Star Wing (1993) sur Super Nintendo. À l'époque, voir renard piloter un vaisseau composé de quelques polygones sur une console 16 bits nous donnait l'impression de vivre dans le turfu. Aujourd'hui, ce futur a déjà trente ans, et Nintendo nous ressort encore une fois son classique.
En effet, après Lylat Wars (1997) sur Nintendo 64 et son remake sur 3DS (2011), la Switch 2 accueille encore un nouveau remake (2027).
Derrière son nouvel habillage, ce Star Fox reste quasiment le même jeu qu'en 1997.
Et vous savez quoi ? Il est toujours aussi fun.
Car malgré ses presque trente ans, son gameplay de rail shooter reste d'une efficacité redoutable. Ça file à toute vitesse, ça explose dans tous les sens, les contrôles répondent au doigt et à l'œil, et on retrouve immédiatement ce plaisir arcade devenu beaucoup trop rare. Ici, on joue. C'est tout. Et c'est déjà beaucoup.
graveLa grande nouveauté est évidemment visuelle. Nintendo a choisi de rester étonnamment fidèle aux illustrations et artworks d'origine. Les personnages affichent un côté animalier presque réaliste qui pourra surprendre ceux qui imaginaient une direction artistique plus stylisé (façon animé). Personnellement, ça fonctionne grave. J'ai parfois eu l'impression de voir les jaquettes de mon adolescence prendre vie. C'est peut-être la nostalgie qui parle.
Techniquement, rien à dire. C'est fluide, propre, lisible.
Malheureusement, tout n'a pas aussi bien vieilli.
Les (rares) missions en arène restent le principal point faible du jeu. Là où les séquences sur rails conservent une énergie folle, ces niveaux plus ouverts paraissent lourds et datés. Les affrontements manquent de rythme et l'action tourne parfois en rond.
Autre critique qu'on entendra souvent : sa durée de vie. Oui, il est possible de terminer une partie en moins de deux heures. Comme il est possible de dire qu'on a fini Fatal Fury après avoir battu Geese Howard. Mais Star Fox n'a jamais été conçu pour être aussitôt joué, aussitôt oublié. Entre les routes alternatives, les niveaux cachés et les secrets, il faut plusieurs parties pour réellement voir ce que le jeu a dans le ventre.
Et ce n’est que le debut. Si on adhère à son ADN arcade, c'est un jeu auquel on revient régulièrement.
Reste la question du public visé. Les (vieux) vétérans retrouveront instantanément leurs marques et probablement leur sourire. Les nouveaux venus, eux, risquent d'être plus partagés. Ils devront accepter un gameplay conçu à une époque où les jeux demandaient d'être rejoués plutôt que consommés. Mon conseil est simple : essayez la démo. En quinze minutes, vous saurez exactement dans quel camp vous vous situez.
Au final, Star Fox sur Switch 2 ressemble à son héros : un peu vieux jeu, parfois cabossé, mais toujours capable de faire le spectacle quand il monte dans son cockpit. Trente ans plus tard, Nintendo vient de nous rappeler une vérité assez simple : quand un gameplay est excellent, il ne vieillit pas.
Un peu comme les tonneaux de Fox McCloud