Toute ressemblance avec Star Trek serait fortuite… oreilles pointues comprises.

Après l’excellente surprise qu’a été Star Ocean: The Second Story R, remake du deuxième épisode sur plateformes modernes (je vous renvoie vers ma critique en conclusion de celle-ci), j’ai voulu en savoir plus sur l’origine de la série via son tout premier opus. S’il n’est clairement pas indispensable pour profiter de l’univers de sa suite, les connexions et clins d’œil sont évidents et, dans un sens comme dans l’autre, il est très intéressant de tisser les liens entre les deux histoires présentées.

Ici, je parlerai de la version PSP, Star Ocean: First Departure, qui n’est autre qu’un remake/portage du Star Ocean sorti sur SNES, utilisant le moteur graphique du deuxième épisode. Pourquoi ce choix ? Parce qu’elle est généralement considérée par de nombreux spécialistes de la série, dont je ne fais pas partie, comme la version la plus aboutie. Et difficile de leur donner tort.

À noter qu’il existe également un portage Switch et PS4, Star Ocean: First Departure R, proposant des portraits de personnages mis à jour. S’ils ne sont pas mauvais en soi, ils jurent légèrement avec les sprites in-game de couleurs différentes, ce qui donne un résultat un peu étrange sur le plan artistique.

La version PSP est visuellement très alléchante : décors en pré-calcul particulièrement fins, pixel art du plus bel effet, et doublage intégral japonais de grande qualité. Elle propose également des cinématiques animées réalisées par Production I.G (notamment connu pour Ghost in the Shell), même si ces séquences restent assez peu nombreuses.


Comme son aîné, ce premier épisode se situe à mi-chemin entre fantasy et science-fiction, mêlant habilement plusieurs époques civilisationnelles, mais de manière plus intégrée et connectée au scénario que dans bien d’autres JRPG. Impossible ici de ne pas penser à Star Trek : design des vaisseaux, paradoxes temporels, voyage spatial, communicateur, téléportation d’équipe d’exploration, trou noir permettant de remonter le temps, date stellaire, Fédération, traité de protection des planètes non développées… Les références sont plus ou moins appuyées.

Dans une moindre mesure, les amateurs de Stargate SG-1 y retrouveront également certains éléments familiers. La série Phantasy Star avait elle aussi exploré ce mélange des genres, notamment avec ses troisième et quatrième épisodes. Néanmoins, Star Ocean adopte une approche plus “scientifique”, intégrant pleinement la science-fiction dans son ADN, avec tout le vocabulaire technique que cela implique et des justifications plus ou moins crédibles.

La magie, appelée ici symbologie, puise ses origines dans l’alchimie. On apprend toutefois qu’elle a été progressivement intégrée à la science moderne, une fois perfectionnée par l’humanité au fil des années, jusqu’à devenir le socle d’une nouvelle branche scientifique et de technologies inédites.

La pure fantasy, pour sa part, sert principalement de base au gameplay : pas encore de fusils ni d’armes laser comme dans le second épisode (quoiqu’une arme très inspirée de Star Wars fasse une apparition remarquée…), mais bien des épées, des boucliers et tout l’attirail médiéval que l’on connaît.

Cette approche confère à la série une identité propre, qui la distingue clairement de licences comme Final Fantasy ou Dragon Quest, sans jamais donner l’impression de jouer à une version « moins aboutie » de ces mastodontes.


Concernant l’œuvre en elle-même, Star Ocean: First Departure ne bouleverse pas drastiquement les bases établies dans le deuxième épisode. Le bestiaire mêle toujours ennemis mécaniques et créatures plus traditionnelles. Les boss restent relativement peu nombreux, manquent parfois d’une identité véritablement marquante et, surtout, ne constituent jamais le cœur du récit comme c’est souvent le cas ailleurs, ce qui explique sans doute leur traitement plus discret.

De plus, il est assez facile de “casser” le système de progression pour rouler sur l’histoire principale (les donjons optionnels sont là pour relever le défi), et l’aventure, sans temps mort, ne dépasse généralement pas les 20 à 25 heures, contenu annexe compris.

Alors pourquoi lui accorder tant d’importance ?

Parce que Star Ocean n’étale jamais trop la confiture. La série n’essaie pas d’aller trop loin au point de rompre la vraisemblance de son univers ou de ses protagonistes, alliés comme ennemis. Les affrontements à rallonge en douze phases sont absents, le héros n’est pas réellement un “élu” au sens classique du terme, les motivations du méchant restent parfois volontairement floues, et la magie est diégétiquement intégrée à la science. De plus, l'intrigue ne cherche pas à être inutilement alambiquée.

Star Ocean va à l’essentiel : un gameplay simple en surface mais terriblement profond dès que l’on explore les systèmes avancés et les donjons optionnels, une histoire lisible, palpable, qui, dans mon cas, m’a tenu particulièrement en haleine.

Là où certains parleront de fadeur ou d’inachèvement, j’ai surtout perçu une volonté d’épure, assumée et cohérente.


Mais surtout, c’est encore une équipe de protagonistes marquants qui sublime cette simplicité maîtrisée. Comme dans les épisodes 2 et 3, une majorité d’entre eux sont optionnels : sur les 13 personnages disponibles, seuls 8 pourront être recrutés en une seule partie. Un choix qui renforce considérablement la rejouabilité et donne à chaque run une saveur différente.

Au final, First Departure constitue, à mon humble avis, une pièce essentielle pour comprendre le JRPG de cette époque. Il représente les débuts du studio tri-Ace, à qui l’on doit plus tard Valkyrie Profile ou Resonance of Fate, et propose une alternative très différente des autres grandes franchises du genre.

Une œuvre plus modeste, plus concise, plus directe, mais déjà pleinement consciente de ce qui fait la singularité des productions japonaises : une interprétation réussie de la pop culture occidentale, filtrée par une sensibilité nippone faite de délicatesse et de poésie.

La longue montée en puissance jusqu’au dénouement, avec le puzzle de cet univers de science-fiction qui se complète progressivement sous nos yeux, se révèle particulièrement excitante et addictive.


Néanmoins, contrairement à sa suite, ce premier épisode peut confronter le joueur à de nombreux allers-retours parfois inutiles si l’on ne consulte pas un guide à certains moments clés. Pour une expérience plus fluide, je conseille donc de garder un guide sous la main, en particulier pour certains donjons, ou, à défaut, de prendre quelques notes au fil de l’aventure.

En dehors de cela, difficile de ne pas éprouver un réel plaisir malgré les quelques griefs que l’on peut adresser à cette œuvre très attachante.


Emulation PSP sur Steam Deck.


Ma critique de Star Ocean Second Story R: https://www.senscritique.com/jeuvideo/star_ocean_the_second_story_r/critique/334517249

Créée

le 20 févr. 2026

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