Parfois, il suffit de peu : quelques artworks croisés au hasard, une démo lancée sans trop réfléchir… et le cœur décide avant la tête. C’est exactement comme ça que Star Ocean Second Story R m’a happé, me poussant à replonger dans une série que je ne connaissais jusqu’ici qu’à travers The Last Hope, un quatrième épisode qui m’avait laissé un souvenir pour le moins mitigé.
Grand fan de Phantasy Star, je ne pouvais qu’être sensible à cette proposition si particulière, à mi-chemin entre fantasy et science-fiction. Et cette fois, le coup a fait mouche. Je ressors de Second Story un peu sonné, agréablement déboussolé, avec la sensation d’avoir découvert une œuvre majeure du JRPG, de celles qui marquent durablement.
J’ai volontairement abordé le jeu avec le moins d’informations possible : quelques illustrations, la démo Steam comme simple mise en bouche… puis l’achat de la version physique PS4, comme pour me persuader d’avance que l’aventure vaut l’investissement.
Soyons clairs : Star Ocean n’est pas un jeu parfait. Mais il est profondément unique, et c’est précisément pour ça qu’il mérite toute votre attention. Il incarne une vision du JRPG que j’aime profondément : une expérience dense, essentielle, sans remplissage inutile, loin des usines à contenu que sont devenus certains grands noms du genre. Une trentaine d’heures bien maîtrisées, une excellente rejouabilité, et surtout une histoire qui respecte l’intelligence et le temps du joueur.
Certains reprochent au jeu son scénario jugé trop simple, voire oubliable. Je suis en total désaccord. Simple ne veut pas dire vide. Star Ocean Second Story ne cherche pas la complexité à tout prix : le mystère s’éclaircit assez tôt, les enjeux cessent d’évoluer drastiquement passé un certain point, mais la narration reste solide, cohérente, et surtout captivante jusqu’au bout. Les surprises sont rares, mais lorsqu’elles arrivent, elles font mouche.
Le mélange entre science-fiction et fantasy est particulièrement inspiré, avec des clins d’œil évidents à Star Trek et une justification intelligente de la magie ici appelée symbologie présentée comme une branche scientifique à part entière.
La montée en puissance du récit, notamment autour de son principal twist, est portée par une mise en scène efficace et une intensité croissante qui rend la seconde moitié du jeu franchement jubilatoire.
Visuellement, Second Story R est un enchantement quasi constant. Du début à la fin, le jeu dégage un charme fou. Que ce soit à travers les décors, les illustrations ou le character design, le travail de Minato Koio à l’époque de la PS1, sublimé ici par Kajimoto Yukihiro, force le respect. C’est évidemment subjectif, mais pour moi, le casting de personnages fait clairement partie des plus mémorables du JRPG. Et surtout : évitez les trailers. Vraiment. La découverte de certains personnages mérite d’être vécue manette en main.
Les environnements, en revanche, sont plus inégaux. Certains lieux, notamment dans la seconde partie, sont magnifiques et marquants, tandis que d’autres paraissent plus banals ou trop cloisonnés. On sent les limites de l’architecture originale, conservée dans ce remaster, mais l’ensemble reste largement satisfaisant.
Là où Star Ocean Second Story excelle, c’est dans son gameplay. Le système de combat, mélange brillant de temps réel et de pauses tactiques, est extrêmement addictif. La liberté de mouvement sur le champ de bataille, combinée à la gestion des compétences, des sorts et des objets, rend chaque affrontement dynamique et plaisant.
Le choix du protagoniste au début de l’aventure entre Claude ou Rena change radicalement l’approche du jeu, combattant au corps à corps d’un côté, lanceuse de sorts de l’autre. À cela s’ajoute un casting secondaire riche, entièrement jouable, qui renouvelle constamment l’expérience.
Après 29 heures de jeu, j’ai terminé l’aventure avec un sentiment clair, je n’ai fait qu’effleurer tout ce que Second Story a à offrir. L’envie de relancer immédiatement une partie du point de vue de Rena, pour découvrir de nouveaux personnages et de nouvelles interactions, s’est imposée naturellement.
Impossible de conclure sans évoquer la bande-son. Motoi Sakuraba qui a travaillé sur Dark Souls signe ici une œuvre oscillant entre l’excellent et l’inoubliable. Certains thèmes resteront gravés longtemps, preuve supplémentaire du soin apporté à l’ensemble.
Enfin, un mot sur le doublage, tout simplement remarquable. Mention spéciale à Celine Jules et ne le répétez surtout pas à ma femme, mais je crois bien avoir trouvé une nouvelle waifu.
Plus sérieusement je repars pour un nouveau run, et je lance dans la foulée Star Ocean First Departure. Manifestement, cette série a encore beaucoup à me raconter.
Écoutez moi ça : https://youtu.be/T8d1R5cx2EE?si=V_dnI1YJUT12Nljc
Version PS4 Pro.