Steambot Chronicles par benton
Il ne faut pas se fier aux apparences en ce qui concerne Steambot Chronicles. Au début, le jeu semble limité, dépassé, voire injouable. Les premières minutes aux commandes d'une trottmobile (les engins qui servent de véhicule) sont horribles tant la jouabilité semble être contre nature, avec les deux sticks à manipuler simultanément pour se diriger convenablement. Et puis après deux ou trois heures on commence à s'habituer et on découvre le véritable potentiel du jeu. Inutile d'espérer vivre une grande aventure car le scénario reste très basique et peu palpitant. Le véritable intérêt de Steambot Chronicles réside dans son univers assez riche malgré l'impression que l'on peut en avoir. Le jeu nous laisse une grande liberté, on peut faire beaucoup de choses qui peuvent être considérées comme des quêtes annexes : transporter des matières premières, des marchandises, des passagers à travers le pays, extraire des fossiles pour le musée, récupérer des bobines pour le cinéma, jouer au billard, faire des combats de trottmobile, jouer de la musique avec un paquet d'instruments, louer un appartement et draguer les filles, jouer à la bourse, compléter un album en causant à tous les PNJ, j'en passe et des meilleures... En fait, l'essentiel du jeu repose sur ces quêtes car l'histoire peut être vite torchée.
Là où le jeu réussit c'est qu'il arrive à nous impliquer dans l'univers de manière très convaincante. On a vraiment envie de s'investir pour participer à la marche du pays, parcourir les routes pour faire du commerce ou du transport de personnes, permettre le développement de certaines entreprises, voire de participer à la découverte d'une nouvelle technologie (une sous quête permet ainsi de créer une guitare électrique), le tout dans une atmosphère steampunk aux parfums de révolution industrielle. Le jeu nous implique également en nous laissant la liberté de façonner le héros principal à notre guise, en l'habillant et en le coiffant comme on le souhaite, mais surtout en choisissant ses réponses lors des dialogues avec les personnages secondaires. On peut être gentil et serviable, ou bête et méchant en cassant tout le monde. C'est vraiment fun de voir les tronches circonspectes et offusquées des interlocuteurs qui cumulent, par ailleurs, les clichés bien niais des jeux d'aventure japonais. Steambot Chronicles joue clairement là-dessus et n'en est que plus amusant. Si la plupart des réponses ne portent pas vraiment à conséquence sur le déroulement du scénario, on peut à un moment clé choisir entre le camp des méchants et des gentils, et avoir ainsi accès à plusieurs fins, ce qui est très intéressant. Steambot Chronciles, à défaut d'être un jeu irréprochable, propose ainsi plusieurs bonnes idées qui rend le jeu plus attachant et addictif qu'il n'y paraît.