Stonemachia, sorti récemment, n’a malheureusement pas fait grand bruit. De façon globale les souls-like se font souvent une réputation quelques mois après leur sortie, rarement avant. S’ajoute à cela une faible campagne marketing et un personnage principal atypique.
En vue de la faible couverture sur le jeu, on peut se demander ce que vaut vraiment Stonemachia ?
Dans un Milan alternatif, les anges sont tombés du ciel. La guerre fratricide qui a eu lieu au Paradis à entraîné leur perte à tous. Seul le Roi demeure sur son trône divin, après avoir fermé les portes de son royaume.
Parmi tous ces anges, l’un d’entre eux a été changé en pion, sans souvenirs, sans repères, il n’a pour lui qu’un nom et un objectif.
Zefiro doit retourner au paradis.
Et oui, je parle bien ici d’un pion au sens littéral du terme. Vous incarnez une pièce d’échec, la plus faible à priori, mais également la plus à même d’évoluer, d'atteindre la grandeur.
L’ensemble du jeu tourne autour de la symbolique des pièces d’échec, chacune des pièces que vous pourrez incarner peut être interprétée comme une valeur cardinale de ce monde.
Si l'échiquier est un enjeu majeur du jeu, je vous rassure, vos adversaires n’ont rien à voir avec des pièces d'échecs.
Christianisme et folklore italien font partie intégrante de l’univers, que ce soit au niveau scénaristique, visuel, architectural, ou même sonore.
Incarner un pion avec une simple épée pourrait laisser penser que le gameplay est assez simple et ennuyant. Mais c’est tout le contraire.
Comme dans tout jeu de ce genre, les bases sont simples ; attaquer, esquiver, parer.
Mais contrairement à ses prédécesseurs, Stonemachia ne compte pas de barre d’endurance, d’équipements personnalisables, ou même de potion de régénération ( du moins pas dans leur conception classique ).
Ainsi, lorsque l’on incarne le pion, les combats s’éloignent en réalité de ce que l’on pourrait attendre de ce genre de jeu.
On se rapproche plutôt d’un Sekiro complètement boosté. J’entends par là que vous ne devez pas placer un coup par ci par là puis temporiser jusqu'à la prochaine opportunité, vous devez taper, taper, pas, taper, parer, le tout sans interruption.
S’il est évidemment possible de se diriger vers un style de jeu plus classique ce n’est pas, de ce que j’ai pu ressentir, la direction voulue par le jeu.
En témoigne notamment le fait que lorsque vous frappez sans interruption l’ennemi, le temps est quelque peu ralenti à chacun de vos coups, permettant ainsi d’anticiper plus sereinement l’attaque adverse.
S’ajoute à cela que votre seul moyen de régénérer vos points de vie réside dans la parade parfaite. Vous ne pourrez donc pas simplement fuir, prendre une potion, et revenir. Non, ici vous devez vous battre jusqu'à la fin, la vôtre ou la sienne.
C’est ici ce qui fait la force du jeu, on s’éloigne clairement de la lenteur inhérente à un Souls, pour se diriger vers un gameplay plus arcade et dynamique, tout en restant challengeant.
Si le gameplay reste assez limité dans son ensemble, chaque pièce de l'échiquier dispose d’un gameplay qui lui est propre, tant en termes d'attaques, de défense, de vitesse, que de capacité de régénération.
L’ensemble s’affine d’autant plus lorsque vous progressez dans le jeu et débloquez des combos nécessitant de changer de pièce. Si je n'ai que peu exploré cette partie là du jeu ( jouer un pion m’allait très bien, autant pour la symbolique que pour le gameplay ), le peu que j' ai expérimenté était très prometteur.
Si j’ai adoré une partie de mon expérience, l’ensemble n’était pas parfait pour autant. Il me paraît important de vous dire que j’ai d’abord arrêté de jouer au jeu en pensant ne plus jamais le relancer. Deux raisons à cela ;
- un problème de lisibilité des combats causé par la taille des adversaires, leur design ou encore les effets visuels inutiles.
- un ennui global causé par le manque de ligne directrice, l’absence de véritable volonté d’avancer probablement causée par le caractère cryptique de la narration.
Et pourtant je l’ai relancé, et je dois admettre que je ne le regrette absolument pas.
Je m'étais en réalité arrêté de jouer juste avant de pénétrer dans la partie la plus intéressante du jeu. L’intrigue se dévoile, les zones sont plus impressionnantes, l’exploration se réduit pour laisser place à quelque chose de plus linéaire, les boss s'enchaînent, ils sont bien plus intéressants ( que ce soit en terme de design, d’importance scénaristique ou de difficulté ), les musiques sont marquantes.
Bref tout ce que j’ai vécu après ce retour n’était que bonheur.
Si les défauts de lisibilités restent présents, j’ai simplement accepté que leur présence faisait partie du jeu et me suis adapté en conséquence.
POINTS FORTS
- L’ambiance visuelle et sonore
- Une prise en main simple mais une réelle profondeur de gameplay exploitable
- Une exploration agréable, ni trop longue ni trop absente
- Bon nombre de secrets
- Un système d’expérience, de leveling, peu punitif
- Un souls like bien plus accessible que ses pairs
POINTS FAIBLES
- Un clair manque de lisibilité dans les combats
- Des animations de monstre parfois dures à visualiser / comprendre
- Une difficulté aléatoire
A DOUBLE TRANCHANT
- Une durée de jeu de 15/20h
- Une narration simple mais cryptique
- Un jeu assez simple dans son ensemble
On ressent tout au long de l’expérience que l'équipe de Crossfall a apprécié travailler le projet et qu’elle a eu pour but de faire de ce jeu un véritable jeu vidéo, c’est à dire un moment de détente, de fun, de découverte et de contemplation, sans jamais oublié la dose de challenge nécessaire pour garder le joueur en haleine.
Si les quelques défauts du jeu existent bel et bien, l’ensemble se charge bien de les faire disparaître. Une fois acceptés, ils deviennent rapidement secondaires et ne rendant pas l'expérience particulièrement négative. Prenons l’exemple du manque de clarté et de lisibilité de certains combats, si il a pu m’arriver d’être agacé à quelques reprises, aucun boss n’est devenu un obstacle majeur en raison de cela.
Ayant fait bon nombre de jeux de ce genre , celui-ci se place très certainement dans le haut du panier. L’expérience est bien dosée, l’exploration suffisante, le nombre de boss plus que satisfaisant, les décors et les musiques magnifiques, les secrets trouvable sans trop forcer, et on ressent une véritable hausse de la difficulté vers la fin du jeu, même si l'expérience reste très accessible.
En d’autres termes, je ne saurais que vous recommander de laisser sa chance à Stonemachia, d’autant plus si vous avez toujours hésité à sauter le pas des souls-like, celui-ci propose une très belle ouverture, tout en étant capable de satisfaire les fans les plus fidèles de ce genre.