Stray, c'est avant tout une ambiance. Un petit chat trop mignon, méticuleusement animé, qui se promène dans des décors cyberpunks dénués d'humains. Des robots humanoïdes ont pris leur place sous la lumière des néons colorés d'une ville artificielle qui fleure bon le post-apo. En résumé, un univers bien trop complexe pour le simple félin que nous sommes. Le contraste est magnifique et promet un jeu né sous de belles auspices.
Puis Stray m'a présenté son gameplay et mes sourcils se sont froncés. Au premier abord, c'est un jeu d'exploration mâtiné de puzzles sommaires qui ne nécessitent jamais plus qu'un soupçon d'observation. Le chat est un petit acrobate qui se faufile où il veut d'une seule pression du bouton de saut. On presse ses patounes sur un levier pour activer une porte, on ramasse une bouteille dans sa gueule pour la faire tomber sur un robot endormi, bref, des trucs de chat. Le petit drone B-12 apporte un peu de variété dans les puzzles en ajoutant quelques consoles à pirater. Puis apparaissent les premiers ennemis, qu'il faut contourner ou semer dans les décors. Voilà le point de bascule. D'exploration détendue, le gameplay se mue en infiltration sous pression. Une pression légère, mais suffisante pour créer de la frustration face à l'échec. Surtout quand les morts s'enchaînent face à un adversaire que l'on n'a pas encore compris comment éviter. Un choix surprenant, qui détonne avec l'ambiance par ailleurs paisible des premiers niveaux.
L'histoire est gentillette et, en dépit de quelques effets de manches pour créer du mystère, le scénario n'a jamais été un moteur pour me faire avancer dans le jeu. Pourvu que vous ayez l'habitude de la science-fiction, vous devriez pouvoir deviner les rebondissements bien avant que le jeu ne vous les dévoile. Néanmoins, les robots sont touchants, avec un joli travail pour rendre compte de ce que serait une société calquée artificiellement sur les standards humains par des androïdes qui n'ont aucune de nos obligations organiques. L'univers fourmille de détails qui récompensent l'exploration, notamment les partitions à collectionner pour Morusque le musicien.
Pourtant, une fois n'est pas coutume, j'aurais peut-être préféré un simple walking sim avec quelques puzzles à résoudre. Les Zurks et les Sentinelles sont des ennemis peu intéressants, qui semblent avoir être intégrés dans le jeu dans l'unique but d'introduire du challenge. Le gameplay m'a trop détourné de l'univers, de l'ambiance de cette cité de Kowloon futuriste, de son sound design riche et de sa musique envoûtante. C'est bien dommage. J'ai adoré explorer Stray et son univers. J'ai moins aimé y jouer. Reste que j'ai hâte de voir ce que BlueTwelve Studio pourra bâtir par la suite.