Une suite qui se concentre sur le perfectionnement de son gameplay

Le succès, aussi bien critique que commercial, du premier Super Mario Galaxy appelle Nintendo à céder pour la première fois à la facilité de la suite directe pour un Mario 3D afin d’offrir à la Wii, alors à son sommet, une nouvelle aventure par-delà les étoiles en complément de l’expérience orientée multijoueur de New Super Mario Bros Wii. Et si ça a d’abord été réfléchi sous la forme d’une extension ou d’un jeu de moindre envergure, c’est bel et bien sous la forme d’un jeu complet au même titre que le premier épisode que Super Mario Galaxy 2 va être développé.


Mais si Super Mario Galaxy était bien perfectible, c’était un grand jeu dont le succès s’expliquait par une proposition innovante déjà bien aboutie, cette suite a donc fort à faire pour s’en différencier, le surpasser et enfin reproduire son succès commercial plutôt que de tomber dans l’extension déguisée. Et c’est donc sur le dos d’un certain petit dinosaure vert que Mario se lance dans ce nouveau défi, voyons ce que j’en ai pensé.


GAMEPLAY / CONTENU : ★★★★★★★★★☆


Sans surprise, le maniement de Super Mario Galaxy 2 reprend les bases de son aîné, à la fois faciles à prendre en main, adaptées au motion gaming et impeccables de précision. On peut difficile en tenir rigueur à Nintendo tant c’est gage de qualité, d’autant qu’il s’agit d’une suite directe assumée sur la même console, personne ne s’en étonnera, voire tout le monde en demandait encore. Mais on peut attendre des variantes inédites pour ce maniement à travers les costumes et les montures qu’il se doit de développer, et ça tombe bien parce qu’il en a pas mal à proposer.


L’une des nouveautés majeures est le grand retour de Yoshi qui vient grandement contribuer à ces variables dans le maniement en s’appropriant très bien lui aussi le motion gaming au passage avec ses coups de langue tout en profitant lui-même de power-ups qui lui sont dédiés. C’est peut-être là le Yoshi le plus ambitieux et abouti en 3D sur le plan ludique. Luigi, et son inertie particulière, est également un peu plus mis à l’honneur pouvant se débloquer plus tôt dans l’aventure que sur le premier opus, même si c’est déjà plus anecdotique.


Super Mario Galaxy 2 est tellement confiant dans ses costumes inédits qu’il s’autorise même à ne pas reprendre l’un des meilleurs de son aîné : la fleur de glace, au profit de costumes très originaux et très intéressants à jouer. Parmi les costumes inédits, on en retrouve des très circonstanciels comme la transformation en rocher qui n’est pas très exploité mais qui fonctionne bien, et d’autres plus implémentés dans le gameplay avec ces nuages en quantité limitée venant enrichir la plate-forme pure. Tandis que le ressort, l’abeille ou le boo font leur retour pour garantir la formule la plus diversifiée possible.


Pour répondre au manque de challenge reproché à son grand frère et partant du principe que les joueurs de cette suite se sont déjà bien familiarisés avec le système, sans totalement laisser de côté les nouveaux venus, les premiers niveaux sont de nouveaux tutoriels parfaitement construits avant que la difficulté ne grimpe un peu plus vite, ce qui n’est pas pour me déplaire, pour s’avérer franchement très relevé en fin de partie. Le système des comètes amenant des variables de difficulté sont beaucoup plus pertinentes que celles de Super Mario Galaxy 1.


Les étoiles vertes offrent quant à elles un challenge encore différent avec tous ces secrets à trouver, soit les étoiles elles-mêmes, soit la manière de les atteindre, quand ce n’est pas les 2. Elles sont mieux amenées que les pièces bleues de Sunshine dans un rôle équivalent même si quelques unes sont forcément un peu frustrantes ou redondantes, quasiment inévitables vu leur nombre. Le farming de fragments d’étoiles en toute fin de jeu et la petite maladresse de l’intro à regarder pour les étoiles vertes alors qu’on a déjà fait le niveau sont tout de même regrettables, autant dire bien peu face à toutes les autres qualités ludiques du titre, et je n’ai pas encore parlé de la plus notable.


Si la taille des niveaux avait été réduite dans Super Mario Galaxy pour un level-design plus dirigiste enchaînant constamment de nouvelles situations de jeu aussi ingénieuses qu’amusantes, Super Mario Galaxy 2 réduit cette taille encore davantage pour pousser encore plus loin ce parti pris. Ne reprenant qu’assez peu les idées du premier épisode sinon pour les développer différemment, cette suite ne cesse d’innover avec des mécaniques Intelligentes. Elles peuvent même être pensées pour répondre aux automatismes du joueur du premier épisode, comme les blocs qui apparaissent ou disparaissent à chaque tournoiement venant sanctionner celui se reposant à tort et à travers sur cette mécanique permissive pour corriger ses sauts.


Le hub de petite taille a pour mérite d’accroître le rythme du jeu, une approche minimaliste plus maîtrisée mais qu’il faut reconnaître aussi comme moins ambitieuse. Ce n’est donc pas tout à fait un sans fautes, la carte avec si peu d’embranchements et sans événements dynamiques est plus digne d’un jeu 2D peu ambitieux. C’est sans doute-là que le gameplay de Super Mario Galaxy 2 atteint enfin ses limites, étant donné les éloges précédents en comparaison, il est tout simplement grandiose, reste à savoir s’il est au même niveau par son univers, à commencer par ses visuels et sa bande-son.


RÉALISATION / ESTHÉTISME : ★★★★★★★★☆☆


Sans grande surprise là encore, Super Mario Galaxy 2 profite d’une réalisation référence pour sa console en combinant les détails et effets visuels avec une fluidité irréprochable. On en attendait pas moins d’une suite directe à un premier épisode déjà impérial sur la question même si l’évolution n’est pas si nette que ça et que la différence se creuse chez la concurrence maîtrisant de plus en plus la Haute-Définition devenue norme. Mais Super Mario Galaxy 2 fait aussi bien qu’il le peut et c’est une nouvelle réussite incontestable à son échelle.


Sur le plan artistique, les décors sont également tout aussi variés, plaisants et impressionnants que ce que j’en attendais avec ces cascades de laves balayées par des tornades qui nous font nous envoler au-dessus des créatures magmatiques y jaillissant, ses murs que l’on dévale à dos de Yoshi défiant la gravité par sa seule vitesse, ses gâteaux et biscuits que tu dévoile sous tes pas pour t’en servir comme plate-forme… c’est respectueux de l’univers de la franchise, c’est soigné, c’est diversifié, c’est tout simplement aussi excellent que ça doit l’être, il faut juste ne pas s’attendre à trop de nouveautés.


Il en va de même pour les créatures et personnages, en dehors de quelques boss comme Gobblegut, les chara-designs originaux sont très majoritairement de légères variations de designs déjà vus comme le roi Lakitu qui n’est qu’un Lakitu agrandi et avec quelques accessoires et changements de couleurs, Octoboo qui n’est jamais que la déclinaison Boo des Octoombas… mais ça résulte d’un parti pris qui peut s’entendre. Super Mario Galaxy 2 ne veut pas tant être une suite de Super Mario Galaxy qu’un best of de la saga Super Mario se servant du prétexte des galaxies permettant de complètement changer d’ambiance d’un niveau à l’autre pour enchaîner les références visuelles, mais aussi musicales.


Si l’OST ravit continuellement en reprenant énormément de thèmes emblématiques de la franchise en exploitant pleinement le potentiel de l’orchestral en complément de thèmes inédits réussis même si pas forcément très originaux. Et c’est plutôt normal étant donné la direction prise par le jeu. Par contre, si la mise en scène sous la forme d’un livre de conte pour ouvrir et clore l’aventure est sympathique et pertinent au regard de l’univers posé par Super Mario Galaxy, mais c’est tout de même très simpliste face aux efforts épiques du premiers opus.


Et puis, même si c’est anecdotique il y a un petit peu de fainéantise dans le visuel des menus. La World Map, ou Galaxy Map plutôt, est quand même très basique visuellement quand on retire l’arrière-plan, ne serait-ce que si on la compare au dôme de Super Mario Galaxy 1. Et la couleur verte unie toute moche sur les bandes des cinématiques d’introduction et sur l’écran de mort avec les étoiles vertes, c’était vraiment indispensable ? Ce ne sont que des détails, mais ils font un peu tâche pour l’un des jeux les plus ambitieux techniquement de la machine qui a de la chance pouvoir autant se reposer sur les forces de ses prédecesseurs. Mais ça risque de pas aussi bien marcher pour le scénario.


SCENARIO / NARRATION : ★★★★★★☆☆☆☆


Si Super Mario Galaxy 2 réduit ses ambitions dramatiques par rapport à Super Mario Galaxy en se contentant d’un peu de fan-service et d’une vague continuité avec son aîné, il ne s’affranchit pas totalement de développer un scénario avec des cinématiques comprenant des dialogues franchement ridicules. Sur ce point tout spécifiquement, on pourrait presque parler d’un prétexte scénaristique bâclé pour justifier ce qui ressemblerait plus à une extension au jeu original qui se débloquerait en parlant à Harmonie, pas à une suite directe développant réellement l’univers.


Et comme je l’avais déjà dit dans ma critique de Super Mario Galaxy 1, je l’inclus dans mon appréciation de l’expérience, parce qu’il y a un scénario avec des dialogues qui s’impose, ce n’est pas juste de la narration par la mise en scène seule comme pour New Super Mario Bros Wii. Et se contenter de répéter des morceaux d’intrigues d’autres aventures pour faire écho aux précédents Super Mario ça a beau être plaisant par nostalgie, c’est trop léger à mon sens pour être digne d’intérêt, et c’est pourtant suffisamment présent pour porter un petit préjudice au jeu.


Même le peu que ça raconte n’est pas forcément cohérent, et cela dès le début avec un festival des étoiles se répétant vraisemblablement juste après le précédent alors qu’avait été établi que c’était tous les 100 ans, prétexte justifiant subtilement et intelligemment pourquoi on en avait pas vu plus tôt dans la saga. Ce n’est évidemment pas grave pour une saga qui n’a jamais réussi, et pour cause à peine essayé de façon exceptionnelle, de développer une intrigue intéressante et aboutie, même au regard des standards du genre de la plate-forme 3D.


Si le hub de Super Mario Galaxy avait un potentiel sous-exploité à mon humble avis, il est ici réduit considérablement en taille à en devenir assez ridicule. Il s’accorde parfaitement avec le rythme endiablé de l’aventure, les longs allers-retours dans l’observatoire sont oubliés, mais ça vient quand même nuire un peu au sentiment d’immersion que l’aventure peut dégager. Le hub évolue quand même un petit peu avec ces nouveaux personnages le peuplant, le concept de base est repris mais sous une forme si réduite que ça ne sert plus à grand-chose.


Je pense que Super Mario Galaxy 2 aurait gagner à zapper complètement le scénario en ne présentant aucun dialogue, on serait juste rentré directement dans l’aventure sans explication avec cette première phase de jeu présenté comme un livre s’ouvrant puis plus rien jusqu’à la fin avec une petite cinématique du livre se fermant et nous faisant découvrir Harmonie refermant le livre devant des lumas spectateurs. Ça aurait été la même chose en plus subtil, plus cohérent et moins encombrant. Sinon, il fallait vraiment faire l’effort minimum pour proposer un petit scénario faisant réellement suite au premier épisode. Mais ce n’est clairement pas ce qui m’empêchera de conclure très positivement cette critique.


CONCLUSION : ★★★★★★★★☆☆


Super Mario Galaxy 2 s’est évertué à peaufiner une formule innovante et déjà très riche pour en faire l’un des jeux de plate-forme 3D au gameplay les plus aboutis de sa génération et même de l’histoire du jeu vidéo, tout en continuant de profiter d’une réalisation solide et se reposant sur un sentiment de nostalgie par ses multiples références aux précédents épisodes cultes de la franchise. Si ces choix impliquent quelques regrets et reproches personnels mineurs, je ne peux que reconnaître la grande qualité de cet épisode qui sera pourtant sanctionné par des ventes décevantes, à peine supérieures à celles de Sunshine.

damon8671
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le 18 janv. 2026

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