Skyrim est le genre de jeu dont on a tellement entendu parler qu'on en est dégoûté avant même d'avoir pris le temps de s'y intéresser. Cependant, ayant ouï dire sur la série des Elder Scrolls par le passé (au travers notamment de Morrowind et Oblivion) et incité par une personne chère à mon cœur qui m’en dressait un portrait plus qu’élogieux, je me décidais de plonger enfin dans cet univers dont on me vantait tant les mérites. Et mes aïeux, quelle découverte !


En premier lieu, le jeu est d'une beauté époustouflante. Des paysages somptueux, grandioses, un environnement travaillé jusqu'au détail près, et surtout, une carte immense promettant de longues heures d'exploration immersives et intenses. La découverte est la qualité maîtresse que j’aie retenue de ce jeu, mon meilleur souvenir demeurant celui où je mis la quête principale de côté pour partir à l’aventure sur mon cheval noir fraîchement acheté aux écuries de Blancherive.


Le design singulier de chaque race et classe que l’on trouve en Bordeciel m’a plu aussi : pour les Nordiques, peuple dominant, on retrouve une inspiration évidente des Vikings et autres cultures et mythologie du même nom, mais aussi du Rohan (il n’y a qu’à voir la ressemblance frappante entre Edoras et Blancherive, première ville que l’on croise sur notre chemin). Les Elfes, loin des créatures nobles et gracieuses que l’on aperçoit dans Le Seigneur des Anneaux, se déclinent en plusieurs branches/ethnies et maîtrisent principalement les arcanes et la magie. Les Orques vivent isolés dans des tribus aux traditions sévères, tandis que les Khajiits (sortes d'hommes-félins) sont au contraire nomades et parcourent les routes à la tête de caravanes commerçantes; enfin, les Impériaux découlent trait pour trait des Romains. Il est amusant aussi de constater çà et là quelques easter-eggs ou clins d’œil à la culture populaire (l’antre du prince Daedra de la folie rappelant fortement le Mad Tea Party d’Alice au Pays des merveilles, celui d’Hermaeus Mora l’univers de Lovecraft…).


Mais penchons-nous un peu sur le propos du jeu : l'on incarne le Dovahkiin ("Enfant de Dragon"), héros multifacette chargé de ramener la paix en Bordeciel. Cette paix s'effectue à la fois parmi les Dieux, impuissants face au retour inopiné des Dragons dirigés par le terrible Alduin, et parmi les Hommes (la région est en proie à la guerre civile entre les Impériaux et les Sombrages, des indépendantistes Nordiques souhaitant conserver leurs traditions). Scénario classique et sans ambiguïté, celui possède néanmoins plusieurs alternatives intéressantes que le joueur pourra choisir et développer tout au long de l'aventure, en parallèle de ses pérégrinations en Bordeciel.


C'est là l'un des points les plus intéressants de Skyrim : le héros qu'on incarne semble avoir un destin tracé d'avance; pourtant il peut être n'importe qui,fut-ce un assassin sanguinaire ou au contraire un magicien plein de sagesse. En effet, les joueurs verront l'embarras du choix s'offrir à eux dès l'ouverture (très réussie) du jeu et posséder dès lors la liberté de faire évoluer leur personnage selon leurs préférences (technique de combat, factions et camps à rejoindre, quêtes secondaires, mariage, adoption…). Vous seul décidez du personnage auquel vous souhaitez vous identifier, et dont les chants des bardes glorifieront les exploits dans les tavernes — mention toute spéciale à Tale Of the Tongues, associés à l'un des moments les plus épiques de l'aventure.


Parmi les éléments les plus incontournables du jeu, l'on découvrira avec plaisir l'apprentissage de la Langue des Dragons, le Thu'um, que seuls les plus aguerris (dont vous) peuvent maîtriser. Offrant une palette de plus de 20 cris (dont le cultissime "Fus Roh Dah"), celui-ci vous facilitera la tâche plus d'une fois et donnera un aspect bien plus épique à vos faits d'armes.


Concernant les défauts maintenant...


Skyrim est un jeu séduisant, dont on s'émerveille lorsqu'on le découvre (la première fois que l'on part à la découverte de la carte est vraiment une expérience inouïe), mais dont on peut se lasser lorsqu'on l'a exploré de bout en bout ; ce qui arrive assez vite, à moins de bien prendre le temps de jouer (autrement dit d'y consacrer au moins 3 ou 4 heures par jour). Si cela ne vous fait pas peur tant mieux, mais les joueurs les plus pressés risquent d'être déçus, car une fois arrivé à la fin de l'aventure, plus grand-chose à se mettre sous la dent ; ce qui est d'autant plus frustrant que l'on aurait souhaité en vivre un peu plus, surtout quand — comme moi — on aime privilégier les quêtes secondaires avant l'histoire principale.


De même, si l'on change souvent de climat et de région, les PNJ que l'on croise ne se distinguent guère les uns des autres car racontant pour la plupart la même histoire ou répétant toujours la même chose, ce qui devient lassant au bout d'un moment. Ayant testé la version PC, l'on regrette également des bugs dans certaines quêtes que l'on ne peut effectuer si l'on a déjà exploré l'endroit en question, ou trouvé sans le savoir l'objet qu'on était censé aller chercher, ainsi que des possibilités se refermant derrière nous ou quelques opportunités disparaissant une fois telle ou telle mission accomplie... en deux mots, réfléchissez à deux fois avant de prendre une décision qui pourrait ne pas vous sembler lourde de conséquences.


En conclusion, Skyrim est une expérience très positive dans l'ensemble, mais qui souffre parfois de redondance et manque de surprises (donc, de sensations) sur le long terme. On ne boudera toutefois pas notre plaisir, surtout pas après la première écoute de Dovahkiin, Dovahkiin, qui restera gravée dans les mémoires de chaque joueur un tant soit peu amateur de jeux de rôle à l'ambiance médiévale/fantasy.



Un jeu d'une chronophagie intensive où l'on joue au final plus le rôle
d'explorateur que celui d'aventurier, mais qui laisse néanmoins un
souvenir impérissable.


reastweent
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le 22 juin 2015

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