To the Moon est de ces jeux qui se vivent davantage qu’ils ne se jouent. Une œuvre douce-amère, tissée de pixels, d’humour discret et de mélancolie bien dosée. Le gameplay est minimaliste, presque effacé : quelques déplacements, des interactions simples, des puzzles répétitifs mais jamais trop agaçants. L’essentiel est ailleurs, dans ce récit qu’on explore à rebours, mémoire après mémoire.
Il est vrai que le jeu prend son temps, peut-être trop. Le début traîne en longueur, les déplacements sont lents, les premières minutes peinent à accrocher. Mais vient un moment où la narration bascule, où l’on commence à comprendre. À ce moment-là, To the Moon devient intriguant, puis touchant. La relation entre Johnny et River Wyles, dévoilée par fragments, parlera à ceux qui aiment les histoires d’amour bancales, silencieuses, pleines de petits non-dits.
Les dialogues apportent une légèreté bienvenue. Les deux protagonistes jouables, Eva et Neil, oscillent entre sarcasme et tendresse, sans être particulièrement attachants, mais toujours justes. Leur présence dédramatise sans casser l’émotion. Et l’humour, bien traduit en français, fait sourire même dans les moments les plus sobres.
Visuellement, le jeu évoque un conte en pixel art : simple, efficace, parfois presque enfantin. La bande originale est pas mal, quoiqu'un peu trop présente par moment, avec quelques morceaux qui résonnent longtemps après la fin (positivement). Niveau gameplay, j'ai préféré à la manette pour l'illusion du contrôle. A la souris, les déplacements sont assez lents et le charme du pixel art, rompu.
L’univers du jeu s’étend avec deux mini-épisodes disponibles sur Steam, ainsi que d'autres chapitres comme Finding Paradise. Mais pour ceux qui découvrent cette première aventure, cela peut suffire (c'est mon cas). C’est une expérience brève, imparfaite, mais sincère. Un récit à lire comme une nouvelle, un peu lente à démarrer, mais qui, une fois lancée, sait faire vibrer quelque chose d’humain.
Pour l'anecdote, j'ai fini le jeu jusqu'au crédit regardé jusqu'à la fin, et j'ai pas eu mon succès Steam. Rien que pour ça, j'ai un peu la haine et mon jugement global est biaisé.