Tomb Raider
7.1
Tomb Raider

Jeu de Core Design, Toby Gard et Eidos Interactive (1996 · PlayStation)

Icône de la PlayStation et Héroïne intemporelle du jeu-vidéo, Lara Croft est née

Avant de commencer la critique du jeu, il convient de se replacer dans le contexte de l’époque. Nous sommes fin 1996, la PlayStation a intégré le marché européen depuis maintenant un an. Console la plus populaire de la 5e génération, la PS1 voit l’avènement de l’émulation, l’introduction du support CD et de cinématiques dans ses jeux, et marquera la transition progressive vers la 3D.

Tomb Raider, développé par Core Design et édité par Eidos Interactive, sort en France le 25 novembre 1996. On y incarne Lara Croft, jeune archéologue et aventurière aux formes avantageuses. Aussi téméraire que fatale, l’héroïne devînt aussitôt l’icône de Sony et acquiert très vite une image de sex-symbol dans la culture populaire. Personnage fort et encore à ce jour emblématique, Lara Croft doit inévitablement son inspiration à un célèbre héros du cinéma hollywoodien, lui aussi archéologue : INDIANA JONES.

L’aventure de ce premier opus emmènera notre héroïne du Pérou à l’Egypte en passant par la Grèce, à la recherche du Scion des Atlantes, objet historique aux pouvoirs mystérieux. Dans des décors reculés en 3D, l’immersion dans l’aventure est parfaite, oscillant entre la découverte et le frisson. Tantôt sur terre, tantôt dans l’eau, on sillonne les niveaux au gré d’une profondeur visuelle hallucinante, où la hauteur devient vite vertigineuse. Les graphismes peuvent paraître vieillots aujourd’hui mais pour l’époque, c’était juste révolutionnaire.

Particulièrement bien travaillés, les contrastes de lumière et les bruitages mettent nos sens à rude épreuve, rendant l’ambiance souvent angoissante. Chaque recoin sombre laisse craindre un trou, un piège ou un ennemi planqué. Chaque point d’eau fait redouter la présence de crocodiles, nous obligeant parfois à nous y aventurer avant de pouvoir réagir. Chaque ennemi ou chaque piège a aussi un bruitage qui lui est propre. Dans une ambiance sonore majoritairement silencieuse, cela peut paraître minime, mais le stratagème se révèle en fait très efficace tant de simples bruitages, dont la source n’est pas toujours identifiable au prime abord, suffisent à instaurer un climat d’angoisse limite paranoïaque, où l’on se sent traqué et vulnérable.

La panoplie d’actions que peut effectuer Lara est assez impressionnante pour un jeu de cette époque. Il est en effet possible de courir, sauter (en avant, en arrière, sur le côté, avec ou sans élan), s’agripper aux parois, nager, tirer ou pousser des blocs, actionner des leviers... Malgré la caméra qui a tendance à s’affoler toute seule, la visée automatique et la possibilité de bouger tout en tirant rendent les affrontements avec les ennemis plutôt sympathiques. Si Tomb Raider a souvent été pointé du doigt pour la maniabilité un peu lente de son personnage, on peut néanmoins lui reconnaître une certaine clarté dans sa gamme d’actions proposées, réussite aidée par l’excellent tutoriel dans le manoir de Lara.

Un autre constat souvent associé au jeu, et qui s’amplifiera dans ses 3 suites sur PS1, est sa DIFFICULTÉ. Si Tomb Raider est une aventure unique à vivre, aller au bout va nécessiter patience, nerfs d’acier, transpiration à grosses gouttes et une motivation extrême. Au départ assez tranquille, la difficulté augmente crescendo jusqu’à atteindre son paroxysme dans les derniers niveaux, où la moindre erreur de saut ou d’esquive devant un piège entraîne illico la mort. Le tout combiné à un système de sauvegarde pas des plus simples devient parfois une vraie TORTURE, où l’on va devoir recommencer un paquet de fois avant de maîtriser chaque action jusqu’à atteindre la sauvegarde suivante.

Bien que l’univers mélange parfois maladroitement certaines références mythologiques, le scénario est accrocheur et digne d’une vraie quête archéologique, où les vestiges d’une civilisation très ancienne menacent d’engloutir le présent.

Après avoir abandonné à mi-parcours il y a 22 ans, j’ai vaincu aujourd’hui ce premier Tomb Raider, sans soluce. Une vraie fierté pour un jeu qui m’en aura fait baver !

Une pause s’impose désormais avant d’attaquer le 2e opus...

Sir_Stifler
10
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le 30 août 2021

Critique lue 102 fois

Sir_Stifler

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