Wednesdays est un jeu essentiel.
Il n’est ici pas question de parler de jeu vidéo.
Même si la DA est mignonne, les musiques touchantes et le design malin, parler de jouabilité serait décrire la porcelaine dans le magasin d’éléphants.
Wednesdays est un jeu qui réussit le tour de force de nous parler de sujets aussi sensibles et fragiles que l’inceste via un procédé incroyable.
Ici, pas question de scènes crues ou violentes.
A l’inverse, tout est raconté à travers le prisme de la famille et des connaissances de Tim, des soutiens silencieux dans sa peine. Et c’est la que le jeu est brillant.
D’une, il permet aux victimes de ne pas subir de chocs trop violents en proposant des options d’accessibilités et en allant crescendo dans la descente, toujours dans l’accompagnement et la bienveillance.
De deux, il permet à ceux qui ne l’ont pas vécu directement de se sentir plus impliqué dans la peau d’un membre de la famille, d’un ami, d’un camarade de classe. D’essayer en quelques scènes de comprendre comment bien réagir, quoi faire et surtout surtout surtout croire et soutenir.
Ainsi même une personne non touchée par cette problématique (ou oserai-je être plus dramatique, inconscient de son horrible banalité) peut ainsi mieux comprendre les enjeux et les conséquences sans se prendre de trop grosses baffes dans la figure.
La quintessence du succès de Wednesdays cela dit est dans sa capacité à faire de l’humour via les dialogues dans certaines scènes malgré l’horreur qui peut parfois transparaitre. Réussir cela est un jeu d’équilibriste si fin qu’il est impossible de ne pas voir l’immense talent des scénaristes.
Faites Wednesdays ! Il peut durer moins de 2h pour les plus rapides et traine a 3h si vous prenez votre temps. Pour toutes les (trop) nombreuses victimes, pour tous les traumas générationnels engendrés, pour toutes les futures fois ou vous devrez écouter et soutenir et pour toutes les possibilités qui seront prévenus et qui sauveront des vies, faites-le !