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50 films

par Fwankifaël
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    Port Authority (2019)

    1 h 34 min. Sortie : . Drame.

    Film de Danielle Lessovitz avec Fionn Whitehead, Leyna Bloom, McCaul Lombardi

    Séances de cinéma (18 salles)
    6 octobre

    Un premier film sincère, apparemment sur un sujet de niche (le monde de la nuit LGBTQ afro-américain dans le Bronx) mais assez essentiel, dans le débat contemporain, sur les thématiques abordées. Le scénario ne nous épargne pas quelques lourdeurs mais celles-ci participent efficacement à l'intrigue. Le héros manque un peu de charisme à mon goût.
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    Bacurau (2019)

    2 h 12 min. Sortie : . Drame, thriller et Épouvante-horreur.

    Film de Juliano Dornelles et Kleber Mendonça Filho avec Barbara Colen, Thomas Aquino, Sonia Braga

    Séances de cinéma (169 salles)
    4 octobre

    Plaisant, rythmé, dépaysant, militant, "Bacurau" cochait en effet beaucoup de cases pour faire des vagues au dernier festival de Cannes où il reçut le prix du jury. Il y a dans sa construction une similitude avec "Parasite" qui n'a d'ailleurs pas dû échapper à ce dernier : le milieu du film marque un tournant vers l'affrontement physique entre les classes.

    La violence joue dans ce film, comme dans celui de Bong Joon-ho, une manifestation de dernier recours, inéluctable, de la résistance face à l'arbitraire. Le propos est ici plus subtil dans la dénonciation que son homologue coréen, ce qui ne le rend pas plus tranchant d'ailleurs. Ceci dit, l'écueil localiste auquel aurait eu du mal à céder un film français sur le même thème (tradition "irréductible village gaulois" oblige) est ici brillamment évité, donnant à la lutte d'un village pour sa survie un accent universaliste - oserais-je dire internationaliste - affirmé, comme l'illustre la diversité galvanisante des origines et des couleurs de "Bacurau".

    Ce village-monde, empreint de solidarité et de mythes, ouvert mais méfiant, sincère en toute circonstance, frappe par sa résilience et incite le spectateur à s'interroger sur les modes de résistances qui nous sont offerts face à la marchandisation du monde. Une leçon d'autant plus percutante qu'elle est servie dans l'écrin d'une culture de la diversité et du paradoxe comme seul le Brésil peut en offrir.
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    Ad Astra (2019)

    2 h 04 min. Sortie : . Aventure, drame, science-fiction et thriller.

    Film de James Gray avec Brad Pitt, Tommy Lee Jones, Ruth Negga

    Séances de cinéma (448 salles)
    29 septembre

    5,5/10

    Formellement impeccable, ce nouveau long de James Gray me réservait une surprise de taille : une performance émouvante et puissante de Brad Pitt, dont j'ai déjà regretté ça et là la maigre palette d'interprétations. Ce saut dans l'espace est donc l'occasion pour l'acteur quinca de trouver un second souffle, en donnant notamment la réplique à un vibrant Tommy Lee Jones.

    Mais au-delà de ces qualités, Ad Astra pèche largement par un scénario facile que Gray essaie vainement d'enrichir de péripéties sans enjeu qui n'ont d'autre visée apparente que de retarder l'inévitable. La critique facile d'une société humaine aux abois qu'elles permettent ne fait jamais écho avec la quête du héros dans l'accomplissement de son deuil.
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    Portrait de la jeune fille en feu (2019)

    1 h 59 min. Sortie : . Drame, historique et romance.

    Film de Céline Sciamma avec Noémie Merlant, Adèle Haenel, Luàna Bajrami

    Séances de cinéma (248 salles)
    26 septembre

    8,5/10

    Sciamma livre un film parfait, d'une simplicité rare, sur l'amour fugace. Adèle Haenel, dont je peinais jusqu'à présent à trouver un rôle qui me convainque totalement, livre ici une partition exemplaire, au diapason d'une Noémie Merlant surprenante. De tableau en tableau (certaines scènes sont étourdissantes de beauté), la réalisatrice tisse une romance tragique mais sans fard, puissante et positive, qui me fait m'interroger sur la nature du véritable amour : ces quelques instants volés à l'histoire de l'amant.e ne sont-ils pas, finalement, la plus sincère et véhémente expression de ce qu'est l'amour ?

    Me voilà plus romantique que jamais en sortant de la salle, ému par l'insoutenable puissance de la dernière scène, plus que jamais convaincu que Don Juan - au delà de ses atours et de sa posture - touchait à la vérité en ne cherchant que le sublime immédiat de la rencontre une seule fois consommée.
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    Deux moi (2019)

    1 h 50 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Cédric Klapisch avec François Civil, Ana Girardot, Camille Cottin

    Séances de cinéma (112 salles)
    14 septembre

    Dans son interview "Popcorn" réalisée par SC à Deauville il y a quelques jours, on voit Klapisch descendre Tarantino en avouant son dédain pour un réalisateur "qui n'a plus rien à dire". J'aurais pu passer sur l'affront - illégitime si l'on en croit la note de "Once upon a time... in Hollywood" - si "Deux moi" avait été un chef d’œuvre novateur de la comédie française.

    Non seulement ce n'est pas le cas, mais en plus son réalisateur y déroule continuellement un ramassis de clichés et de poncifs sans guère de propos ou d'idée. Tout est "Klapsich" dans ce film (musique, montage, scènes métaphoriques, décor) qui ne renouvelle en rien ce que le cinéaste a pu avoir à dire par le passé, au contraire. J'étouffe aussi de ces films français invariablement tournés à Paris (je le pardonne aux petits budgets) et qui négligent par paresse les possibilités offertes par la "province", nous enfermant toujours dans les mêmes schémas stéréotypés au premier rang desquels le fameux métro-boulot-dodo.

    Alors bien sûr, les acteurs sont bien dirigés et mettent du cœur à l'ouvrage (plus Civil que Girardot d'ailleurs), livrant quelques scènes drôles ou touchantes, mais Cédric, y a vraiment pas de quoi la ramener.
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    Une fille facile (2019)

    1 h 31 min. Sortie : . Comédie et drame.

    Film de Rebecca Zlotowski avec Mina Farid, Zahia Dehar, Benoît Magimel

    Séances de cinéma (6 salles)
    13 septembre

    Sans atteindre le pinacle, je gardais de "Grand Central", le deuxième film de Rebecca Zlotowski, l'image d'un métrage puissant et nouveau. J'attendais donc de "Une fille facile" qu'il vienne à nouveau me saisir par sa justesse, curieux aussi de comprendre pourquoi Zahia Dehar, l'escort à la sulfureuse réputation, avait attiré l'oeil de la jeune réalisatrice.

    Il m'a bien fallu constater que ce film n'est pas très intéressant. Au delà d'un physique hors-norme que l'actrice et la metteuse en scène s'évertuent à mettre constamment en lumière, il faut reconnaître que Zahia n'a aucun talent d'actrice. A elle seule, elle plombe un peu ce film initiatique, empreint pourtant de bonnes intentions : explorer les avenirs possibles d'une adolescente prise dans les filets de sa grande cousine michtonneuse. Mina Farid est très bien, mais c'est à peine si sa bleuette platonique avec le vieillissant Magimel m'a ému. Je n'ai pas compris, en définitive, ce que voulait nous montrer Zlotowski et, pour un film de cet acabit, c'est assez dérangeant.
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    Tu mérites un amour (2019)

    1 h 42 min. Sortie : . Comédie, drame et romance.

    Film de Hafsia Herzi avec Hafsia Herzi, Djanis Bouzyani, Jeremie Laheurte

    Séances de cinéma (32 salles)
    13 septembre

    Premier film de Hafsia Herzi que j'avais à coeur de découvrir tant j'ai été séduit par l'actrice fétiche de Kechiche. L'ombre tutélaire de ce dernier transparait d'ailleurs dans certains plans du film, si vous voyez de quoi je parle.

    A part ça, Herzi parvient à dérouler un propos douloureux sur le deuil de la relation amoureuse, donnant largement du sien devant la caméra pour un nourrir un personnage perclus de doutes et de douleurs. Quelques cahins-cahas rythment une histoire au demeurant pas mal ficelée, initiatique, donnant à voir une kyrielle de personnages qui tour à tour apportent leur écot à la remise en selle de l'héroïne. J'ai beaucoup aimé les personnages de Ali et Charly.
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    Les Hirondelles de Kaboul (2019)

    1 h 20 min. Sortie : . Animation.

    Long-métrage d'animation de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec avec Simon Abkarian, Hiam Abbass, Swann Arlaud

    Séances de cinéma (95 salles)
    7 septembre

    Un très beau film d'animation, assez contemplatif, qui mise tout sur les ambiances qu'il prend le temps de mettre en place. Ambiance graphique splendide et nébuleuse que l'on doit à Eléa Gobbé-Mévellec ; ambiance sonore très travaillée et immersive surtout.

    Le récit, prévisible, pas si manichéen mais quoi qu'il en soit tragique, remet en perspective le confort occidental et le dédain pour la liberté que nos sociétés manifestent de plus en plus : il est des pays où les gens n'ont pas ce luxe.
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    Once Upon a Time... in Hollywood (2019)

    2 h 41 min. Sortie : . Comédie et drame.

    Film de Quentin Tarantino avec Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie

    Séances de cinéma (40 salles)
    16 août

    Tarantino signe un retour majuscule après une déconvenue de la critique et des fans face à son "Hateful Eight". Fort atout de ce film, son casting génial. Outre les deux compères (Di Caprio et Pitt) dont plus personne ne doute depuis des années de la compétence, Tarantino a fait appel à ses acteurs fétiches (Zoë Bell, Michael Madsen, Kurt Russel...) ou leurs enfants (Maya Hawke au moins) et ouvert sa sélection à d'autres grands noms réjouissants (Al Pacino, Margot Robbie, Dakota Fanning, Lena Dunham...). J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir leur trombine.

    Ce film empreint de nostalgie et de bienveillance regorge de références à la culture des late sixties qui, selon le réalisateur, ont marqué un tournant décisif dans le cinéma et le microcosme hollywoodiens. A tel point que j'ai souvent eu l'impression, bien que bercé par le génie visuel et sonore que QT sait déployer dans ses œuvres, de n'être pas exactement le destinataire de "Once upon a time" dont je n'ai saisi, pour être honnête que le dixième des clins d’œil et des références.



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    Never Grow Old (2019)

    1 h 40 min. Sortie : . Western et drame.

    Film de Ivan Kavanagh avec Emile Hirsch, John Cusack, Antonia Campbell-Hughes

    Séances de cinéma (1 salle)
    13 août

    Un bien mauvais film que voilà, sauvé par sa photographie et la beauté des paysages. J'ai du mal à comprendre ce qui cloche précisément mais rien ne prend : le scénario est d'une tristesse rare, cousu de fil blanc et nous ressert la même soupe de violence froide, en particulier envers les femmes ; les acteurs peinent à sortir de leur torpeur sauf John Cusack qui en fait des caisses et, reconnaissons-le, Déborah François.
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    Rêves de jeunesse (2019)

    1 h 32 min. Sortie : . Drame.

    Film de Alain Raoust avec Salomé Richard, Yoann Zimmer, Estelle Meyer

    Séances de cinéma (2 salles)
    2 août

    6,5/10

    Un film intéressant, engagé, qui trouve au milieu de certaines scènes exagérées ou décalées, un espace pour déployer une poésie touchante. Sa scénographie peu banale sert de décor à une critique parfois maladroite mais toujours sincère de la société. Salomé Richard porte en elle la réserve de son héroïne et, sans guère se dépasser, parvient donc à viser juste. La bande son originale, très ibérique, est superbe.
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    Le Roi Lion (2019)

    The Lion King

    1 h 58 min. Sortie : . Animation, aventure, drame et comédie musicale.

    Long-métrage d'animation de Jon Favreau avec Donald Glover, Beyoncé, Chiwetel Ejiofor

    Séances de cinéma (189 salles)
    27 juillet

    "Le Monde" a beau rugir, on ne peut enlever au "Roi Lion" ses qualités techniques qui feront bientôt oublier la vraie faune au profit des images de synthèse. Techniquement, Favreau sait y faire. Il peut aussi s'appuyer sur un casting avantageux dont je ne nierai pas m'être pâmé devant les deux têtes d'affiche (Donald Glover et Beyonce). Ces deux-là rehaussent également le casting de la bande-son, proprement galactique (Hans Zimmer, Pharell Williams...).

    Derrière tout ça malheureusement, un scénario assez stérile, grossièrement patriarcal, qui m'a fait me rappeler pourquoi je n'avais vu qu'une fois l'original animé. Je ne retiens que ce que je veux, à savoir que Simba est adopté par un couple gay et végétarien. Merci.
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    Senses 1&2 (2015)

    Happî Awâ

    2 h 20 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Ryusuke Hamaguchi avec Sachie Tanaka, Maiko Mihara, Rira Kawamura

    28 juin

    Un peu trop de temps s'est écoulé depuis que j'ai découvert les deux premiers volets de "Senses" en juin dernier. J'en retiens néanmoins un film exigeant, car d'une rare lenteur contemplative, à la fois très intime et très discret. La photographie et les décors mornes, qu'on aime bien appeler "films Arte", non sans ironie, avec ma sœur, n'aident pas particulièrement à rentrer dans le sujet.

    Au gré du métrage cependant, l'humanité de ses personnages et quelques instants de grâce viennent éclairer cette œuvre et révéler sa justesse. Sera-ce suffisant pour m'inciter à en découvrir la suite ? Rien n'est moins sûr...
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    Le Daim (2019)

    1 h 17 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Quentin Dupieux avec Jean Dujardin, Adèle Haenel, Albert Delpy

    Séances de cinéma (1 salle)
    22 juin

    Moi qui ai tardé à relever le défi Dupieux (c'était en 2016 avec "Réalité"), je dois avouer avoir trouvé là une raison d'apprécier sa veine cinématographique. Je n'ai en effet aucun problème avec sa veine musicale, ayant eu la chance de le voir au Nördik Impakt il y a deux ans, mais je suis resté (très) à côté du film avec Chabat.

    "Le Daim" m'a beaucoup séduit, jusqu'à ce qu'il ne me séduise plus du tout. Il rend hommage à beaucoup de choses, à commencer par le cinéma amateur que Gondry a su porter au pinacle avec "Be kind, rewind" dans une veine plus conventionnelle (on est tous le conventionnel de quelqu'un Michel). J'y ai retrouvé Dujardin - qui Dujardine très bien - et Haenel avec un certain plaisir. J'ai apprécié l'effort d'innovation dans chaque plan, la photographie volontairement chiante, les décors et costumes qui ne rendent pas hommage à mes Pyrénées, l'humour noir du métrage.

    Mais j'ai pas aimé la manière dont Dupieux boucle son histoire. Il m'en est resté une impression de bâclage facile sans mesure avec la réputation du film et de son auteur. Prendre le parti de ce scénario initial, poilant et ambitieux à souhait, c'est aussi s'engager à le mener jusqu'à sa fin. Le compte n'y est pas.
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    Parasite (2019)

    Gisaengchoong

    2 h 12 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Bong Joon-ho avec Song Kang-ho, Lee Sun-Kyun, Cho Yeo-jeong

    Séances de cinéma (39 salles)
    20 juin

    7,5/10

    C'est étourdi par les éloges que je suis enfin aller voir "Parasite". Bong Joon-ho n'est pas le réalisateur coréen qui me plait le plus - même si son "Mother" est splendidement noir - mais il a auprès de moi une côte certaine que sa propension à explorer différents genres n'a aucun mal à attiser.

    "Parasite" mérite peut être sa palme ; je n'en aurais la certitude que quand j'aurais vu tous les autres films en lice, ce qui n'arrivera jamais. Mais, s'il est brillant à bien des égards, il n'est pas LE grand film que l'on m'a vendu. J'ai beaucoup aimé ses acteurs et actrices et leur direction, le scénario gourmand et militant qui anime les personnages, le gros travail sur la photographie et la mise en scène.

    A l'exception de l'interminable scène (je n'ai pas encore vu le dernier Kechiche me direz-vous) de débauche qui amorce, au mitant du film, la transition de la comédie vers le drame, tout est bon dans ce cochon. Il n'empêche, je préfère encore "Mother", "Mademoiselle" ou "Poetry" qui en sont pleins (de poésie).
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    Sibyl (2019)

    1 h 40 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Justine Triet avec Virginie Efira, Adèle Exarchopoulos, Gaspard Ulliel

    9 juin

    J'ai bien aimé "Sibyl".

    Déjà, j'ai pris plaisir à y découvrir - enfin - Virginie Effira et Adèle Exarchopoulos. La première n'est pas mauvaise actrice, plutôt bonne d'ailleurs, mais manque parfois d'un poil de diversité dans la palette de ses émotions. Son corps capte en revanche, et Justine Triet l'a bien compris, parfaitement la caméra. Il ne faut en revanche à Adèle que quelques secondes pour offrir une performance époustouflante ; malheureusement, elle n'est utilisée que dans un seul registre dans le film.

    Celui-ci tourne très bien. Son rythme dynamique tire sa force d'un va et vient plein de punch entre souvenirs et présent. Des scènes assez iconiques, un Gaspard Ulliel pour une fois pas trop tordu et surtout une Sandra Hüller très drôle en réalisatrice à bout, donnent beaucoup de corps au film de Triet. Malheureusement, la névrose dévorante de son héroïne lui donne un côté presque too much qui pèse un peu sur la cohérence du film. Clin d'oeil à Vivès qui a réalisé les dessins, et que j'ai repéré de suite.
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    Douleur et gloire (2019)

    Dolor y Gloria

    1 h 53 min. Sortie : . Drame.

    Film de Pedro Almodovar avec Antonio Banderas, Penélope Cruz, Asier Etxeandia

    Séances de cinéma (3 salles)
    6 juin

    L'interprétation magnifique du trio d'acteurs - Banderas, Sparagia, Etxeandia - qui anime ce film exigeant participe grandement à son succès. C'est d'autant plus bienvenu qu'Almodovar nous a surtout habitués à diriger des femmes.

    Film exigeant parce qu'il réclame de la patience avant de nous prendre dans ses filets : assez long, rythmé par de magnifiques flashbacks venant servir l'iconographie chatoyante du leader de la Movida, l'intrigue s'y dilue progressivement. Comme beaucoup l'ont souligné, "Dolor y gloria" a quelque-chose d'un aveu testamentaire, ce qui lui donne une force important dans ses dernières scènes, magnifiques (la pièce jouée par Alberto Crespo, les retrouvailles avec Federico)
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    The Dead Don't Die (2019)

    1 h 43 min. Sortie : . Comédie et Épouvante-horreur.

    Film de Jim Jarmusch avec Bill Murray, Adam Driver, Tilda Swinton

    Séances de cinéma (1 salle)
    26 mai

    On ne pouvait, je crois, ouvrir la dernière édition du festival de Cannes de meilleure manière qu'avec ce film de zombies à contre-courant, à mi-chemin entre un "Shaun of the Dead" et un "Demain". Aux gros souliers d'un scénario quelque peu délirant dans certains de ses rebondissements, Jarmsuch vient appliquer la mise en scène toute en douceur et la contemplation dont il a le secret. Le casting 5 étoiles s'amuse vraisemblablement de ce tournage rigolo.

    J'aurais juste aimé que le propos définitivement anti-consumériste et écologiste qui sert l'intrigue soit plus subtil et pris avec un peu plus de sérieux que ce qui nous est présenté. Mais après tout, ce n'était peut être pas le but poursuivi.
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    L'Adieu à la nuit (2019)

    1 h 43 min. Sortie : . Drame.

    Film de André Téchiné avec Catherine Deneuve, Kacey Mottet Klein, Oulaya Amamra

    Séances de cinéma (1 salle)
    14 mai

    Prenant dans l'intrigue et solide dans sa réalisation, "L'Adieu à la nuit" brille surtout par son héros, incarné par un Kacey Mottet Klein qui ne surjoue jamais le jeune homme torturé. Toujours sobre et vrai dans son interprétation, l'acteur crève l'écran. En face, Deneuve tantôt peine tantôt touche, limitée dans son panel émotionnel mais manifestement impliquée dans son sujet.

    Celui-ci est d'ailleurs plutôt bien traité, évitant relativement bien les écueils balisés semés par le politiquement correct ou un potentiel penchant inutilement subversif. Un bon film.
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    Heureux comme Lazzaro (2018)

    Lazzaro Felice

    2 h 07 min. Sortie : . Drame.

    Film de Alice Rohrwacher avec Adriano Tardiolo, Alba Rohrwacher, Agnese Graziani

    Séances de cinéma (1 salle)
    13 mai

    Un film comme on n'en fait plus, qui tire une force incommensurable des petites gens et de la terre décharnée qu'il donne à voir. Le bruit des grillons résonne jusque dans la photographie poussiéreuse, toute en poésie, qui capte joliment les mouvements lents de personnages accablés de chaleur et de misère.

    Adriano Tardiolo y incarne, avec une pudeur extrême, la bonté simple faite chair. Je n'ai aucun mal à comprendre l'émoi suscité par cette fable humaniste, tout de même assez longue et aussi rude que les cailloux grisâtres auxquels s'accroche l'Inviolata.
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    Amanda (2018)

    1 h 47 min. Sortie : . Drame.

    Film de Mikhaël Hers avec Vincent Lacoste, Isaure Multrier, Stacy Martin

    12 mai

    Maladroit de bout en bout, ce film touche surtout par sa sincérité. Vincent Lacoste et Stacy Martin y jouent une partition manifestement compliquée par le fil ténu que semble vouloir entretenir le réalisateur entre sérieux et émotion. Ce déséquilibre permanent ne nuit pourtant pas tant que ça à la tendresse touchante d'un couple mal assorti et en mal de repères...
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    90's (2019)

    Mid90s

    1 h 24 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Jonah Hill avec Sunny Suljic, Katherine Waterston, Lucas Hedges

    Séances de cinéma (2 salles)
    8 mai

    Un premier film de Jonah Hill, loser magnifique d'Hollywood que j'apprécie de plus en plus depuis la pas mauvaise série de Netflix dans laquelle il donne la réplique à Emma Stone et dont le nom m'échappe.

    90's a pour lui de dédier à la décennie qui m'a vu naître un hommage ému. Et si j'ai été trop jeune et trop français pour goûter aux joies du skateboard et de la booze sur le macadam ensoleillé de la west coast américaine, j'y trouve un certain cocktail de ce qui a fait le sel de cette parenthèse dorée de la fin du millénaire.

    Les héros qui s'y ébrouent, muant avec difficulté d'une enfance malheureuse, sont touchants et interprétés avec un naturel qui m'a impressionné. Le scénario, guère plus rythmé que leurs journées, colle à leurs baskets comme le bubble-gum qui jonche les trottoirs du LA désoeuvré qu'ils arpentent.

    Une forme de fin de l'Histoire, si chère à Francis Fukuyama, imprégnée du soleil de l'espérance d'une vie meilleure qu'on attend sans trop savoir si elle viendra, so "Millenials", règne sur ce métrage qui restera comme une première geste pleine de promesses.
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    Girl (2018)

    1 h 45 min. Sortie : . Drame.

    Film de Lukas Dhont avec Victor Polster, Arieh Worthalter, Katelijne Damen

    27 avril

    2018 ne jurait que par ce film belge qui m'a échappé à l'occasion d'un ralentissement impromptu de mes visites en salles obscures.

    Lukas Dhont signe assurément un grand film, emporté par son acteur principal qui crève l'écran, incarnant avec une rigueur et une justesse incroyables le malaise et l'acharnement de l'héroïne.

    Mais outre l'interprétation, ce film livre un propos puissant sur l'acceptation de soi et des autres dans une superposition de contextes dont les écueils auraient pu conduire à un fiasco : monde de l'enfance, monde de la danse, transsexualité, famille recomposée... Plus les barrières sont hautes, et mieux "Girl" s'en sort. Bravo !

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    J’veux du soleil (2019)

    1 h 20 min. Sortie : .

    Documentaire de François Ruffin et Gilles Perret avec François Ruffin, Jean-Michel Aphatie, Christophe Barbier

    9 avril

    Tout député tonitruant qu'il soit, le tribun Ruffin, dont je ne peux que respecter les dignes combats, avait presque réussi à me laisser sur la route avec son cabotin "Merci, Patron !".

    C'est donc sur le rond-point de mes soupçons qu'il est passé me récupérer pour m'emmener dans un road trip...bouleversant. Je ne dis pas que ce documentaire, dont les esprits mesquins devineront la part d'opportunisme politique, restera dans les annales. Mais il livre un instantané particulièrement touchant de ce que le mouvement des "Gilets jaunes" a d'humain, de sincère, de dernier recours.

    On peut gloser longtemps sur la récupération du mouvement, son débordement par les "casseurs", son manque de structuration politique, ses courants et requêtes contradictoires, les éléments qui l'ont motivé. On ne lui enlèvera ni sa légitimité profonde, ni l'élan du coeur de ses acteurs, ni le traitement odieux dont il a fait preuve dans les médias et les discours de certains, encore moins la triste société qu'il dessine au miroir de la solidarité et de la lutte qui l'ont animés.

    Si j'avais pu encore douter de tout cela, les dizaines de témoignages recueillis par Ruffin auraient fini par me convaincre.
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    Celle que vous croyez (2019)

    1 h 41 min. Sortie : . Drame.

    Film de Safy Nebbou avec Juliette Binoche, François Civil, Nicole Garcia

    23 mars

    Un beau film, fait de longueurs joliment frustrantes, sur la destinée (tragique) de la femme vieillissante. Alors qu'on parle désormais enfin beaucoup de harcèlement, d'inégalités salariales, de charge mentale et de masculinité toxique, Safy Nebbou vient éclairer d'une lumière inédite le rapport des femmes à elles-mêmes passé l'âge de grâce de 18-30 ans.

    Comment exister dans ce monde qui n'a d'yeux que pour les jeunes femmes de belles proportions lorsqu'on a eu le malheur d'avoir porté des enfants ? Quel regard porter sur son corps, sa sexualité, sa désirabilité, une fois la quarantaine franchie ? Le cinéma n'est pas la dernière industrie à jeter ses professionnelles comme des kleenex usagés une fois que leur sex appeal s'est évanoui avec leur jeunesse...

    Dans tout cela, Juliette Binoche, que j'adore décidément, livre une prestation virtuose d'équilibre et de sensibilité. Le scénario cède parfois un peu à la facilité et les acteurs masculins y sont assez moyens, quoique sans grande réplique. Mais le tout livre un message essentiel et profondément optimiste, sans caricature, sur la condition des femmes dans notre société.
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    Mr. Nobody (2009)

    2 h 21 min. Sortie : . Drame, fantastique, romance et science-fiction.

    Film de Jaco van Dormael avec Jared Leto, Sarah Polley, Diane Kruger

    22 mars

    Je suis assez surpris du casting pour le moins international que Jaco van Dormael a réussi à réunir autour de ce projet. Celui-ci est complexe. Longtemps aguichant dans sa tentative de découdre la linéarité d'un récit qui se veut lui-même à tiroirs, il arrive un moment où il heurte le spectateur à sa foisonnance et à sa longueur. Si l'ensemble révèle en définitive une belle cohérence - pas toujours évidente à atteindre dans ce genre d'exercice - certains choix scénaristiques laissent tout de même sceptiques car inutilement alambiqués.

    J'ai également moyennement aimé la BO tapageuse et, malgré la performance intéressante de Jared Leto tout au long du métrage, les seuls acteurices qui m'aient séduit et touché sont le jeune couple incarné par Toby Regbo et Juno Temple (Nemo-Anna) éclatant d'amour et de complicité.
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    Ma vie avec John F. Donovan (2019)

    The Death and Life of John F. Donovan

    2 h 03 min. Sortie : . Drame.

    Film de Xavier Dolan avec Kit Harington, Jacob Tremblay, Susan Sarandon

    18 mars

    5,5/10

    Sur ce film, tout est dit ou presque par Larsen et Sergent Pepper. J'en suis sorti très mitigé, quoique toujours trop indulgent. Lancé sur les chapeaux de roue, "Ma vie..." perd rapidement le fil de ce qu'il voulait nous montrer, probablement en raison d'un montage qui tente de retisser artificiellement du liant après avoir enlevé de nombreuses séquences au film. Malgré la réalisation et l'image, que je trouve toujours soignées, il y a peu de scènes d'éclat dans ce film qui s'enfonce parfois dans l'auto-référence à outrance.

    Ben Schnetzer et Kit Harrington sont très beaux, ça ne fait aucun doute, mais c'est à peu près tout. Dommage. Je ne peux m'empêcher de me demander ce qu'aurait donné le film avec Jessica Chastain...
  • Bande-annonce

    Sibel (2019)

    1 h 35 min. Sortie : . Drame.

    Film de Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti avec Damla Sönmez, Emin Gursoy, Erkan Kolcak Kostendil

    13 mars

    Un beau film à tiroirs qui prend le temps de dévoiler l'ensemble de son propos au gré d'une intrigue à la fois très simple et très rythmée. D'un propos attendu sur la différence, il migre progressivement vers un pamphlet contre l'obscurantisme et la situation des femmes dans les campagnes turques, la promotion d'une langue exceptionnelle et de la culture de l'échange qu'elle entraine, une réflexion touchante sur la famille et l'honneur.

    En brassant avec légèreté et profondeur autant de sujets, "Sibel" prenait le risque de s'égarer. Mais porté qu'est le film par son actrice principale, filmée très près pour figurer son isolement, il étend progressivement une forme de grâce et de détermination salvatrices.
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    Marie Stuart, reine d'Écosse (2019)

    Mary Queen of Scots

    2 h 04 min. Sortie : . Biopic, drame et historique.

    Film de Josie Rourke avec Saoirse Ronan, Margot Robbie, Jack Lowden

    Séances de cinéma (1 salle)
    9 mars

    Porté par un solide duo d'actrices, touchantes et particulièrement investies dans leur rôle, ce film féministe et historique s'appuie sur le duel d'influence à distance que se sont livrées deux femmes au pouvoir en Grande Bretagne au XVIème siècle. L'idée d'avoir deux femmes monarques pour un même pays semble tellement incongrue en France pour cette époque qu'on mesure déjà là l'avance prise par nos voisins britanniques en matière de place des femmes dans la société.

    Avec sa dose de romance, ce récit - d'abord assez lesté par une forme de complexité due à un montage rapide des séquences et des ellipses - repose sur une réalisation intéressante dans son usage des décors et des lumières, et livre une dialectique profonde entre deux manières d'aborder sa féminité, son rapport au pouvoir et à la tolérance et, finalement, sa conception du féminisme.
  • Bande-annonce

    Alita : Battle Angel (2019)

    2 h 02 min. Sortie : . Action et science-fiction.

    Film de Robert Rodriguez avec Rosa Salazar, Christoph Waltz, Jennifer Connelly

    3 mars

    Sacrée claque. Alors que j'allais à reculons voir ce que je croyais être l'énième resuçade d'un délire post-apo et cyberpunk, portant à l'écran sous forme de bouillie pixelisée une oeuvre qui aurait mérité qu'on la laisse tranquille dans les pages de la BD où elle avait fait fureur, j'en fus pour mes frais : "Alita" est un super film.

    J'avais heureusement lu ça et là les bonnes feuilles de mes éclaireurs dont je comprends désormais la surprise. Car même les noms grassouillets de Rodriguez et Cameron n'avaient pas réussi à me convaincre. Mais force est de constater que ça marche très bien. A la différence, par exemple, d'un pauvre "Mortal Engines" qui marquait encore mon esprit, le rythme de ce film est excellent. Point trop de détails (passage obligé pourtant) sur l'origine du monde, une intrigue qui prend le temps de se construire, des personnages variés et pas trop mal réussi, et surtout une héroïne magnifique d'innocence, de félinité et d'animation. Rodriguez apportant avec justesse sa touche baroque et sauvage à un métrage enlevé qui m'a conquis.
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