2019 : journal de lectures

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25 livres

par -Ether-

2019, nouvelle année, nouvelle liste de lectures. J'ai dépassé la trentaine d'ouvrages en 2018, j'espère faire aussi bien cette année, voire en lire une quarantaine, ce serait génial. Dans mes objectifs, renouer avec Thomas Mann, et lire Crime et Châtiment, puis Les frères Karamazov de Dostoievski. Pour le reste, ce sera en fonction du tout venant.

Liste du plus ancien lu au plus récent.

Image d'illustration : "The book lover", par Kupka (que je trouve très drôle).

Autres années, autres recensions :
2018 : https://www.senscritique.com/liste/2018_journal_de_lectures/1982804
2017 : https://www.senscritique.com/liste/2017_journal_de_lectures/1581192
2016 : https://www.senscritique.com/liste/2016_journal_de_lectures/1143678
2015 : https://www.senscritique.com/liste/Livres_lus_en_2015/739540

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  • La Terroriste (1985)

    The Good Terrorist

    Sortie : 1985. Roman.

    Livre de Doris Lessing

    Premier livre de l'année, premier livre critiqué.
  • Sérotonine (2019)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Michel Houellebecq

    Critiqué.
  • L'homme qui voulait changer le monde (2007)

    Sortie : septembre 2007. Roman.

    Livre de Hermann Hesse


    C’est une note assez sévère, pour un livre de Hermann Hesse, mais force est de constater que le romancier est bien plus doué que le nouvelliste. Ceci s’explique aussi par l’âge auquel la plupart des textes de ce recueil ont été écrits, c’était avant le Loup des steppes, et son style pêchait par préciosité. A vouloir trop bien faire, être précautionneux, il sombrait inévitablement dans quelque chose d’un peu désincarné, qui à la lecture ne peut créer que de l’ennui. Même pour les passionnés de Hermann Hesse, c’est une lecture largement dispensable. Toute juste on notera des phrases très belles dans la nouvelle qui a donné son titre au nom du recueil, et dans les deux dernières, « le mendiant » et « si la guerre durait encore deux ans ».
  • L'Ombre du vent (2001)

    La Sombra del viento

    Sortie : 2001. Roman.

    Livre de Carlos Ruiz Zafón

    Moins nul que ce que je pensais, pas un chef d'oeuvre pour autant. L'histoire est prenante, et contrairement à ce que j'ai lu ici, le style n'est pas bon. Zafon a la fâcheuse manie d'abuser du zeugma, il en met un tous les trois pages, ça finit par en devenir horripilant ; on sent l'écrivain qui a trouvé sa technique et qui l'use jusqu'à la moelle. Le procédé fera effet sur les lecteurs peu exigeants, mais pour peu qu'on s'attache à décortiquer les astuces et les "trucs" de la plume, c'est fini. Cela dit, j'ai passé un bon moment avec, car certains personnages m'ont beaucoup plu, que ce soit le principal, le clochard... Plus les hommes que les femmes, d'ailleurs, qui sont moins bien écrites que les avatars masculins. Le livre écrit après m'avait plus marqué sur le cadre prodigué par Barcelone, ici, c'est presque comme si on avait changé la ville que ça n'aurait pas modifié grand chose. Je finirai le cycle, quoi qu'il en soit.
  • La France contre les robots (1946)

    Sortie : 1946. Essai.

    Livre de Georges Bernanos

    Etrangement, je pensais que ce serait une lecture plus longue, alors qu'il ne m'a fallu que trois jours pour en parvenir à bout. Le titre est moins éloquent qu'il ne le paraît au premier abord. Il s'agit d'une diatribe, d'un pamphlet, mais dont le contenu est plus généraliste qu'on ne pourrait le croire ; Bernanos n'en a pas seulement après la technique, mais surtout contre ceux qu'il nomme les "imbéciles", qui sont ceux justement dont le comportement vis-à-vis en particulier de la technique justifie à ses yeux son opprobre. C'est un texte important, avec des saillies percutantes çà et là, mais pour une critique pure et dure de la technique, Günther Anders serait plus pertinent. A noter que les invectives lancées par Bernanos, qui sont au fond la forme que prend la traduction de ses inquiétudes immenses quant à la civilisation humaine possèdent un écho particulier à l'heure actuelle. On y trouve même de l'écologie !
  • Le Prisonnier Du Ciel (2012)

    El Prisionero Del Cielo

    Sortie : . Roman.

    Livre de Carlos Ruiz Zafón


    L’histoire est clairement tirée par les cheveux, puisque l’auteur profite d’une faille narrative du premier tome pour nous sortir une intrigue aussi incroyable que la résurrection du messie. Cela dit, hormis cette pirouette qui prête à sourire, entre ce livre et L’ombre du vent, il faut reconnaître qu’il y a une progression remarquable dans le style de l’écriture. Zafón se débarrasse de la plupart de ses tics, sans perdre en identité, et c’était vraiment ce qu’il avait de mieux à faire. Les descriptions autour de la prison de Montjuic sont passionnantes, et lui permettent de sortir au passage du blabla sur la Barcelone gothique. Clairement, il y a un mieux à saluer, malgré une histoire poussive.
  • Le Labyrinthe des esprits (2016)

    El laberinto de los espíritus

    Sortie : . Roman.

    Livre de Carlos Ruiz Zafón

    Ce qui est marrant avec le cycle du cimetière des livres oubliés, c'est que le premier tome, qui a eu beaucoup de succès, est un peu moyen, le deuxième aussi, le troisième mieux, et le quatrième une très bonne surprise, malgré une fin complètement dispensable – Zafon rate toujours ses fins j'ai l'impression, elles sont moins bien, moins folles que le démarrage, il illustre à lui tout seul l'expression de la montagne qui accouche d'une souris. Pourtant, malgré un addendum inutile, le chemin ici en vaut vraiment la peine, car le développement du récit s'arc-boute sur le franquisme, en utilisant des choses qui sont réellement arrivées pour structurer sa fiction. C'était déjà le cas dans le troisième tome, avec les prisonniers à Montjuic, c'est encore plus le cas ici, où il est question des tortures perpétrées par les autorités et des vols d'enfants. Passionnant, avec un réel effort accompli depuis le premier tome, qui avait eu tant de succès.
  • La Guerre des pauvres (2019)

    Sortie : . Récit et histoire.

    Livre de Eric Vuillard

    J'ai l'impression d'être la seule à avoir noté aussi négativement ce livre de Eric Vuillard, je vais détailler ça. "La guerre des pauvres" est sorti en avance, sur les étals des libraires, Actes Sud y a vu une opportunité économique en rapport avec les gilets jaunes (alors que le livre n'a pas grand chose à voir, si ce n'est qu'il parle de révolte populaire). L'érudition de Eric Vuillard ne peut être remise en cause, ni ses talents d'écriture, mais ce n'est pas un bon livre. C'est une exofiction, et le problème des exofictions, c'est que c'est le genre le plus à la mode en ce moment dans la littérature contemporaine. On n'y trouve surtout ça, avec plus ou moins de talent. Une exofiction consiste à raconter la vie de quelqu'un, en y ajoutant des éléments de fiction, de type "sans doute qu'il disait ça...", "peut-être qu'il faisait ça...", et j'en passe. Une fois qu'on a compris de quelle cuisine il s'agissait, quand on en a lu un, a priori, on a lu tous les autres. C'est un peu comme le biopic au cinéma, un genre facile, dont peu parviennent à tirer leur épingle du jeu.
    Vuillard a les tics de l'exofiction, les répétitions s'accumulent (deux désormais sur deux lignes, qui a relu ce texte ?), et les niveaux de discours qui s'entrechoquent maladroitement, entre langage soutenu et propos volontairement vulgaire. C'est un peu dommage, parce qu'il est plus passionnant à l'oral quand il parle de ce livre que le récit ne l'est pour le défendre.
  • Frères sorcières (2019)

    Sortie : . Science-fiction et roman.

    Livre de Antoine Volodine

    Volodine est complètement à part dans la littérature contemporaine française, il tente des choses, il possède d’une érudition assez exemplaire, et c’est déjà pas mal. Frères Sorcières se sépare en trois parties : une histoire relativement classique, un ensemble d’incantations qui se rapprochent plus de la poésie que de la littérature, et une dernière partie folle, mais la plus intéressante du livre, qui narre la vie d’une matière tantôt masculine, tantôt féminine à travers les âges, en une phrase dont la longueur atteint presque la centaine de pages. Le passage demande de la concentration chez le lecteur, mais on en ressort comme récompensé. Certainement une des valeurs sûres de la rentrée hivernale.
  • En guerre (2018)

    Sortie : . Roman.

    Livre de François Bégaudeau

    Je pense que si je l'avais lu avant le Goncourt, j'aurais pu lui mettre 6, mais je suis fatiguée, par les analyses sociologisantes des comportements prolo à destination des riches. J'estime beaucoup Begaudeau, mais on ne va pas se leurrer, les gens qui ouvrent ses livres, comme moi, entre autres, on n'est pas ceux qui sont directement concernés par les descriptions. Quoi qu'il en soit, c'est pas mal, au début, il y a des moments intéressants, mais la fin a un goût d'inachevé, de bâclé, et donne un sentiment de lecture inutile. La mécanique du récit, quant à elle, est bien trop compacte : name dropping, description des personnages, dialogues en discours indirect libre, et on recommence avec d'autres, qui vont rencontrer les personnages décrits précédemment. Sur 300 pages, c'est assez usant.
  • Histoire de ta bêtise (2019)

    Sortie : . Essai.

    Livre de François Bégaudeau

  • My absolute darling (2018)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Gabriel Tallent

    Critiqué.
  • Tonio Kröger (1903)

    Sortie : 1903. Recueil de nouvelles.

    Livre de Thomas Mann

    Tonio Kröger n’est pas le meilleur livre de Thomas Mann, loin de là, autant se le procurer si on est amateur du bonhomme, pour appréhender la genèse de sa pensée. Il a été écrit à 28 ans, le style est correct sans être exceptionnel, l’édition en poche présente trop de notes de bas de pages inutiles. Cela dit, certaines permettent de comprendre que Tonio Kröger est une version exaltée, excessivement sentimentale de Thomas Mann lui-même : on retrouve le cadre qui constitue sa vie, ses opinions assez naïves de jeunesse, son idéal sur ce qu’est un artiste, qui semblait plus porté sur l’être que sur le faire. A noter que Tonio a été un prénom repris par Hermann Hesse dans « Le jeu des perles de verres », étrangement pour un personnage situé sur le même plan psychologique, Tonio Tegularius.
  • La colombe d'argent (1909)

    Serebrianyi Goloub

    Sortie : 1909. Roman.

    Livre de Andrei Biely

    Treize jours pour lire 400 pages, je rouille complètement. C'était long, assez dense, et plutôt intéressant. On y trouve du Dostoïevski, du Gogol, le tout nappé de symbolisme à la russe, sur fond de satire assez drôle, j'ai pas mal ri à la lecture.
  • Les Inéquitables (2019)

    Sortie : .

    Livre de Philippe Djian

    Je suis mitigée. Je n’ai pas passé un mauvais moment avec le livre, mais c’est un récit assez anecdotique, je l’aurais mieux apprécié au cinéma que là, à l’écrit. Il y a des phrases tarte à la crème, du genre « il n’y avait pas l’ombre d’une ombre », « mais bref », chez Gallimard, ou j’atterris, ou on peut dire que ça dépote. Les femmes sont toutes fatales, et dont des choses improbables, comme caler leur vulve sur la tête d’un mec assis par terre, vierge à 32 ans. Quelle histoire. En film, si c’est adapté un jour, ce sera sûrement mieux.
  • Crépuscule (2019)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Juan Branco

    C'est naze, écrit avec les ongles de pied, et la partie sur Attal mettrait mal à l'aise n'importe quel être humain normalement constitué. Imagine, tu es à l'école avec un type (arriviste, borné et stupide adulte), tu es ami avec depuis ton enfance, ton adolescence, et tu le démolis sur quarante pages à l'aube de ta trentaine, en disant que c'est un gay circonstanciel, lié à un poste on ne sait où, et que son père prenait de l'héro comme un riche décadent, alors que tu es toi-même issu de la bourgeoisie. Autant la sincérité de Branco semble de bonne foi, quoi qu'on puisse très certainement la remettre en cause, autant sa manière d'haïr une personne en se cachant derrière les structures sociologiques toutes puissantes est odieuse.
  • L'Opoponax (1964)

    Sortie : 1964. Roman.

    Livre de Monique Wittig


    C'est rare que je mette une note faible avec une recommandation, mais c'est parce que malgré mon rapport à ce roman, j'estime qu'il fait partie de ce qu'il faut lire. Quand Marguerite Duras écrit dans la postface qui s'agit d'un des romans premiers romans modernes sur l'enfance, elle a raison, L'opoponax est clairement avant-gardiste pour les années 60, avec un style particulier, fait d'énumérations constantes, d'objectivité du ressenti pur, un tour de force, qui s'ajoute à la particularité que le récit avance en accompagnant les protagonistes dans leur croissance, avec une délicatesse telle qu'on sent le temps passer sans qu'on ne puisse précisément dire comment ou pourquoi. Cela dit, la lecture a été assez fastidieuse pour moi, difficile de lire plus d'une demi-heure sans discontinuer, je me suis fait des plages de une à deux heures avec quelques pauses, mais, au total, il m'a fallu plus de six heures de lecture pour parvenir au bout de moins de trois cents pages, le texte ayant eu raison de ma concentration à plusieurs reprises. En somme, oui pour lire du roman moderne, oui si vous voulez quelque chose sur l'enfance, mais sachez que ce sera parfois aride.
    (Fais chier pour l'édition des listes, qu'on nous laisse mettre les textes qu'on veut dessus).
  • Note sur la suppression générale des partis politiques (1940)

    Sortie : 1940. Essai.

    Livre de Simone Weil

    C'est génial, limpide, exactement ce dont j'avais besoin. J'ai énormément d'affinités avec le positionnement de Simone Weil, en philosophie, ses écrits me confortent dans mes propres opinions, sans les modifier pour autant. Elle étend le fonctionnement des partis à des organes de culte, ça passe aussi pour des entreprises, des organes de presse... C'est un essai sur la politique qu'il faut lire, il prend peu de temps.
  • Le Corps lesbien

    Livre de Monique Wittig

    J'ai hésité à le recommander, mais c'est quand même bien trop expérimental et perché pour plaire à tout le monde. Il y a un paragraphe assez extraordinaire sur un érotisme du globe oculaire (je ne rigole pas) où Monique Wittig parle des tendons qui le relient à l'os et à la chair, de le lécher, de le prendre dans sa bouche, j'ai rarement lu quelque chose d'aussi flamboyant. En voilà un, de livre du cul.
  • La Guérilla des Animaux (2018)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Camille Brunel

    De mémoire de mon utilisation de Sens Critique, des 1, j’en ai déjà mis à des films que j’ai trouvés nullissimes, qui possédaient peut-être des qualités objectives, mais dont la teneur générale me faisait les détester (de la même manière que je comprendrais qu’on mette un « 1 » à la maman et la putain par exemple). Mais jamais je n’ai mis 1 à un livre. Peut-être 2 ou 3, ça oui, mais pas de 1. Je respecte plus la littérature que le cinéma, mais « La guérilla des animaux » est à mes yeux le pire livre que je n’ai jamais lu. Et je le dis en tant que végétarienne depuis quelques années maintenant, donc le contenu était censé me plaire. L’édition est minable, ce n’est pas normal de vendre un roman à 18 euros en laissant des coquilles dans le texte. L’histoire est insane, avec un auteur fascisant obnubilé par les comparaisons entre Shoah et traité animale. C’est une suite d’énumérations, avec un type qui parle 90% du temps des mammifères uniquement, en critiquant les autres tout en faisant de l’anthropomorphisme à foison. Rarement un roman m’aurait autant mis les nerfs de tant de nullité (stylistique, histoire, etc).
  • Expérience et pauvreté

    Essai.

    Livre de Walter Benjamin

    Les deux premiers textes sont pas mal, le second m’est littéralement tombé des mains, Benjamin se perd dans ses pires travers de logique pour faire des tartines sur des principes condensables en trois phrases. On doit pouvoir lire bien mieux, sur la traduction en philosophie. A noter que la préface est naze, elle résume les trois textes suivants, au point où tout semble être une redite, c’est comme si j’avais lu les idées deux fois. Alors que, quand on ouvre un texte de philosophie, c’est aussi pour en ressentir une sorte de joie intellectuelle, liée à la découverte. Je me suis sentie gâchée mon plaisir. Bref, dispensable.
  • A vau-l'eau (1882)

    Sortie : 1882. Roman.

    Livre de Joris-Karl Huysmans

  • White (2019)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Bret Easton Ellis

  • Mary Ventura et le neuvième royaume (2019)

    Sortie : .

    Livre de Sylvia Plath