Liste de 10 livres créée il y a environ 1 an · modifiée il y a 6 mois
Mon vrai nom est Elisabeth
8

Mon vrai nom est Elisabeth (2025)

Sortie : 6 février 2025. Roman

livre de Adèle Yon

Fwankifael a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Annotation :

30 décembre

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Printemps silencieux
8.1

Printemps silencieux (1962)

Silent Spring

Sortie : 1963 (France). Essai, Culture & société, Sciences

livre de Rachel Carson

Fwankifael a mis 8/10 et a écrit une critique.

Annotation :

26 novembre

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Chacun pour soi !
6.9

Chacun pour soi ! (2020)

Libertariens, survivalistes, pro-armes... ours ! L-histoire vraie d'une cité idéale

A Libertarian Walks Into a Bear: The Utopian Plot to Liberate an American Town (And Some Bears)

Sortie : 8 novembre 2023 (France). Document

livre de Matthew Hongoltz-Hetling

Fwankifael a mis 7/10.

Annotation :

18 octobre

Matthew Hongoltz-Hetling, journaliste local du New Hampshire, s'essaie avec "Chacun pour soi !" à un travail d'investigation pour le moins décalé : explorer le bouillonnement invraisemblable d'un village devenu à la fois lieu d'installation d'une communauté libertarienne décidée et zone de présence et de développement accéléré de la population d'ours noir. Deux dynamiques de population qui partagent le même objectif : occuper le maximum d'espace et pouvoir vivre sans se faire emmerder.

Le propos est très fouillé, s'attarde avec délice sur des témoignages ou des anecdotes croustillantes, et montre à voir, derrière les grands discours, la réalité de la cohabitation homme-animal dans un laboratoire atypique. Il tire cependant un peu à la ligne, avec une certaine complaisance pour le détail inutile. La position nuancée de M2H à l'égard de l'ours, qui assume la nécessité d'une gestion, a aussi quelque peu froissé mon esprit écolo, même si je comprends son parti pris. En tout cas, une tranche de vie assez poilante et très originale.

Histoire d'une montagne
7.6

Histoire d'une montagne (1876)

Sortie : octobre 2006 (France). Essai

livre de Élisée Reclus

Fwankifael a mis 6/10 et a écrit une critique.

Annotation :

10 septembre

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Funérailles célestes
7.7

Funérailles célestes

Sortie : 28 janvier 2005 (France). Roman

livre de Xinran

Fwankifael a mis 7/10.

Annotation :

15 août 2025

Avec son deuxième roman, "Funérailles célestes", l'autrice Xinran, qui réside depuis plusieurs années à Londres au moment où elle l'écrit, signe un récit qui se présente comme le témoignage biographique direct d'une chinoise ayant voyagé et vécu dans le Tibet des années 1950, à l'époque où la Chine avait engagé l'annexion de ce territoire vaste comme deux à cinq fois la France, selon les revendications.

On devine l'engouement avide que suscite ce type de découverte chez le lecteur passionné de montagne, de culture et de voyage et que la question tibétaine ne laisse pas indifférent. Et de fait, ce récit initiatique, formellement scolaire si ce n'est ces grands bonds dans le temps qu'il opère ça et là, est très bien mené et émerveille : le gouffre culturel et de développement économique est déjà immense pour le personnage principal ; il est presque irréel pour le lecture occidental du début du XXIème siècle.

La qualité et le revers de ce livre, c'est que son style et la liberté que s'octroie la narratrice le rapprochent indubitablement du roman. Revers parce que cette stylisation trahit pour Claude B. Levenson, grande défenseure du Tibet et postfacière du livre, les nombreux clichés des chinois à l'égard des tibétains, sans aller plus loin. De sorte qu'en refermant le livre, on n'est plus tout à fait sûr de ce qu'on a lu, de sa véracité, de sa sincérité. Assez rare de regretter ainsi qu'on m'ait ouvert les yeux.

Les Hirondelles de Kaboul
7.4

Les Hirondelles de Kaboul (2002)

Sortie : 2002 (France). Roman

livre de Yasmina Khadra

Fwankifael a mis 6/10.

Annotation :

11 août

Deuxième roman de Yasmina Khadra à mon actif, qui m'aura moins plu que "Ce que le jour doit à la nuit", en raison notamment de son regard extrêmement partial sur la société afghane sous les talibans, notamment dans la première partie du texte. Qu'on me comprenne : je n'ai aucune sympathie pour ce régime de tortionnaires, mais il y a dans les mots choisis par l'auteur comme un dédain, voire une haine, de tout ce qui éloigne l'Afghanistan de la société éclairée à l'occidentale, sans certitude que l'auteur ait jamais mis les pieds à Kaboul. La date de sortie et d'écriture probable de ce roman m'incite également à le prendre avec des pincettes, alors que les États-Unis de Bush JR répandaient leur logorrhée impérialiste pour justifier la mise à bas du régime... avec les suites que l'on sait. Dans ce contexte, ce roman donne un écho un peu malsain à tous les arguments civilisationnels qui ont abondé lors de cette période et qui se sont depuis profondément enracinés dans les mouvements d'extrême droite en Europe et en Amérique.

Au fur et à mesure du roman cependant, la contemplation dégoutée de la société kaboulienne trouve à s'incarner de manière plus sensible dans une poignée de personnages. J'ai retrouvé là, en quelques pages, l'ébauche de ce qui m'avait tant plu dans "Ce que le jour doit à la nuit" : la construction de personnages complexes, engoncés dans des contradictions bouleversantes et qui parviennent à donner un souffle romanesque à cette œuvre bien mal partie.

La Pesanteur et la Grâce
7.9

La Pesanteur et la Grâce (1947)

Sortie : 2002 (France). Journal & carnet

livre de Simone Weil

Fwankifael a mis 6/10.

Annotation :

Juillet 2025

Que cette lecture fut dure !
Très enthousiasmé par les références régulières de Pacôme Thiellement à cette penseuse majeure du XXème siècle qui m'était jusque là totalement inconnue (merci l'éducation nationale), j'avais à cœur d'aller découvrir par moi même sa prose et ses idées.

Sur les conseils éclairés de mon paternel, j'ai mis la main sur "La Pesanteur et la Grâce", recueil posthume de pensées spirituelles qui rappellent celles de Pascal, ou les caractères de Labruyère, constitué d'aporismes réunis par thématiques par l'éditeur de Weil. Je vais être honnête, cette lecture fut laborieuse ; elle m'a pris plusieurs mois. Malgré de vraies fulgurances, Simone Weil déploie dans cette œuvre une vision de la vie ascétique où tout bonheur, toute illusion, toute pensée échappatoire, toute relation doit être fuie car nous éloignant de Dieu. Les moments de lumière sont rares et ne trouvent leur source que dans des commentaires à la portée plus politique que spirituelle.

Il n'y a là finalement rien de surprenant. La désillusion de l'autrice à l'égard du monde, la poussant à chercher dans la douleur et le manque la présence de Dieu, n'est que l'exact reflet des souffrances que l'humanité produit dans ses interactions entre ses membres, et entre elle et la nature, auxquelles elle assiste impuissante. Si son combat anarchiste, féministe, pour la tolérance n'a pas pâti de cette forme de noirceur qui l'habitait, c'est sans doute qu'elle en est morte trop tôt. Beau, en bien des sens, mais assez décourageant.

Sur la route
7.2

Sur la route (1957)

On The Road

Sortie : 1960 (France). Roman

livre de Jack Kerouac

Fwankifael a mis 6/10.

Annotation :

14 juillet

A la lecture des premières pages de ce roman réputé mythique - qu'on qualifierait aujourd'hui d'autofiction - j'ai été vite déçu. Déçu par la vieille traduction proposée, ses approximations évidentes, ses simplifications, son travestissement pour mieux seoir au lectorat français des années 1960... J'ai été déçu aussi par la promesse de toute évidence gâchée d'un récit inédit dans sa construction, son rythme et son sujet sulfureux. C'est que le roman que je tiens entre les mains n'est pas la version originale rédigée par Kerouac, mais sa version rognée, reprise, abjurée pour le bon plaisir des éditeurs de l'époque.

Mais à poursuivre la lecture de "Sur la route", aurais-je supporté la prose crue de Kerouac sur le sexe, la drogue et la violence, quand je suis déjà rebuté par le sexisme, l'homophobie et le racisme de l'époque ? Par l'indélicatesse ou la violence exercée à l'égard des femmes par des hommes qui n'ont aucune considération à leur égard ? Par l'individualisme pur qui irriguait ces personnages ?

Tout au long de ma lecture, marquée par quelques passages véritablement suspendus, j'ai oscillé entre deux états contraires : la réserve que m'imposait mon regard de lecteur contemporain sur cette Amérique du crépuscule des années 1940 et une empathie plus ou moins marquée. Empathie pour cette société américaine, d'une pauvreté et d'une grande misère que je ne soupçonnais pas dans cet immédiat après-guerre. Empathie également pour ce pays, ces espaces dont l'aspect sauvage saute aux yeux à la lecture du roman, renforcée par l’imminence de sa destruction par la grosse machinerie capitaliste qui se mettait en route.

Si je n'ai pas été aussi touché qu'attendu par "Sur la route", c'est peut-être parce que je n'ai pas lu le Rouleau original. Mais c'est aussi sans doute parce que j'ai eu trop de mal à m'identifier, la plupart du temps, à ses personnages si éloignés de ce qui m'émeut. Je crois que, pour en avoir le cœur net, je n'aurai pas la force d'ouvrir la version "author's cut" du Rouleau original.

Anarchistes espagnoles : des femmes libres (1931-1939)
-

Anarchistes espagnoles : des femmes libres (1931-1939) (2024)

Sortie : 18 septembre 2024. Essai

livre de Esther Penouilh

Fwankifael a mis 7/10.

Annotation :

6 juin

J'avoue j'ai flashé en voyant ce livre sur son présentoir dans l'ultime librairie de gauchos de Toulouse. Moi qui m'intéresse désormais à l'anarchisme en plus du féminisme, j'y ai vu un moyen de creuser à peu de frais ces deux thématiques en prenant pour exemple la fameuse (mais méconnue) expérience autonome d'Aragon et de Catalogne avant la guerre civile espagnole.

Résister
7.5

Résister (2024)

Sortie : 16 octobre 2024. Essai

livre de Salomé Saqué

Fwankifael a mis 7/10.

Annotation :

10 mai

Un essai coup de poing par une journaliste à la tête bien faite et qui a le vent en poupe. Dans la lignée assumée d'un Stéphane Hessel et son cri "Indignez-vous" publié il y a quinze ans déjà, Salomé Saqué met à profit sa notoriété grandissante pour sortir du rôle factice de neutralité que brandissent de nombreux journalistes pour masquer leur angle d'approche toujours subjectif des sujets du monde.

"Résister" m'a plu, moins par ce que j'y ai appris ou par sa rhétorique que par la sincérité et la véritable nécessité de son élan. C'est sans doute de ce genre d'initiative dont j'ai personnellement besoin pour me sortir de ma torpeur confortable. Et si ça me parle à moi, pourquoi cela ne parlerait pas à d'autres ? C'est le pari de Salomé Saqué, à qui l'on souhaite un autre destin qu'à Stéphane Hessel qui, malgré l'écho immédiat de son appel, a vu ce dernier sombrer dans le néant d'une société anesthésiée.

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