Liste de

34 films

créée il y a 5 mois · modifiée il y a 1 jour
Laurent dans le vent
6.8

Laurent dans le vent (2025)

1 h 52 min. Sortie : 31 décembre 2025. Comédie dramatique

Film de Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon

Dany Selwyn a mis 8/10.

Annotation :

Au cinéma.

Le trio Balekdijan/Couture/Eustachon affirme son style, qui ne plaira pas à tout le monde : lenteur du rythme, plans fixes étirés à l'infini sur des paysages vides, inspiration manifeste d'un certain cinéma d'auteur français...pourtant, "Laurent dans le vent", qui traite en partie de l'ennui, n'est jamais totalement ennuyeux. Une fraîcheur se dégage de l'ensemble : son acteur principal et débonnaire et ne prend pas la pose, pour commencer. Il n'est ni un artiste torturé, ni un type dont la solitude est choisie. Il est plutôt maladroit, immature, et cherche sincèrement à entrer en contact avec autrui, souvent sans succès. Un inadapté. Tout comme la plupart des gens qu'il croise, chacun à leur manière : une octogénaire recluse dans son chalet à flanc de montagne, une ancienne baroudeuse et son fils Youtubeur (probablement Asperger) obsédé par les Vikings, sa soeur vivant une relation amoureuse en dents de scie...pas des cassos, parce qu'insérés tant bien que mal dans la société, mais des marginaux. Das qui tentent mais n'y arrivent jamais complètement. Et j'avoue me retrouver dans ce genre d'histoires. Déjà parce que des Laurent, des mecs dépressifs qui se cherchent j'en ai finalement croisé pas mal dans ma vie, qu'ils aient été potes ou plans cul, et que j'ai une certaine tendresse pour eux. Ensuite parce que le mal-être et les galères de la génération Z sont, pour une fois, plutôt bien retranscrits à travers Laurent et ses éphémères compagnons. Pas de boulot, des relations amoureuses qui ne marchent souvent pas, une santé psychologique défaillante, mais malgré tout une solidarité et une envie de prendre soin des autres...tout ça, ce sont les gens de mon âge. Et il est encore trop rare de nous voir représentés sur grand écran autrement que par des vieux, ou des jeunes qui se la jouent vieux (hein Suzanne Lindon ?), tout comme il est rare d'aborder les réseaux sociaux (ici Youtube) comme un outil à part entière du langage visuel plutôt que comme un banal ressort narratif, même si ce n'est que le temps d'une scène. Le film porte un vrai regard, non seulement sur ses personnages, mais aussi sur les paysages qu'il filme, stations de ski hors-saison et paysages montagneux déserts qui prennent ici une allure étrange, parfois lourde mais hypnotisantes. Ils en deviennent des personnages à part entière du film, des décors qui donnent une bouffée d'air frais au héros autant qu'ils l'enserrent de manière inquiétante. On a l'impression de découvrir un

Abigail
5.5

Abigail (2024)

1 h 49 min. Sortie : 29 mai 2024 (France). Épouvante-Horreur, Thriller

Film de Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett

Dany Selwyn a mis 4/10.

Annotation :

On reconnaît bien la patte des réalisateurs de « Wedding Nightmare », mais ce qui faisait leur sel dans ce précédent film s’est beaucoup dilué ici. L’intrigue comme les personnages sont basiques et bouffies de clichés (amusez-vous à deviner qui va mourir et dans quel ordre : vous aurez tout bon). L’idée de base avait un certain intérêt : des malfrats kidnappent la petite fille d’un ultra-riche et inquiétant personnage pour l’échanger contre une rançon, avant de découvrir que la gamine n’est pas si inoffensive qu’ils le croient. Mais outre le fait que tout soit spoilé dès l’affiche et la bande-annonce, ce qui aurait pu faire un pitch original s’enfonce loin dans les sentiers battus d’une forêt plus si effrayante à force d’avoir été explorée maintes et maintes fois. Ça aurait pu marcher si les ravisseurs étaient des mercenaires rompus à leur technique et habitués à susciter la crainte plutôt qu’à la ressentir ; au lieu de ça, ce sont des novices affolés, sentimentaux (ouin, j’ai pas vu mon fils depuis des années et cette petite fille me le rappelle trop, commettons des erreurs de débutant pour prendre soin d’elle) et semi-débiles que les héros de n’importe quel film d’horreur. Le huis-clos qui s’instaure au bout de vingt minutes est un banal manoir gothique sorti d’une production fauchée de Del Toro, qui ne sera ni plus ni moins exploité que partout ailleurs. Quant aux rebondissements, ils seront finalement sans surprise, le twist de mi-parcours se voyant venir depuis la Galaxie d’Andromède et le ton manquant désespérément de piquant. C’est plat, trop long pour ce que c’est, l’humour est trop faible pour fonctionner, les personnages sont quand même très, très longs à la détente, et Netflix oblige sans doute, le final cède à la guimauve plutôt qu’à la méchanceté que le film nous promettait au départ. Sous ses dehors machiavélique, « Abigail » est une énième baudruche remplie d’air, où aucune proposition ne subsiste. On notera quand même le jeu assez honorable des acteurs, et surtout de Dan Stevens, dont la ressemblance avec Thierry Lermite (cheveux tirés en arrière et lunettes carrées) rappellera de bons souvenirs en cette période post-Noël (d’autant qu’il joue une sacrée ordure).

Father Mother Sister Brother
5.7

Father Mother Sister Brother (2025)

1 h 50 min. Sortie : 7 janvier 2026 (France). Comédie dramatique, Sketches

Film de Jim Jarmusch

Dany Selwyn a mis 4/10.

Annotation :

Au cinéma.
ça commence un peu à se voir que Jim Jarmush n'a plus grand-chose à raconter. Son gros casting ne sert ici que de cache-misère : il filme la famille (c'est chiant la famille, on est tous d'accord) mais n'a rien à en dire. Il change de décor et de fratrie à chaque segment pour donner le change, mais rien n'y fait : c'est plat, sans âme ni souffle, porté par le regard sans vie d'un cinéaste qui paraît autant s'ennuyer que nous. Même la mise en scène, qui était autrefois le point fort de Jarmush, est ici inexistante, et ce ne sont pas quelques secondes pseudo-contemplatives (les skateurs filmés au ralenti qui reviennent dans chaque histoire) qui vont changer la donne. "Father Mother sister Brother" ira donc rejoindre ces films de "vieillesse" des grands cinéastes dont on se serait bien passé.

Tu enfanteras dans la douleur
7.6

Tu enfanteras dans la douleur (2019)

59 min. Sortie : 28 juin 2019.

Documentaire de Ovidie

Dany Selwyn a mis 7/10.

Annotation :

Documentaire sur les violences gynécologiques et obstétricales au moment de l'accouchement. Adoptant d'abord le point de vue militant qu'on lui connaît, Ovidie étoffe progressivement son propos en donnant la parole aux professionnels de santé et aux juristes, pointant l'une des causes de cette violence faite aux femmes : le manque de moyen croissant des hôpitaux et l'obligation de faire un travail "à la chaîne", sans écoute pour les patientes ou leurs bébés. Le docu se complexifie donc au fur et à mesure, dressant un tableau complet et préoccupant de la situation sanitaire en France (mais aussi plus largement en Europe). Sa réalisatrice a aussi l'intelligence, comme à son habitude, de proposer des solutions (précaires mais existantes) pour montrer que tout n'est pas perdu. Elle met aussi en avant des hommes (médecins ou sages-femme) qui tentent à leur échelle de prendre soin des parturiantes, évitant ainsi le manichéisme total. Sur la forme, on est sur une facture de documentaire Arte très classique, avec des inserts, musiques et images d'archive insérés aux moments où l'on s'y attend. Un ou deux effets de réalisation ressortent (comme ce travelling sur une porte close avec écriteau "Entrée réservée aux membres du personnel médical" pour symboliser le refus d'une partie de la profession de communiquer auprès des "non-sachants"), mais c'est tout. ça reste (sans mauvais jeu de mots) un travail très propre.

Mister Nobody contre Poutine
7

Mister Nobody contre Poutine (2025)

Mr. Nobody Against Putin

1 h 29 min. Sortie : 7 janvier 2026 (France). Politique, Société

Documentaire de David Borenstein et Pavel Ilyich Talankin

Dany Selwyn a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

La Nuit des sacs plastiques
6.5

La Nuit des sacs plastiques (2018)

18 min. Sortie : 17 mai 2018.

Court-métrage d'animation de Gabriel Harel

Dany Selwyn a mis 7/10.

Annotation :

Court-métrage entre psyché et (body)horror, un peu juliaducournesque. L'idée de base est originale, son exploitation inattendue, et l'animation aussi réaliste qu'angoissante. Une bonne découverte.

Païsa
7.2

Païsa (1946)

Paisà

2 h 06 min. Sortie : 26 septembre 1947 (France). Drame, Guerre, Sketches

Film de Roberto Rossellini

Dany Selwyn a mis 7/10.

Annotation :

On est d'abord surpris par le côté décousu, sans réelle fin des courtes histoires présentées ici, séparés uniquement par des interludes documentaires relatant la progression des alliés du Sud au Nord de l'Italie, entre la fin 1943 et mai 1945. Mais peu à peu, au travers des récits, un tableau général se précise : la moisère des italiens, soumis au bon vouloir de l'occupant allemand comme, parfois, de l'arrivant américain, et la cruauté de leurs destins dans des histoires, presque toutes, se terminent mal. Rossellini donne à voir, dans le plus pur néo-réalisme italien, une photographie d'un instant T, celle d'une période de transition où l'Italie ne s'appartient plus vraiment et où la mort frappe de façon arbitraire. Plus le film avance, plus ses micro-récits sont émouvants, et plus le portrait se fait lucide. Même la façon de passer de ville en ville (depuis la Sicile aux rives du Pô) fait sens : on voit finalement l’histoire du point de vue américain, qui croise des gens sans s’y attarder, et les italiens y apparaissent d’autant plus vulnérables, malmenés par des évènements qu’ils ne maîtrisent qu’à moitié. Même si on est loin de la puissance d'un film choral à la "Rome, ville ouverte", "Païsa" reste néanmoins un film au propos fort, intelligemment narré.

Deux personnes échangeant de la salive
6.4

Deux personnes échangeant de la salive (2024)

36 min. Sortie : 26 mai 2025 (France). Drame

Court-métrage de Alexandre Singh et Natalie Musteata

Dany Selwyn a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Le film n'est certes pas parfait : il est un peu académique, avec un récit parfois téléphoné et un côté parisien bon teint qui peut faire rouler des yeux dans les premières minutes (en même temps, c'est sponsorisé par les Galeries Lafayette...). Il contient toutefois plusieurs idées très intéressantes et décalées, comme le fait qu'il soit imposé aux citoyens de cette drôle de société d'avoir mauvaise haleine afin d'éviter les roulages de pelle (le dentifrice y devient alors un produit de marché noir), le fait que l'argent soit remplacé par des paires de claques (une joue marbrée devient alors signe de richesse) ou encore ces personnages dont les noms évoquent toujours quelque chose de négatif (malaise, angine, chagrin, arnaque...). Le noir et blanc, loin d'être une simple caution chic, retranscrit parfaitement le côté froid et oppressant du système, sorte de France post-Covid puissance 10 où tout contact charnel (y compris, on le devine, entre conjoints) est vécu comme un effroyable manque d'hygiène. La progression du récit est également très sympathique et cohérente : les réalisateurs instaurent un jeu de cache-cache érotique entre leurs deux héroïnes, renforçant leurs sens : puisque le toucher est, en principe, interdit, ce sera par l'ouïe et l'odorat qu'elles se rejoindront. Le son, très travaillé, met en évidence le moindre murmure, le moindre craquement, soulignant leurs rapprochements. Peu à peu, même, ce qui était signe de brutalité devient indice de sensualité : les gifles deviennent douces et les différents clair-obscurs, qui mettaient dans l'ombre les personnages malveillants gardiens de l'ordre moral, servent désormais, pour la vendeuse et sa cliente, à se chercher et à se révéler. Le baiser tant attendu adviendra-t-il ? Pas forcément, mais il y aura eu beaucoup d'autres choses. On pense parfois à du Yann Gonzalez, certes en moins baroque, mais en tout aussi décalé (d'ailleurs, comme chez lui, le pourquoi du comment n'est pas toujours expliqué dans ce film, et tant mieux : ça participe de son étrangeté, de son parti-pris des sens plutôt que du discours). En somme, un court-métrage consistant qui joue très bien de son sujet et parvient à créer un univers solide en peu de temps. Prometteur.

Mort d'un acteur
6.6

Mort d'un acteur (2024)

22 min. Sortie : 3 février 2026. Comédie

Court-métrage de Ambroise Rateau

Dany Selwyn a mis 7/10.

Annotation :

Discours assez vrai (et cynique) sur l'exploitation des acteurs comme produits, surtout à l'arrivée de l'IA. La notion de fake traverse tout le court, et le personnage-acteur en vient même à se poser la question de sa propre utilité : à quoi bon être Philippe Rebot, en vie, si tout le monde peut être Philippe Rebot (qu'il soit mort ou pas) ? Puisque l'image prend le pas, à quoi cela sert-il d'être vrai ? La mise en scène est maîtrisée, et les acteurs excellents. Seule la fin, qui souhaite conclure sur une pirouette rigolote, donne l'impression de faire de la blague pour la blague, et tourne donc un peu à vide. Mais cela reste un court-métrage méta très bien vu et hilarant.

En avant, en arrière
-

En avant, en arrière (2025)

19 min. Sortie : 5 avril 2025 (France). Comédie romantique

Court-métrage de Aurore Engel

Dany Selwyn a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Stromboli
7.2

Stromboli (1950)

Stromboli (Terra di Dio)

1 h 43 min. Sortie : 18 octobre 1950 (France). Drame

Film de Roberto Rossellini

Dany Selwyn a mis 7/10.

Annotation :

Je ne suis pas une fan inconditionnelle de Rossellini : sa façon d'étirer le temps pour rallonger artificiellement ses intrigues, tout comme son réalisme sec, ne m'émeuvent pas. Ce "Stromboli" confirme mon point de vue : le film est aussi aride que l'île qu'il filme, lent et sans embellissement (ou tirant son embellissement de certaines scènes propres aux îles éoliennes qu'il filme, comme la pêche au thon ou les éruptions du volcan) et pour tout dire un peu ennuyeux. L'intrigue posée sur l'île, quoiqu'intéressante dans les thèmes qu'elle traite (l'immigration et le déracinement post-Seconde Guerre Mondiale, par exemple, thème qu'il aborde aussi dans "Païsa") donne parfois l'impression de servir de prétexte pour filmer l'endroit. Mais il y a un point qui rend "Stromboli" passionnant à suivre : le portrait de femme qu'il est aussi. Rossellini pose sur son héroïne un regard ambiguë, jamais moralisateur, montrant à la fois sa petitesse (hautaine et vénale, elle méprise son mari ouvrier et tente de séduire le curé du village pour lui soutirer de l'argent) et sa grandeur (c'est une femme libre et indépendante, qui travaille à reconstruire sa vie sans se soucier du qu'en-dira-t'on). De même, le film n'offre pas de jugement final sur ses actes : certes, il montre un retour à la spiritualité pour Karin, qui implore Dieu de la laisser partir de l'île saine et sauve, mais il ne condamne pas non plus son comportement comme le font les villageois : Karin est une femme qui essaie de survivre et de tracer son chemin, quitte à faire des erreurs. La beauté du personnage est bien sûre rehaussée par celle de l'actrice, Ingrid Bergman incarnant à merveille cette femme moderne qui se joue des conventions, se promène dans les rues du village en pantalon et cheveux au vent, et escalade les flancs d'un volcan en espadrilles. Sportive et altière, elle tient tête aux vieilles dames rabougries et aux marins machos de l'île, sclérosés par une tradition réactionnaire et patriarcale vouée à disparaître avec eux. L'héroïne-actrice porte le film et le rend captivant à suivre. Elle représente la naissance d'un monde face à celui d'avant-guerre qui s'éteint. Et si le film, à travers ses scènes sur l'île, fait montre d'une certaine nostalgie face à ce monde traditionnel, fait de travail, de piété et d'enracinement, ma préférence va à l'avenir qu'il propose sous les traits d'Ingrid Bergman, un monde où l'individu n'est plus rattaché à des coutumes qui l'emprisonnent et libre d'aller où il ve

Allemagne année zéro
7.5

Allemagne année zéro (1948)

Germania anno zero

1 h 18 min. Sortie : 2 février 1949 (France). Drame

Film de Roberto Rossellini

Dany Selwyn a mis 6/10.

Annotation :

Ce qu'on peut reconnaître à Rossellini, en dépit de la minceur de ses scénarios et d'une mise en scène néo-réaliste novatrice pour l'époque, mais plus très impressionnante aujourd'hui, c'est de créer des personnages auxquels on s'attache tout de suite malgré leurs défauts. Dans "Rome, Ville Ouverte", ce sont ses différents héros, avec leurs amours et leurs intérêts les plus bas ; dans "Stromboli", son héroïne à la fois capricieuse et éprise de liberté ; et dans "Allemagne année zéro", c'est le petit Edmund, tellement en manque d'amour qu'il le prend où il le trouve, y compris chez les mauvaises personnes. Le film est bref (1h10) et n'a pas vraiment le temps d'installer une intrigue, mais il installe au moins une ambiance, celle d'un Berlin ravagé par la guerre où tout le monde tente de survivre (et, pour certains, de se faire oublier). On trouve quelques beaux jeux de clair-obscur et une représentation de la misère à travers un regard d'enfant que Truffaut reprendra et développera dans "Les quatre cent coups" (les scènes d'Edmund dans les couloirs du logement qu'il partage avec d'autres familles que la sienne rappelant les scènes de nuit chez Antoine Doinel). Le film a ses défauts, comme ses dialogues qui surexpliquent la situation des personnages et un jeu d'acteur très inégal, mais il réussit à capter l'instantané d'une époque : nous sommes en 1945 et Edmund a douze ans. Il est né avec le IIIe Reich et périra avec lui. Le titre lui-même est assez parlant : "Allemagne année zéro" est la mort d'un monde, le retour à la case départ pour des gens ayant sincèrement cru en l'idéologie nazie. Rossellini filme l'entre-deux entre destruction et reconstruction à travers les errances de son héros, qui ne porte aucun jugement sur ce qui arrive, à l'inverse des adultes qui l'entourent. C'est une page blanche qui, comme le spectateur, capte son environnement et tente de l'intégrer. Ainsi, ce film est moins un long-métrage qu'une photographie d'un espace-temps voué à disparaître. C'est en cela qu'il est intéressant.

Nuits blanches
7.2

Nuits blanches (1957)

Le notti bianche

1 h 37 min. Sortie : 8 mai 1958 (France). Drame, Romance

Film de Luchino Visconti

Dany Selwyn a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Les nombreux artifices de "Nuits Blanches", comme ses décors en carton-pâte complètement démodée et sa mise en scène très théâtrale et parfois trop classique (alors que la nouvelle dont ce film est adapté n'est même pas une pièce, il me semble) peuvent agacer, tout comme son intrigue qui, par bien des aspects, a elle aussi vieilli (ces roucoulements et jeux amoureux tortueux paraissent quand même bien inutilement compliqués, de nos jours. Mais il faut avouer que le duo d'acteurs est charmant, que Mastroianni et Maria Schell ont tous les deux une alchimie et un charme certain, qu'ils semblent réellement s'amuser à jouer. Il faut aussi reconnaître que les jeux d'ombres et de lumières permis par le noir et blanc sont assez réussis, et collent bien au jeu de cache-cache auquel se livre ce duo amoureux, tout comme il met en valeur l'aspect fantasmatique du troisième membre du triangle, dont on ne sait jamais si ni quand il va surgir dans la nuit. La fin est tragique, comme on s'y attendait, mais la dernière scène avec le chien vient lui donner une douceur inattendue. "Nuits Blanches" n'est donc surprenant en rien, et très éloigné des grandes fresques de Visconti, mais c'est un joli moment, à la fois doux et mélancolique.

Mort à Venise
7.2

Mort à Venise (1971)

Morte a Venezia

2 h 10 min. Sortie : 4 juin 1971 (France). Drame, Romance

Film de Luchino Visconti

Dany Selwyn a mis 5/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Assez déçue. On a là un assez bon exemple d'un cinéaste qui se repose sur son savoir-faire et sur un sujet excellent (la vieillesse et le déclin, sur fond de mort généralisée) pour ne pas en faire grand-chose. Le film se résume à son synopsis : un compositeur sur le retour, veuf et vieillissant, vient chercher le repos à Venise et se découvre une passion pour un jeune et charmant éphèbe alors qu'une épidémie de choléra se déclare sur la ville. Visconti n'a rien perdu de son goût pour la composition des plans, arrangés comme des tableaux romantiques, ni de l'agilité de sa réalisation (il semble d'ailleurs avoir découvert le zoom avant, ce qui donnera lieu à quelques mouvements aussi agaçants qu'inutiles). Mais peu de chair ressort de tout cela, qu'elle soit fraîche ou décomposée : la mort galopante en toile de fond, qui aurait dû être plus prégnante et inquiétante, est réduite à une coquetterie, un élément de décor pour servir les atermoiements de ce vieux bourgeois en plein flétrissement artistique. Venise elle-même, d'ailleurs, sera assez peu visible, Visconti et son personnage préférant déambuler dans un hôtel luxueux, ou à la rigueur sur la plage. L'angoisse dûe à la mort qui rôde dans les rues de la ville arrive bien trop tard, de façon trop ténue, pour nous convaincre de l'imminence de la fin. Quant à l'objet du désir, un blond et insolent adolescent polonais, on peut concevoir qu'il reste un objet, c'est-à-dire désincarné et muet, sans que nous soit offert un accès à son point de vue (après tout, c'est le parti-pris du récit). Mais la description du lien qui l'unit au vieil artiste est poussive et répétitive, se résumant à des échanges de regards dans des décors différents, sans évolution ni variation (pourtant, avec un protagoniste compositeur et une musique aussi travaillée, on était en droit d'en attendre, des variations sur un thème). Pas de parole significative, pas de main effleurée, pas d'offrande, tout juste une tête caressée et un mouvement du jeune homme, sur la fin, pour indiquer au mourant de regarder le ciel, où il ira bientôt. "Mort à Venise", malgré sa beauté et sa mélancolie, souffre de son nombrilisme et n'élargit pas son propos. On aurait aimé un film d'où suinte le pourrissement, où l'urgence de fuir ou de mourir se ferait ressentir presque dès le début. On aurait aimé partager la passion d'un vieil homme pour une jeunesse inaccessible, ressentir sa tendresse pour sa femme et sa fille également morte. Mais comme Visconti préfère se

La Merditude des choses
7.2

La Merditude des choses (2009)

De helaasheid der dingen

1 h 48 min. Sortie : 30 décembre 2009 (France). Comédie, Drame

Film de Felix Van Groeningen

Dany Selwyn a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

La Biche (pas Eugène, l'autre) m'avait vendu ça comme la quintessence du film de cassos et c'est vrai qu'on en est pas loin. Dès le premier plan nous révélant les sacs poubelle qui s'amoncellent dans l'appartement du héros, lequel nous est présenté ensuite comme exerçant un métier "noble" (écrivain) on sait dans quoi on met les pieds : dans la merde. Le film est dans l'ensemble assez prévisible, nous montrant comment cet Edouard Louis flammand a réussi, tant bien que mal, à s'extraire de son trou et de sa famille pour exercer un métier plus rémunérateur tout en reproduisant certains schémas familiaux (une paternité non désirée et une séparation avec la mère de son fils), mais il possède une réelle tendresse pour ses personnages. Tendresse à hauteur d'enfant, bien sûr : Gunther aiment son père et ses oncles, aussi défaillants soient-ils. Et s'il pressent, en grandissant, qu'il lui faudra s'éloigner d'eux pour se développer d'une meilleure façon, c'est à contrecoeur qu'il le fait. Le héros comme le film ne juge jamais cette famille, certes bizarre mais aimante, dont les membres se sont autant retrouvés là par leurs actes que par déterminisme social. La réalisation, au diapason des actes de ses personnages, est frénétique, bordélique, avec caméra portée et jump-cuts dans tous les sens qui nous font partager leur existence décousue. On s'attache à eux, sans pathos. Toutefois, malgré certaines scènes drôles, "La merditude des choses" possède une tristesse assez fréquente dans le cinéma belge, où la mort et des destins malheureux rôdent souvent. Le père de Gunther, bien sûr, finira mal. La suite du parcours de Gunther sera une question de choix, comme le suggère cette sortie de champ finale montrant qu'il n'appartient plus à la caméra et suit son propre chemin...avec un enfant à qui, père ou pas, il lui reviendra de léguer certaines choses.

L'Événement
7.3

L'Événement (2021)

1 h 40 min. Sortie : 24 novembre 2021. Drame

Film de Audrey Diwan

Dany Selwyn a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Oui, c'est un film à sujet. Oui, on sait d'emblée quel est le message. Et oui, ça a parfois les tics énervants du film à sujet, comme le jeu d'acteur théâtral ou les dialogues didactiques (les personnages récitent, façon documentaire historique, les infos sur l'avortement tel qu'il se faisait à cette époque en France). Mais dans le cadre des films à sujet, "L'Evènement" serait plutôt dans le haut du panier. A partir de son unique enjeu, Audrey Diwan va nous focaliser sur le parcours du combattant de l'héroïne pour arriver à ses fins. La mise en scène, comme le personnage, ne regardent pas ailleurs : tout autour d'Anne est dans le flou, le cadre ne s'ouvrant qu'aux personnages qui veulent ou peuvent l'aider (il est d'ailleurs assez parlant que la seule protagoniste mise à égalité avec elle, dans un plan où elles marchent ensemble sur une focale qui permette de les distinguer toutes les deux, soit une autre jeune femme ayant avorté : comme si seule une avortée pouvait réellement comprendre une autre). Les plan-séquences sont nombreux, illustrant ses allées et venues de plus en plus désespérées et donnant au film l'allure de course contre la montre que le scénario appelait de ses voeux ; les gros plans visage d'Anne et de ses cogitations sont nombreux, bien sûr, tout comme les plans sur son corps (et contrairement à ce que j'ai pu lire, il ne s'agit en aucun cas de complaisance : le sujet, c'est la grossesse, l'IVG, donc le corps, ici filmé de façon clinique. Comment s'offusquer, dès lors, de plans sur une chatte dans laquelle on insère une aiguille ou de toilettes ensanglantées d'où monte un cordon ombilical, alors que "4 mois, 3 semaines, 2 jours" n'avait pas procédé autrement des années plus tôt, et qu'il faut bien filmer le coeur des choses ? Ce n'est même pas du "courage", c'est juste en adéquation avec ce dont on veut parler). "L'Evènement" est sec, dépassionné, froid (comme, de ce que j'ai entendu, l'écriture d'Annie Ernaux), mais en même temps intense et rageur. Diwan ne dévie jamais de son objectif, qui est de montrer une femme qui se bat, seule, pour réaliser ses ambitions. On aurait certes pu s'épargner quelques répliques trop illustratives sur la place des femmes dans la société des années soixante (alors que le film n'a pas besoin de beaucoup pour nous montrer ce qu'il en est), mais on gardera en tête quelques scènes très fortes, et on se souviendra aussi de ce que le film ne raconte pas, comme cette terrible ellipse au sujet de la deuxième de l'

La Petite Dernière
6.8

La Petite Dernière (2025)

1 h 48 min. Sortie : 22 octobre 2025. Drame

Film de Hafsia Herzi

Dany Selwyn a mis 4/10.

Annotation :

Aïe aïe aïe...je ne sais pas si c'est la célébrité et un certain "formatage" qui ont complètement aspiré l'énergie d'Hasfia Herzi ou si des signes étaient là dès son premier film, mais toujours est-il que je n'ai rien retrouvé ici qui faisait le sel de "Tu mérites un amour". On est dans une adaptation scolaire et sans idée, un film à sujet linéaire et dépourvu de toute mise en scène (enfin si, les filtres bleus pour représenter le monde de la nuit et les rouges quand ça devient un peu sensuel, youhou). C'est un sous "Vie d'Adèle" sans souffle, où chaque évènement est raconté mollement, où la réalisatrice coche sagement chaque case, chaque élément symbolique à deux balles (les séances de respiration qui aident à se libérer, les scènes en cours de français avec un texte ki fé tro réfléchir sur l'identitai, le conflit foi/sexualité, la relation hétéro factice pour sauver les apparences, la dispute/réconciliation avec la copine...). Alors certes, quelques trucs surnagent : Herzi sait encore faire transparaître une certaine sensualité à travers quelques instantanés, comme ce plan large d'une femme étendue, nue sur un lit, très pictural. De même, tout est dans l'ensemble très bien joué, et chaque interprète, professionnel ou pas, se donne du mal (mention spécial au vrai/faux médecin et au vrai/faux imam, tous deux parfaits dans leurs rôles). D'ailleurs, le scénario finit par prendre une direction plutôt intelligente en montrant que peu importe, finalement, les préceptes du Coran : l'essentiel pour l'héroïne était surtout d'être acceptée par sa famille. Sauf qu'ici, il faut évoquer l'ultime défaut du film, le moins pardonnable de tous : ladite héroïne n'est pas intéressante. Elle n'a aucune personnalité, ou alors une personnalité archétypale, là encore celle qu'on attendrait de ce type de personnage : d'origine algérienne et vivant en banlieue donc musulmane, lesbienne donc garçon manqué et passionnée par le foot...rien qui permette de dépasser le cliché (non, la rendre asthmathique ne suffit pas à la singulariser). Sa petite amie est plus intéressante : on la sent droite dans ses bottes et plus assurée dans son identité, tout en étant tiraillée par des démons intérieurs difficiles à supporter...on aurait peut-être préféré, en fait, que le film soit sur elle. Malheureusement, comme tous les autres personnages, on ne la caractérisera pas au-delà de quelques lignes de fiches bristol. A quand un spin-off sur elle ?

Dracula
4.7

Dracula (2025)

Dracula: A Love Tale

2 h 09 min. Sortie : 30 juillet 2025. Drame, Fantastique, Épouvante-Horreur

Film de Luc Besson

Dany Selwyn a mis 4/10.

Nouvelle Vague
6.7

Nouvelle Vague (2025)

1 h 45 min. Sortie : 8 octobre 2025. Comédie, Drame, Biopic

Film de Richard Linklater

Dany Selwyn a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Il y a quelques jours, je (ré)écoutais le Nanarland Halloween le plus récent, où était chroniqué, entre autres, le "Dracula" de Besson. La chroniqueuse faisait à Besson le reproche justifié de recopier ses oeuvres et univers favoris pour en faire de grosses fanfictions sans recul ni maturité, avec trahison (dans le mauvais sens du terme) de l'oeuvre ou univers plagié. Elle disait : "Le matériau de base est très amoureusement mangé, recopié, décalqué...mais est-ce que c'est compris ? Eh ben non." J'ai repensé à cette chronique en voyant "Nouvelle Vague", qui n'a pourtant rien à voir. Pourtant, Linklater est quand même un niveau au-dessus de Besson : le matériau de base est ingéré, décalqué, et tout à fait compris. On retrouve la spontanéité de la Nouvelle Vague, les entrées de champ à l'improviste, les dialogues badins, Godard faisant du Godard (inimitable) les citations cinéphiliques (Jean Seberg/Zoey Deutch se baignant dans une fontaine publique, façon Anita Ekberg dans "La Dolce Vita" bien sûr, ou le duo d'acteurs dansant dans un café comme dans "Bande à Part"), la mise en abyme cinématographique, les acteurs dont on ne sait plus s'ils jouent un personnage ou bien eux-même...d'ailleurs, l'ensemble du casting est très bon. Mais justement, peut-être est-ce un peu trop compris : après avoir fourni une excellente copie en noir et blanc et format 1 : 37, Linklater ne dit rien de plus. Il ne porte pas de regard spécifique sur son sujet. Il se contente de rendre un hommage, certes très bien exécuté (techniquement, c'est superbe, la reconstitution du Paris des années 50 est parfaite et pour qui connaît un peu l'Histoire de la Nouvelle Vague, toutes les situations sont crédibles), mais qui n'est rien de plus qu'un hommage. Godard est ce qu'on attend de lui, un intellectuel nombriliste et névrosé dont on se demande comment il réussira à pondre un chef-d'oeuvre, et qui le pond quand même, parce que ne pas savoir ce qu'on fait est une manière de le savoir (tout faire à l'improviste faisait partie de son plan, celui de créer un cinéma totalement neuf). Jean Seberg est mutine mais n'a pas peur de tenir tête aux hommes (comme Patricia), Belmondo prend tout à la légère (Aubry Dullin est d'ailleurs le seul à apporter quelque chose d'inattendu à son "personnage", en lui donnant un côté enfantin et accessible que l'original n'avait pas). Le heurt perpétuel qu'était le "A bout de souffle" d'origine ne se retrouve pas ici, où malgré le caractère impossible de Godard tout sem

Autofiction
5.3

Autofiction (2025)

Amarga Navidad

1 h 51 min. Sortie : 20 mai 2026 (France). Drame

Film de Pedro Almodóvar

Dany Selwyn a mis 3/10.

Annotation :

Au cinéma.

Il fut un temps où le cinéma d’Almodovar était subversif, électrisant, et provoquait toujours quelque chose chez le spectateur. Aujourd’hui, il est tiède, mou, et se regarde le nombril en ressassant le passé : c’est de plus en plus un cinéma de maison de retraite. Et encore, dans « La Chambre d’à côté », le récit tenait debout ; là, on nous embarque dans une sorte de « film dans le film » (ou de scénario dans le scénario) inabouti, sans intérêt quelle que soit l’histoire sur laquelle Almodovar se penche, remplie d’atermoiements de grands-bourgeois qui trouvent que c’est trop dur de vivre pendant leurs vacances sur des îles luxueuses, le tout servi dans un emballage formel réduit à peau de chagrin (en gros, le cinéaste met du jaune et du rouge un peu partout, mais n’arrive plus à leur insuffler le symbolisme d’autrefois). Pour un film se voulant une réflexion sur le récit, « Autofiction » manque de relecture (les deux histoires s’emboîtent mal et n’ont pas de réelle conclusion), et surtout de l’énergie d’autrefois, celle du Almodovar qui filmait la pulsion sexuelle et la violence comme personne, qui ne laissait jamais indifférent. Il semblerait qu’il ne soit désormais plus en état de produire ce cinéma et c’est assez triste.

Smile
5.6

Smile (2022)

1 h 55 min. Sortie : 28 septembre 2022 (France). Épouvante-Horreur, Drame

Film de Parker Finn

Dany Selwyn a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Smile 2
6

Smile 2 (2024)

2 h 12 min. Sortie : 16 octobre 2024 (France). Épouvante-Horreur, Thriller

Film de Parker Finn

Dany Selwyn a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Bon, j’ai un peu l’impression que Parker Finn s’est piégé lui-même. Il a fait un premier court-métrage remarqué, ça lui a donné l’opportunité d’en faire un long sur le même thème, et comme le long a bien marché, on lui a proposé de lancer une franchise…de laquelle il va avoir du mal à s’extraire. Ce « Smile 2 » est très sympathique à regarder, Finn nous montrant toujours sa parfaite maîtrise du rythme et de la mise en scène (avec une grosse appétence pour les plan-séquences qui font durer la tension), mais il y a quand même un goût de « On prend les mêmes et on recommence ». Pourtant le cadre est différent : on passe du milieu médicalisé à celui du show-bizz, et la pression que subit l’héroïne (un genre de Charlie XCX cocaïnomane) pour être opérationnelle en toutes circonstances, sans égard pour ses fragilités, cadre parfaitement avec le profil d’une victime de la créature souriante : quelqu’un de solitaire, tourmenté, que personne n’écoute vraiment. Sauf que ce cadre sert finalement de prétexte à développer les mêmes idées, la même trajectoire, le même fatum. On nous montre une rébellion chez le personnage, on nous fait croire qu’elle pourrait marcher, et puis non, parce que le monstre a des pouvoirs illimités, il décide de ce qui est réel ou pas, c’est comme ça. C’est un peu comme la télécommande dans « Funny Games » : on te fait croire que le jeu a des règles, et puis ah non, nouvelles règles. L’entité manipule la réalité toute entière, donc bon, pas moyen. D’un côté, c’est assez pratique pour le scénario : ça permet d’expliquer tout comportement invraisemblable (mé ui cé kun rève lol). De l’autre, ça créé un récit épuisant dans le mauvais sens du terme, sans temps de repos qui nous permettrait de nous attacher à l’héroïne ou de développer les personnages secondaires (il y avait moyen d’instaurer une présence bienveillante mais ambiguë, avec sa meilleure amie, mais le film ne le fait pas plus que ça). A force de se demander ce qu’on doit croire du personnage (et donc ce qui nous permettrait d’avoir peur avec lui) on finit par être totalement détaché de ce qu’on nous montre. Et puis à quoi bon laisser les choses en suspens (au bout d’un moment, les plans sur les visages souriants n’en finissent tellement plus qu’on a envie de dire à Finn d’arrêter de se regarder filmer et d’envoyer la sauce) quand on sait comment cela va finir ? S’il y a une suite à « Smile », pitié, essayez de créer une transgression, un truc un peu inattendu. Parce que là, la franchise

Un simple accident
6.8

Un simple accident (2025)

Yek tasadef sadeh

1 h 42 min. Sortie : 1 octobre 2025 (France). Thriller, Drame

Film de Jafar Panahi

Dany Selwyn a mis 5/10.

Le Diable n'existe pas
7.4

Le Diable n'existe pas (2020)

Sheytan vojud nadarad

2 h 32 min. Sortie : 1 décembre 2021 (France). Drame

Film de Mohammad Rasoulof

Dany Selwyn a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

ça fait du bien de revenir à Rasoulof après le dernier Panahi : Rasoulof est moins dans le discours, davantage dans l'acte (et ses conséquences). Il ne juge jamais ses personnages, les présentant aussi bien comme bourreaux que comme victimes d'un système qui ne leur laisse pas le choix (ici, pour le cas de la peine de mort et de l'obligation de nombreux jeunes iraniens en service militaire à la pratiquer). Si le premier segment (sur quatre) détonne un peu des autres en ce qu'on se demande tout du long où le metteur en scène souhaite en venir, le dénouement, sec et brutal, nous le fait assez vite comprendre : tout ce qui s'était passé avant ne servait qu'à nous amener vers cette scène, en montrant un bourreau marié, père de famille, aux petits soins pour sa mère malade, très "banalité du mal" finalement (d'autant que l'homme n'a pas l'air très heureux de son travail, et semble avant tout l'exercer pour nourrir sa famille). Mais cette histoire sert aussi à préparer ce qui va suivre : après avoir montré un homme qui exécute les ordres sans les questionner, Rasoulof va s'intéresser à ceux qui se soulèvent contre ce système, ou du moins, que leur conscience va torturer. A ce moment, le film quitte le cadre réaliste qu'il avait posé jusque-là pour prendre la forme d'une fable, à laquelle la beauté des paysages iraniens donne son écrin. Le deuxième segment est presque trop simple, prenant le total contre-pied du premier en glissant vers le trhiller et la fin heureuse. Mais les deux derniers sont les plus nuancés, montrant moins le choix en lui-même que ses conséquences, mais avec le même constat : peu importe que l'on consente ou non à appliquer la peine de mort en Iran (de façon arbitraire, car comme on nous le montrera à un moment, les soldats qui s'en chargent ne savent même pas pour quelle raison chaque condamné à mort est exécuté, et les autorités restent volontairement floues sur le pourquoi de chaque mise à mort), les conséquences sont négatives et notre entourage sera brisé. Pile je gagne, face tu perds. C'est là que le film se fait plus abstrait, mais aussi plus subtil, en montrant les dégâts invisibles que la loi iranienne produit sur les couples et les familles. es campagnes et déserts paisibles dans lesquels les personnages ont trouvé refuge ne sont que des moments de répit de courte durée, car leur passé (plus ou moins récent) les rattrape et les met face à ce qu'ils sont : dans un cas, un homme ayant exécuté un proche de la femme qu'il aime juste po

Tattoo
6.6

Tattoo (2019)

15 min. Sortie : 24 septembre 2023 (France). Drame

Court-métrage de Farhad Delaram

Dany Selwyn a mis 7/10.

Annotation :

Descente aux enfers bureaucratique à partir d’un simple tatouage dont la police des mœurs iraniennes déduira tout un tas de choses…et en ira jusqu’à violer l’intimité d’une jeune femme, au prétexte de s’assurer de sa « bonne santé psychologique ». Assez oppressant.

La maison est noire
7.8

La maison est noire (1963)

Khane siah ast

20 min. Sortie : 1963 (Iran). Expérimental

Documentaire de Forough Farrokhzad

Dany Selwyn a mis 8/10.

Annotation :

En 20 minutes, la réalisatrice nous plonge dans le quotidien des pensionnaires d’une léproserie iranienne dans les années 60. Micro-société oubliée de Dieu, en proie au désespoir et à l’imminence de sa mort (pour la plupart de ceux qui la composent) qui arrive quand même à retrouver de petits éclats de lumières. Le documentaire est sobre, poétique, et n’a besoin que de quelques plans sur des visages d’enfants, ou sur des graffitis disant la tristesse des résidents, pour émouvoir. De la laideur de la maladie et du monde, Forrough Farrokhzad parvient à tirer de la beauté.

La Revanche des mortes vivantes
3.7

La Revanche des mortes vivantes (1987)

1 h 16 min. Sortie : 16 septembre 1987 (France). Épouvante-Horreur, Érotique

Film de Pierre B. Reinhard

Dany Selwyn a mis 2/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Tout est tellement pété du cul dans ce film que ça en devient mignon. Par contre les scènes de gore et de sexe sont décevantes, alors qu’elles étaient censées être les seuls arguments valables du machin :(

Braindead
7.5

Braindead (1992)

1 h 37 min. Sortie : 13 janvier 1993 (France). Épouvante-Horreur, Comédie

Film de Peter Jackson

Dany Selwyn a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Lire Lolita à Téhéran
6.5

Lire Lolita à Téhéran (2024)

Leggere Lolita a Teheran

1 h 48 min. Sortie : 26 mars 2025 (France). Drame, Biopic, Historique

Film de Eran Riklis

Dany Selwyn a mis 4/10.

Annotation :

Rien qu'à l'annonce du projet, il y avait de quoi être méfiant : le livre d'Azar Nafisi, à mon sens, est de ces livres qui ne peuvent pas être adaptés. Par ses références littéraires, par l'intertextualité entre les oeuvres étudiées par l'auteure et ses étudiantes et la description de leur situation, par son pouvoir de la suggestion, qui nous faisait deviner, sentir les choses sans les voir, l'ouvrage mobilisait des codes propres à la littérature et à la littérature seule. L'adapter revenait donc à lui faire perdre son essence. De fait, le film est ce qu'on attendait de lui : un objet rabougri, vidé de la profondeur du livre, où les renvois aux grandes oeuvres de la littérature anglo-saxonne sont purement décoratifs (même le "procès" de l'ouvrage "Gatsby le Magnifique", qui était une des scènes les plus fortes du bouquin, perd ici de son sens tant elle est mal amenée et réduite au plus simple). Quant aux étudiantes de Nafisi, elles sont réduites à quelques caractéristiques pour les plus chanceuses, et ce sont toujours des caractéristiques soigneusement choisies, visant à nous montrer que le sort de la femme en Iran, ben c'est pas cool (no shit Sherlock !). On se dit d'ailleurs que le film, qui ne dure qu'1h30 (1h30 pour capter l'essence d'un bouquin aussi dense, purée !) aurait gagné à être raccourci de son premier axe, certes utile pour installer un contexte, mais grignotant encore plus le peu de temps dont la plupart des personnages disposent à l'écran. Si encore Eran Rilkis faisait preuve d'inventivité et de personnalité dans sa transposition ! Hélas, même sur le plan purement cinématographique, le film déçoit : mise en scène scolaire, montage trop mou (y compris pour des scènes d'émeutes), photographie marronnasse, chronologie brouillonne (on passe de 1980 à 1995 pour revenir à 1989 sans que ce soit bien utile au récit, avec en prime des personnages qui, malgré une histoire qui s'étale sur vingt ans, ne vieillissent pas). Même ce qui aurait pu être "adaptable" à partir du livre, comme le brouillage des pistes entre fiction et réalité ou la beauté changeante de Téhéran en fonction des saisons, n'est que très peu (et très poussivement) retranscrit. Une adaptation, à mon sens, est réussie quand elle peut autant s'apprécier comme transposition d'une histoire que pour elle-même, quand on y trouve l'essence de l'oeuvre originale captée par un regard de metteur en scène. Ici, ce n'est pas le cas : les admirateurs du livre (dont je suis) seront encore plus dé

Birdemic
2.4

Birdemic (2008)

Birdemic: Shock and Terror

1 h 45 min. Sortie : 2008 (France). Épouvante-Horreur, Thriller

Film de James Nguyen

Dany Selwyn a mis 1/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Dany Selwyn

Liste de

Liste vue 18 fois