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    La Main au collet (1955)

    To Catch a Thief

    1 h 46 min. Sortie : . Romance et thriller.

    Film de Alfred Hitchcock avec Cary Grant, Grace Kelly, Jessie Royce Landis

    1er Janvier

    Si ce film avait été réalisé par un "no-name", sans références, ma note serait sans doute un peu plus élevée. Seulement, il s'agit d'Hitchcock et les exigences ne sont forcément pas les mêmes, surtout lorsque l'on aligne Grace Kelly, Cary Grant et ce bon vieux Charles Vanel à son casting, que l'on choisit pour cadre la Côte d'Azur (et non "la french riviera" !!), et que l'on possède un sujet en or. Le film n'est pas désagréable bien sûr, il est plein de charmes et de petits clichés sur la France, ses traditions, son histoire, ses habitants. Hitchcock fait admirablement bien passer tout cela, parce qu'il suggère beaucoup de choses, que ses dialogues ne sont jamais plats, jamais tout à fait à prendre au premier degré. L'ironie, le jeu de séduction et de masques entre Grace Kelly et Cary Grant font le sel du film, mais monopolisent trop l'attention, réduisant l'intrigue à un faire-valoir, le suspense au second-plan. Hitchcock semble lui aussi quelque peu en vacances, filmant une scène de sexe avec plus de brio, de malice et de suggestion, qu'une scène de braquage, proposant un climax de petite envergure mais avec suffisamment d'humour pour que la pilule passe. Un petit Hitchcock, ce qui pour beaucoup de cinéastes, serait déjà un immense accomplissement cela étant dit.
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    M. Peabody et Sherman : Les Voyages dans le temps (2014)

    Mr. Peabody & Sherman

    1 h 32 min. Sortie : . Animation, aventure, comédie et science-fiction.

    Long-métrage d'animation de Rob Minkoff avec Guillaume Gallienne, Jules Timmerman, Garance Pauwels

    1er Janvier

    Je n'avais rien écrit au sujet des "Cinq Légendes", noté en fin d'année dernière, mais je pourrais dupliquer ce que je vais écrire ici, au sujet de ce film. A la petite, mais importante, différence que je suis davantage attiré par les voyages temporels, et donc un peu plus sévère sur la note. En réalité, "M. Peabody et Sherman" démarre sur un rythme tout à fait convenable, pose efficacement les enjeux du récit et l'ensemble du film s'avère distrayant. Seulement, quand vous proposez une lecture de l'histoire aussi simpliste soit-elle, aussi orientée, même à des enfants, c'est bien regrettable. De même, je trouve que le récit manque d'envergure, s'arrêtant à des époques diverses et variées, et n'y restant que le temps de quelques scènes. Un joli catalogue, sans grand intérêt. L'idée du "trou noir" n'est pas exploitée et le final nous renvoie à un travail bâclé : "oh les gars, on leur a fait le passé et le présent, il ne manque que le futur pour torcher ça !". Dans l'idée, c'est ça, et c'est réalisé sans subtilité... les aspirations dramatiques de Rob Minkoff ne prennent pas vraiment non plus (n'est pas Pixar qui veut). Il restera la maîtrise du rythme, un humour passable et les jolis graphismes pour faire passer la pilule aux plus de huit ans.
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    Gangs of New York (2002)

    2 h 47 min. Sortie : . Drame et historique.

    Film de Martin Scorsese avec Leonardo DiCaprio, Daniel Day-Lewis, Cameron Diaz

    2 Janvier
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    La Lettre inachevée (1960)

    Neotpravlennoye pismo

    1 h 37 min. Sortie : . Aventure et drame.

    Film de Mikhail Kalatozov avec Innokentiy Smoktunovskiy, Tatiana Samoilova, Vasiliy Livanov

    2 Janvier

    Le long-métrage débute par un court texte assumant la propagande du récit. Trois ans après "Quand passent les cigognes", Kalatozov n'a rien perdu de sa maîtrise renversante de la caméra. La virtuosité des plans-séquences est telle que le film semble composé d'un seul mouvement unique, et indivisible. "La Lettre Inachevée" est ce que l'on pourrait appeler un film de survie, l'histoire de quatre géologues emportés par l'ivresse de leur découverte (un gisement de diamants), et happés par la rudesse impitoyable de la Taïga sibérienne.
    La première partie est davantage centrée sur la confusion des sentiments entre les personnages, et à propos de la magnifique Tatiana Samoilova. Entre l'amour et la solitude, l'homme doit lutter contre lui-même, face à la "morale", face à sa propre nature. Ensuite, ce sera face à la nature. En ça, le film m'a rappelé un western crépusculaire sorti à la même époque ("Seuls sont les indomptés"). Ici, Kalatozov va encore plus loin dans la représentation de la nature, étouffante, dévorante, apocalyptique. Du feu à la glace en passant par l'eau, les éléments se déchaînent. Tout dans "La Lettre Inachevée" semble écraser l'homme, lui refuser la gloire, les honneurs du régime soviétique, le bonheur et l'amour. La forêt est le juge de paix des hommes, le combat face à la nature est éternel et ultime. C'est évidemment tragique, profondément cruel et désespéré, et même mélancolique. Les rêves, sous la forme de fondus-enchaînés, le sont tout autant, et la lumière aveuglante qui s'en dégage semble inatteignable, mystique, irréelle. La puissance mystique des éléments semble ainsi s'acharner à les détacher de leur enveloppe corporelle, de ce qu'ils sont, de ce qu'ils veulent être (des héros de la nation).
    Puissant et profond.
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    L'Inconnu du Nord-Express (1951)

    Strangers on a Train

    1 h 41 min. Sortie : . Film noir.

    Film de Alfred Hitchcock avec Farley Granger, Ruth Roman, Robert Walker

    3 Janvier

    La maîtrise et le suspense sont devenus des adjectifs que l'on appose en corrélation d'un exemple ultime : Hitchcock. "Strangers on a train" est certainement l'un des films qui fit cette réputation, dix ans seulement après son arrivée à Hollywood. Hitchcock, comme son méchant aux faux-airs de Robert Mitchum dans "La nuit du chasseur", brille par sa méticulosité, son savoir-faire, son sens du détail. Rien n'est laissé au hasard, et l'introduction brille par tout ce qu'elle suggère, et qui sera employé plus tard contre le héros. C'est un film entièrement basé sur la suggestion, qu'il s'agisse de la scène du meurtre, de celle du "Tunnel of love", et de tout ce qui menace le héros. Aucune preuve concrète, mais des regards de travers, une ombre menaçante qui le poursuit, des soupçons tellement évidents. Autour de ce piège machiavélique, Hitchcock construit patiemment une histoire de dilemmes, et une fuite en avant incontrôlée. Auscultant à la fois les troubles d'un maniaque, et les fêlures de la cellule familiale dix ans avant "Psychose", tout en maniant l'humour noir avec brio, il manipule habilement son spectateur. Les indices sont multiples, les pistes périlleuses, et Hitchcock joue même de ses propres histoires, lorsqu'il travaille sur le potentiel "méta" de son film avec les saillies cyniques et inquiétantes de Robert Walker.
    Une oeuvre pleinement aboutie, d'une maîtrise renversante.
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    1900 (1976)

    Novecento

    5 h 25 min. Sortie : . Historique et drame.

    Film de Bernardo Bertolucci avec Robert De Niro, Gérard Depardieu, Dominique Sanda

    3/4 Janvier

    "Novecento" est un projet colossal, qui tient plus de l'ordre de la littérature que du cinéma. Raconter un demi-siècle d'Histoire de l'Italie, de la naissance des syndicats ouvriers à la chute du fascisme. "Novecento" est une grande fresque, romanesque, passionnelle, lyrique. Elle n'est pas dénuée de défauts, d'une mise en scène trop tape-à-l’œil par instants, notamment dans la première partie. Je ne suis pas certain que Bertolucci soit un grand cinéaste après ce film, et j'ai toujours de nombreuses réserves à son sujet. Il est cependant certain que "Novecento" est un film intelligent dans son approche. On pourra redire sur le manichéisme, la diabolisation (ou pas ?) des fascistes et des squadristes. C'est un cinéma engagé, de gauche, une histoire forcément orientée et romancée. C'est justement cet engagement que j'ai apprécié, parce qu'il ne s'agit pas de faire un documentaire. Ce film contient ainsi des morceaux de cinéma uniques, habités par la classe légendaire de Burt Lancaster, le flegme de Bob de Niro, le charisme bestial de Depardieu, la folie de Dominique Sanda, la cruauté de Donald Sutherland. Il est difficile d'extraire quelques moments d'un film aussi fleuve. Novecento est un film qui met en lumière l'instabilité d'un pays trop fraîchement unifié pour être une nation (on ne verra presque aucun drapeau italien dans la première partie), d'un pays marqué par une immense pauvreté, par un retard économique, industriel, technique, colossal. Sur ce néant, cette oligarchie, le fascisme est né. L'histoire de la famille Berlinghieri est ainsi marquée par trois générations illustrant l'Histoire italienne : de la prospérité d'une petite classe dominante, à l'établissement d'un fascisme dont elle profite, et dont elle devient finalement complice, entre lâcheté et hypocrisie. Bertolucci emballe avec maestria ce grand récit historique et fait d'une amitié d'hommes son cœur. Entre nostalgie de l'enfance et violence des rapports de classe, Alfredo et Olmo sont tous deux des victimes : l'un de sa lâcheté, l'autre de son origine sociale. Ce n'est qu'à travers le pouvoir, à leurs niveaux respectifs, qu'ils existeront, l'espace d'un temps avant d'être balayés par le cours de l'histoire.
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    Le Seigneur des Anneaux : Le Retour du roi (2003)

    The Lord of the Rings: The Return of the King

    3 h 21 min. Sortie : . Action, aventure et fantasy.

    Film de Peter Jackson avec Elijah Wood, Sean Astin, Viggo Mortensen

    4 Janvier (revu : note inchangée)

    L’héroïsme désintéressé, le don de soi, le sens du sacrifice, l'amitié sincère et franche, le courage inébranlable... Tout pourrait être résumé à travers le personnage de Sam, hobbit "joufflu" dont la bravoure est magnifiée comme jamais par Peter Jackson. Pourtant, c'est un autre héros, brave lui aussi, Aragorn, qui est au cœur de ce troisième volet en forme d'apothéose. Sa présence est autant montrée que suggérée, il est, et devient, ce roi tant espéré. Le succès indéniable de ce film, ses 11 oscars, ont masqué de nombreuses réticences à propos du pathos final, de la longueur de l'épilogue, de la mise en scène de Jackson... Personnellement, je trouve que cette trilogie est fondamentalement démesurée. Que Jackson, s'il n'est pas le plus doué de tous les cinéastes, est le plus généreux de tous. Un gars qui vous donne mille batailles, dont deux immenses et intenses ici, qui vous fait vivre une épopée mystique et tragique, au long cours, qui ressuscite et associe mythologie médiévale et fantasy littéraire, un gars qui transforme toutes les grandes tirades de Tolkien en monologues indélébiles et inoubliables... Jackson ne pouvait pas conclure son récit par un simple adieu, il fallait des violons, mais aussi un énorme orchestre. On pourrait d'ailleurs évoquer la bande-originale d'Howard Shore, déterminante dans l'émotion dégagée, et qui culmine dans le dernier quart d'heure. La conclusion d'une telle saga, littéraire dans l'âme, ne pouvait se faire que par une habile mise en abîme, placée sous le coup de la nostalgie, du partage, de l'amitié. Si j'aime autant cette saga, c'est bien parce qu'elle sait autant nous faire voyager, que ressusciter des valeurs de simplicité et d'humanité que Frodon et sa bande incarnent parfaitement.
    Finalement, je ne sais pas si "Le Retour du Roi" est supérieur à ses deux prédécesseurs, mais je lui laisse la note maximale, parce que c'est un rêve de cinéma, un film impossible à réaliser qui achève, en beauté, une saga elle-même irréalisable.
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    Nikita (1990)

    1 h 58 min. Sortie : . Action, drame et thriller.

    Film de Luc Besson avec Anne Parillaud, Tchéky Karyo, Jean-Hugues Anglade

    11 Janvier

    Je n'ai pas de mal à reconnaître que Luc Besson possède un certain talent pour le cinéma, qu'il est un formaliste assez doué, qui s'inscrit dans cette veine du cinéma des 90's, avec des compères britanniques comme D. Boyle ou Guy Ritchie. C'est un cinéma qui repose essentiellement sur la qualité du montage -limite épileptique- sur l'explosivité de la mise en scène, c'est très spontané. C'est du bon cinéma d'action, et si "Nikita" n'est pas "Matrix", c'est tout de même un film plutôt maîtrisé. Globalement, je trouve que le Besson des débuts est un bon cinéaste si l'on tolère ses piètres talents de scénariste. Dans "Le Grand Bleu", il faut passer outre la beaufitude et le machisme débile de Jean Reno, ici, c'est une romance assez niaise et des dialogues maladroits qui font parfois sourire. Je n'en veux pas à Besson tant qu'il raconte ce qu'il sait faire, mais lorsqu'il essaie d'amener son spectateur dans le pathos, dans l'émotion pure, il échoue. Nikita est pourtant parfaitement incarnée par Anne Parillaud, entre fragilité et excentricité, mais toutes les scènes qui touchent à sa dualité sont très maladroites. La fin, prétentieuse et faussement géniale, accentue cette impression d'un film de "petit malin", qui échoue à viser plus haut, mais parvient tout de même à offrir un spectacle convenable.
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    Ma vie avec Liberace (2013)

    Behind the Candelabra

    1 h 58 min. Sortie : . Biopic, drame et romance.

    Film de Steven Soderbergh avec Michael Douglas, Matt Damon, Dan Aykroyd

    12 Janvier

    C'est la problématique de tout biopic : quand vous faîtes un film sur un sujet qui n'a pas grand intérêt, il faut essayer de lui donner de l'épaisseur, en romançant certains événements, avec un parti-pris esthétique ou narratif, avec une certaine originalité... Je ne connais pas Liberace, mais ce film souffre d'un manque cruel d'inventivité (un joli travelling ne suffit pas), de relief, d'intérêt... Si j'ai apprécié la reconstitution des seventies dans leur flamboyance et leurs excès, ce que Soderbergh raconte m'a paru d'une vanité égale à celle de ses personnages. C'est d'ailleurs un film qui représente des personnages égocentriques, imbus d'eux-mêmes, qui ne vivent que dans un monde superficiel... La maison, pleine de miroirs, de dorures, représente bien cette vie-là, entre solitude et bonheur artificiel, mais Soderbergh ne semble pas vraiment intéressé par cette idée. Ce sont surtout des histoires de sexe, et de jalousie qui occupent une grande place dans l'intrigue, et qui finissent par lasser. L'épilogue est trop gentillet, trop doux, d'une violence trop contenue, à l'image du film. La dernière scène, idéalisant une ultime fois Liberace, semble aussi en décalage, avec un personnage qui apparaît comme détestable, et ce, grâce à la très bonne interprétation de Michael Douglas.
    Sans saveur.
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    Un dimanche comme les autres (1971)

    Sunday Bloody Sunday

    1 h 50 min. Sortie : . Drame.

    Film de John Schlesinger avec Glenda Jackson, Peter Finch, Murray Head

    17 Janvier
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    3 Billboards, les panneaux de la vengeance (2018)

    Three Billboards Outside Ebbing, Missouri

    1 h 56 min. Sortie : . Comédie, policier et drame.

    Film de Martin McDonagh avec Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell

    17 Janvier

    "Un chef-d'oeuvre révolutionnaire". Non, évidemment. Si l'on considère que ces films-là sont aussi rares qu'une interview de Salinger, on ne peut pas utiliser ce mot pour n'importe quel film. Le dernier était "Avatar", qu'on l'apprécie ou non, le prochain n'est pas encore arrivé. Voilà pour la mise au point, mais sans aller aussi loin, je me range cependant du côté des laudateurs. "3 Billboards" (virez-moi ce sous-titre inutile), est une comédie noire aux accents de tragédie rurale, qui convoque le cinéma des Frères Coen, et pas uniquement, par la présence de l'excellente Frances McDormand. Je n'avais pas totalement adhéré au mélange de genres de "Bruges", mais j'ai ressenti ici un équilibre quasi-parfait entre comédie burlesque, et polar crépusculaire. On ne retrouve pas de gueule de méchant mémorable, de grandes tirades existentielles, et la musique est très présente. Ce n'est pas "No country for old men". McDonagh parvient cependant à allier la subtilité d'un drame familial qui repose essentiellement sur l'absence, les fantômes (et à ce titre, le flash-back est inutile), la hantise de l'oubli. La force du récit est de ne jamais totalement s’aventurer dans le polar, et de décrire lentement, ces sales gueules de shérifs, de flics véreux, cette famille à la fausse dureté, ce petit publicitaire arrogant... Les personnages sont attachants parce qu'ils sont brossés avec précision, humour, sincérité. Quelques plans iconiques, quelques répliques mémorables, quelques blagues racistes agrémentent le récit, désamorcent le pathos sans jamais le vider de sa substance. Malgré les sourires de façade, la douleur et la souffrance ne sont qu'intériorisés, contenus. La pudeur et la lenteur de la mise en scène sont ainsi particulièrement réussis. De nombreuses scènes quasi-muettes, certains passages musicaux, et les superbes plans s'ensemble au rythme du Missouri, rythment ainsi cette tragédie noire aux éclaircies rouge sang.
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    Une belle fin (2013)

    Still Life

    1 h 32 min. Sortie : . Comédie et drame.

    Film de Uberto Pasolini avec Eddie Marsan, Joanne Froggatt, Karen Drury

    20 Janvier

    Je comprends ce qu'on peut reprocher à "Still Life". Ce n'est pas un film qui brille par son audace, autant du point de vue de la mise en scène que du scénario. C'est presque banal. Pourtant, je me suis retrouvé et j'ai été traversé par cette histoire, ces visages, ces personnages... C'est aussi un film très silencieux, peu dialogué, quasi-muet. La mise en scène semble plate, mais elle dégage néanmoins une tendresse, une empathie, une réserve, qui caractérise le personnage d'Eddie Marsan, cet homme qui semble faire peu, tout en réalisant beaucoup. C'est aussi cette douce mélancolie, déprimante au premier abord, mais finalement réconfortante, qui fait le charme de cette histoire. La thématique de la solitude a rarement été traitée avec autant de justesse, de pudeur et d'intelligence. Sans le vouloir, je trouve que "Still Life" touche à une forme d'authenticité, que beaucoup de films d'auteur cherchent à atteindre et ne font qu'effleurer. Pourtant, la "belle" fin désamorce ce réalisme, cette froideur, brise cette distance à laquelle Pasolini semble tenir. Et ce récit est enfin un éloge de la lenteur, reposant, apaisant, un film au rythme proche de la contemplation, qui sublime presque le silence, un instant presque hors du temps, de notre époque frénétique et éprouvante.
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    Total Recall (1990)

    1 h 53 min. Sortie : . Science-fiction, action et aventure.

    Film de Paul Verhoeven avec Arnold Schwarzenegger, Rachel Ticotin, Sharon Stone

    Séances de cinéma (1 salle)
    21 Janvier (revu : note inchangée)

    On saisit plus facilement les thématiques qui traversent cette oeuvre après en avoir lu une autre du même auteur ("Ubik"), tout en connaissant bien le travail de celui qui l'adapte. Veroheven conserve dans "Total Recall" sa verve cynique et contestataire, son goût pour la violence, la crudité, la nudité. Son cinéma est iconoclaste et délirant, excentrique et contrasté dans ses excès. L'âme de K. Dick est conservée, et les thématiques sur la régression du temps, la confusion entre réalité matérielle et onirisme toujours aussi trouble, le flou identitaire toujours aussi ambigu... "Total Recall" est un film qui démolit l'usine à rêves américaines, ce monde des possibles où l'impossible est plus fréquent, tout en instillant une réflexion assez fascinante sur l'idée de progrès, ses dérives, ses possibilités, ses dangers... Toute l’ambiguïté et les niveaux de lecture du film se rejoignent ainsi dans cette volonté de dérouter, surprendre, briser le mythe de la terre promise. Sous les couleurs d'un divertissement explosif, Veroheven distille un drame plus intime, sensible et étrange sur notre réalité, son instabilité et ses multiples possibles, sur la frontière ténue que le pouvoir de l'image introduit chez l'homme.
    La science-fiction comme on l'aime.
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    L'Enfance d'Ivan (1962)

    Ivanovo detstvo

    1 h 35 min. Sortie : . Drame et guerre.

    Film de Andreï Tarkovski avec Nikolaï Bourliaïev, Valentin Zubkov, Evgeniy Zharikov

    22 Janvier

    Si "La Lettre Inachevée" préfigurait "L'enfance d'Ivan" selon certains spécialistes du cinéma soviétique, je n'ai ressenti qu'un parallèle évident sur la forme, et encore...pas tout à fait. Le soin apporté à la photographie et le détachement presque surnaturel de la caméra sur certaines séquences (le puits, le fleuve, la fin), nourrissent une certaine fascination. Mais Tarko n'est pas Kalatozov et sa réalisation est moins virevoltante, plus posée, plus contemplative. Son récit est aussi très (trop) bavard, et paradoxalement, déroutant, puisque les personnages sont introduits progressivement, enfin, surtout Ivan. Le regard que porte Tarko sur l'enfance semble empreint d'un mélange de tendresse et de dureté, n'hésitant pas à faire rejaillir la violence de la guerre sur la pureté de visages innocents... C'est parfois marquant mais c'est aussi redondant, et le scénario ne propose pas grand-chose, les personnages n'ont que peu de relief et leur sort nous est étranger. On s'ennuie poliment, on admire les jolis plans et on passe à autre chose. Ce n'était pas si austère que je l'imaginais, mais c'était suffisamment sec et avare en émotions pour que je n'y retourne pas avant un moment.
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    In the Fade (2018)

    Aus dem Nichts

    1 h 46 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Fatih Akin avec Diane Kruger, Denis Moschitto, Numan Acar

    23 Janvier

    A l'issue de la projection, je ne peux pas classer ce film, non pas parce qu'il brise tous les codes par son audace, mais parce qu'il pique des choses à droite, à gauche, sans vraiment se situer, sans réelle personnalité. "In the Fade" n'est jamais réellement ennuyeux, la photographie est soignée, Diane Kruger égale à elle-même, et la fin est plutôt réussie. Malheureusement, le cheminement emprunté est laborieux, peu subtil, souvent binaire. Entre certaines séquences frôlant le ridicule par une stylisation excessive (le verdict du procès, par ex.), et quelques incohérences de narration, le film est souvent épuisant, n'offrant que peu de passages mémorables, ne creusant jamais les ambiguïtés ou le passif des personnages, un peu à l'image de ce simulacre de procès filmé par Akin. Bien sûr, le cinéaste prend parti, se positionne mais il le fait maladroitement, et le découpage en trois parties empêche toute progression narrative (entre une injustice et un meurtre, il y a un pas, franchi très facilement ici). La dernière partie, bien que nourrie de métaphores peu subtiles, possède son lot de séquences fortes, en tension et en émotion, réservant un final plutôt cohérent, à l'inverse de ce qui le précède.
    A défaut d'être une fiction pertinente et subtile sur les clivages sociaux au sein des grandes villes allemandes, "In the Fade" est au moins un divertissement passable. Verre à moitié vide, ou à moitié plein, c'est selon, mais cette note me semble juste.
  • Riens du tout (1992)

    1 h 35 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Cédric Klapisch avec Fabrice Luchini, Daniel Berlioux, Marc Berman

    27 Janvier

    Le premier film de Cédric Klapisch n'est pas si anecdotique qu'il n'y paraît, et me semble même représenter la meilleure période de la carrière du réalisateur jusqu'à un "Un air de famille". "Riens du tout" est une satire sur le monde de l'entreprise, l'aliénation capitaliste et la folie de la société de consommation. C'est une comédie inégale, aux fulgurances assez étonnantes, qui manque de consistance, et d'un véritable fil rouge (la survie de l'entreprise n'est qu'un prétexte), pour maintenir un intérêt constant. Luchini est en retrait, comme Darroussin, et ce sont davantage les seconds couteaux qui sont à l'honneur. La mise en scène de Klapisch est assez inventive, tournant autour du décalage entre la réalité du point de vue de l'employé, et celle du patron (l'après-marathon, passage génial). Le ton tragi-comique du récit tend à mettre en avant l'aspect destructeur, et aliénant du monde du travail, sans aller jusqu'à la déshumanisation de l'ouvrier (c'est pas du Chaplin non plus). Certaines métaphores visuelles sont parfois trop explicites, trop faciles, pour pleinement convaincre (les chiens par ex.). Néanmoins, le film contient des passages très drôles, acerbes et cyniques, notamment autour du thème de la communication et de la parole dans notre société, et ce, bien avant l'apparition de technologies comme le smartphone. A défaut d'être abouti, ce premier film est suffisamment riche en idées pour valoir le détour.
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    Les Vestiges du jour (1993)

    The Remains of the Day

    2 h 14 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de James Ivory avec Emma Thompson, Anthony Hopkins, Christopher Reeve

    31 Janvier
  • Music Box (1989)

    2 h 05 min. Sortie : . Drame.

    Film de Costa-Gavras avec Jessica Lange, Armin Mueller-Stahl, Frederic Forrest

    7 Février

    "Music Box" jongle avec les trois grands thèmes chers à Costa-Gavras : l'immigration, la politique et la justice. Cependant, il est réducteur de se limiter à ces grandes cases, tant le film développe un parcours plus intime, semé de particularités liées à la Hongrie, sa culture, ses origines, sa situation politique et celle de ses exilés aux Etats-Unis. Le film démarre assez maladroitement, et on ne peut échapper à certaines scènes métaphoriques d'une lourdeur peu commune : c'est bien du Costa-Gavras. Si j'apprécie souvent la verve contestataire et l'émotion brute de son cinéma, je suis aussi parfois décontenancé par sa mise en scène et son manque de finesse. C'est un cinéma rentre-dedans et je pense que "L'Aveu" et "Z" resteront ses meilleurs films pour cela. Néanmoins, "Missing" était déjà un prélude à des talents de conteur qui ne demandaient qu'à s'exprimer. Ici, il renoue avec le puzzle politique au service d'une quête d'identité, d'un déchirement familial. Le récit est balisé et pourtant, il ne laisse à aucun moment indifférent. Le dilemme proposé à Jessica Lange, opposant les liens du sang et le poids du passé et de la conscience, transforme le thriller judiciaire en un drame puissant sur le devoir de mémoire et le poids du souvenir. Bien que didactiques, les scènes passant à travers le regard de l'enfant illustrent ce besoin de ne pas oublier, tout en comprenant. Si la fin semble inachevée, c'est bien parce que les explications ne sont pas données. Le cinéaste semble nous dire que tous ces procès de criminels nazis, qui ont parsemé la seconde moitié du XXe siècle, n'ont rien apporté, que le devoir de mémoire doit s'accompagner d'un désir de comprendre et d'expliquer. "Music Box" est un film engagé et sans concessions sur la conscience, le souvenir et la famille, un mélodrame qui ne fait pas dans la dentelle, mais imprime durablement les esprits.
  • L'Homme que j'aime (1997)

    1 h 27 min. Sortie : . Drame.

    Film de Stéphane Giusti avec Mathilde Seigner, Marcial Di Fonzo Bo et Jean-Michel Portal

    14 Février
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    La Mort en direct (1980)

    2 h 10 min. Sortie : . Drame et fantastique.

    Film de Bertrand Tavernier avec Romy Schneider, Harvey Keitel, Harry Dean Stanton

    14 Février

    Le sujet est passionnant, sensible, avant-gardiste. Aujourd'hui, la télé se démultiplie par le biais d'internet, décuplant son pouvoir au-delà des foyers. En 1980, un tel sujet est déjà très fort, tant la télévision occupe une place centrale dans les sociétés. Tavernier choisit de traiter cette idée audacieuse sous un jour sensible, romantique et réaliste. A aucun moment, le film ne cherche à surprendre et à dérouter. Il s'agit davantage d'un cheminement mental, qui va de l'acceptation de la mort vers le besoin d'aimer une dernière fois. C'est un film très grave, mais qui n'est jamais pathétique, même lors des dernières scènes. Tavernier est un cinéaste qui ménage toujours ses effets, et préfère appuyer la réflexion au détriment de l'émotion. Ici, c'est plutôt une bonne chose, mais cela reste trop superficiel. Le scénario manque d'imagination et d'une part de fantaisie, d'anticipation pour faire ressentir toute l'intensité du voyeurisme de nos sociétés ("Truman Show" est passé par là depuis), ou tout au moins, questionner le spectateur sur sa condition de voyeur. Le film choisit la voie de la pudeur et de l'anti-spectaculaire, ce qui est louable, mais certainement moins captivant. Tavernier parvient à éviter de nombreux pièges (pathos excessif, manichéisme), mais sa mise en scène est trop convenue et les intentions de ses personnages peu claires. Au bout des 2h, il subsiste un goût d'inachevé, et, pour une fois, l'idée d'un remake semble intéressante...

    P.S : Si vous doutez des talents de Romy Schneider, ce film devrait vous convaincre. Même Harvey Keitel ne peut rivaliser face à cette actrice géniale.
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    Taxi Téhéran (2015)

    Taxi

    1 h 22 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Jafar Panahi avec Jafar Panahi

    19 Février

    C'est un film forcément à part. "Taxi Téhéran" fait partie de ces films censurés dans leur pays, et qui nous parviennent uniquement, grâce à l'audace et au courage d'hommes qui bravent la réalité politique à laquelle ils sont confrontés. Jafar Panahi réalise une sorte de docu-fiction, un film qui emprunte à la fois une forme d'imprévu, d'indécision (la scène de l'accident ou celle du petit garçon), mais fait aussi intervenir une réalité à peine voilée (et en premier lieu, celle de Panahi jouant son propre rôle de "marginal"). On retrouve aussi un discours sur la société iranienne, qui se tisse lentement, comme une toile se refermant sur ses protagonistes, entre le premier dialogue à propos d'un vol de voitures et la dernière scène...représentant un vol de voitures. Tout le propos de Panahi cherche à mettre en perspective la réalité d'une société dominée par des codes religieux (la Charria), et par un régime autoritaire. Didactique, le film l'est, notamment dans sa seconde partie, mais il est aussi subtil et malin, jouant de sa dimension méta avec un humour qui contrebalance un certain fatalisme (le dialogue sur la femme en prison). Tout ce qui est évoqué n'est pas forcément dénoncé par Panahi, tout n'est pas si noir dans la société iranienne, et le film sait aussi mettre en avant l'amitié, la fraternité, l'entraide, la curiosité intellectuelle, etc... Panahi cherche davantage à montrer à côté de quoi passe l'Iran, l'absurdité d'une censure qui peut toujours être contournée, qui n'est qu'un voile transparent sur une réalité qui ne peut être masquée. La dernière scène achève, avec ironie et fatalisme, de faire éclater les contrastes de la société iranienne, et plus généralement, le pouvoir du cinéma, aussi universel qu’inébranlable.
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    Les Adieux à la reine (2012)

    1 h 40 min. Sortie : . Drame et historique.

    Film de Benoît Jacquot avec Léa Seydoux, Diane Kruger, Virginie Ledoyen

    21 Février

    "Les Adieux à la Reine" est un film qui redonne en partie ses lettres de noblesse au genre historique. A notre époque, beaucoup trop de fictions, souvent hollywoodiennes, s'amusent à faire des films historiques sans aucun soin, sans attention particulière au contexte, aux détails, à l'ambiance. Ici, le soin apporté à l'univers de la Cour, au cœur des prémices d'une Révolution qui tape à sa porte, est remarquable. Tout est maîtrisé du point de vue formel, et la réalisation sait se détacher de l'univers cloisonné et des champs contre-champs interminables, pour offrir une certaine amplitude au récit avec de beaux travellings. L'atmosphère d'un Versailles en ébullition, secret, mystérieux et troublé (presque un personnage à part entière), se révèle prenante, la bande-originale y jouant un grand rôle. Malheureusement, tout cela est quelque peu "forcé", peu naturel, à l'image du jeu de Léa Seydoux, trop sophistiqué pour exister dans un imaginaire, pour remuer le spectateur. La maîtrise de Jacquot n'est pas étouffante, c'est davantage son script, centré, focalisé sur deux personnages qui tend à réduire cette histoire à une relation aussi éphémère qu'anecdotique. L'empathie n'est pas possible, et les enjeux sont pauvres, réduits à une relation qui s'esquisse et s'efface trop rapidement. Tout semble un peu trop policé, jamais complètement achevé, et ce n'est pas une question de subtilité. Dépourvu de séquences fortes, d'un fil rouge captivant, "Les Enjeux de la Reine" est un film historique soigné mais désincarné, tel un bel objet de décoration que l'on finit par ne plus voir, et oublier.
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    Elser, un héros ordinaire (2015)

    Elser

    1 h 54 min. Sortie : . Biopic, drame, historique et guerre.

    Film de Oliver Hirschbiegel avec Christian Friedel, Katharina Schuttler, Burghart Klaußner

    26 Février

    "Elser" est un film qui existe par les contradictions qu'il dévoile, par le caractère exceptionnel du personnage principal dans un contexte où l'ordre (au sens fasciste du terme) est une règle de vie. Elser se détache des opposants au nazisme par son caractère plus humaniste que politique, et par sa nature pacifiste. Si le film n'appuie pas assez sur les conséquences indirectes de l'attentat, il dévoile une personnalité complexe et dresse un portrait plutôt nuancé du personnage, dévoilant ainsi par ricochet la folie du nazisme, une religion nouvelle, qui manipule habilement les masses et oriente sans cesse l'opinion, jusqu'à la désorienter. Seulement, le film n'est pas forcément aussi subtil dans sa mise en scène, et abuse de gros plans, distille des flash-backs souvent trop longs, bâcle l'écriture de certaines scènes, et notamment, des personnages secondaires. Un huis-clos eut été plus judicieux et tout aussi captivant, ramenant le récit autour du personnage d'Elser et de ses contradictions. La mélancolie et la nostalgie d'une Allemagne apaisée sont vraiment très lourds, surtout lorsque l'on connaît le contexte socio-économique de l'Allemagne de 1929... Le film échoue ainsi à créer du pathos autour du personnage, intrigue mais n'émeut pas. Maladroit mais pas mauvais, "Elser" est une fiction qui a le mérite d'interroger sur le statut de résistant, de héros, et sur le sens de notre humanité, lorsque celle-ci disparaît à petit feu.
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    Fatima (2015)

    1 h 19 min. Sortie : . Drame.

    Film de Philippe Faucon et Fatma El Ayoubil avec Soria Zeroual, Zita Hanrot, Kenza Noah Aïche

    1er Mars

    La note peut paraître sévère. Je ne me suis pas ennuyé, les actrices sont excellentes et Faucon dresse un beau portrait de femme. Je suis assez partagé à l'égard de ce film, qui contient tous les bons et les mauvais côtés du cinéma d'auteur français. D'abord, cette réalisation, qui sans en avoir l'air, invite le spectateur au coeur d'une famille musulmane, parvient à créer une immersion, un intérêt et une proximité, presque une chaleur humaine. Beaucoup de plans fixes, de gros plans, de scènes filmées en champ/contre-champ qui font la part belle aux personnages, à leur visage ou à leur corps. D'un autre côté, je regrette vraiment ce manque de prise de risques, cette platitude dans le propos, ce côté superficiel...le film ne va jamais au bout des choses, ne s'engage pas vraiment. Les deux thématiques principales sont le décalage générationnel au sein d'une famille d'immigrés (et donc le rapport à la France), et la relation filiale entre Fatima et ses deux filles. Si certaines séquences sont très fortes, d'autres manquent vraiment de naturel et de justesse (notamment, les scènes où Fatima fait le ménage chez des bourgeois caricaturés), ou encore celles où sa fille semble dévastée par les ragots du quartier..L'aspect humaniste, chaleureux, la justesse de ton du début est un peu bousillée par des scènes très caricaturales, des personnages qui n'évoluent pas (et autant, la relation avec l'aînée est très belle, celle avec sa seconde fille est moins bien traitée). Enfin, j'ai beaucoup aimé le personnage de Fatima, ce qu'elle représente surtout, plus que ce qu'elle est, mais le film semble finalement nous en dire plus sur ses filles, et c'est assez regrettable. Faire un film centré sur ce personnage en réduisant les passages à la Fac, en concentrant sa caméra sur les réactions de Fatima eut été plus judicieux et plus osé... Au final, et malgré de bonnes intentions, quelques idées remarquables, j'ai préféré le "Bande de Filles" de Sciamma qui était plus cinématographique, plus risqué, et qui proposait un vrai cadre, bien défini, tout en creusant vraiment ses personnages.
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    L'Ange bleu (1930)

    Der Blaue Engel

    1 h 46 min. Sortie : . Drame.

    Film de Josef von Sternberg avec Emil Jannings, Marlene Dietrich, Kurt Gerron

    4 Mars
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    Les Trois Jours du Condor (1975)

    Three Days of the Condor

    1 h 57 min. Sortie : . Thriller.

    Film de Sydney Pollack avec Robert Redford, Faye Dunaway, Cliff Robertson

    4 Mars

    Thriller politique américain dans la plus pure tradition des seventies, "Three days of the Condor" est un film qui brille davantage par son atmosphère désenchantée et mélancolique, enveloppée par une bande-son jazzy et lancinante. C'est aussi un film tendu, paranoïaque, froid et glacé, où l'on s'observe (la principale qualité du Condor selon ses ennemis), s'attend, s'épie, se traque. Un film d'ombres, où tout semble faux, où les masques semblent presque plus réels que les visages qu'ils cachent. Bref, c'est un film d'atmosphère, d'ambiance. Pourtant, c'est un thriller politique qui repose sur une intrigue complexe, où l'on parle plus chinois qu'anglais, et qui sous-tend des enjeux politiques et géo-stratégiques en phase avec la réalité de l'époque, notamment les conséquences du choc pétrolier de 1973 et le scandale du watergate. Ce film est quasiment l'archétype, le modèle du thriller parano. Robert Redford campe un personnage ambigu, aux intentions parfois troubles, et à la personnalité distante. Tout dans ce film tend vers cette distanciation, cette froideur, cette abstraction comme si les personnages étaient absorbés par une forme de solitude, détachés d'empathie et incapables de rester ensemble, même s'ils s'aiment. La caméra de Sydney Pollack est toujours en mouvement, parfois virevoltante, souvent distante aussi, lorsqu'elle laisse les personnages se débattrent dans la jungle new-new-yorkaise, brouillant les pistes et accentuant la tension. Parfois, elle se rapproche aussi, comme lors de ce très beau zoom sur les visages collés de Faye Dunaway et Robert Redford, lors de l'une des rares scènes du "Condor", où l'amour semble dominer la peur l'espace de quelques instants.
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    Chérie, je me sens rajeunir (1952)

    Monkey Business

    1 h 37 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Howard Hawks avec Cary Grant, Ginger Rogers, Charles Coburn

    5 Mars

    Une comédie typique des 50's, signée par le grand Howard Hawks, qui puise dans un postulat original et drôle (peu de films sur ce sujet en 1952, il me semble). Cary Grant est toujours aussi fort, mais c'est surtout l'inventivité et la variété des gags, des situations, des dialogues qui créent un mélange d'absurde et de drôlerie, sur un rythme effréné. Parfois hystérique, le film sait aussi ralentir et proposer quelques séquences plus douces, parfois romantiques. Bien sûr, tout est en permanence, relié à un second degré, souvent suggéré par les dialogues. Habile, malin et divertissant.
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    La Meilleure Façon de marcher (1976)

    1 h 22 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Claude Miller avec Patrick Dewaere, Patrick Bouchitey, Christine Pascal

    5 Mars

    Oeuvre sur la différence, la tolérance, le regard de l'autre, "La Meilleure façon de marcher" est plus subtil que bon nombre de films réalisés sur la sexualité/l'homosexualité à notre époque. Si les personnages sont très archétypaux, les dialogues et la mise en scène de Claude Miller suggèrent une complexité, une ambiguïté, une sensibilité qui fend les stéréotypes. Le récit est particulièrement habile dans la relation qu'il instaure entre les deux personnages, comme si une forme de dépendance affective se créait entre eux, de manière inconsciente. Les deux Patrick sont très bons dans leurs rôles respectifs, bien que Dewaere soit moins à l'aise dans ce personnage de macho que d'habitude. Néanmoins, Miller, dont c'est le premier film, montre ici toute sa faculté à amener des thématiques de société sur des chemins plus sophistiqués, notamment autour de la folie, du corps et de sa possession. A la fois charnel et réflexif, le film est subtil, sans être moralisateur, intelligent sans poser de grands discours, émouvant sans être tire-larmes, drôle sans être grossier (ou presque). Une réussite, forcément.
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    Mirage de la vie (1959)

    Imitation of Life

    2 h 05 min. Sortie : . Drame.

    Film de Douglas Sirk avec Lana Turner, John Gavin, Robert Alda

    8 Mars

    "Mirage de la Vie" est l'archétype du mélo américain par Douglas Sirk, son plus fier représentant. C'est un film coloré et vivant, très dense dans sa narration et les thématiques abordées, et d'une grande sensibilité, qui vire très facilement au pathos dans la dernière partie. Cela débute comme "Eve" de Mankiewiscz mais les films de Sirk ont ceci de particulier qu'ils ne comportent aucun cynisme, et que leurs personnages cherchent toujours à aspirer au bonheur. Le renoncement ne peut exister que dans la mort. C'est un cinéma d'idéaliste de la vie et de l'amour. Il faut le prendre tel qu'il est, mais je n'y arrive pas vraiment. C'est justement le final qui m'a laissé sur ma faim, autant dans son exubérance que dans son manque de finesse, qui flirte avec le grotesque. Le film aborde de nombreuses thématiques, dont celle du racisme dans l'Amérique des fifties, mais ne parvient jamais à tenir un discours clair, limpide et fort. A l'image de Lora qui se fiche pas mal des quolibets racistes de la petite dans la première partie, avant d'être soudainement touchée par elle dans la seconde partie. Le personnage de la bonne noire est le plus beau et le plus fort, celui qui mérite vraiment d'être au centre de l'oeuvre. Seulement, le film a tendance à s’éparpiller (et pourtant, le montage est habile, tout est très bien fait d'ailleurs), à jongler entre les sous-intrigues, et perdre un peu le fil. Il manque une unité narrative selon moi et une forme de mesure dans l'exubérance et les bons sentiments, pour que je sois vraiment touché, emporté. Et j'ai aussi un mal fou avec cet espèce de déterminisme social dans l'écriture des personnages, qui rend le récit particulièrement prévisible, balisé, sans surprises. Très mitigé une nouvelle fois.
  • A Bigger Splash (1974)

    1 h 41 min. Sortie : . Comédie dramatique et biopic.

    Documentaire de Jack Hazan avec David Hockney, Peter Schlesinger, Mo Mac Dermott

    9 Mars