Films vus et commentés en 2019

Avatar Walter-Mouse Liste de

106 films

par Walter-Mouse

Avachi sur mon fauteuil et yeux rivés sur le calendrier, j'attends de 2019 une nouvelle année pleine de bonnes surprises, de belles rencontres et de séance ciné mémorables. Il se peut que, travail oblige, je sois moins actif que d'habitude et les films revus seront dorénavant accompagnés d'un commentaire seulement s'il y a des impressions différentes et intéressantes à partager.
Tous dans les starting blocks, parés à écrire avec le sourire, et en avant toutes!

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  • Bande-annonce

    Boule de feu (1941)

    Ball of Fire

    1 h 51 min. Sortie : . Comédie romantique.

    Film de Howard Hawks avec Gary Cooper, Barbara Stanwyck, Oskar Homolka

    AVIS:

    Soucieux d'être à la page, huit savants décident de rattraper leur retard sur la civilisation contemporaine dans le but d'une rédaction d'une encyclopédie universelle. Les circonstances feront qu'une chanteuse liée à un gangster notoire choisira leur résidence comme planque, perturbant l'ordre dans leurs recherches mais étant aussi la clé pour achever leur travail. Cette production de Samuel Goldwyn s'appuie sur un scénario co-écrit par Billy Wilder, dont on reconnaît le goût pour les quiproquos et les dialogues piquants, qui bénéficie des qualifications de Howard Hawks pour mettre en scène de la comédie. Les intellectuels sont caricaturés à l'extrême, dépeints comme de grands enfants coupés du monde et ébranlés par la moindre provenance de l'extérieur. La femme qui va les dérider les reconnecte avec la réalité tout en se redécouvrant elle-même, aboutissant à une succession de scènes très attachantes où cette galerie de personnages nous émeut autant qu'elle nous fait rire, les érudits croyant fermement aux bienfaits de la science et ayant un regard innocent sur les changements de la société. Gary Cooper et Barbara Stanwyck forment un beau couple à l'écran, les textes sont justes, drôles et habiles, l'histoire excellemment menée, les rôles marquants, c'est une association qui ne pouvait que briller.

    9,5/10
  • Bande-annonce

    Dark Star - L'Étoile Noire (1974)

    Dark Star

    1 h 23 min. Sortie : . Science-fiction, fantastique et comédie.

    Film de John Carpenter avec Cal Cuniholm, Joe Saunders, Miles Watkins

    AVIS:

    Sans mauvais jeu de mots, c'était space. Pour son premier film de fin d'études à avoir eu l'honneur de sortir au cinéma, John Carpenter est confronté à un budget ridicule qui va nous faire poser des questions sur ce qui est volontairement comique ou non. Ses choix esthétiques les plus douteux, sûrement pensés par rapport aux coûts (la salle de commandes la moins pratique de l'univers, un extra-terrestre en ballon de plage), sont parfois soulignés avec une dérision inattendue (l'alien se dégonflant littéralement, une trappe d’ascenseur dévissée à la main), celle-ci produit parfois son effet (arrêter une bombe en débattant philosophiquement avec elle), et parfois laisse sans voix (le plan final). Les décors sentent le tournage dans les sous-sols de l'appartement du voisin mais Carpenter arrive de temps à autre à dépasser cet handicap à travers des séquences tendues, certes inutiles et sûrement issues des reshoots mais prenantes, comme la chasse à la créature dans le vaisseau et tire de bonnes idées de son concept telles que l'espace relaxation de l'équipage ou la commodité avec laquelle ils détruisent les planètes. C'est un étrange objet que cette entrée sur le grand écran mais certains morceaux retiennent l'attention et démontrent déjà une vraie débrouillardise avec peu de moyens.

    6,5/10
  • Le Signe de la croix (1932)

    The Sign of the Cross

    2 h 05 min. Sortie : . Péplum, drame et historique.

    Film de Cecil B. DeMille avec Fredric March, Elissa Landi, Claudette Colbert

    AVIS:

    Après quelques échecs financiers, Cecil B. DeMille a besoin de se remettre à flot et revient au péplum avec Le Signe de la Croix, racontant les conséquences du Grand Incendie de Rome. Ambitieux metteur en scène de nature, il multiplie les prises époustouflantes en ouvrant son film sur Néron chantant au-dessus de sa cité dévastée par les flammes et utilise la même force iconique avec ses autres personnages, notamment l'introduction de l'imprévisible Poppée où ce sont d'abord des dizaines d'ânesses et d'esclaves qui sont la priorité de la caméra avant de nous conduire jusqu'au bain de lait de l'impératrice. Comme toujours, les rassemblements populaires sont retranscrits avec un soin proche de la perfection, les dix minutes consacrées aux divertissements dans l'arène sont grandioses, captant tous les points de vue, suivant chaque bain de sang et révélant une population abêtie par l'empereur fou. Le cinéaste fait particulièrement des merveilles avec deux séquences impliquant un jeune chrétien, la première où la torture est suggérée et ressentie par les architectures tranchantes et les torches faisant le décor, la deuxième où le son sert d'indicateur, le chant du garçon étant coupé par les cris de la foule. Les symboliques visuelles sont récurrentes et puissantes, les scènes violentes percutantes et la distinction entre croyant et humain est pertinemment utilisée. Et Claudette Colbert est resplendissante.

    8,5/10
  • Bande-annonce

    Creed II (2019)

    2 h 10 min. Sortie : . Drame et sport.

    Film de Steven Caple Jr. avec Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Tessa Thompson

    AVIS:

    Ryan Coogler laisse les gants à Steven Caple Jr. pour ce deuxième spin-off dédié à Adonis Creed. Le nouveau réalisateur, choisi par Sly lui-même, est moins chevronné et inspiré sauf lors des combats de boxe (aussi parce que pas mal de repompe du travail de Coogler) mais heureusement, Sylvester Stallone a le contrôle sur le projet et est revenu le scénariser. Le retour de Ivan Drago était inévitable, nécessaire pourrait-on dire, pour poursuivre l'histoire de la descendance d'Apollo Creed et cela représente un des meilleurs points du film. Stallone a eu l'intelligence de lui donner un fils brutal totalement sous l'emprise de son père et leur relation en est forte avec des motivations compréhensibles et un poids historique imposant. Rocky passe un peu plus de coach sportif à coach familial avec l'arrivée d'un bébé dans le couple Adonis/Bianca (le cancer de l'étalon italien a été mis de côté mais la surdité de Tessa Thompson permet de beaux moments), la formule se répète (un mixage entre Rocky 2, 3 et 4) mais l'adversité résulte d'une haine de longue date qui change les enjeux une fois sur le ring. Michael B. Jordan prend plus d'importance (dommage qu'on nous ressorte encore le thème de Bill Conti) et la saga reste proche de tout spectateur dans ses thèmes et ses leçons.

    7,5/10
  • Bande-annonce

    Dark Crystal (1982)

    The Dark Crystal

    1 h 33 min. Sortie : . Aventure et fantasy.

    Film de Jim Henson et Frank Oz avec Jim Henson, Kathryn Mullen, Frank Oz

    AVIS:

    Jim Henson et Frank Oz allient à nouveau leurs forces et donnent vie à un univers entièrement peuplé de marionnettes avec le cultissime Dark Crystal. En adaptant leurs animatroniques au contexte et au ton du film (la lenteur des mouvements, par exemple, se trouve justifiée par l'inactivité des Skeksès, amplifiant leur aspect ridicule et pathétique), les deux compères imaginent un monde fascinant où leurs créations artisanales sont aussi bien des êtres vivants que des plantes, des roches ou autres éléments environnementaux. Ce tic, qui s'invite régulièrement dans tous leurs projets cinématographiques et télévisuels, a d'autant plus de sens ici qu'il met en avant la dangerosité du décor et l'inconfort des voyageurs en-dehors de leurs zones d'habitation. L'ambiance, assez funeste sur fond d'apocalypse et pas forcément à destination des enfants (beaucoup de passages avec une touche cauchemardesque comme ce laser absorbant l'essence de vie, la décomposition du cadavre de l'empereur ou le trou menant aux Garthim), donne une patte tout à fait unique à cette mythologie qui semble emprisonnée dans un éternel recommencement, on en sait beaucoup mais on voudrait en savoir toujours savoir plus. Passionnante et artistiquement aboutie, une réussite.

    8,5/10
  • Bande-annonce

    La Malédiction (1976)

    The Omen

    1 h 51 min. Sortie : . Fantastique.

    Film de Richard Donner avec Gregory Peck, Lee Remick, David Warner

    AVIS:

    Bien creepy quand il le veut, La Malédiction sera le premier grand succès d'une longue liste pour Richard Donner et un solide argument pour surveiller ses projets futurs. Le réalisateur ne révèle pas tout de suite ses intentions, s'ouvrant vers un thriller fantastique où l'horreur ne se veut pas trop insistante mais qui prend réellement forme une fois qu'arrivent les rebondissements. Avec un soupçon de baroque, la musique tarée de Jerry Goldsmith, la rapidité parfois abrupte du montage et la double-lecture de plusieurs plans, La Malédiction secoue le spectateur en installant un certain nombre de personnages secondaires et d'épisodes violents dont le rôle est indéterminé. Entre un photographe fouineur, une gouvernante cachottière ou encore un religieux instable, chacun semble servir un but précis sans que l'on ne puisse prédire leur fonction. Aux yeux du héros dépassé par les événements, ils peuvent aussi bien être des protecteurs que des agresseurs, des innocents que des meurtriers, tout comme l'enfant est soit une victime, soit un instrument. Donner joue efficacement avec ce doute, nous obligeant à faire des choix cruciaux dans une histoire improbable où la possibilité de vaincre le Mal s’amenuise de plus en plus. Et le dernier quart d'heure satisfait les attentes. Très bon film.

    8/10
  • Bande-annonce

    La Zizanie (1978)

    1 h 37 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Claude Zidi avec Louis de Funès, Annie Girardot, Maurice Risch

    AVIS:

    Si Louis de Funès est obligé de ralentir son rythme de tournage, il reste une valeur sûre pour le cinéma français et La Zizanie prouve bien que les spectateurs ne se lassent pas de son génie, les 4 millions d'entrées parleront pour eux. Dirigée par Claude Zidi, cette comédie absurde trouve sa plus grande qualité et son plus grand défaut dans son aspect de film à sketchs. Elle doit constamment annuler les conséquences de ses gags si elle veut durer une heure et demi (en temps normal, pas sûr que ça dépasse la moitié), résultat, Annie Girardot est plusieurs fois sur le départ, agaçée de l'égoïsme de son mari, mais ne prend jamais la porte et oublie d'un claquement de doigts sa furie. L'intrigue avance à petits pas au point que les séquences sont détachées les unes des autres et que la concurrence finale sort de nulle part. Ce problème mis à part, La Zizanie offre beaucoup de sourires, voire des rires. De Funès et Girardot sont éclatants en époux aimants mais ne se laissant pas marcher sur les pieds, la maison transformée en usine est tellement inimaginable qu'elle vaut le coup d'oeil à elle-seule et on a plusieurs répliques ou satires (avant tout sur le monde industriel et la condition des ouvriers) mémorables.

    7/10
  • Le Mur invisible (1947)

    Gentleman's Agreement

    1 h 58 min. Sortie : . Drame.

    Film de Elia Kazan avec Gregory Peck, Dorothy McGuire, John Garfield

    AVIS:

    Deux ans se sont écoulés depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale et Darryl F. Zanuck prend le risque de s'attaquer aux questions d'antisémitisme malgré la réticence de ses confrères. Elia Kazan se retrouve à la tête du projet mais ne le considèrera jamais comme son oeuvre, plutôt celle de son producteur qui s'investira corps et âme dans le développement. Cela se ressent dans la réalisation très minimaliste qui laisse Gregory Peck et Dorothy McGuire être les vecteurs d'émotion. Kazan fait oublier sa présence et a l'air moyennement emballé par ce qu'il filme. La première partie, très bavarde et un poil longuette, en souffre le plus car aligne les discussions sans qu'il n'y ait beaucoup de progression dans le scénario. La deuxième heure s'améliore en connectant l'accumulation de préjugés avec la romance, l'idée la plus intéressante est que, pour rédiger son article, Peck se fait passer pour un juif mais n'a pas à changer son mode de vie, il n'a qu'à préciser à ses interlocuteurs quelle est sa religion et leur perception change. Leur méfiance, leur mépris et parfois même leur haine ne sont transmis que par quelques regards ou mots déplacés. L'opinion des athées est cachée mais dangereuse, de là naissent les conflits et les oppressions. Des thèmes universels auxquels Le Mur Invisible apporte des débats encore aujourd'hui pertinents.

    8/10
  • Bande-annonce

    Dragons (2010)

    How to Train Your Dragon

    1 h 38 min. Sortie : . Animation, aventure, comédie, fantasy et jeunesse.

    Long-métrage d'animation de Chris Sanders et Dean Deblois avec Jay Baruchel, America Ferrera, Gerard Butler

    AVIS:

    Fou ai-je été d'avoir sous-évalué à ce point cette pure merveille de l'animation il y a quelques années. Chris Sanders et Dean Deblois offrent un nouveau souffle aux productions DreamWorks en nous transportant dans cette aventure frissonnante et adulte dont la passion et l'amour pour son histoire n'avaient plus été aussi puissantes depuis Le Prince d'Égypte. Pour les réalisateurs, la communication entre un humain et un dragon est aussi difficile que celle entre un père et un fils, il y a une forme d'égalité authentique dans toutes les relations entre les personnages, ce que leurs géniteurs attendent d'eux, quel héritage laisseront-ils à leur tour, comment gagner le respect d'un autre etc... Pour notre jeune héros, ne pas trahir ce qu'il est revient à s'affirmer et abandonner l'enfance, c'est une recherche de soi-même qui est fantastiquement faite à travers le lien qu'il crée avec sa Furie Nocturne, leur rapprochement qui se renforce grâce à un langage qu'ils construisent à eux-deux fait partie des plus beaux passages du film, ça plus les séquences de vol divinement réalisées et mises en musiques par John Powell, plus inspiré que jamais. Les sensations de vitesse, de vertige et d'immensité n'ont quasiment aucun égal, les dialogues sont extrêmement justes, les rôles principaux remarquablement définis, c'est un superbe voyage, dans lequel il faut se replonger encore et encore.

    9,5/10
  • Bande-annonce

    Y a-t-il un flic pour sauver le président ? (1991)

    The Naked Gun 2½: The Smell of Fear

    1 h 25 min. Sortie : . Comédie.

    Film de David Zucker avec Leslie Nielsen, Priscilla Presley, George Kennedy

    AVIS:

    Le lieutenant le plus incompétent et le plus cocu de l'Amérique revient, prêt à rétablir l'ordre et foutre la pagaille comme il sait si bien le faire. Le doute intervient alors que le générique de début se lance, reprenant le plan connu du gyrophare mais avec l'effet de surprise en moins. Les Frères Zucker et Abrahams ne vont-ils livrer rien d'autre qu'une redite bas-de-gamme? Heureusement non mais Y a-t-il un Flic pour sauver le Président est le plus prévisible et le moins original de leur filmographie à sa sortie en salles, recopiant parfois des gags provenant d'anciennes réalisations comme Hot Shots ou le premier The Naked Gun. On est davantage préparés à ce festival de conneries et la sauce ne prend pas tout de suite. Le réveil a lieu dans la dernière demi-heure avec un meilleur rythme et une succession de blagues potaches qui n'en finissent plus (une troisième paire de mains s'invitant lors de gestes coquins, des symboles phalliques à profusion lors de l'acte sexuel) et une dénonciation des clichés toujours aussi délirante (le combat dans la salle de bains ou aucun objet n'est utilisable pour blesser l'adversaire; la star qui, entre deux prises, redevient tout proprette malgré la scène d'action qui lui a infligé des séquelles). Sans oublier la réplique de "la femme enceinte" que je ne spoilerai pas. Inégal mais sympathique.

    7/10
  • Bande-annonce

    Un si doux visage (1953)

    Angel Face

    1 h 31 min. Sortie : . Policier.

    Film de Otto Preminger avec Robert Mitchum, Jean Simmons, Mona Freeman

    AVIS:

    Sur une histoire de crime due à une manipulation amoureuse, Otto Preminger en renouvelle les règles et met à neuf un schéma dont Hollywood est friand. Le choix des comédiens est pour beaucoup dans la réussite de Un si doux visage. Jean Simmons est fraîche, délicieuse, innocente d'apparence mais perçante du regard dès qu'elle se retrouve seule près de son piano en train de mijoter quelque chose en silence. Robert Mitchum ne correspond pas au profil habituel du martyr de par son air endormi, fatigué et à côté de ses godasses alors qu'il est on ne peut plus lucide sur ce qui lui arrive. En plein milieu de film, Preminger fait même dire à l'acteur que la combine ne marchera pas et qu'il ne se laissera pas piéger. Parole tenue, le meurtre arrive avec trois quarts d'heure d'avance, sans les résultats espérés, et nous voilà partis pour de multiples voies ouvertes où tout peut arriver. Les deux amants sont tellement désintéressés de leur sort que le metteur en scène les lâche durant toute une séquence au tribunal, leur réservant l'arrière-plan, voire en ne les filmant pas du tout. En choisissant une direction inédite pour ses personnages, la question de leurs sentiments et leurs actions aux yeux de la loi, Un si doux visage donne un nouvel éclat au film noir.

    8,5/10
  • Jason et les Argonautes (1963)

    Jason and the Argonauts

    1 h 44 min. Sortie : . Aventure et fantasy.

    Film de Don Chaffey avec Todd Armstrong, Nancy Kovack, Gary Raymond

    AVIS:

    Comme nombre de films fantastique à cette époque, l'intérêt premier de Jason et les Argonautes réside en la contribution du concepteur d'effets spéciaux Ray Harryhausen qui est, personne ne se mentira, la raison majeure (pour ne pas dire la seule) qui a rendu culte cette adaptation de la mythologie grecque. On espère beaucoup de ce voyage jusqu'aux confins du monde pour sa galerie de créatures et il répond positivement à nos attentes. C'est lors de leurs apparitions qu'arrivent les moments de gloire du métrage. D'abord avec le colosse Talos qui offre un sentiment d'immensité et d'écrasement assez fou, les monstres de chair que sont les harpies et l'hydre mais ce sont les squelettes qui laissent bouche bée. La diversité et la fluidité de leurs mouvements sont extraordinaires, on en oublie que les acteurs frappent dans le vide (ils sont ironiquement plus crédibles que lorsqu'ils se battent avec de vrais humains). On apprécie aussi le point de vue de l'Olympe avec des Dieux joueurs et sans soucis (le passage du temps entre le monde des mortels et celui des divinités est bien pensé) ainsi que les thèmes représentatifs du genre. Dommage cependant qu'il n'y ait pas plus à contempler, la faute à une écriture sommaire et une mise en scène impersonnelle.

    7/10
  • Ce n'est qu'un au revoir (1955)

    The Long Gray Line

    2 h 18 min. Sortie : . Biopic, comédie et drame.

    Film de John Ford avec Tyrone Power, Maureen O'Hara, Robert Francis

    AVIS:

    Moitié feel-good movie, moitié drame sentimental, Ce n'est qu'un au revoir est du John Ford pur jus. Le franc-parler et le côté baroudeur sont de mise, Tyrone Power reflète la facette spontanée qui se retrouve courramment dans la carrière du réalisateur, jouant un immigrant irlandais au caractère bien trempé, un gros malin qui passe par tous les postes, se prend une roustée pour acquérir le respect de sa hiérarchie, passe un savon à la jolie rousse Maureen O'Hara pour qu'elle devienne illico sa femme et endosse le rôle de guide pour la nouvelle génération de West Point. Chargé de bonne humeur dans sa première heure, Ce n'est qu'un au revoir marque une rupture tonale dès qu'une première perte arrive dans l'histoire. Celle-ci affirmera la démarche de Ford de vouloir étendre par la suite le terme "famille" au-delà du sens biologique. Power devient un père, un modèle pour tous les cadets qui rejoignent l'armée américaine. En dépit de ses hésitations, sa vie est liée à l'Académie militaire et ses enfants sont les recrues. Son rapport profond aux valeurs enseignées par ses supérieurs est transmis avec passion à travers un scénario mélangeant adroitement rires et émotions, porté par un casting excellent ainsi qu'un rythme exemplaire.

    8,5/10
  • Bande-annonce

    Hellboy II : Les Légions d'or maudites (2008)

    Hellboy II : The Golden Army

    2 h. Sortie : . Action, aventure, fantastique, Épouvante-horreur et science-fiction.

    Film de Guillermo del Toro avec Ron Perlman, Selma Blair, Doug Jones

    AVIS:

    Guillermo Del Toro et son équipe rempilent tous dans le but de développer une trilogie autour du démon de l'Enfer, finalement avortée à cause de recettes décevantes. Ne reste que ce deuxième film pour faire oublier notre chagrin car Hellboy II : Les Légions d'Or Maudites est une optimisation de son aîné à chaque niveau. Del Toro met de côté les humains (qui faisaient partie des points noirs du premier opus, notamment le p'tit jeune fadasse qui ne servait à rien) pour avoir une suite à 95% centrée sur les monstres. Plus équilibré, jouant mieux entre les scènes d'action démentielles et les moments intimistes et répartissant bien les pauses, ce second Hellboy enchaîne les trouvailles graphiques splendides (avec un character design d'exception et une réalisation irréprochable, surtout le marché troll, mosaïque de cultures et d'espèces), les répliques qui déchirent (prononcées par un Ron Perlman plus charismatique que jamais), de nouveaux personnages très réussis (Johann Kraus), les moments privés attachants (Hellboy et Abe, bourrés, chantant ensemble) et les affrontements costauds. Une amélioration complète.

    8,5/10
  • Bande-annonce

    Psycho (1998)

    1 h 45 min. Sortie : . Épouvante-Horreur.

    Film de Gus Van Sant avec Vince Vaughn, Anne Heche, Julianne Moore

    AVIS:

    J'ai longtemps fui ce remake comme la peste, flairant la puanteur du machin et ça n'a pas loupé. Quelle mouche a piqué Gus Van Sant?! Qu'est-ce qui a bien pu le motiver à refaire plan pour plan et mot pour mot le monument qu'était Psychose? Était-il jaloux que ce film ne soit pas le sien? Voulait-il se prendre pour Hitchcock? Voulait-il lui rendre hommage? Ou s'est-il assuré que plus personne n'oserait toucher à ce classique après lui? Car on peut clairement parler de sabotage. Comment espérer une seconde nous faire ressentir les mêmes frissons si tout est tourné en couleur? Là où le noir et blanc augmentait l'insécurité du spectateur en obscurcissant ce que nos yeux voyaient et en nous rendant incapables de plus en savoir que les victimes, ici, pas d'ambiance, la photographie (pourtant gérée par Christopher Doyle) intensifie les couleurs jusqu'à rendre les contrastes d'origine ridicules (la maison des Bates) quand elle ne leur fait pas perdre leur impact (la pièce avec les animaux empaillés). La mise en scène n'appartient pas à Gus Van Sant, tout fait faux, rien ne semble être propre au film, celui-ci est tellement dans l'exercice de la copie que le moindre raté nous dérange, les scènes-chocs sont même intégralement foirées (les trois apparitions de la mère, surtout la dernière qui est à pleurer de rire) les très légères modifications sont consternantes (un bruit de masturbation et de braguette ouverte, des cuts sur le ciel orageux lors du meurtre dans la douche, merci c'était nécessaire) et bon dieu c'est possible de rassembler autant d'erreurs de casting sans le faire exprès?! Où sont passés les rapports de force entre le frêle Anthony Perkins et ses visiteurs? Anne Heche n'a jamais le visage dur de Janet Leigh et fait bien trop fragile pour le rôle, idem pour William H. Macy qui n'a pas l'air de dominer le détenteur du motel, Viggo Mortensen et Julianne Moore ont des gueules trop marquées et pas assez communes pour être Sam Loomis et Lila Crane, avec des traits de caractère si appuyés qu'ils n'ont plus la même fonction de gens lambda, Norman Bates, pauvrement interprété par un Vince Vaughn pas du tout à sa place, est à peine le centre d'attention du récit à cause de ces mauvaises décisions qui, aussi minimes, paraissent-elles, changent totalement notre point de vue. Quel naufrage ce Psycho, tout ce qu'il ne faut pas faire quand on clone un des plus grands joyaux de l'Histoire du Cinéma.

    2/10
  • Bande-annonce

    Glass (2019)

    2 h 09 min. Sortie : . Thriller et fantastique.

    Film de M. Night Shyamalan avec James McAvoy, Bruce Willis, Samuel L. Jackson

    AVIS:

    Bloquer les trois figures super-héroïques de la fusion Incassable/Split dans un hôpital psychiatrique est une idée brillante. Le lieu colle tellement à l'esprit de M. Night Shyamalan qu'on se demande pourquoi il n'est jamais apparu plus tôt dans sa carrière. La promesse vend du rêve, c'est comme si l'auteur nous invitait, en même temps que ses personnages, à repenser son cinéma, à nous interroger sur ses astuces de réalisation pour nous faire davantage douter des histoires qu'il nous a auparavant conté. C'est casse-gueule de déclarer aussi explicitement son envie de réétudier un de ses films les plus chéris et d'y relier sa mythologie à un deuxième mais on lui fait confiance et on attend de voir où il va nous emmener. Puis c'est la dégringolade. Passé une première heure vraiment intrigante, Shyamalan rappelle Samuel L. Jackson et met dans la cuvette toutes les questions qu'il nous a posé jusqu'à présent. Par cette nouvelle trajectoire, il repart dans les lourdeurs et les facilités d'écriture auxquelles il nous avait trop habitué ces dernières années, faisant régresser David Dunn et Elijah Price (l'apathie avec laquelle l'arc de Bruce Willis est suivi est à la limite de l'insulte, que dire de son nemesis réduit à une caricature de lui-même) et accumulant les twists qui détruisent le mystère de l'univers d'Incassable. James McAvoy est le seul rescapé, lui et Anya Taylor-Joy n'ont que deux scènes ensemble mais elles captent l'aspect "Beauty and the Beast" malsain qui les rendaient si fascinants. Comme si Shyamalan n'était plus intéressé que par La Horde. Peut-être aurait-il dû se contenter d'une suite à Split tout simplement.

    5/10
  • Bande-annonce

    Bohemian Rhapsody (2018)

    2 h 14 min. Sortie : . Biopic, drame et comédie musicale.

    Film de Bryan Singer avec Rami Malek, Lucy Boynton, Gwilym Lee

    Séances de cinéma (16 salles)
    AVIS:

    Quelle ironie qu'un chanteur inclassable ayant révolutionné la musique avec son groupe ait droit à un biopic aussi lisse et consensuel. Mis à part quelques jolies (et trop rares) transitions de Bryan Singer, Bohemian Rhapsody est tout ce qu'il y a de plus banal et calibré dans le genre biographique, ne se foulant pas pour nous présenter sous un nouvel angle Freddie Mercury ou Queen. En une ellipse, les musiciens passent de parfaits inconnus à des stars nationales; En 5 secondes, ils récoltent un million de livres tout rond pour leur concert; En quelques cuts, la relation de Mercury avec sa femme se dégrade etc... Le film réussit l'exploit de passer à côté de tous ses sujets malgré les 2h15 au compteur. Où sont les autres chanteurs de renommée mondiale à part Queen? En quoi leur musique diffère-t-elle de ce qui se faisait à l'époque? Comment se porte l'Amérique? Que pense la critique? Le public? Pourquoi le film galère-t-il autant à nous montrer la création de ces tubes et l'amour de ces hommes pour l'art musical? Pourquoi n'entendons-nous jamais plus d'une minute d'extrait pour ces singles? Parce que Bohemian Rhapsody ne s'adresse qu'aux pseudo-fans qui veulent revivre un fantasme au lieu de parler aux non-connaisseurs. Eux iront se renseigner ailleurs et verront que tout ça n'est qu'un tissu de mensonges destiné à ne pas trop tâcher l'image de Mercury, quand bien même la vérité sur son cas a éclaté depuis belle lurette, et à rassembler le plus de gens par la recette du tire-larmes simpliste, plat, sans audace et presque sans style. Film de producteurs en somme.

    4/10
  • Bande-annonce

    La Grande Illusion (1937)

    1 h 53 min. Sortie : . Drame et guerre.

    Film de Jean Renoir avec Jean Gabin, Dita Parlo, Pierre Fresnay

    AVIS:

    C'est au bout de 1h20 qu'un détail attire notre attention, le bruit des fusils. A-t-on entendu plus tôt les officiers utiliser leurs armes? A-t-on même fait attention au fait qu'ils en portaient? Jean Renoir place l'action de son histoire durant la Première Guerre Mondiale mais signe presque un anti-film de guerre. Tous les personnages ont une origine, une classe sociale et un tempérament différents mais sont pourtant traités de manière égale. Qu'ils soient français ou allemands, aucun ne désire ce conflit, ils n'y vont que pour qu'il se termine au plus vite. Renoir suit des soldats respectueux dans les deux camps, l'optimisme qui se dégage de plusieurs scènes (surtout celles avec Jean Gabin qui se met en tête que rien ne dure éternellement) est inhabituel, nous avons d'un côté les prisonniers et de l'autre les gardiens mais cela se limite à cette barrière, il n'y a pas de haine ou de sauvagerie, seulement des militaires qui font ce que la guerre exige d'eux, personne ne tire de fierté en tuant l'ennemi. On a uniquement des hommes qui affrontent des hommes. Le jusqu’au-boutisme est on ne peut plus assumé avec les relations surréalistes et pourtant si belles qui nous sont dévoilées, comme celle entre un commandant et un capitaine de deux nationalités opposées ou d'une fermière allemande avec deux évadés français. Une oeuvre sur la guerre qui ne ressemble à aucune autre avec un message de paix puissamment délivré.

    9/10
  • Bande-annonce

    La Famille Addams (1991)

    The Addams Family

    1 h 39 min. Sortie : . Fantastique et comédie.

    Film de Barry Sonnenfeld avec Raúl Juliá, Christopher Lloyd, Christina Ricci

    AVIS:

    Barry Sonnenfled fait ses débuts à la réalisation en remettant sur le devant de la scène les membres dérangés de la Famille Adams, héros d'une série télévisée populaire durant les années 1960's. Si son scénario ne vole pas haut (pour ne pas dire qu'on s'en fiche pas mal), son humour est assurément croustillant et ses personnages hauts en couleur. Ces derniers se délectent si passionnément de la mort et de la violence que leur absence de raison est hilarante. Certes, la recette se répète, on a vite compris comment réagissent ces fous mais les gags arrivent toujours au moins à nous faire sourire, j'aime le fait qu'il ne soit jamais précisé qu'est-ce qu'est réellement cette famille, d'où viennent-ils, le pourquoi de leur goût pour le sang et la sorcellerie ou s'ils sont vraiment humains. De plus, le casting se déchaîne. Les comédiens sont en roue libre et qu'est-ce qu'ils sont tordants, comme notre éternel idole Christopher Llyod bien sûr mais aussi et surtout Raúl Juliá et Anjelica Huston en couple agité du bocal. La patte bizarroïde s'amusant à caricaturer les milieux jugés normaux a sûrement pioché chez Tim Burton mais c'est pour le meilleur. Une comédie fantastique bien délirante qui accumule les répliques cultes.

    7,5/10
  • Bande-annonce

    L'Homme qui rétrécit (1957)

    The Incredible Shrinking Man

    1 h 21 min. Sortie : . Épouvante-Horreur et science-fiction.

    Film de Jack Arnold avec Grant Williams, Randy Stuart, April Kent

    AVIS:

    L'exemple-type du concept parfaitement exploité. Un sans-faute. Jamais totalement un film d'horreur, L'Homme qui rétrécit ne va à aucun instant là où on s'y attend, change souvent de trajectoire en restant cohérent avec son propos et dépasse toutes les attentes. Dans la première moitié, alors que notre héros cherche désespérément une solution pour arrêter son rapetissement, une seconde idée s'implante dans l'esprit du spectateur qui se demande (et craint) quelle taille le businessman peut-il atteindre si l'effet est infini. La deuxième partie amène un bouleversement, la peur est croissante, le personnage est livré à lui-même, sans aide, sans contact avec l'extérieur, avec uniquement les réflexes et les instincts de survie que l'Homme a depuis l'aube des temps (trouver un abri, de l'eau, de la nourriture, des armes...) Il revient à un stade de la civilisation si éloigné que le sous-sol est le seul espace à "conquérir". Petit à petit, c'en est fini de sa femme, de son frère ou de son ancienne vie. Il démarre un nouveau chapitre (où la mort risque d'arriver vite) avec de nouveaux enjeux et de nouvelles questions. La transition et la narration sont brillantes de fluidité tandis que les effets spéciaux, bluffants de bout en bout, sont au service d'une histoire tragique, forte et poussant à la réflexion.

    9/10
  • Bande-annonce

    Le Triomphe de Babar (1989)

    Babar: The Movie

    1 h 10 min. Sortie : . Animation, aventure, fantastique et comédie musicale.

    Long-métrage d'animation de Alan Bunce avec Gordon Pinsent, Elizabeth Hanna, Lisa Yamanaka

    AVIS:

    La saison 1 de Babar s'achève avec un long-métrage destiné aux salles obscures qui aurait eu bien plus sa place parmi le marché video si la mode du DTV avait commencé plus tôt. Malgré ses 70 minutes, Le Triomphe de Babar ne trompe personne avec son budget télé, son rythme un peu mou du genou et ses scènes étirées comme si l'intrigue ne constituait qu'un long épisode spécial. Pour le peu de souvenirs que je garde de la série, j'ai été plutôt content de découvrir des métaphores auxquelles je ne m'attendais pas alors qu'elles caractérisent l'univers des livres. Le plus parlant étant la dénonciation du colonialisme qui fait l'objet de quelques séquences bien réussies où les rhinocéros pillent et saccagent des villages d'éléphants, les soumettent à l'esclavage et les font travailler sur les chantiers. Les animaux sont de plus déshabillés et muets pendant leur captivité, les adultes sont encore plus concernés par le message que les enfants, c'est une bonne façon de les éduquer et de leur apprendre les phases les plus difficiles de l'Histoire tout en restant dans un dessin animé pour les plus jeunes. J'aurai aimé plus de passages comme ceux-là mais ça reste mignon, coloré et pas désagréable, même musicalement.

    6,5/10
  • L'Honorable Griffin (1967)

    The Adventures of Bullwhip Griffin

    1 h 50 min. Sortie : . Comédie et western.

    Film de James Neilson avec Harry Guardino, Richard Haydn, Hermione Baddeley

    AVIS:

    Une des dernières productions Live-Action supervisées par Walt Disney. L'Honorable Griffin reste fidèle à la recette gagnante de l'enchanteur, n'ayant que le divertissement pour ambition et convoquant des personnalités bien connues du studio. S'il aurait pu être raccourci d'un petit quart d'heure, le film est plaisant et mené par un Roddy McDowall investi. Son rôle de majordome courtois, serviable et malin est ce qui donne de l'intérêt à cette expédition dans le San Francisco naissant, s'imposant comme le guide de deux bostoniens, orphelins de père. Son habileté à prendre en main le voyage et dépasser immédiatement sa fonction de serviteur/conseiller crée un lien d'attachement direct avec le spectateur, il en éclipse les autres acteurs (dommage que Suzanne Pleshette mette une bonne heure avant de revenir dans l'histoire). Mais l'une des plus grosses surprises est l'absurde qui émane des scènes comiques. Au départ, c'est un portrait qui change d'expression selon ce que les personnages pensent de l'homme peint sur le tableau, puis ça finit en un gros cartoon, avec un combat de fin enchaînant les effets spéciaux, les fast-motion et des sauts/coups de poings/mouvements physiquement impossibles. Et le résultat est désopilant à regarder. Un sympathique moment.

    7/10
  • Une étoile est née (1937)

    A Star Is Born

    1 h 51 min. Sortie : . Drame.

    Film de William A. Wellman et Jack Conway avec Janet Gaynor, Fredric March, Adolphe Menjou

    AVIS:

    William A. Wellman nous emporte dans le Hollywood des années 1930's,à travers les yeux d'une débutante tentant sa chance dans le milieu et tombant dans les bras d'une star en chute de popularité. L'histoire est, de nos jours, archi-célèbre et engendrera de nombreuses oeuvres basées sur sa prémisse. Et la puissance de cette analyse du monde du cinéma est toujours présente. Le réalisateur ne passe que quelques minutes sur les plateaux, les séances de répétition et les pauses maquillages, il se focalise sur l'avant et l'après-succès : Comment rendre un nom plus vendeur, la timidité de se regarder jouer sur grand écran, l'influence du bouche-à-oreille et des médias, laisser les exécutifs transformer son image et surtout rester soi-même avec ou sans la gloire. Janet Gaynor est une merveilleuse et angélique actrice émergente, payant le prix du rêve en se mariant à un comédien alcoolique sur le déclin, joué par le très bon Fredric March. Alors que l'une ne se préoccupe que de son amour, l'autre s'enfonce dans une descente aux enfers en se faisant oublier petit à petit. Leur lien amoureux est beau, vrai et émouvant, Wellman prorisant leurs échanges hors des studios. Étayé par une fin très bien écrite, Une Étoile est Née est un classique à voir au moins une fois.

    8,5/10
  • Bande-annonce

    La Mule (2019)

    The Mule

    1 h 56 min. Sortie : . Drame, gangster et thriller.

    Film de Clint Eastwood avec Clint Eastwood, Bradley Cooper, Laurence Fishburne

    Séances de cinéma (2 salles)
    AVIS:

    Clint Eastwood n'a jamais été aussi bon que lorsqu'il se met lui-même en scène. Depuis Impitoyable, chaque bilan de sa carrière a presque systématiquement surpassé le précédent et nous a fait découvrir un autre visage de cette légende vivante. La Mule sonne comme une réponse à son ancien testament dans Gran Torino, Eastwood est physiquement affaibli, est incapable de se défendre, n'a pas d'arme pour se protéger, ne domine plus rien, subit et s'imagine déjà avec un pied dans la tombe. Le cinéaste nous apparaît dans son état le plus vacillant. Dos recroquevillé, voix diminuée, peau toute ridée, marchant péniblement, il s'assume comme un vieil homme proche de la fin, refaçonnant son image et construisant le drame de son script autour d'un passé qu'il ne parvient pas à rattraper. Entre le renouement avec sa famille trop longtemps délaissée, sa difficulté à conserver son métier, les traffics de stupéfiants, les tensions entre les cartels, et la DEA à ses trousses, l'acteur/réalisateur livre une maîtrise totale de ses fils narratifs, insérant des leçons d'humanité parfaitement exécutées et des séquences superbement écrites et jouées mettant la larme à l'oeil plus d'une fois. Il faut que ça soit le dernier tour de piste du titan tant La Mule a tout d'un adieu défintif. Magnifique introspection sur le temps, le regret et la vie.

    9/10
  • Bande-annonce

    Dragons 3 : Le Monde caché (2019)

    How to Train Your Dragon: The Hidden World

    1 h 44 min. Sortie : . Animation, action, aventure, fantasy et jeunesse.

    Long-métrage d'animation de Dean Deblois avec Jay Baruchel, America Ferrera, Gerard Butler

    Séances de cinéma (2 salles)
    Cf. Critique.
  • Bande-annonce

    Bad Taste (1987)

    1 h 31 min. Sortie : . Comédie, Épouvante-horreur et science-fiction.

    Film de Peter Jackson avec Terry Potter, Pete O'Herne, Craig Smith

    AVIS:

    Compte tenu des conditions de tournage et des deniers dont il disposait, Peter Jackson s'est sacrément bien démerdé pour sa première réalisation. Le sous-jeu du casting, la scénographie hésitante et l'aspect rudimentaire sont pardonnés à Bad Taste qui révèle déjà un tourbillon d'idées résidant dans le cerveau de Jackson. Nullement inquiet des limites budgétaires ou de l'acceptation de l'audience face à un style aussi hardcore, le metteur en scène se refuse à laisser ses acteurs se reposer et déplace sa caméra partout comme s'il fuyait à notre place la mini-invasion alien, contrebalançant l'attitude zen qu'adoptent les villageois, bien préparés pour repousser les envahisseurs. Il empile moment mindfuck sur moment mindfuck, touchant à un mélange très bien géré entre comédie noire et survival. Les scènes de poursuite ou d'attaque arrivent, magiquement peut-être, à nous faire ressentir un petit frémissement tout en enchaînant sur du n'importe quoi aussi indécent que drôle (empêcher sa cervelle de partir en ceinturant son crâne, faire cuire des humains pour renouveler le fast-food extra-terrestre), ça pisse le sang de partout, ça canarde à volonté et ça a ose rire sur la douleur des résistants. Et ce n'est qu'un début pour Jackson.

    8/10
  • Les Compagnons de la Nouba (1933)

    Sons of the Desert

    1 h 08 min. Sortie : 1933. Comédie.

    Film de William A. Seiter avec Stan Laurel, Oliver Hardy, Charley Chase

    AVIS:

    Désormais aidés financièrement par Hal Roach, Stan Laurel et Oliver Hardy franchissent une nouvelle étape en se lançant dans des longs-métrages d'à peu près une heure, continuant à rencontrer le succès auprès des critiques et du public. Les Compagnons de la Nouba sera un de leurs premiers essais et, étant pour ma part un ignare complet concernant la carrière du tandem, j'ai découvert avec plaisir la signature de ce fameux duo de choc. Laurel et Hardy font partie de ces stars américaines qui ont su incroyablement bien gérer la transition du muet au parlant sans perdre leurs fans alors que leur pantomime avait fait leur notoriété. Ils n'ont pas voulu le renier et ont décider de mélanger les deux types d'humour, à la fois physiques et verbaux. Et dans le cas présent, cela passe comme crème. La base du script est de toute manière pensée pour que les deux compères aient autant de mal à s'expliquer auprès de leurs bonnes femmes qu'à les fuir. Ses situations très amusantes tirent notamment leur drôlerie de ces compagnes caractérielles à souhait. Quant à leurs maris, leurs numéros font mouche et ne lassent pas, leur dynamique de gros gaffeurs empotés générant des gags sympathiques et originaux, et ce dès l'intro où juste trouver une chaise pour assister à un discours provoque le bordel.

    7,5/10
  • La Reine des Neiges (1957)

    Снежная королева

    1 h 03 min. Sortie : 1957. Animation, fantastique et drame.

    Long-métrage d'animation de Lev Atamanov avec Vladimir Gribkov, Yanina Zhejmo, Anna Komolova

    AVIS:

    Entre les images qui me sont venues en tête lors de la lecture du conte et celles proposées dans ce dessin animé russe, il y a une correspondance quasi-parfaite. Le travail d'adaptation suit fidèlement l'histoire créée par Hans Christian Andersen et n'a pas à rougir devant l'oeuvre d'origine. Son principal défaut est d'être trop court, une quinzaine voire une vingtaine de minutes supplémentaires aurait rendu l'ensemble plus marquant et mieux retranscrit des passages du livre (la capacité de Gerda à parler à des animaux comme à la rivière). Mais tel quel, le film est solide, en grande partie parce que son imagerie est grandiose, profitant d'une esthétique léchée et d'effets visuels somptueux. Le personnage-titre dégage une aura incroyable, se rapprochant de la belle-mère de Blanche-Neige, impassible, grande, glaciale, terrifiante, ses apparitions sont magnifiquement réalisées et dépeignent une souveraine aussi mystérieuse qu'inhumaine, l'antithèse de la jeune fille, incarnant la plus pure innocence qui puisse exister en ce monde. Les rencontres de Gerda respectent l'idée de péripéties indépendantes les unes des autres, les messages du bouquin sont compris et le charme agit après toutes ces années.

    7,5/10
  • Bande-annonce

    Minuscule : La Vallée des fourmis perdues (2014)

    1 h 29 min. Sortie : . Animation et aventure.

    Long-métrage d'animation de Thomas Szabo et Hélène Giraud avec Jean-Paul Guyon et Sarah Cohen-Hadria

    AVIS:

    Dès son ouverture, Minuscule : La Vallée des Fourmis Perdues fait intelligemment le pont entre le monde humain (acteurs en chairs en en os, décors réels) et celui des insectes (animés par ordinateurs) en filmant une petite voiture rouge avançant sur la route (la couleur flashy la fait ressortir de l'environnement) et en nous faisant retenir deux choses du couple la conduisant, l'arrivée d'un bébé et la nourriture qu'ils vont laisser derrière eux. Des thèmes qui importent dans la grande aventure animalière à venir. Sous ses airs de faux documentaire, Minuscule : La Vallée des Fourmis Perdues réinvente la vie de ces petites bêtes qui doivent lutter chaque jour pour leur survie en ajoutant un humour burlesque efficace, autant grâce à l'animation (tout le monde possède des yeux gros comme des billes) que grâce au son (les bruitages lors des vols dignes des avions de chasse ou d'un boucan urbain) et s'approche dans sa dernière partie d'un film de guerre en collectionnant les références au genre mais adaptées à cette nature sauvage (les "antennes" radio, les armées de fourmis, le matériel pour combattre), en plus d'une bonne musique de Hervé Lavandier (très rétro à la John Williams) et de l'heureux choix d'avoir gardé le métrage muet.

    8/10
  • Bande-annonce

    La Mouche 2 (1989)

    The Fly II

    1 h 45 min. Sortie : . Épouvante-Horreur.

    Film de Chris Walas avec Eric Stoltz, Daphne Zuniga, Lee Richardson

    AVIS:

    Parce que Hollywood n'apprendra jamais de ses erreurs, voilà qu'ils refont une suite à la Mouche, le remake cette fois. Je reconnaîtrais tout de même que ça ne démarre pas si mal que ça. Disons que ce n'est pas terrible mais il y a l'air d'y avoir des pistes un minimum intriguantes. Le souci c'est que pour exister, le film doit utiliser comme base le fils de Jeff Goldblum atteint génétiquement tout comme son père. Et comme on ne peut pas faire un saut de 20 ou 30 ans pour commencer l'histoire, on lui invente un effet secondaire, une croissance physique et intellectuelle qui accélère le processus. Rien que ça, ça aurait pu avoir son propre film. Mais non, on y lie La Mouche et on y mêle une double-maladie qui donne un produit hybride (ironie?). On se dépêche de faire grandir le gamin, de le faire réparer les télépodes, d'avoir une romance ou de le mettre au courant de son passé tout ça pour qu'au final, cela se conclue sur une bête répétition du premier volet (en moins tragique) avec des méchants dignes des pires nanars et un monstre qui ne ressemble à rien (alors que la partie maquillage tient plutôt la route en général). Une scène est à sauver néanmoins, celle du chien informe. Parce qu'un chien qui souffre, c'est la larme assurée.

    3/10