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Lectures (2017)

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93 livres

par Clément M

Plusieurs chantiers de lecture se sont ouverts ces dernières années : mes préférences vont aux poésies du XXème et du XXIème siècles ; mais je lis beaucoup de littérature française classique, car 2017 sera entre autres consacré à la préparation de l'agrégation ; j'aime pourtant surtout m'ouvrir l'esprit en allant vers la littérature mondiale, dont beaucoup de chefs-d’œuvre me restent à lire ; et je ne veux pas perdre de vue la littérature contemporaine. Les lectures de 2017 risquent donc d'être bigarrées ; mais c'est une habitude, assez plaisante.

2014 : https://www.senscritique.com/liste/Journal_de_lecture_2014/365478
2015 : https://www.senscritique.com/liste/Journal_de_lecture_2015/719931
2016 : https://www.senscritique.com/liste/Lectures_2016/1158470

2018 : https://www.senscritique.com/liste/Journal_de_lecture_2018/1985371
2019 : https://www.senscritique.com/liste/Journal_de_lecture_2019/2300919

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  • Tes pieds je les touche dans l'ombre (2016)

    Sortie : .

    Livre de Pablo Neruda

    Rien de mieux que commencer l'année avec un de ses poètes préférés ; l'année dernière c'était Blok, cette année Neruda.
    Ce recueil de "poèmes retrouvés", non publiés donc par Neruda lui-même, donne une bonne idée de la créativité du poète. On y retrouve ses thèmes centraux : l'amour, l'érotisme, le Chili, la nature, la lutte ; ses métaphores : le pain, le feu, le soleil ; et différents types de vers. Ce pourrait être un bon recueil pour entrer dans son œuvre ; c'est surtout un bon livre à emporter avec soi, pour se détendre ou pour y puiser de l'énergie.
  • Éloge de l'amour (2009)

    Sortie : 2009. Essai et philosophie.

    Livre de Alain Badiou et Nicolas Truong

    Mes amis qui "s'y connaissent" m'encouragent à lire "Être et évènement", qui paraît-il est le chef-d’œuvre d'Alain Badiou. Malheureusement je n'ai plus le temps que de lire dans le métro ou le bus (et encore), alors je vais plutôt vers des opuscules plus simples, que je peux lire comme ça, à la va-vite.
    Celui-ci est sympathique. Le thème de l'amour m'est assez cher, ce pour quoi je me suis tourné vers ce texte. Badiou recentre la question de l'amour autour de la durée et de la différence, ce en quoi il permet de sortir des clichés innombrables sur la rencontre, le coup de foudre ou non, la séduction, le "triomphe de l'amour" sur les forces qui empêcheraient le mariage d'amour (notamment dans le théâtre, que Badiou évoque un moment). Il y a évidemment des considérations politiques, dont toutes ne sont pas très intéressantes, mais bon, c'est aussi pour cela qu'on lit Badiou.
    Par ailleurs, je ne suis pas convaincu que l'amour soit "menacé". Cela fait vendre, évidemment. Comme ceux qui annoncent à tort et à travers que, si on ne fait rien, la philosophie va mourir, la poésie va mourir, la politique va mourir, tout va mourir, - à croire que même la mort finira par mourir. Mais l'amour n'a pas besoin qu'on le défende ; il se défend très bien tout seul (comme la poésie, la philosophie, etc). Tant que demeure le hasard des rencontres, c'est-à-dire tant qu'il y a aura de la vie, l'amour sera libre.
  • Après la démocratie (2008)

    Sortie : 2008. Essai.

    Livre de Emmanuel Todd

    Relire à froid les livres écrits à chaud est un exercice formateur. Le constat politique d'Emmanuel Todd part de l'élection de Nicolas Sarkozy, signe de l'avènement explicite, voire revendiqué, d'une médiocrité crasse au sommet de l'Etat. Todd s'oppose pourtant aux thèses "déclinistes", comme on dit désormais (il parle, lui, de "pessimisme culturel"). Quand on relit cela à l'aune de la Présidence (ou non-Présidence, comme on voudra) de François Hollande, beaucoup de choses s'éclairent. Todd faisant des projections, il laisse évidemment place à l'erreur : par exemple, il est dans la période où l'on croyait le FN mort ou moribond, et le laisse donc pour mort ; mais il était difficile de prévoir la "dédiabolisation", qui fut un coup de génie médiatique. Par contre, il a eu d'excellentes intuitions concernant l'échec des marchés financiers (il ne dit pas explicitement qu'il va y avoir une crise, mais ce livre en prévoyait la possibilité, bien que la considérant plus profonde et donc moins visible médiatiquement), et note aussi le conformisme des élites du PS, qui donnerait une Présidence PS encore plus libre-échangiste et libéralement dogmatique que la Présidence Sarkozy ; ce fut vérifié avec François Hollande et sa bande.
    Ce qui m'a gêné dans ce livre, c'est plutôt le flottement disciplinaire. Je n'ai rien contre les "critiques de la culture", qui se baladent entre les disciplines sans se revendiquer d'une seule, mais encore faudrait-il utiliser ces disciplines rigoureusement, ou alors, quitte à les traiter avec légèreté, faire émerger des pensées profondes. Pour ce que je maîtrise à peu près, je dois dire que l'utilisation de la philosophie par Emmanuel Todd est très maigre ; les passages sur le "vide métaphysique" sont assez banals, celui sur Carl Schmidt également. De même en sociologie : il compile des travaux d'autres chercheurs pour tenir un propos politique, sans faire d'analyse rigoureuse, ce que j'appellerais "la méthode Onfray".
    Donc, c'était un livre intéressant, sans pour autant donner des perspectives riches d'interprétation ou de création. J'avoue que je suis resté sur ma faim.
  • La Vie immediate (1967)

    Sortie : avril 1967. Poésie.

    Livre de Paul Eluard

    Eluard a toujours fait partie de mes poètes préférés. J'y reviens d'autant plus qu'il est souvent cité hors contexte, soit par des citations qui en deviennent niaises (suivez mon regard : elles sont accompagnée des photos de mouette sur Twitter), soit comme exemple de poète débilement engagé, qu'on réduit à l'Ode à Staline.
    Ce qu'on reproche en fait à Eluard, c'est ses imitateurs : les gens qui se croient profonds en balançant une suite d'images absconses, du genre : j'ai mis trois oxymores et ça fait un poème. Mais Eluard est bien loin de cela, bien plus complexe. Les images ne sont pas alignées, elles jaillissent ; sa figure de prédilection n'est pas du tout l'accumulation. Son but est de faire jaillir des images nouvelles ; et si tout ne nous plaît plus aujourd'hui, on pourra toujours lui dire merci d'avoir écrit, merci d'avoir libéré notre imaginaire.
    Cela se complexifie dans la poésie amoureuse : le poème n'est pas, ou pas seulement, louange ou complainte ; l'amour est un lieu d'expérience de libération, rendue par la poésie. Ce qui surprend, peut-être énerve, c'est que la poésie ne sert pas pour Eluard à approcher l'amour et la femme ; la poésie se sert de l'amour pour entrer dans de nouvelles sphères de l'imagination.
    Je place "La Vie immédiate" à côté de "Poésie ininterrompue" pour ses meilleurs recueils.
  • L'imaginaire des langues (2010)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Edouard Glissant

    J'explique plus haut pourquoi je lis surtout des livres courts et pas trop arides. Celui-ci est apparu sous mes yeux en bibliothèque, alors je l'ai pris par curiosité. Mais il m'a tout de suite donner envie de replonger dans les textes les plus complexes de Glissant, dont je connaissais un peu la poésie et "Philosophie de la Relation" (auquel, autrefois, je n'avais rien compris).
    Edouard Glissant est ici limpide. Créolisation, créolisme, Tout-monde, chaos-monde, multilinguisme, etc., tout est expliqué simplement et puissamment ; d'autant plus que ce sont des entretiens de récapitulation, qui arrivent à la fin de la vie de Glissant. Je le conseille pour entrer dans son oeuvre ; ce qui est sûr, c'est que je reviendrai à Glissant.
  • Soleil de la conscience (1997)

    Sortie : .

    Livre de Edouard Glissant

    J'entre donc dans "le dur" de l’œuvre de Glissant. Ce texte m'a d'abord fait réfléchir en termes d'histoire littéraire et de la pensée (on ne se refait pas) : Glissant développe sur "le lieu" une pensée assez proche de celle de Bonnefoy, bien qu'avec des nuances ; je me suis demandé s'ils avaient été en contact, car je n'en ai pour l'instant pas connaissance. Par ailleurs, Glissant développe une pensée de la multiplicité et de la différence qui a de nombreux points communs avec celle de Deleuze, sauf que la première édition de "Soleil de la conscience" date de 1954, avant les premiers textes de Deleuze ; je me demande donc si Deleuze n'a pas pu, et dans quelle mesure, être inspiré par Glissant, bien qu'à ma connaissance il ne le cite pas (ou alors je l'ai loupé, ce qui est probable).
    J'aime beaucoup le côté fragmentaire et dégenré : on passe du fragment autobiographique au poème, puis au récit de voyage, puis à la méditation, le tout avec douceur malgré l'obscurité de certains textes. Il ne s'agit pas de "tout comprendre" (pour cela il faudra de nombreuses relectures) mais de se laisser porter par les idées, les images, les expressions. Glissant entame là une oeuvre majeure, entre la poésie, la philosophie et l'autobiographique ; et quelques textes sont évidemment magnifiques, notamment ceux sur Paris.
  • De la bêtise (1937)

    Über die Dummheit. Vortrag.

    Sortie : 1937. Essai.

    Livre de Robert Musil

    Texte fondateur, et nécessaire. Un de ces petits feuillets qui font plaisir et égaient le cerveau. Musil montre que la bêtise n'est pas seulement ignorance ou incapacité. Le problème de la bêtise, c'est qu'elle recouvre des réalités multiples, souvent vagues et de ce fait tentaculaires. Mais peut-être, alors, aurait-il fallu trouver un autre concept pour parler de la bêtise. C'est ici qu'on regrette que Musil ne soit pas plus philosophe.
  • La terre vaine et autres poèmes (1922)

    Sortie : 1922. Poésie.

    Livre de T.S. Eliot

    "The Waste Land" fait partie des plus grands chefs-d’œuvre de la littérature mondiale. T.S. Eliot est pour moi la réponse parfaite aux facilités du surréalisme, mouvement que j'admire énormément dans son commencement, sa force jaillissante, mais qui ensuite a pu engendrer ce qu'on voit chez nos mauvais poètes contemporaines : la débauche d'images insensées et puériles, l'idée qu'une figure de style qui claque suffit à faire un poème. T.S. Eliot est dans la plurivocalité, l'insensé, mais il le fait en juxtaposant des images puissantes et dirigées, en menant une traversée des civilisations mondiales, pourtant sans aucune emphase, ce qui est prodigieux. Il procède à une déconstruction complète, et pourtant cela reste magnifique. Il va et vient de l'abstrait au concret, sans jamais se perdre trop dans l'un ou dans l'autre. Quand les surréalistes s'en vont loin, lui ne se sert des images que pour mieux revenir et, peut-être, s'élever.
  • Traité du rebelle, ou le recours aux forêts (1951)

    Sortie : 1951. Essai.

    Livre de Ernst Jünger

    Ernst Jünger n'est pas un auteur facile à aborder. Acteur de la révolution conservatrice sous Weimar, puis membre de l'administration d'occupation pendant la Seconde Guerre Mondiale, et finalement anarchisant après-guerre ? Sa biographie ne fait que poser des questions et n'offre aucune réponse, alors laissons-la de côté.
    Le problème des écrits d'intellectuels, c'est qu'ils vieillissent vite. Le "Traité du rebelle" en fait partie ; il est écrit par rapport au totalitarisme communiste, qui sévit alors en URSS et se répand en Allemagne de l'Est, au moment même où Jünger souhaiterait voir l'Allemagne se relever. Mais, comme Jünger choisit de rester silencieux, ou sibyllin, sur la question du nazisme, il ne peut avoir de perspective globale. Le problème redevient biographique : il n'a pas été un véritable rebelle contre le nazisme (bien qu'il n'ait pas été nazi), donc il ne peut en parler dans son livre, et cette dimension manque cruellement.
    Les réflexions pseudo-théologiques me laissent de marbre. Citer Nietzsche pour ensuite louer le retour du religieux me laisse songeur. Je ne sais quoi penser de ce livre, en fait ; s'il ne m'a pas transcender, il m'a au moins fait penser.
  • L'amour fou (1937)

    Sortie : 1937. Récit.

    Livre de André Breton

    Parmi les plus beaux livres écrits sur l'amour. Un amour positif, car il ne s'agit pas d'un amour non réciproque ou empêché par les circonstances, comme dans 99% de la littérature amoureuse, mais jamais niais, ne revendiquant jamais la simplicité. C'est un tour de force qu'on rêverait de voir imité et développé.
    La prose d'André Breton demeure parmi les plus puissantes du XXème siècle. Sa densité lui fait atteindre des sommets de profondeur.
  • Blues pour un chat noir

    Recueil de nouvelles.

    Livre de Boris Vian

    Boris Vian est loin d'être un de mes auteurs préférés. "Blues pour un chat noir" est néanmoins une excellente nouvelle, parmi les meilleures du genre. Les autres présentes dans ce recueil sont cependant très oubliables.
  • Un coup de dés jamais n'abolira le hasard (1914)

    Sortie : 1914. Poésie.

    Livre de Stéphane Mallarmé

    On y revient toujours. Michel Murat parle propos de cet opus d'un "recommencement de la poésie". Difficile d'éplucher toutes les conséquences de ce texte, dont la poésie contemporaine est imbibée, dans ses forces comme dans ses faiblesses (de même que je reproche à l'art contemporain de ne faire que répéter l'acte de Duchamp plutôt que de créer du nouveau, je reproche à une grande frange de la poésie contemporaine de répéter le geste de Mallarmé plutôt que de créer du nouveau).
    Relisez-le, faîtes des phrases avec les morceaux de vers, puis laisser-vous surprendre à nouveau par les coupures et la typographie.
    Le propos qui se dégage n'est finalement pas si différent de celui des autres poèmes de Mallarmé. Simplement, ici, sa force atteint une dimension surhumaine, comme si la poésie nous portait dans une autre dimension.
    On ne s'en lasse pas.
  • La Leçon de musique (1998)

    Sortie : novembre 1998. Essai.

    Livre de Pascal Quignard

    Jamais déçu par cet auteur qui fait partie des géants de notre époque.
  • L'Écume des jours (1947)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Boris Vian

    Jamais réussi à lire ce livre en entier. Jamais compris pourquoi il est si culte.
  • Les Poèmes de Fresnes

    Poésie.

    Livre de Robert Brasillach

    Une vraie claque. Magnifique réussite. Dérangeant parce que ce n'est pas de la poésie engagée, simplement de la poésie de la captivité.
  • Lorenzaccio (1834)

    Sortie : 1834. Théâtre.

    Livre de Alfred de Musset

    Musset ne fait pas partie de mes auteurs préférés. Cette pièce est bonne, parce que l'histoire est magnifique ; ce qui n'est pas de Musset est donc magnifique. Le traitement qu'il en fait est correct, mais on est loin de ce qu'auraient pu en faire les plus grands dramaturges, les Shakespeare, les Calderon, les Goethe ou les Schiller.
  • Deux ans de vacances (1888)

    Sortie : 1888. Roman.

    Livre de Jules Verne

    Lu pour un cours particulier (l'élève, un collégien, travaillait dessus).
    Le début est appréciable. Verne a le sens du récit, et son côté poussière de la Troisième République, avec cette débauche d'imparfaits du subjonctif, donnait une sympathique touche de style ancien.
    Le difficilement supportable vient de cette "science heureuse", que j'ai critiqué par ailleurs dans ma critique de cycle de Fondation d'Isaac Asimov. Comme chez Asimov, c'est assez grotesque : tous les enfants, de huit à quatorze ans, sont déjà des botanistes, des chasseurs et des ingénieurs. Chaque problème trouve une solution facile. Le versant positif serait qu'on puisse lire ce livre comme un aimable fantasme de pré-adolescents : la solitude et la réussite totale de l'adaptation dans la nature. Mais à vrai dire la langue est bien trop difficile pour un pré-adolescent d'aujourd'hui (la débauche de subjonctifs et de termes techniques), donc cette lecture contemporaine paraît difficile.
    Par ailleurs la psychologie est nulle, ainsi que la tension sans intérêt entre Briand et Doniphan. Pour ce qui est de l'intertextualité avec "Robinson Crusoé", ce récit est minable par rapport au "Vendredi ou la vie sauvage" de Michel Tournier. A éviter, donc, pour petits et grands.
  • Méditations poétiques et nouvelles méditations poétiques (1820)

    Sortie : 1820. Poésie.

    Livre de Alphonse De Lamartine

    On oublie parfois la révolution que fut la sortie, en 1819, des "Méditations poétiques". C'est une nouvelle poésie qui apparaît, et tous les grands poètes du XIXème siècle viennent de là. Il serait intéressant, par exemple, de noter tous les emprunts que Baudelaire a faits à Lamartine ; je n'ai pas arrêté d'en croiser. La grande différence étant que Baudelaire est un poète urbain, alors que Lamartine se raccroche sans cesse à la nature. La poésie nouvelle, mère de celle d'aujourd'hui, étant une poésie urbaine, nous voyons dans les élans bucoliques de Lamartine un signe de poussière ; déjà Verlaine était sarcastique envers lui. Mais, en réalité, cela a beaucoup vieilli que l'a-lyrisme de Vigny ou les épanchements de Musset.
  • Collines et autres poèmes (1962)

    Sortie : 1962. Poésie.

    Livre de Joseph Brodsky

    De la poésie russe, je connais surtout le début du XXème siècle, essentiellement Alexandre Blok, Marina Tsetaeva et Anna Akhmatova. Cela faisait longtemps que je voulais lire Brodsky. Ce ne fut pas une déception, plutôt une révélations. Sa poésie métaphysique atteint la grâce et la profondeur. Pourquoi ? Justement parce qu'elle ne se montre pas tout de suite comme une poésie métaphysique. On commence par la rue, par le tramway, par un visage ; les objets sont concrets, précis, fouillés. C'est indistinctement, paisiblement et avec virtuosité qu'on passe à la méditation ; méditation jamais réflexive, donc jamais lourde. On est loin d'un Bonnefoy qui, au premier quatrain d'un poème, parle directement de la lutte entre "Vérité de parole et vérité de vent". Très grand.
  • De la poésie

    Essai.

    Livre de Ossip Mandelstam

    Excellent pour entrer dans les débats poétiques russes des années 20. D'autant plus que toutes les théories françaises des années 60-70 sortent de là ; sauf que, chez Mandelstam, on ne se dirige pas vers la théorie mais toujours vers la pratique poétique.
    A vrai dire, ce texte est essentiel pour quiconque porte de l'intérêt à la poésie.
  • Tristia (1994)

    Tristia et autres poèmes

    Sortie : mars 1994. Poésie.

    Livre de Ossip Mandelstam

    Ce recueil montre 4 périodes distinctes chez Mandelstam :
    1/ La jeunesse (1911-1915)
    2/ La période antiquisante (1915-1921)
    3/ La méditation sur le siècle (1921-1930)
    4/ Le désespoir du poète censuré (1930-1936).
    Même s'il y a de bons poèmes dans les deux premières périodes, je préfère largement les deux suivantes.
  • L'Héritage de l'Europe (2003)

    Sortie : 2003. Essai.

    Livre de Hans-Georg Gadamer

    Bonne lecture pour entrer dans l'oeuvre de Gadamer. Cela intéressera aussi ceux qui cherchent des réflexions poussées sur la contemporanéité.
    J'ai par ailleurs découvert que mon prof de philo de khâgne avait piqué la majeure partie de ses "grandes idées" dans ce livre ; du coup j'étais rassuré d'y retrouver des choses que je savais, mais n'a pas appris grand-chose.
  • Papiers froissés dans l'impatience (1993)

    Sortie : 1993. Essai.

    Livre de Jean-Michel Maulpoix

    Jean-Michel Maulpoix fait partie des poètes et intellectuels attachants de cette époque. Non pas qu'il y ait, dans ce volume, de quoi nous ouvrir des horizons infinis ; mais la réflexion est fine, presque tendre, en tout cas sereine même dans l'intranquillité. Il cède parfois aux métaphores faciles et aux mystères devenus clichés (le "silence" qui serait le centre de la poésie ... j'ai dû lire -et écrire- ça 500 fois), mais ce n'est jamais foncièrement désagréable.
  • Les allures naturelles (1991)

    Sortie : octobre 1991. Poésie.

    Livre de Pierre Alféri

    Les recueils de poésie contemporaine sont rarement tendres avec le lecteur ; "Les allures naturelles" ne déroge pas à la règle : Pierre Alféri est dans la vague objectiviste, nous ne verrons pas un "je" affleurer sur la page, nous serons souvent face à des énigmes, des vers bruts qui ne prétendent pas à la beauté mais à autre chose, un sens plus profond que celui de la grammaire. Parfois, le sens revient en pleine face, comme avec ce poème sur l'humidificateur d'eau (II,2), l'objet devenant une métaphore du recueil poétique "qui ne fait aucun bruit". Alféri ne nous montrera jamais de virtuosité, n'est pas non plus un "poète du langage". Il est quelque part dans ces années grises, et murmure dans le silence.
  • Lady L. (1963)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Romain Gary (Émile Ajar)

    Excellent roman. Parmi les plus grands romans sur le nihilisme ; très différent de ceux de Dostoïevski, car le nihilisme décrit par Gary/Ajar n'est pas un état intellectuel fin-de-siècle, mais le support d'une doctrine terroriste d'inspiration anarchiste. Gary n'est tendre avec personne : les anarchistes comme les nobles prennent cher et sont ramenés au même dénominateur commun. Le personnage principal, très fouillé, est attachant ; l'ironie est parfois pure, parfois cruelle, mais on ne s'ennuie jamais. La fin est très réussie.
  • Boule de suif (1880)

    Sortie : . Recueil de nouvelles.

    Livre de Guy de Maupassant

    Je me remets aux classiques, atterré par mes propres lacunes alors même que je me prépare mentalement à préparer l'agrégation (le programme devrait sortir début avril).
    Maupassant est un auteur qui m'a toujours passablement ennuyé. C'est évidemment injuste ; cela vient de tous ces débuts d'année de collège passées sur "Le Horla" et d'autres de ses nouvelles ; Maupassant était pour moi l'auteur scolaire par excellence, si bien que je n'ai pas lu le moindre de ses textes depuis la Seconde.
    Ici c'est l'ironie mordante qui marque. Le tableau social est évidemment puissant ; c'est un tableau, en réalité, de toute la société en 1870 ; arriver à le faire en quelques pages relève d'une belle prouesse, ce pour quoi cette nouvelle est si célèbre. Maupassant s'inscrit ici dans une certaine lecture du naturalisme, dans une forme ciselée et où tout semble nécessaire. Une très bonne nouvelle, donc.
  • Le Ravissement de Lol V. Stein (1964)

    Sortie : 1964. Roman.

    Livre de Marguerite Duras

    Duras est loin de faire partie de mes auteurs préférés. Ce roman-ci est bon, peut-être aussi bon que "L'Amant", que j'avais bien aimé ; cependant trop long, trop répétitif ; le fait que la répétition soit voulue et fasse partie de la célébrité de ce livre ne change rien pour moi. Quant au jeu sur les noms, il ne m'a semblé mener nulle part. L'idée de ne pas décrire la folie mais de toujours la laisser percevoir est intéressante, mais finalement pas si bien travaillée. Duras laisse toujours percevoir des horizons puis les referme immédiatement ; c'est voulu, je le sais ; ça ne me plaît pas, voilà tout.
  • Le Chef-d'œuvre inconnu (1831)

    Sortie : 1831. Recueil de nouvelles.

    Livre de Honoré de Balzac

    On oublie souvent que Balzac a d'abord été un maître de la nouvelle. Certaines, mêmes, diraient qu'il a plus excellé dans le genre court que dans les romans (cf. "Sarrasine", "Adieu", "La Maison du Chat qui Pelote" ...).
    Ici, on trouve une des réflexions sur l'art les plus profondes, l'essentiel, ce qui importe le plus, dans une forme concise à l'extrême, phénoménal.
  • Thérèse Desqueyroux (1927)

    Sortie : 1927. Roman.

    Livre de François Mauriac

    Certains de mes élèves de cours particuliers, en Première, avaient des extraits de ce livre ; ne l'ayant jamais lu, le considérant à peine comme un classique tant j'en avais peu entendu parler, j'ai été surpris par la grande beauté des textes étudiés ; alors je l'ai lu.
    Ce fut une belle lecture. Mauriac paraît être le pont entre Flaubert et Camus. Il reprend beaucoup d'éléments de "Madame Bovary", mais dans une prose beaucoup plus impressionniste (voir, par exemple, l'évocation sensitive de la nature dans les premières pages, puis développées tout au long du livre ; cela rappelle évidemment le passage du meurtre de l'Arabe dans "L’Étranger" de Camus). Livre en réalité indispensable.
  • Merlin (1199)

    Sortie : 1199. Roman.

    Livre de Robert De Boron

    Beaucoup de textes du Moyen-âge, comme celui-ci (premier roman en prose de notre littérature), gardent une fraîcheur joyeuse qui donne envie de lire et de rêver.