Les meilleurs films pornographiques

Avatar Fritz_the_Cat Liste de

26 films

par Fritz_the_Cat

Vu que SC ne lancera jamais le sondage officiel, il est temps. Comme son titre l'indique, liste réservée aux grandes personnes, si tel n'est pas ton cas fuis ces lieux - faute de pouvoir filtrer l'accès, j'veux pas d'ennuis avec tes parents.

C'est toujours difficile de déterminer ce qui entre dans ce champ mais ici, pas de X lambda, de liens vers des vidéos YP ou que sais-je, il s'agit uniquement de répertorier/faire découvrir les films pornos qui, s'ils sont en majorité pensés pour exciter le public aussi sûrement qu'une comédie est faite pour se marrer, ont néanmoins des arguments qui vont au-delà de ça. Ce n'est pas forcément mieux ou moins bien, d'ailleurs je déteste les films qui s'inscrivent dans un genre pour le regarder de haut, prétendent être seuls à en faire de l'art. Reste qu'une fois confié à des personnes ambitieuses, le porno peut vraiment entraîner dans une autre dimension...

Listons donc, par ordre de préférence.

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  • 1

    Derrière la porte verte (1972)

    Behind the Green Door

    1 h 15 min. Sortie : août 1972. Drame.

    Film de Artie James et Jim Mitchell avec Marilyn Chambers, George S. McDonald et Johnnie Keyes

    Une jeune femme kidnappée, un cabaret, un spectacle hautement sexué, un parterre de spectateurs portant masques et habits de soirée, et une porte verte au fond de la scène, promesse de mille ébats surréalistes - d'ailleurs annoncés par une mime au visage diaphane. Puis un partenaire, deux, trois, dix, une caméra qui s'en va soudain cadrer l'orgie depuis le plafond pour composer de véritables toiles de Bosch libidineuses, et enfin, un orgasme dont le traitement warholien explose tranquillement le rythme régulier imposé jusque là. L'un des exemples les plus fascinants du porno 70's, doublé d'un huis clos unique.
  • 2
    Bande-annonce

    Love (2015)

    2 h 15 min. Sortie : . Drame.

    Film de Gaspar Noé avec Karl Glusman, Klara Kristin, Aomi Muyock

    Gaspar Noé, l'homme qui passe sa vie à diviser les cinéphiles. C'est quand même incroyable que suite à l'intervention des abrutis de Promouvoir, ce Noé-là, le seul où il n'y a ni violence, ni traumatisme, ni sous-entendu incestueux, ni rapports sexuels non consentis, soit AUSSI le seul à s'être vu interdit aux moins de 18 ans !

    Le monde à l'envers, mais peu importe. Love n'est, vis-à-vis des codes du genre, pas un film porno, au sens où il ne se sert pas de son script comme support à fantasmes. Ce genre de chose, Noé l'a déjà fait dans des clips, voire dans des courts. Love, comme son titre l'indique, est une histoire d'amour comme on en croise mille par an, à ceci près que Noé filme...tout.

    Sexe et sentiments, monologues intérieurs et crises de colère infernales, gestes fuyants et caresses infinies. Ca rit, ça se dispute, ça jouit, ça cède à la colère, ça s'aime, ça prend le temps de s'aimer et de se faire du bien (vertigineuse séquence que cette première partie à trois sur fond de Maggot Brain) et Noé emballe ça avec un savoir faire technique étourdissant.

    Au passage, l'une des plus étonnantes et stimulantes 3D que j'ai jamais vu. Tout ça pour une love story qui aurait pu ressembler à un téléfilm entre les mains d'un faiseur quelconque.

    "Show me...how tender you can be."
  • 3

    Nightdreams (1981)

    Sortie : 1981. Expérimental/essai.

    Film de Francis Delia avec Dorothy LeMay, Loni Sanders et Ken Starbuck

    Mazette, on frôle le chef-d'oeuvre ! Avec une idée toute simple (un couple de scientifiques observe le comportement d'une jeune femme nymphomane et enregistre ses rêves successifs), Sayadian enchaîne sans souffler les scènes folles : délire satanique, giallo déguisé, et surtout, une hilarante scène musicale avec deux types déguisés en paquet de crème et en tranche de pain grillé ! Un sacré rollorcaster, fou comme seul le X peut l'être.
  • 4

    La chatte à deux têtes (2002)

    1 h 27 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Jacques Nolot avec Olivier Torres, Lionel Goldstein, Frederic Longbois

    Finalement peu d'images porno dans cet opus signé et joué par l'excellent Jacques Nolot (le client fidèle de Julie dans L'Apollonide : souvenirs de la maison close, c'était lui), mais le portrait d'un lieu où on se sent vite chez soi malgré ou à cause d'une ambiance faite de misère sexuelle, de tendresse non feinte et de discussion entre deux séances. Loin du discours méta sur le X qu'on pourrait craindre, La Chatte à deux têtes incarne au contraire un excellent regard sur les clients du film pornographique. Sujet qui, en soi, est finalement assez rare.
  • 5

    Cafe Flesh (1982)

    Café Flesh

    1 h 20 min. Sortie : 1982. Drame, science fiction et expérimental/essai.

    Film de Stephen Sayadian avec Andy Nichols (1), Paul McGibboney, Michelle Bauer

    Un hallucinant film de SF sous X. Dans un futur dévasté, des humains épris de désir mais incapables de rapports sexuels se rendent au Cafe Flesh, drôle de cabaret où ils assistent à des ébats surréalistes pour tromper leur quotidien morose.

    Exemple rare de porno dont le moteur est la frustration, Cafe Flesh se paye une direction artistique assez impressionnante (couleurs bariolées, contrastes tranchants) et des costumes ad hoc (homme-crayon, rat bipède, dactylo dénudée...).Contenu en un ralenti décisif, la thématique centrale touche à une solitude absolue qui fait jeu égal avec l'inventivité des scènes lubriques. Un vrai petit coup de génie, fou et unique.
  • 6
    Bande-annonce

    L'Enfer pour Miss Jones (1973)

    The Devil in Miss Jones

    1 h 14 min.

    Film de Gerard Damiano avec Georgina Spelvin

    Damiano, soit l'un des auteurs les plus connus du genre, signait ici un opus assez génial. Durant la scène d'ouverture, alors que le public attend de voir l'héroïne dénudée croiser un(e) partenaire de jeu, nous la voyons s'allonger dans sa baignoire pour s'ouvrir les veines. Glaçant et surprenant, cet incipit mène la suicidée directement en enfer où, regrettant de n'avoir pas profité des plaisirs terrestres, elle supplie de retourner sur Terre.

    Le "vrai" début du film, enchaînement non-stop de scènes de sexe forcément non simulées où miss Jones, en quête d'absolu, multiplie les partenaires et les fantasmes tout en sachant que sa quête de plaisir la mènera au néant. L'occasion pour Damiano de signer une scène finale incroyable, pleine d'une solitude qui nous ramène brutalement aux prémisses du récit.
  • 7

    L'Essayeuse (1976)

    Sortie : . Romance.

    Film de Serge Korber avec Alain Saury, Isabelle Bourjac, Emmanuelle Parèze

    L'Essayeuse fut condamné à être brûlé par la justice française, chose qui ne s'était jamais vue depuis l'Occupation. L'histoire de ce film est une mine d'anecdotes, et le film lui-même, s'il prête à sourire (je l'avais vu en salle à la cinémathèque lors d'un cycle "Films interdits", et les gens se marraient bien) n'est pas innocent.

    Le point de départ en vaut un autre : une vendeuse qui passe plus de temps à essayer les clients que ces derniers n'en passent à essayer les vêtements, est enlevée par une riche bourgeoise vers sa maison de campagne. Elles plongeront toutes deux dans une drôle de quête de sensations où se croisent ébats hétéro, hammam gay, parties à deux, trois et plus, jusqu'à un regard final pas loin d'évoquer celui de Devil in Miss Jones. A la fois très fun à suivre et traversé d'une douce mélancolie, une vraie curiosité.
  • 8

    Crime à froid (1974)

    Thriller - En grym film

    1 h 44 min. Sortie : . Drame, thriller et epouvante-horreur.

    Film de Bo Arne Vibenius avec Heinz Hopf et Christina Lindberg

    Un cas particulier : il ne s'agit pas d'un X mais d'un rape and revenge au départ sans images interdites aux mineurs. Il s'est plus tard vu affublé d'un second montage comportant des inserts pornographiques. Le but était sans doute plus commercial qu'autre chose, reste que c'est l'une des utilisations les plus tranchantes et efficaces que j'ai vues du genre. Sans ces quelques plans, probable que Crime à froid perdrait un peu de son pouvoir dérangeant, malgré l'interprétation phénoménale de Christina Lindberg.
  • 9

    We Fuck Alone (2007)

    23 min. Sortie : .

    Court-métrage de Gaspar Noé

    Déjà évoqué via l'anthologie Destricted mais vu que c'est l'un des meilleurs courts disponibles, autant le mettre en tête de gondole.

    Dispositif simple et idéal pour Noé : un garçon et une fille, deux inconnus chacun isolé dans leur chambre, se masturbent sous la couette en regardant simultanément le même film X - en fait une scène avec Katsuni tournée par Noé pour l'occasion.

    Pour qui est allergique au père Gaspar, We Fuck Alone synthétise assez bien son style. Du sexe et des lumières aux couleurs vives, un plaisir évident à filmer des corps en extase mais, encore et toujours, cette pointe de solitude qui, ici, s'invite jusque dans le titre.

    Passant d'une pièce à l'autre, la caméra surplombe les comédiens, épouse leurs mouvements, et la technique est aussi visible que la mise en scène est douce. Pervers virtuose qui nous laisse rarement tranquille lorsqu'il s'agit de sexe (tout Enter the Void est capté du point de vue d'un mort, le montage inversé d'Irréverible ne fait intervenir la douceur du couple que dans le dernier tiers, etc), Noé s'attarde ici sur un gros nounours en peluche, histoire de nous faire entrer une bonne fois dans l'intimité du protagoniste et de son appartement, où un objet très innocent est détourné par les envies du moment, en plus de simuler une présence physique désespérément lointaine.

    Techniquement impeccable et travaillé par un vide affectif non feint, un très joli court-métrage pour qui accepte les expériences exclusivement sensitives.
  • 10

    Good Boys Use Condoms (1998)

    6 min.

    Court-métrage de Lucile Hadzihalilovic

    En 1998, Marc Caro, Cédric Klapisch, Jacques Audiard, Lucile Hadzihalilovic et Gaspar Noé sont invités à réaliser des spots préventifs sur les rapports non protégés, chacun se voyant attribuer une pratique sexuelle.

    La réalisatrice du troublant et impressionniste Innocence a la charge de mettre en scène un plan à trois, en rappelant l'importance de changer de préservatif lorsque monsieur passe d'une partenaire à l'autre. Sans vulgarité aucune, Hadzihalilovic filme le tout avec crudité et intelligence - étonnante image que ce plan balayant toute la pièce, proche de la première nuit entre Tyler et Marla dans Fight Club. Pour un "simple" spot éducatif, c'est rudement soigné.
  • 11
    Bande-annonce

    Protège-moi (2004)

    4 min.

    Court-métrage de Gaspar Noé

    Ici un clip, mais ne pas l'inclure serait un contre-sens tant il fait écho au court-métrage "We Fuck Alone", visible dans l'anthologie Destricted.

    Comme souvent, Gaspar Noé nous gratifie d'un plan-séquence. Loin des canons habituels du clip vidéo, il ne cherche pas à illustrer stricto sensu les paroles de la chanson de Placebo, mais plaque ses obsessions (le sexe et la solitude, en premier lieu) sans chercher à faire entrer son univers en osmose parfaite avec Placebo. La chanson n'en est que plus mélancolique, et prend une nouvelle dimension avec ces images langoureuses - on devine que la jeune femme suivie par la caméra écoute elle-même le titre, sans que la mise en scène ne confirme.

    Le résultat est une drôle de d'errance qui, Noé oblige, fait peu de cas de la pudeur. "Le sexe, c'est le sexe", déclarait-il voilà une dizaine d'années. L'assertion est aussi simple et directe que cette parenthèse en couleurs, vouée toute entière au plaisir de ses protagonistes. On en sort avec la sensation de parcourir les recoins d'une soirée trop arrosée, incapable de dire comment la petite fête s'est transformée en orgie.

    De loin, son travail le plus doux avec Love 3D.

    Si des curieux-ses sont tentés par le résultat, il est dispo ici : https://vimeo.com/69531829
  • 12
    Bande-annonce

    Destricted (2007)

    1 h 56 min. Sortie : . Expérimental/essai.

    Film de Sam Taylor-Wood, Richard Prince, Gaspar Noé

    Il n'y a pas de secret, si cette anthologie de sept courts-métrages a d'abord été projetée à la galerie londonienne Tate Modern, c'est bien qu'elle possède un côté arty des plus voyants. Pour le pire ? Oui, mais pas que, loin s'en faut.

    Bon, je vous mets certes au défi de ne pas hurler de rire face à Hoist (interminable délire masturbatoire à base de travaux publics !), mais pas mal de ses voisins relèvent le niveau. Long d'uen minute à peine, SYNC fait par exemple défiler des milliers de plans à vitesse grand V pour reconstituer une scène de sexe composée, à l'écran, de partenaires métamorphes.

    De son côté, Gaspar Noé illustre avec We fuck alone une solitude touchante, en filmant alternativement un garçon et une fille qui, chacun dans leur chambre, se font du bien en regardant le même porno diffusé à la télé - en fait une scène avec la star Katsuni, réalisée par Noé pour l'occasion. La langueur des plans séquences et de l'éclairage plonge dans une transe très proche d'Enter the Void et, du coup, la vision est carrément recommandée pour ceux et celles qui n'avaient pas apprécié la durée sans fin du long-métrage.

    Ensuite, c'est Larry Clark qui se distingue avec Impaled, le seul documentaire du lot. Comme à son habitude, Clark prend pour héros un adolescent, ici un jeune homme qui rêve de coucher avec une actrice porno. Tout le début, passionnant, se concentre sur un défilé de rencontres (face caméra sur un canapé) entre des actrices et leur prétendant. Ca discute, ça rigole, ça évoque le métier, le garçon explique ce qui lui plairait, avant de choisir celle qui lui fait le plus envie, avec qui il se sent le plus en confiance.
    Honnête, Destricted filmera l'acte sexuel avec tout autant de franchise, plaçant le moins de coupes possible, et en n'épargnant ni la joie réelle ni les maladresses du couple improvisé. 32 minutes au compteur mais le dispositif le méritait bien, finalement.

    Ni arnaque ni chef-d'oeuvre, Destricted est une expérience finalement plus concluante que Dirty Diaries, pour peu qu'on arrive à faire l'impasse sur ses segments ratés.
  • 13
    Bande-annonce

    The Black Glove (1997)

    30 min.

    Court-métrage de Maria Beatty avec Maria Beatty, Mistress Morgana et Sabrina

    Un modèle de cinoche sensitif et fétichiste dont le noir et blanc tranche comme un rasoir. Mais la partie préliminaires est infiniment plus intrigante et prenante que la suite, où la réalisation s'enferme dans un dispositif limite scolaire. Un éloquent exemple de film X qui en fait plus en montrant moins !
  • 14

    La fille au sexe brillant (1977)

    Shining Sex

    1 h 32 min. Sortie : . Science fiction.

    Film de Jesús Franco avec Lina Romay, Evelyne Scott, Monica Swinn

    Jess Franco, alias le stakhanoviste aux 200 films, s'essaye ici à la SF minimaliste. Certes par manque de moyens mais aussi par ses choix artistiques : pour raconter l'histoire de cette femme enlevée par un couple mystérieux qui enduit son sexe d'une substance provoquant la mort de ses futurs partenaires, l'homme plante sa caméra dans les décors bétonnés de La Grande motte (petite ville planquée non loin de Sète et Montpellier) et y filme sa muse Lina Romay avec une fascination palpable, solaire.

    Moins film X qu'errance solitaire vers une mort annoncée, Shining Sex offre son quota de gros plans obligatoires mais le pitch désamorce toute excitation primaire, toute habitude. Seul demeure le corps de la sublime Lina Romay, à la fois Eros et Thanatos, fantasme ambulant et femme maudite, contrainte à profiter de la petite mort en livrant chacun de ses partenaires à la grande.
  • 15

    Odyssey : the ultimate trip (1977)

    1 h 23 min. Sortie : .

    Film de Gerard Damiano

    Comme avec Devil in Miss Jones, Damiano tord les habitudes du porno lambda et plonge dans un rêve semi éveillé où frustrations anciennes, frénésie des rapports et découverte de soi cohabitent. Une vraie expérience, trop répétitive (cet homme est obsédé par la fellation !) mais réellement soignée, et dont le titre à la 2001 souligne l'ambition particulière.
  • 16
    Bande-annonce

    L.A. Zombie (2011)

    1 h 03 min. Sortie : . Epouvante-horreur.

    Film de Bruce LaBruce avec François Sagat, Rocco Giovanni et Wolf Hudson

    Il existe une version longue parait-il plus généreuse mais le cut d'1h suffit largement, et ce drôle de film complètement fauché survit moins grâce à ses passages sous X qu'avec un décor urbain ancré dans le réel. A la fois monstre sorti de nulle part, cicérone pervers et créature coupée du reste de l'humanité, François Sagat, fameuse star du porno gay, campe ici une statue grecque encapuchonnée capable de ressusciter les morts avec son braquemart.

    C'est improbable, très Z, et pourtant assez attachant - voir ce raccord incroyable où, pénétrant dans un carton abandonné, le héros découvre une pièce immense.
  • 17

    Dr Caligari (1989)

    1 h 20 min. Sortie : . Comédie, epouvante-horreur et science fiction.

    Film de Stephen Sayadian avec Madeleine Reynal, Fox Harris, Laura Albert

    ALERTE : ce n'est en fait pas du tout un porno !

    Mais si on ne le classe pas ici, où l'inclure ? Signé par le pornographe Stephen Sayadian (déjà présent deux fois en ces lieux), Dr Caligari subvertit le film original en noir et blanc - pièce maîtresse du cinéma expressionniste - pour s'épanouir dans un univers bariolé, bourré de cadres oniriques. En soi, c'est limite un caprice d'auteur de n'avoir pas joué la carte du X, or Dr Caligari parle très explicitement de fantasmes inassouvis, de frustration et d'obsession du contrôle.

    Incidemment, alors qu'il n'y a pas le moindre organe génital exhibé (ou alors de manière détournée !), c'est le film idéal pour qui voudrait découvrir la créativité folle de Sayadian sans se fader un film porno. Et si avec un tel déluge de décors et couleurs hallucinants, si vous n'avez pas envie de découvrir Cafe Flesh et Nightdreams, je ne sais plus quoi faire !

    Ce mec est décidément à enfermer, et c'est un compliment.
  • 18

    Les heures brûlantes du plaisir (1975)

    1 h 38 min. Sortie : 1975.

    Film de Jean Bastia

    Cas très très particulier, ça !

    Il s'agit en fait d'un mauvais film d'espionnage français sorti en 1966, Réseau Secret. Un bide mais, suite à l'explosion du porno en salle dans les 70's, des producteurs peu scrupuleux rachetaient/récupéraient de vieilles bandes de films traditionnels pour les truffer de scènes porno tournées par leurs soins. Gain de temps et d'argent, on filme les passages cochons et on arrange tout ça au montage, ni vu ni connu !

    Bien entendu, le résultat n'a strictement aucun sens. Exemple : un type regarde par le trou d'une serrure, y voit une pièce ornée d'un tapis vert et hop, un raccord grotesque enchaîne avec une scène de cul située dans un décor vaguement similaire. Escroquerie ? Oui et non car après tout, ceux qui payaient pour ces Heures brûlantes se fichaient pas mal de la trame, mais en soi, le résultat est limite dadaïste, d'autant que l'intrigue d'espionnage cause mystère criminel et anciens nazis ! Joie double, Réseau Secret comportant lui-même une poignée de scènes ridicules, dont une voiture qui change de couleur en pleine course.

    Film vu sur grand écran lors d'une projection épique à la Cinémathèque, merci à eux.
  • 19

    Corruption (1983)

    1 h 19 min. Sortie : 1983.

    Film de Roger Watkins

    Gros regret : l'équipe est si soucieuse de faire un bon film qu'ils en oublient de faire un vrai bon porno. Ca aligne les poncifs confortables (le soporifique duo levrette/fellation se taille la part du lion), et Watkins a l'air de croire que son film, parce qu'il montre du sexe non-simulé, sera automatiquement sexy.

    Rageant, car on a rarement vu un X aussi soigné (le chef op' s'est inspiré de celui d'Apocalypse Now), tout polar (incompréhensible !) qu'il soit. Ici, on a droit à des couleurs primaires qui régalent la rétine, à une lumière travaillée, et à des situations parfois inventives (voir ces trois portes à oeilletons où l'on peut mater diverses pratiques en cours, et ces gros plans infernaux sur un sourire de satyre). Si le film avait été à la hauteur de ses vingt première minutes, série de trois épreuves (comme dans les contes) où un homme doit subir diverses frustrations dans trois pièces isolées, c'était un bon gros 8 !

    Malheureusement, l'envie de bien faire s'est égarée dans un exercice de style dont le versant pornographique est limite sous-traité. Reste que pour découvrir le X, c'est un bon premier contact.
  • 20
    Bande-annonce

    Dirty Diaries (2010)

    1 h 38 min. Sortie : .

    Court-métrage de Marit Östberg, Ingrid Ryberg, Jennifer Rainsford

    Réalisé par 12 femmes, un drôle de film à sketches où se mêlent séquences hard, animation et pas mal d'autres tentatives. Paradoxalement, Dirty Diaries touche à une véritable ivresse des sens lors de son segment le plus soft, masturbation téléphonique où la caméra scrute les gestes et les réactions nerveuses de chaque jeune femme au bout du fil.

    Par essence, une scène porno est un crescendo (réussi ou raté), dont l'aboutissement (l'orgasme) est aussi nommé "climax" en anglais. Mais ce segment là a particulièrement bien compris le procédé. Simple, bien exécuté, la sensation rare de partager une complicité charnelle avec deux personnages fictifs. Rien que pour cet épisode, la vision de Dirty Diaries méritait le détour.
  • 21
    Bande-annonce

    Alice in Wonderland: A Musical Porno (1976)

    Alice in Wonderland: An X-Rated Musical Fantasy

    1 h 28 min. Sortie : . Comédie musicale.

    Film de Bud Townsend avec Kristine DeBell, Alan Novak, Juliet Graham

    Affiche exceptionnelle et concept forcément jubilatoire (Lewis Caroll façon X musical, rien que ça !). Malheureusement, si on s'amuse beaucoup pendant 30-40 minutes, on regarde ce qui suit d'un oeil las, faute d'idées vraiment surprenantes. Mais ça passe sans doute mieux pour une soirée entre potes que pour une séance en solo, même pris au second degré. Quoi qu'il en soit, c'est toujours plus sympa que le Alice version Tim Burton !
  • 22

    J'fais du porno et j'aime ça (2009)

    1 h 03 min.

    Film DTV de Murielle Scherre

    Un essai plutôt intrigant de X au féminin mais qui s'enferme vite dans une vision trop auteurisante du genre. Quel dommage qu'il ne soit jamais à la hauteur de sa prometteuse affiche ! Si vous cherchez du porno à la fois vivant et sensuel écrit et filmé par une réalisatrice, partez en quête des courts de la jolie Lucie Blush.
  • 23
    Bande-annonce

    Sodomites (1998)

    7 min. Sortie : 1998.

    Court-métrage de Gaspar Noé avec Marc Barrow

    En 1998, Marc Caro, Cédric Klapisch, Jacques Audiard, Lucile Hadzihalilovic et Gaspar Noé sont invités à réaliser des spots préventifs sur les rapports non protégés, chacun se voyant attribuer une pratique sexuelle.

    Gaspar hérite de l'entrée des artistes et part en vrille sur sept minutes finalement drôles à force d'en rajouter dans le gang bang sauvage. Voulu ou non, l'effet tombe à plat, soit tout l'inverse du très réussi Good Boys use condoms réalisé par sa compagne Lucile Hadzihalilovic.
  • 24
    Bande-annonce

    Ken Park (2003)

    1 h 36 min. Sortie : . Drame.

    Film de Larry Clark et Edward Lachman avec Adam Chubbuck, James Bullard, Seth Gray

    Voilà plus de dix ans que j'ai lâché le cinéma de Larry Clark. Ado, j'ai été bluffé par Another day in paradise et Bully, que j'ai plutôt dévalués depuis. En revanche, j'ai d'entrée détesté Ken Park, histoire de quatre ados plus ou moins maltraités par leurs familles après le suicide d'un camarade. Interdit aux moins de 18 ans dans certains pays pour cause de sexe explicite, Ken Park use d'images pornographiques pour illustrer son sujet avec le plus de limpidité possible. Projet louable, mais le résultat est si vain dans sa peinture de la middle class qu'il en devient très chiant à suivre, et le résultat finit par faire plus de mal que de bien au porno tant le discours tourne à vide. Un faux film-choc trop sûr de son petit effet.
  • 25
    Bande-annonce

    9 Songs (2004)

    1 h 11 min. Sortie : . Drame, comédie musicale et romance.

    Film de Michael Winterbottom avec Kieran O'Brien, Margo Stilley, Huw Bunford

    Sorti en salle, un exemple typique de film porno qui n'assume pas le genre et nous gratifie d'un montage assommant, succession de scènes de concert sans intérêt/scènes de baise domestiques assez plates. Photo à l'arrache et scénario vain en sus, ce n'est ni excitant ni intéressant, donc forcément, sur 70mn...
  • 26
    Bande-annonce

    Romance (1999)

    1 h 35 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Catherine Breillat avec Rocco Siffredi, Reza Habouhossein, Fabien de Jomaron

    Dans le flop 10 des plus mauvais films que j'ai vus de ma vie. En tant que long traditionnel, c'est d'un chiant intenable. En tant que X, c'est d'une préciosité à vous rendre stérile. Les deux combinés, c'est à la fois un sinistre film de cul et un irritant film d'auteur.