Mon année deux-mille-vingt-six bibliophilix
Le Peuple d'en bas
The People of the Abyss
Sortie : 1903 (France). Essai, Récit
livre de Jack London
MacCAM a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Lecture achevée en janvier.
Une plongée méthodique dans la misère industrielle, où London oscille entre constat social implacable et fascination presque malsaine pour la déchéance humaine. Pas toujours subtil, mais d’une honnêteté rare.
La Jungle (1906)
The Jungle
Sortie : 2003 (France). Roman
livre de Upton Sinclair
MacCAM a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Lecture achevée en janvier.
Roman-enquête à la frontière du reportage, La Jungle dissèque l’illusion du rêve américain à travers la chute méthodique de Jurgis, immigré lituanien broyé par Packingtown, véritable enfer industriel où les ouvriers sont traités comme les animaux qu’ils abattent. Sinclair, souvent rapproché d'Émile Zola, adopte un naturalisme plus militant que scientifique : le corps devient preuve politique, la misère s’inscrit physiquement, et chaque chapitre élargit la démonstration en explorant un nouveau rouage du système — travail, famille, alcool, corruption, darwinisme social. Le roman progresse par effondrements successifs — aucune ascension possible — jusqu’à sa conversion finale au socialisme, assumée mais peu subtile, pensée comme seule issue collective.
Fondé sur une immersion réelle de plusieurs semaines dans les abattoirs de Chicago, le livre visait la conscience sociale mais provoqua surtout un scandale sanitaire menant au Pure Food and Drug Act et à la création de la Food and Drug Administration ; Sinclair résumera lui-même l’ironie : « J’ai visé le cœur du public et par accident je l’ai touché à l’estomac. » Toujours actuel par sa description d’une précarité structurelle et d’une méritocratie mensongère, le roman montre moins la survie d’une famille que la logique d’un monde où rien ne se perd — ni la chair animale, ni la force humaine — avant d’être jeté une fois épuisé.
Si, comme l'indique Sinclair, « on utilise tout dans le cochon, sauf son cri », force est de constater que La Jungle donne envie de crier.
Le Loup des mers
The Sea Wolf
Sortie : 1904 (France). Roman
livre de Jack London
MacCAM a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Lecture achevée en mars.
Roman d’aventure autant que duel philosophique, Le Loup des mers vaut essentiellement pour la confrontation entre Humphrey Van Weyden et Loup Larsen, incarnation fascinante d’un matérialisme radical mêlé de darwinisme social et de nihilisme biologique, fusion d'un London pessimiste et de son opposé. Larsen n’est pas un simple antagoniste, à l'inverse même, il possède certaines caractéristiques des héros : sa pensée possède une cohérence logique redoutable, et Humphrey ne le réfute jamais réellement par les idées, mais par une transformation existentielle — apprendre à survivre, agir, décider. Le Fantôme devient ainsi un laboratoire moral fermé où la théorie se mesure au réel : que reste-t-il de la morale lorsqu’aucune société ne la garantit ?
London met en scène son propre déchirement intellectuel — socialiste humaniste contre vitaliste pessimiste —, le pan de sa personnalité qui n'était jamais bien loin quand il broyait du noir, en l'occurrence après la séparation avec sa première femme, Elizabeth May “Bessie” Maddern. Cruelle ironie, London fait du moniste matérialiste Larsen, une figure détruite, non par un adversaire, mais par son propre corps, par sa propre matière, rappel brutal que toute volonté surhumaine y demeure soumise.
Le roman perd cependant nettement en intensité dès la sortie du navire : répétitif, moins incarné, presque en recul après la tension philosophique initiale. Si le divorce avec “Bessie” a contribué à imprégner le récit de cette matière noire, profondément pessimiste, la rencontre avec Charmian Kittredge a apporté, elle, cette lettre d'amour, pas forcément la plus belle qui soit, qui vient s'opposer au reste du roman, lors de ces dernières pages où l'homo faber, cher à London, est placé sur un piédestal. Reste une œuvre ambitieuse et paradoxale, condamnation du matérialisme absolu qui se révèle invivable humainement.
Les Aphorismes de Zürau
Sortie : 1931 (France). Essai
livre de Franz Kafka
MacCAM a mis 6/10.
Annotation :
Lecture achevée en mars.
Les Aphorismes de Zürau ont été écrits durant huit mois très particuliers de la vie de l'auteur, tout juste après ses secondes fiançailles avec Felice, au moment où il rompra définitivement avec elle ; mais surtout, tout juste après s'être fait diagnostiquer la tuberculose. Kafka oblige, il avouera que ces quelques mois à Zürau, ces mois reculés et au plus près de sa maladie, qui en auraient déprimé beaucoup d'autres, s'avéreront être les meilleurs de sa vie.
Les « Aphorismes » — comprenez par là que Kafka ne les a jamais nommés tel quels — est aussi l'une des rares œuvres, si ce n'est la seule, où l'auteur philosophe directement. La spiritualité est énormément présente ici, plane au-dessus des thèmes majeurs de cet écrit — le Bien et le Mal, les deux mondes, sensible et spirituel, le péché originel, la Mort et l'Indestructible en l'homme —… mais dans quel but ? Bien que l'influence de Kierkegaard se fasse ressentir tout du long, et bien que Max Brod inscrivait le projet de son ami dans une évolution présumée vers un horizon religieux, reste qu'on ne peut être certain de ce pour quoi, pour qui, Kafka a écrit ces Aphorismes. L'absence de véritable thèse, de structure, mais aussi les quelques contradictions, et le fait qu'il ne les réutilisera pas expressément au sein de son œuvre, m'empêchent de croire que Kafka avait d'autres intentions avec ses Aphorismes que, tel Marc Aurèle, écrire pour lui-même. De l'autre, contrairement à nombre de ses autres livres, Kafka a d'abord rédigé ces aphorismes dans l'un de ses nombreux cahiers in-octavo, avant de les sélectionner et de les recopier, ou non, sur des feuillets séparés. Un travail de sélection qui suggère malgré tout qu'il accordait une importance particulière à ces fragments.
Reste que face à un Kierkegaard qui conservait encore la possibilité d'un saut vers Dieu, Kafka, lui, ne nous laisse qu'un chemin, un chemin qui existe certes mais qui semble mener nulle part. Non pas que les Aphorismes de Zürau ne mènent nulle part, Kafka parait plutôt nous dire qu'une solution existe, mais qu'il ne la connait pas lui-même. Comme si « le meilleur connaisseur du péché originel » ne pouvait justement que constater nos fautes, sans rien faire de plus.
Un texte frustrant en somme. Qui pose plus de questions qu'il n'a de réponses à nous donner, plus flou que net, qui obscurcit davantage la pensée de l'écrivain qu'il ne l'éclaire… et c'est peut-être à ce moment-là qu'on se dit qu'on a bien affaire
Croc-Blanc (1906)
(Traduction de Marc Amfreville et Antoine Cazé)
White Fang
Sortie : 2018 (France). Roman, Aventures
livre de Jack London
MacCAM a mis 6/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Lecture achevée en avril.
Ma critique : https://www.senscritique.com/livre/croc_blanc/critique/338382287
Pong et la Mondialisation
Sortie : juillet 2014 (France).
livre de William Audureau
MacCAM a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Lecture achevée en avril.
Lecture stimulante des débuts du jeu vidéo, principalement sous l’angle de l’histoire économique ; de la naissance de l'industrie vidéoludique, déjà mondialisée, à travers délocalisation, sous-traitance, circulation des composants et concurrence internationale. L’ouvrage éclaire particulièrement bien le rôle d'Hong Kong, du Japon, de l’Europe et la place décisive des politiques commerciales dans l’émergence du secteur. On s'éloigne de l'histoire américano-américaine qu'on a trop tendance à entendre et lire.
L'autre intérêt, plus extrinsèque, du livre tient aussi à ce qu’il fasse apparaître, dès 1976-1980, certains traits qui ont fait leur retour dans l'industrie : saturation de l’offre, logique de copie, absence de standard, dépendance technologique. Il y a là quelque chose de presque prémonitoire.
Quelques imprécisions factuelles et un appareil graphique parfois peu lisible nuisent un peu à l’ensemble, mais sans remettre en cause la solidité du travail. Un essai documenté, original et rare (encore plus en français) sur une période souvent survolée de l’histoire du jeu vidéo.
Boniments (2023)
Sortie : 13 janvier 2023. Essai
livre de François Bégaudeau
MacCAM a mis 6/10.
Annotation :
Lecture achevée en mai.
Essai que je retiendrais plus pour l’ironie qui traverse les “microhistoires” — je serais tenté de comparer Boniments au short short de Shinichi Hoshi, mais ce serait fort audacieux de ma part — et par son principe d’organisation thématique, qui crée des continuités plutôt qu’un simple catalogue de mots, plutôt que par ce même catalogue de mots justement. François Bégaudeau s’attache à démonter des formules toutes faites, devenues invisibles à force d’usage, et montre comment elles orientent les discours sans passer par l’argumentation. L’ensemble reste toutefois limité : moins dense, de matière, que Notre joie, dépourvu de véritable thèse ou d’alternative — ce n'est pas obligatoire, reste que je me suis souvent répété que François n'allait pas assez loin avec c⋅s⋅es histoires de boniments. Autrement dit, le livre fonctionne davantage comme un diagnostic — souvent juste et pertinent, rarement surprenant — que comme une véritable proposition. Reste une lecture agréable, utile pour reprendre une distance critique face au langage, mais qui s’arrête au seuil de ce qu’elle ouvre.
Au passage, les bouquins provenant des éditions Amsterdam sont bien plus agréables à lire que ceux venant de Pluriel… voilà, je voulais juste caser ça, sans aucun contexte.
Comte Zéro (1986)
(traduction Laurent Queyssi)
Count Zero
Sortie : 14 octobre 2021 (France). Roman, Science-fiction
livre de William Gibson
MacCAM a mis 5/10.
Annotation :
Lecture achevée en mai.
Comte Zéro commence par confirmer une chose : une fois passé le choc stylistique du Neuromancien, l’écriture de William Gibson devient bien plus digeste. Non pas plus claire — j'ai toujours eu énormément de mal à rentrer dedans — mais plus familière. Gibson continue d’écrire comme si son lecteur connaissait déjà ce monde, son argot et ses règles : on doit apprendre sa langue comme un étranger plongé dans un pays inconnu.
Le roman déborde d’idées tout en cohabitant avec ce charme très particulier, que partagent nombre d'œuvres de SF, à savoir celle du « futur du passé » — fax, téléphones fixes et connectiques vieillissantes. Sans parler des marques — fictives ou non — omniprésentes qui donnent au récit une étrange crédibilité capitaliste. Choix lucide d'un Gibson qui a bien compris que l'un des buts des entreprises était de remplacer le langage courant par des noms commerciaux.
Là où le Neuromancien restait surtout technologique, Comte Zéro devient presque mystique. Les IA fragmentées prennent la forme des loas vaudous : Gibson ne dit plus que la technologie ressemble à une machine, mais qu’elle finit par devenir du sacré. Le réseau paraît tellement opaque et complexe qu’il se transforme en mythologie moderne.
Le problème, c’est que cette richesse ralentit énormément le récit. Les trois intrigues parallèles donnent souvent l’impression de se gêner mutuellement, avec des personnages davantage portés par les événements qu’acteurs de ceux-ci… un défaut que l'on retrouve avec nombre de séries TV : Marly, plus que les deux autres, semble constamment en retrait. À plusieurs reprises, j’ai eu cette impression étrange qu’il ne se passait finalement pas grand-chose pendant des dizaines de pages… et que Gibson faisait du remplissage… un remplissage indigeste qui plus est.
Vous l'aurez compris, autant je reconnais de l'inventivité à Gibson, autant je n’ai pas du tout apprécié son style — tout du moins celui de Laurent Queyssi — et son univers s'est montré plutôt distant avec moi.
L'Île du docteur Moreau (1896)
The Island of Dr. Moreau
Sortie : 1901 (France). Roman, Science-fiction
livre de H.G. Wells
MacCAM a mis 5/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Lecture achevée en mai.
Ma critique : https://www.senscritique.com/livre/l_ile_du_docteur_moreau/critique/328186760
Sa Majesté des Mouches (1954)
Lord of the Flies
Sortie : 1956 (France). Roman
livre de William Golding
MacCAM a mis 7/10.
Annotation :
Lecture achevée en juin.
La Vie heureuse (58)
De vita beata
Essai, Philosophie
livre de Sénèque
MacCAM a mis 4/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Relu en juin.
Ma critique : https://www.senscritique.com/livre/la_vie_heureuse/critique/328148018
La Machine à explorer le temps (1895)
The Time Machine
Sortie : 1895 (France). Roman, Science-fiction
livre de H.G. Wells
MacCAM a mis 6/10.
Annotation :
Lecture achevée en juin.
De la brièveté de la vie (49)
suivi d'un commentaire de Denis Diderot
De Brevitate vitæ
Sortie : juin 2016 (France). Essai, Philosophie
livre de Sénèque
MacCAM a mis 7/10.
Annotation :
Lecture achevée en juillet.
Romans, récits et nouvelles
Sortie : 3 octobre 2016 (France). Roman, Recueil de nouvelles
livre de Jack London
MacCAM a mis 7/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Critique en continu : https://www.senscritique.com/livre/romans_recits_et_nouvelles/critique/333545985
À la santé de l'homme sur la piste : lue le 1er août.
Le Silence blanc (1899)
et autres nouvelles
the White Silence
Sortie : février 1899. Recueil de nouvelles, Nouvelle
livre de Jack London
MacCAM a mis 7/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Lue le 7 août.
Ma critique : https://www.senscritique.com/livre/le_silence_blanc/critique/342716538
Une histoire birmane (1934)
(traduction Claude Noël)
Burmese Days
Sortie : 1984 (France). Roman
livre de George Orwell
Annotation :
Lecture achevée en août.
En pays lointain : Et autres nouvelles
Sortie : 1977 (France).
livre de Jack London
Annotation :
Lue le 22 août.





















