Opium littéraire - 2019

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53 livres

par Florensium

Qq objectifs pour l'année : Aurélien, A l'Est d'Eden, un Faulkner, Jaworski, découvrir Antunes ou Javier Marias...

Préférences:
. Notes de chevet (comme une bible)
1. Diadorim
2. Les Vagues
3. Illusions perdues
4. Manfred
5. La plage de Scheveningen - Aurélien - Le premier amour
8. Si Rude soit le Début - Sortilèges - Job, roman d'un homme simple - L'Oie sauvage

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  • Notes de chevet (1002)

    Makura no sōshi

    Sortie : 1002. Journal et carnet.

    Livre de Sei Shônagon

    Ce livre m'a subjugué. C'est un tel voyage dans le temps et l'espace, abolissant à peu près toutes nos catégories mentales (épicurisme / stoïcisme /idéalisme, etc...), qu'il pourrait aussi bien décrire un autre monde, pourtant, très progressivement cet univers devient peu à peu familier (plusieurs des membres de la famille Fujiwara sont récurrents, d'ailleurs je pense qu'ils auraient pu/du être présentés à la façon théâtre).
    Joie de l'instant présent et une confiance sereine envers les rites, et un effort patient pour faire ressortir la vérité des êtres à travers les détails du quotidien : rien que de très rafraîchissant...

    "Parfois le monde m'irrite et m'ennuie; certes il me semble impossible de vivre un instant de plus. Je voudrais m'en aller et me perdre je ne sais où; mais si, alors, je mets la main sur du joli papier ordinaire, très blanc, sur un bon pinceau, sur de l'épais papier blanc de fantaisie, ou sur du papier de Michinoku, je me sens disposée à rester encore un peu sur cette terre, telle que je suis ."
  • Haïkus et notes de voyage - Sur le chemin étroit du Nord profond

    Oku no hosomichi

    Beau livre et poésie.

    Livre de Matsuo Bashô

    On ne va pas se mentir le haïku reste difficile à appréhender, mais ce recueil de Bashô a l'avantage de mêler (brève) prose et haïku. Avec la version originale même sans parler la langue on peut profiter du rythme et les illustrations permettent à l'esprit de s'envoler.
    On peut aussi prendre son temps, après tout le périple de Bashô a duré cinq ans...

    Peut-être ce passage (en prose) est-il plus éclairant que d'autres sur l'art du haïku :
    "Rencontres et visite font bon train.
    Rien qui ne soit matière à poème
    si dire et voir font un
    - saisie immédiate
    de ce qui ne sera plus jamais même.
    Et bien sûr, la saison aidant :
    lune et lespédèze
    - tout un univers en un seul mot.
    Oui quoique dise le soleil :
    l'automne est présent"
  • Le Livre du thé (1906)

    Sortie : 1906. Vie pratique.

    Livre de Kakuzô Okakura

    L'introduction est un peu datée (forcément, dans le contexte du début 20è, la méfiance et le racisme entre orient et occident étaient fort prégnants) et il y a quelques emportements un peu faciles contre le mode de vie occidental, mais dans l'ensemble, comme introduction à la culture japonaise ce ne m'a pas paru moins valable que l'Eloge de l'Ombre, que j'ai peut-être un peu surévalué pour le coup : en à peine 170 pages, l'auteur fournit un historique de la pratique du thé et trace des parallèles avec le taoïsme ou le bouddhisme qu'on a envie de creuser... Je recommande
  • L'Oie sauvage (1911)

    Gan

    Sortie : 1911. Roman.

    Livre de Mori Ogai

    Autour d'une femme mal mariée puis entretenue par un usurier, Ogai tisse un écheveau de relations complexes avec le père, le souteneur et l'étudiant qu'elle cherche à rencontrer pour sortir d'une relation toxique ou pour le moins pesante.
    La grande force du récit c'est je crois que ces relations ne puissent pas se résoudre à une faute unique, bien que les enjeux et les rapports de force soient parfaitement identifiables. L'analyse psychologique est également assez fine, on comprend que chaque personnage ait du mal à sortir de l'ornière où il se retrouve coincé.
    Après je ne sais pas si j'aurais supporté dix pages de plus, ça ne respire pas vraiment la joie de vivre, et j'ai plus vu de poésie chez Carson McCullers, alors que les persos traînent une vie de misère; à côté les difficultés des protagonistes du livre font problèmes de riches
  • La Proie et l'Ombre (1928)

    Injû

    Sortie : 1928. Roman.

    Livre de Edogawa Ranpo

    Je vais sans doute surprendre mais j'ai préféré "Test psychologique" à la nouvelle éponyme du recueil.
    Elle ne manque sans doute pas de qualités mais outre que Ranpo la joue un peu trop petit malin, ce qui m'a manqué c'est le caractère nippon. Les noms de lieux ne trompent pas on est bien au Japon mais quand on lit le narrateur on l'oublierait presque
  • Les Vagues (1931)

    The Waves

    Sortie : 1931. Roman.

    Livre de Virginia Woolf

    Que ne l'ai-je lu avant, moi qui en ai pourtant lu quelques uns, des romans de Virginia!
    Toute la symphonie des souvenirs et des déceptions, de la fuite du quotidien ou dans le quotidien est là. Doucement sublime.

    Citation : tout le livre ?
  • Les Immémoriaux (1907)

    Sortie : avril 1907. Essai.

    Livre de Victor Segalen

    Segalen est un des rares écrivains à aborder la culture polynésienne sans ethnocentrisme, aussi avais-je très envie de découvrir ce qu'on présente souvent comme le premier roman ethnographique français.
    Malheureusement à mi parcours j'étais déjà presque entièrement démotivé. Je veux bien reconnaître que la langue parsemée de termes tahitiens est originale, mais elle rend peu lisible une histoire qui n'est pourtant pas compliquée. Et puis au fond le livre est victime du parti pris de décrire le processus de déculturation : la dernière partie est sans surprise. Mieux aurait sans doute valu que Segalen s'en tienne à la description d'un âge d'or, même si d'après les ethnographes modernes sa vision est largement fantasmée
  • Aurélien (1944)

    Sortie : 1944. Roman.

    Livre de Louis Aragon

    Le grand roman à la française, l'amour avec un grand A au programme... Mérite d'être lu rien que pour la virtuosité de la description des Années Folles, car oui je ne m'y attendais pas spécialement mais le roman a un côté "Fitzgeraldien" assez prononcé. L'intrigue en elle-même intéressera peut-être moins le temps passant, mais le style nerveux et d'une élégance rare nous maintient en alerte tout au long de ces sept cent pages...
  • Les Boutiques de cannelle (1933)

    Sklepy Cynamonowe

    Sortie : 1933. Recueil de nouvelles.

    Livre de Bruno Schulz

    Intéressant à lire après le sanatorium, mais ce n'est sans doute pas le sens à recommander. L'introduction de Nadeau, la préface de Sandauer, le court texte *la mythification du réel* sont autant d'éléments de théorie littéraire qui permettent de rentrer en douceur dans l'univers Schulzien, et de comprendre son aspect quelque peu anarchique, à ce stade encore tâtonnant et moins parfait que dans son dernier opus.
    Ici l'écriture est de façon plus évidente une manière pour Schulz d'exorciser les difficultés et le tragique de l'existence, en l’occurrence la déréliction du père. Si la forme est déjà bien expressionniste tendance décadent, dans l'esprit on est très proche des épisodes de la Twilight Zone sans les twists échevelés.
  • Jardin, cendre (1971)

    Basta, Pepeo

    Sortie : 1971. Récit.

    Livre de Danilo Kis

    Souvenirs d'enfance toujours, autour d'un père cette fois tout-à la fois absent et mythifié. Traduction très agréable (peut-être que l'auteur a aidé, comme il vivait en France, je ne sais)
  • Manfred (1817)

    Sortie : 1817. Théâtre et poésie.

    Livre de Lord Byron

    Même si c'est abusif, ce texte mérite bien le descriptif de "Théâtre et poésie". Tout-à-fait badass comme on peut l'attendre de Byron (l'incipit vaut son pesant d'or) et en même temps plein de lyrisme...

    Je l'ai lu dans la traduction de Laroche disponible sur wikisource qui était recommandée par un lecteur d'amazon et effectivement, pas sûr que la puissance poétique se retrouve dans des traductions plus modernes.
  • La Plage de Scheveningen (1952)

    Sortie : 1952. Roman.

    Livre de Paul Gadenne

    "A peine avais-je parlé que j'éprouvai le sentiment d'une mauvaise action. Beaucoup de bons moments! Tout avait été magnifique, et ensuite tout avait été horrible. Cette horreur n'avait pas duré, mais il s'était formé, en deux ou trois mois, un précipice par delà lequel je ne parvenais plus à rejoindre les années radieuses : un nuage de soufre les couvrait, comme celui que doit couvrir, aux yeux du condamné, le temps qui a précédé son crime"

    Une prose ensorcelante pour ce qui pourrait presque faire figure de suite à Aurélien...
  • Les Pâturages du ciel (1932)

    The Pastures of Heaven

    Sortie : 1932. Roman.

    Livre de John Steinbeck

    Je l'avais offert à mon paternel mais j'ignorais qu'il s'agît de nouvelles. Un peu inégal du coup, certaines étant un peu courtes ou pas assez développées pour que les personnages puissent susciter l'empathie (ressort déterminant chez Steinbeck je pense)
  • Tortilla Flat (1935)

    Sortie : 1935. Roman.

    Livre de John Steinbeck

  • Sartoris (1929)

    Sortie : 1929. Roman.

    Livre de William Faulkner

    Sylvie Germain aurait-elle tiré quelque inspiration du côté de chez Faulkner? c'est ce que je me suis demandé à constater quelques similitudes entre le Livre des Nuits et Sartoris : la lignée maudite, les morts absurdes... Mais la comparaison s'arrête là. Faulkner se lance dans une chronique familiale réaliste plutôt modeste qui ne rappelle guère le conte du terroir aux proportions assez démesurées.
    Quelques passages prenants, d'autres beaucoup moins... et je crois que j'ai un peu bloqué sur les descriptions faulknériennes, qui donnent l'impression de "travelings littéraires". Pas vraiment fan...
  • Dernières nouvelles du futur (2018)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Patrice Franceschi

    Pour l'avoir vu et écouté dans les médias quand il était venu présenté son livre, je suis sincèrement convaincu que Franceschi est un type bien.

    Dommage qu'il se soit uniquement laissé guider par la peur du monde moderne pour composer ce recueil. J'attendais un peu plus de recul
  • Les Étoiles de Compostelle (1982)

    Sortie : 1982. Roman.

    Livre de Henri Vincenot

    Je me suis laissé dire que c'était le genre de livre à lire très jeune ou bien assez âgé... toujours est-il que si le pèlerinage à Compostelle et les origines celtiques du compagnonnage sont intéressants, l'association des deux n'est pas très heureuse. Vincenot met beaucoup de temps à trouver un équilibre...
  • La louve et l'agneau (2007)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Lucien Jerphagnon

    Livre conseillé par un amazonien aux lecteurs de la Mort de Virgile... le lien est assez ténu. Jerphagnon est beaucoup plus connu comme philosophe et historien que comme romancier, mais ça manque sacrément de corps quand même
  • Même pas mort (Rois du monde, 1) (2013)

    Sortie : . Roman et fantasy.

    Livre de Jean-Philippe Jaworski

    "Depuis vingt hivers, le monde nous berce de nouveau dans l'illusion de l'immortalité. Mais ordonnerais-je demain de rassembler les troupeaux, de brûler nos fermes et nos champs et de reprendre la route, le monde reprendrait sa course, toujours moins net que dans le souvenir, toujours plus vaste que dans nos désirs. Si l'homme ne peut embrasser le monde, c'est parce que le monde fuit sous ses pas. Le monde est une mélopée infiniment morne et infiniment multiple, le monde est un chemin aux horizons sans cesse recomposés, le monde est un royaume taillé dans la matière même du rêve. C'est une merveille; une merveille indifférente, qui m'a appris la saveur de l'angoisse"

    Un superbe premier chapitre, au style épique et très accrocheur comme dans cet extrait, mais qui fait ensuite place à du plus conventionnel : gaulois pas très différents du cliché qu'on en a (bagarreur et bon vivant), poursuites en forêt qui n'en finissent plus, un aspect féérique à moitié convaincant... Difficile de ne pas ressentir un effet de dilution. Et après avoir testé pour voir le début du tome suivant, je n'ai pas eu envie de continuer.
  • Van Gogh : Le suicidé de la société (1947)

    Sortie : 1947. Essai.

    Livre de Antonin Artaud

    "Je crois que Gauguin pensait que l'artiste doit rechercher le symbole, le mythe, agrandir les choses de la vie jusqu'au mythe, alors que Van Gogh pensait qu'il faut savoir déduire le mythe des choses les plus terre-à-terre de la vie. En quoi je pense, moi, qu'il avait foutrement raison. Car la réalité est terriblement supérieure à toute histoire, à toute fable, à toute divinité, à toute surréalité. Il suffit d'avoir le génie de savoir l'interpréter."

    Belle fougue...
  • Théorie de l'art moderne (1998)

    Sortie : . Essai.

    Livre de Paul Klee

    "L'actuel mérite la bienveillance; le fait présent ne doit pas être privé de ses droits. Mais il faut le mesurer au principe éternel sous-jacent à la succession des temps; à ce principe qui, périodiquement, entre dans le mouvement du manifesté pour retourner au sein originel où il conserve, même à l'état latent, une immense fécondité : il faut tout mesurer selon les principes de la nature et leur loi. Cela défend contre le viellissement. Car tout passe et, de nos jours, passe vite. Ne définissons pas le donné présent comme tel, définissons dans le passé et dans le futur; précisons largement, dans une perspective multilatérale. Définir isolément le présent, c'est le tuer."
  • Grammaires de la création (2001)

    Grammars of Creation

    Sortie : 2001. Essai.

    Livre de George Steiner

    Le champion toute catégorie du name droping : 27 pages d'index de noms d'artistes et philosophes...

    Particulièrement doué pour tourner autour du pot et de donner des réponses en forme de question aux questions qu'il se pose lui-même aussi.
    L'ouvrage n'est pas si difficile qu'un premier essai de lecture me l'avait laissé croire, en dehors de quelques passages pointus sur Hegel ou Heidegger et d'un chapitre sur Dante assez imbuvable il faut bien le dire.
    En fait il ne faut pas s'attendre à des révélations insoutenables, la langue ne peut pas grand chose contre la technique, mais au moins Steiner a le bon goût de l'écrire sans adopter une posture de vieux c... trop vue ailleurs. Sa conclusion serait même presque optimiste : les nouvelles formes de création viendraient peut-être d'un heureux mariage entre l'art et la technique
  • Illusions perdues (1839)

    Sortie : 1839. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

  • Comme les amours (2013)

    Los enamoramientos

    Sortie : . Roman.

    Livre de Javier Marias

  • Sortilèges (1941)

    Sortie : 1941. Roman.

    Livre de Michel de Ghelderode

  • Carmilla (1871)

    Sortie : 1871. Recueil de nouvelles.

    Livre de Sheridan Le Fanu

    Pas trop convaincu, mais à retenter dans la traduction de la Pléiade. Pour les coquins, ne vous emballez pas : la dimension saphique est vraiment très légère...
  • Le Sermon sur la chute de Rome (2012)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Jérôme Ferrari

    Ca partait pas si mal, mais toute cette misanthropie, ce mauvais psycho-drame final et ce... jemenfoutisme en fait, c'est point possible.
  • Silens Moon (2019)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Pierre Cendors

    Suite au Loup des Steppes de Hermann Hesse qui m'a paru pertinente en ce qu'elle fait écho à des problématiques contemporaines de servitude et solitude, mais le style assez affecté et les préciosités de langue (moins justifiées dans un cadre réaliste) m'ont nettement posé problème et maintenu à bonne distance.

    Bel objet-livre en tout cas, un peu onéreux car pas encore en poche, mais on est fier de soutenir une petite maison d'édition française...
  • Feu Pâle (1961)

    Pale Fire

    Sortie : 1961. Roman.

    Livre de Vladimir Nabokov

    Très malin, charriant beaucoup d'images nabokoviennes en sa partie poème, jouant à fond du rapport auteur-lecteur, mais soit que je n'étais pas tout-à-fait d'humeur ou à la hauteur, soit que la minutie de ce cher Vladimir en devienne un tantinet ennuyeuse, j'ai un peu patiné sur la partie commentaires
  • Diadorim (1956)

    Sortie : 1956. Roman.

    Livre de João Guimarães Rosa

    Énorme!
    De l'aventure qui ne faiblit jamais, portée par un narrateur d'une faconde inépuisable, le mythe de Faust revisité, un cas unique d'épopée moderne, un western brésilien à la Leone ou Peckinpah, Diadorim ça poutre!!
    L'emploi du style parlé rend le récit très très accrocheur et en même temps facile à lire. Alors peut-être ou sûrement que l'impression de facilité est trompeuse, il y a sans doute des références qu'un lectorat non brésilien ne voit pas, mais ce n'est pas grave, le plaisir du roman d'aventure suffit, comme le dit Vargas Llosa en intro d'ailleurs. Guimaraes Rosa n'est pas Dostoïevski et c'est tant mieux : on peut trouver son compte aussi bien dans la réflexion sur le mal que dans la dimension épique du récit, et ce n'est pas peu dire qu'elle est immense
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