Tous les films français des années 30 ; tous ou presque ...

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106 films

par pphf

... parce que la plupart des films de cette période sont désormais introuvables et que le temps a fait sa sélection.

Les années 30, période singulière et essentielle, entre la grande crise qui atteint l'Europe et la guerre mondiale, entre les balbutiements des débuts du cinéma parlant et les chefs d'oeuvre qui s'accumulent à la fin de la décennie. Un âge d'or du cinéma français ?

Tout commence mal en tout cas : l'entrée dans le parlant en France est tardive et, pour le moins, difficile : absence d'équipements, de techniciens, coûts énormes, réticences des producteurs, opposition forte des artistes, y compris de ceux qui osent se lancer les premiers (l'exemple de René Clair, avec Sous les toits de Paris est très "parlant").

- les premières années du parlant en France sont laborieuses (et même globalement très faibles) : la richesse des expérimentations engagées aux grandes heures du muet (le cinéma français "impressionniste") est oubliée- et on sombre dans une production ressassée, rapidement usée : adaptations littéraires, le plus souvent de pièces de boulevard (d'auteurs presque tous oubliés), comique troupier, mélos ... Le cinéma n'est, au mieux, qu'un simple relais pour le music-hall ou pour le théâtre.

Les seules productions vraiment originales sont celles de René Clair (seul véritable auteur complet de ses films), les expérimentations, visuelles et sonores de Jean Renoir et de Julien Duvivier qui perçoivent rapidement tous les bénéfices que l'on peut tirer de cet art en train de renaître, l'oeuvre avortée du météore Jean Vigo, ou les initiatives, très anticipatrices, de deux auteurs réputés, Marcel Pagnol et Sacha Guitry.

- l'année 1935 peut être considérée comme une année-charnière pour diverses raisons :

* les questions techniques, liées à l'arrivée du parlant, sont (enfin ...) maîtrisées - et ne viennent plus parasiter la réalisation des films ;
* la crise économique et sociale (et les bouleversements politiques qui bientôt l'accompagneront) est là, et elle s'invite aussi dans la tonalité des films ;
* à côté de la production annuelle habituelle et médiocre les grands noms à présent apparaissent clairement :
* du côté des réalisateurs, qui deviennent les véritables maîtres d'oeuvre, avec désormais des noms de référence reconnus : René Clair, Julien Duvivier, Jean Renoir, Jacques Feyder (qui propose deux films importants en 1935 ... Seul Marcel Carné (qui n'est encore qu'assistant) viendra un peu plus tard ; et surtout ces réalisateurs font désormais équipe avec de grands scénaristes (Prévert, Spaak, Jeanson) qui vont leurn permettre de manifester encore mieux leur talent ;
* de même chez les acteurs avec l'affirmation des monstres sacrés : Michel Simon, Raimu, Harry-Baur et Louis Jouvet (qui vient doucement au cinéma, avec en 1935 un second rôle magistral dans la Kermesse héroïque) ; 1935, c'est aussi l'année où le cyclone Gabin, dans la Bandera, définit son personnage qui va tout emporter ; c'est aussi, côté actrice, les premières apparitions d'Arletty (dans deux seconds rôles très marquants) et de Viviane Romance (un rôle consistant dans Princesse Tam-tam, après de nombreuses apparitions dans des tout petits rôles et un an avant la Belle équipe). Et Danièle Darrieux obtiendra son premier grand rôle un an plus tard..

La fin de la décennie peut alors être vraiment tenue pour un âge d'or : apparition d'un cinéma politique ("la Vie est à Nous, la Marseillaise), entre utopie (le Crime de Monsieur lange) et pessimisme (la Belle Equipe), et surtout naissance du réalisme poétique - dont Julien Duvivier pose toutes les bases en 1935 avec la Bandera. les chefs d'oeuvre vont alors se multiplier : de la kermesse héroïque à Quai des brumes, de Pépé le Moko à la Grande Illusion, de Drôle de drame à Gueule d'amour ... et jusqu'à 1939 et l'arrivée de la guerre, la Fin du jour, le Jour se lève, le Dernier tournant, la Règle du jeu.

On terminera sur un dernier paradoxe : ces derniers films, très noirs, très pessimistes, ou très incertains (la Règle du jeu) connaîtront des échecs cinglants. Car la production française, et le public avec elle, restera constamment optimiste, joyeuse au premier degré, à mesure que la crise s'amplifiera et que la menace de guerre se fera de plus en plus précise... Cette liste en fait ne donne sans doute qu'un aperçu très tronqué de la période ...

Les films sont classés de la façon suivante :
- les 16 films auxquels j'ai attribué la note de 8 (ou davantage)
- les autres films sont classés par année et par note.

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  • 1

    Partie de campagne (1936)

    40 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Court-métrage de Jean Renoir avec Sylvia Bataille, Georges D'Arnoux, Jane Marken

    1936

    Jean Renoir, sur les traces de son père pour un film inachevé et magnifique (qui ne sortira qu'en 1945). Les variations de la lumière sur l'eau, dans les feuillages mais aussi les variations et les intermittences des corps et des coeurs, Une Partie de campagne est une merveille de cinéma impressionniste. Un chef d'oeuvre.
  • 2

    La Kermesse héroïque (1935)

    1 h 50 min. Sortie : . Comédie, historique et romance.

    Film de Jacques Feyder avec Françoise Rosay, André Alerme, Jean Murat

    1935

    Le chef d'oeuvre de jacques Feyder : un film pacifiste et féministe, "collaborationniste" (en 1935), détesté donc par les bellicistes, mais aussi par les pacifistes bêlants ; une farce, truculentes et un superbe hommage aux maîtres de la peinture flamande (très belle photographie, décors grandioses), une interprétation monumentale d'Alerme et Françoise Rosay, énormes, de Jean Murat, pétri de classe, mais aussi de Jouvet dans un des meilleurs seconds rôles jamais interprétés.
  • 3

    Drôle de drame (1937)

    1 h 34 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Marcel Carné avec Jean-Louis Barrault, Jean-Pierre Aumont, Nadine Vogel

    1937

    Prévert (au mieux de sa forme), un surréalisme mâtiné d'humour anglais, un tueur de bouchers se baignant nu dans les fontaines, un auteur de romans noirs mort mais pas mort, Jouvet en kilt, "Moi, j'ai dit bizarre ?", un OVNI dans le cinéma français des années 30 - sans suite, puisque les films ultérieurs (et très célèbres) de Carné et Prévert s'inscriront dans la mouvance du réalisme poétique.
  • 4
    Bande-annonce

    L'Atalante (1934)

    1 h 29 min. Sortie : . Comédie, drame et romance.

    Film de Jean Vigo avec Dita Parlo, Jean Dasté, Gilles Margaritis

    1934

    L'unique long métrage de jean Vigo, une évasion sur les fleuves, entre poésie pure, impressionnisme, surréalisme (entre le bric-à-brac du Père Jules et l'ode à l'amour fou) et réalisme social.
  • 5
    Bande-annonce

    La Grande Illusion (1937)

    1 h 53 min. Sortie : . Drame et guerre.

    Film de Jean Renoir avec Jean Gabin, Dita Parlo, Pierre Fresnay

    1937

    Film culte, qui ne se donne pas si facilement, plein de contradictions, de questions, et où la crainte finit peut-être par prendre le pas sur l'espoir.
  • 6

    Le Million (1931)

    1 h 30 min. Sortie : . Comédie.

    Film de René Clair avec Annabella, René Lefèvre, Jean-Louis Allibert

    1931

    Un an après Sous les toits de Paris, René Clair a parfaitement intégré tous les codes du cinéma parlant, au point de transformer tous ses procédés de rejet et de méfiance (pour prolonger le règne du muet) en procédures stylistiques au service du parlant - avec un jeu constant entre image et son, entre in et off. Toute la mise en scène (direction des acteurs,maîtrise du son,décors de Lazare Meerson et surtout dynamisme du montage) est remarquable. Comme toujours chez René Clair, c'est la fantaisie qui l'emporte, enjouée, tonique, optimiste - avec poursuites endiablées traitées comme des ballets(eux-mêmes mis en abyme), avec succession ininterrompue de quiproquos, avec aussi un regard très critique sur nos travers ("un artiste, un assassin").
  • 7

    La Chienne (1931)

    1 h 40 min. Sortie : . Drame.

    Film de Jean Renoir avec Michel Simon, Janie Marèse, Georges Flamant

    1931

    Un récit noir (avec plusieurs couches de noir), et en même temps comique, jouant sur la bêtise et l'aveuglement des personnages, jusqu'au(x) drame(s), avec aussi une dimension sociale et historique discrète mais puissante et une interprétation magistrale de Michel Simon.
  • 8

    La Fin du jour (1939)

    1 h 48 min. Sortie : . Drame.

    Film de Julien Duvivier avec Louis Jouvet, Michel Simon, Victor Francen

    1939

    Julien Duvivier et Charles Spaak réalisent un grand film où ils proclament leur amour du théâtre et des acteurs. mais, et sans doute malgré lui et sa volonté de distiller des messages d'espoir, Julien Duvivier, plus pessimiste que jamais, réalise en fait un film plus que noir. Dans un hospice pour vieux comédiens, ces derniers tentent de prolonger leurs rêves, de façon parfois flamboyante, souvent pathétique, et aux frontières de la folie et de la mort qui rôde. L'histoire (dont le seul point faible est son éclatement en micro centres d'intérêt parallèles) est organisé autour de trois monstres sacrés, incarnés par Michel Simon, Louis Jouvet et Victor Francen, dans une espèce de mise en abyme fascinante et négative de leurs propres carrières : ils sont remarqables.
  • 9

    Le Quai des brumes (1938)

    1 h 31 min. Sortie : . Policier, drame, romance et thriller.

    Film de Marcel Carné avec Jean Gabin, Michel Simon, Michèle Morgan

    1938

    Le film-emblème du réalisme poétique (si peu réaliste ...) le couple éternel, la fatalité, les marginaux célestes, le navire des ailleurs, la brume et la pluie, Prévert et Carné, Gabin et Michèle Morgan (et son béret, et son ciré), Michel Simon en monstre, Le Vigan peignant les choses qui sont derrière les choses ...
  • 10
    Bande-annonce

    Hôtel du Nord (1938)

    1 h 35 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Marcel Carné avec Annabella, Jean-Pierre Aumont, Louis Jouvet

    1938

    En l'espace de quelques mois, Carné aura réussi à s'adapter, pour le meilleur, à des talents aussi contrastés que ceux de Prévert (qui privilégie le drame et la poésie dans le drame) et Jeanson (qui joue surtout sur le choc immédiat des mots). cela dit le "réalisme poétique" n'est pas absent dans Hôtel du Nord, avec la présence permanente de l'eau, la fatalité tournant autour des couples, le bateau des ailleurs qui reste à quai, et l'étonnante galerie des personnages fréquentant l'hôtel (B. Blier, J. Marken, F. Périer, P. Dubost, Bergeron ...), tous parfaitement typés.Au, plan technique, la réussite est incontestable, de l'image conçue par Eugène Schufftan (la force de la contreplongée, dans la pénombre, sur la longue silhouette de L. Jouvet, sur le pont) aux remarquables décors d'A. Trauner. Mais on retiendra surtout, évidemment, les dialogues de Jeanson, ses mots magnifiés par Jouvet (en Monsieur mac !) et Arletty, inoubliables, qui effectuent un véritable hold-up aux dépens du couple vedette formé par les deux jeunes premiers.
  • 11
    Bande-annonce

    Marius (1931)

    2 h 10 min. Sortie : . Comédie, drame et romance.

    Film de Alexander Korda avec Raimu, Pierre Fresnay, Fernand Charpin

    Séances de cinéma (1 salle)
    1931

    Pagnol investit le cinéma : excellent dosage entre comédie et émotion, interprétation monumentale de Raimu parfaitement soutenu par Charpin et par toute l'équipe des seconds rôles.
  • 12

    César (1936)

    2 h 12 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Marcel Pagnol avec Orane Demazis, Andre Fouche, Robert Vattier

    Séances de cinéma (1 salle)
    1936

    Marcel Pagnol achève sa trilogie dans des conditions peu évidentes, du fait surtout de délais très brefs. Les extérieurs parcourus à pieds, en auto, en bateau, dans la seconde moitié du film, indiquent clairement qu'on est à présent passé du théâtre filmé au cinéma. mais la première partie reste composée de scènes d'intérieurs dialoguées et très statiques. De fait César est assez déséquilibré et peut manquer de fluidité dans la succession de ces différents moments , comme autant de scènes juxtaposées. Les moments drôles, ou franchement drôles, sont excellents. Pagnol, plus encore que dans les deux premiers opus, multiplie les mots d'auteur (et les meilleurs) et les scènes comiques, de l'enterrement (les chapeaux inversés) à la confession (avec les pitreries d'Escartefigue), de la partie de cartes (mais sans Panisse et avec une réelle émotion) au jeu des chapeaux (irrésistible). Les temps mélodramatiques par contre peuvent paraître assez lourds, longs, et plombés par la prestation d'André Fouché, médiocre dans le rôle clé de Césariot. Cela dit, dans le sillage de Raimu, les seconds rôles sont très bons : Maupi (bien plus valorisé cette fois), Edouard Delmont (toujours parfait et pourtant méconnu), Robert Vattier (excellent) ... et les nouveaux venus (Doumel, Thommeray, Robert Bassac) sont à l'unisson. Même si césar n'est pas forcément le meilleur opus de la trilogie, la note vaut pour la qualité de l'écriture, toujours remarquable, et pour l'ensemble de l'oeuvre.
  • 13

    Le Crime de Monsieur Lange (1936)

    1 h 24 min. Sortie : . Policier et comédie dramatique.

    Film de Jean Renoir avec René Lefèvre, Jules Berry, Florelle

    1936

    Renoir à nouveau, pour un film emblématique de la période - mais à l'atmosphère plus anarchisante que socialisante, aussi drôle que cruel, marqué par les dialogues de Prévert, par les idées de réalisation (le décor de la cour, centre géométrique du film, les échappées extérieures, et un travelling magistral), et presque encore plus par l'interprétation sidérante de Jules Berry. Un film emblématique où le méchant a le beau rôle ...
  • 14
    Bande-annonce

    Le Roman d'un tricheur (1936)

    1 h 21 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Sacha Guitry avec Sacha Guitry, Marguerite Moreno, Jacqueline Delubac

    Guitry investit le cinéma, mais sans en faire un simple outil au service de son texte, ciselé, brillant ou de sa voix - voix off, si maîtrisée qu'on croirait parfois entendre les personnages défilant sur l'écran et qui est d'ailleurs habilement coupée par un vrai dialogue en deux temps avec Marguerite Moreno, et par une chanson interprétée par Frehel (sur un très bon texte de Guitry). Les très bons moments s'enchaînent, du générique culte à des séquences de pur cinéma, l'armée monégasque repartant à rebours, ou le plan-séquence (sans textes mais porté par la très bonne musique d'A. Borchard) des divers avatars de Guitry face à des policiers plutôt perplexes.
  • 15

    Pépé le Moko (1937)

    1 h 33 min. Sortie : . Policier.

    Film de Julien Duvivier avec Jean Gabin, Gabriel Gabrio, Saturnin Fabre

    1937

    La casbah mythique, le voyou romantique, le destin, les amants maudits, les ailleurs, le navire, les grilles, jean Gabin - tout le réalisme poétique et là.
  • 16

    La Marseillaise (1938)

    2 h 06 min. Sortie : . Historique et comédie dramatique.

    Film de Jean Renoir avec Léon Larive, Aime Clariond, Maurice Escande

    1938

    Ce film, curieusement oublié, de Renoir marque la fin de son compagnonnage avec le parti communiste (il est d'ailleurs produit grâce à une souscription lancée par la CGT). C'est pourtant une vraie réussite - avec un parallèle probant et sans didactisme entre la révolution de 1789 et le Front populaire, une transposition historique crédible (malgré quelques anachronismes), une grande réalisation, avec des mouvements de caméra très parlants (l'arrivée des sans-culottes à Paris, le passage en revue de l'armée par le roi), une interprétation de qualité, tant pour les acteurs consacrés (Pierre Renoir, excellent, dans le rôle de Louis XVI, Louis Jouvet pour un passage bref et brillant) ou moins connus (notamment dans la bande des marseillais), et une ode à la fraternité, avec une image de plus en plus lumineuse (et un très bon recours aux fondus enchaînés) à mesure que la Provence se rapproche de Paris.
  • 17
    Bande-annonce

    Sous les toits de Paris (1930)

    1 h 36 min. Sortie : . Romance et comédie dramatique.

    Film de René Clair avec Albert Préjean, Pola Illery, Gaston Modot

    1930

    René Clair s'engage avec méfiance (voire défiance) dans le cinéma parlant - en privilégiant la musique, en recourant avec parcimonie aux dialogues. Le film est une réussite : la caméra reste très mobile, le rythme enlevé, les décors (Lazare Meerson) et l'image (Georges Périnal) sont très soignés et l'interprétation, globalement très bonne et pas du tout contaminée par les tics du muet.
  • 18
    Bande-annonce

    L'Âge d'or (1930)

    1 h. Sortie : décembre 1930. Comédie et drame.

    Film de Luis Buñuel avec Gaston Modot, Lya Lys, Caridad de Laberdesque

    1930

    Bunuel et Dali (qui allaient d'ailleurs se brouiller à cette occasion) : l'apogée du cinéma surréaliste ou ses derniers feux ? Provocation évidemment, scandale, censure (jusqu'en 1981!), avec des trouvailles étonnantes (les squelettes fossilisés des évêques) ou scandaleuses (contre la religion, la patrie, l'armée). La difficulté qui risque de toucher toute oeuvre à vocation provocatrice est le risque de vieillissement.
  • 19
    Bande-annonce

    À propos de Nice (1930)

    23 min. Sortie : . Muet.

    Court-métrage de Jean Vigo

    1930

    Le tout premier film de Vigo (un CM muet), tel qu'en lui-même, provocateur, surréaliste, insolite, virulent, drôle. Un reportage, un pamphlet social, un poème filmé, un essai d'étudiants en cinéma ? Vigo lui-même révoquait l'appellation de "documentaire" et parlait d'un "point de vue documenté". Tel qu'en lui-même.
  • 20

    Prix de beauté (1930)

    1 h 49 min. Sortie : . Drame.

    Film de Augusto Genina avec André Nicolle, Alex Bernard, Gaston Jacquet

    1930

    Etrange objet, victime sans doute de sa position à la frontière entre muet et parlant : la sonorisation des dialogues, en fait le doublage postsynchronisé, est une catastrophe - parole non raccord avec le mouvement des lèvres (quand celui-ci existe, doublages ridicules notamment pour Louise Brooks, accumulation des plans de coupe pour y insérer les dialogues off)). Le scénario relève du (mauvais) roman de gare ou de la (mauvaise) romance à la Bruant. l'ensemble est très décousu, entre images documentaires et mélodrame. Pourtant le film rest intéressant, avec une aisance certaine dans la mise en scène, un montage très dynamique et maîtrisé, une bonne utilisation de la musique et quelques scènes très réussies : le prologue, brillant, les scènes de train, la fête populaire (au rythme des vagues effectuées par la caméra) et surtout le final, assez fascinant, et parachevant le mythe de Louise Brooks et de la femme fatale.
  • 21

    Le Mystère de la chambre jaune (1930)

    1 h 48 min. Sortie : . Policier.

    Film de Marcel L'Herbier avec Huguette Duflos, Marcel Vibert, Roland Toutain

    1930

    Des points forts - d'abord le risque d'avoir proposé un vrai film parlant, les décors expressionnistes et gothiques - mais aussi des faiblesses : la caméra devient très statique, le rythme assez mou et l'interprétation, trop tributaire des canons du muet assez catastrophique. On ne retrouve donc pas le Marcel L'Herbier grand expérimentateur au temps du muet et le film doit surtout être vu comme un document sur les débuts du cinéma parlant.
  • 22

    Paris la nuit (1930)

    Sortie : .

    Film de Henri Diamant-Berger

    1930

    A voir prochainement.
  • 23

    À nous la liberté ! (1931)

    1 h 26 min. Sortie : . Comédie.

    Film de René Clair avec Rolla France, Jacques Shelly, Andre Michaud

    1931

    De façon paradoxale, quelques mois après avoir démontré avec le million sa pleine maîtrise du cinéma parlant (dont il se défiait fortement), René Clair revient, certes brillamment à l'esthétique et aux codes du muet : dialogues quasi absents, situations immédiatement compréhensibles, musique très présente, accumulation des poursuites burlesques - jusqu'à l'ironie totale, quand par exemplele directeur sur le point de commencer son discours face à une table vide, le transforme en pantomime, tous les sons l'accompagnant étant off.
    A côté de temps plus faibles (la mise en route assez lourde, le premier repas festif, certaines poursuites ...), le film compte de très belles réussites - le parallélisme très inquiétant des situations dans la prison et dans l'usine, le travail à la chaîne annonçant à l'évidence Chaplin et les Temps modernes, les étonnants décors de L. Meerson, la confusion entre les chapeaux hauts de forme et les billets de banque emportés par le vent ... L'éloge de la clochardisation, comme symbole de la liberté à conquérir contre le travail asservissant, très en vogue à l'époque dans les cercles intellectuels, peut aujourd'hui laisser perplexe.
  • 24

    Les Amours de minuit (1930)

    1 h 49 min. Sortie : 1930. Policier, drame et romance.

    Film de Augusto Genina avec Daniele Parola, Pierre Batcheff, Louis Zellas

    1931

    Un film mineur ou une rareté ? Certes le scénario peut sembler très convenu et la place accordée aux numéros de cabaret relever de la facilité. Mais le film peut aussi évoquer (et anticiper) nombre d'oeuvres importantes : de l'Ange bleu (un copié/collé du personnage de Marlène Dietrich) au réalisme poétique très proche - avec la fuite impossible vers les ailleurs :bateau en attente, trains, brumes fumées ..., et même Aristide Bruant, Hitchcock ou Tintin ...
  • 25

    Le Parfum de la dame en noir (1931)

    1 h 49 min. Sortie : . Policier.

    Film de Marcel L'Herbier avec Roland Toutain, Huguette Duflos et Marcel Vibert

    1931

    Plutôt mieux reussi que la première partie tournée un an plus tôt - malgré une interprétation toujors très faible (notamment Roland Toutain et Huguette Duflos). La confusion des genres (entre enquête policière, fantastique et pur burlesque) ainsi que les invraisemblances de l'intrigue correspondent bien à l'esprit feuilletonnesque du roman, la technique (son, dialogues) est à présent maîtrisé et le film propose en outre un éloge de la modernité (de l'époque ...) : voiture de sport dévalant la route de la corniche du côté de Nice, bateau à moteur, téléphone ...
  • 26

    Mam'zelle Nitouche (1931)

    1 h 46 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Marc Allégret avec Alida Rouffe, Edwige Feuillère, Simone Simon

    1931

    La préhistoire de la comédie musicale, un scénario boulevardier, une réalisation sans grand relief, avec montage approximatif, son peu audible et image très dégradée. mais l'ensemble passe grâce à l'abattage des comédiens, Raimu en tête, mais aussi Janie Marèse (déjà présente dans la Chienne, mais à la carrière météorique), Alerme, Alida Rouffe, Edith Mera , Edouard Delmont, tous (même les plus anciens) s'adaptant avec aisance aux contraintes du parlant.
  • 27
    Bande-annonce

    La Fin du monde (1931)

    1 h 34 min. Sortie : . Fantastique.

    Film de Abel Gance avec Jean d'Yd., Pierre Alcover, Sylvia Grenade

    1931

    La découverte par Gance du cinéma parlant a quelque chose d'atroce. Du fatras d'un scénario (d'ailleurs mutilé par les producteurs) (pour le bien-être du public ?) mêlant utopie politique, mysticisme niais, bondieuserie permanente, science, intrigue sentimentale, essais d'action et de poursuite, et interprétation abominable (dont celle de Gance lui-même), les ambitions sans limites du film sombrent dans le ridicule.
    Il reste la dernière partie du film - avec l'approche d'une gigantesque comète fonçant sur la terre. Le monde entier a peur, des pingouins aux Inuits, des femmes africaines réfugiées dans leurs cases aux océans tempétueux, panique, s'affole - quand à Paris ... on multiplie les orgies.Et là le délire est si excessif qu'il confine presque au génie.
    Et la Fin du monde annonce aussi les productions futures de Hergé (l'Etoile mystérieuse) et de Lars von Trier (Melancholia).
  • 28

    Le congrès s'amuse (1931)

    1 h 42 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Jean Boyer et Erik Charell avec Lilian Harvey, Lil Dagover, Henri Garat

    1931

    A voir prochainement.
  • 29
    Bande-annonce

    Vampyr, ou l'étrange aventure de David Gray (1932)

    Vampyr

    1 h 23 min. Sortie : . Épouvante-Horreur.

    Film de Carl Theodor Dreyer avec Julian West, Maurice Schutz, Sybille Schmitz

    1932

    Il aura suffi de deux erreurs, de deux aléas pour que Vampyr, initialement très tributaire de l'expressionnisme des origines (fort contraste des noirs et des blancs pour un affrontement mystique entre le bien et le mal, décors à la Caligari, surjeu des comédiens, ombres ...) devienne véritablement culte :
    - une erreur (des producteurs) dans la graphie du nom,
    - un excès de lumière dans l'obturateur pour une image voilée, brumeuse, impressionniste et surréaliste et une poésie inédite parfaitement exploitée par Dreyer.
  • 30

    Fanny (1932)

    2 h 20 min. Sortie : . Comédie et drame.

    Film de Marc Allégret avec Raimu, Pierre Fresnay, Orane Demazis

    Séances de cinéma (2 salles)
    1932

    Un an après Marius, la tonalité du récit (portée par d'excellents dialogues - avec moins de mots d'auteur) tourne clairement au drame. La difficulté, apparente dès le titre, tient à ce que l'intrigue est à présent clairement centrée sur fanny - dont l'interprétation tend à tirer le drame ( sur des thématique à la fois personnelles et obsessionnelles pour Pagnol, mais aussi universelles) vers le mélo - ainsi son surjeu, dans la grande scène finale,lorsque sa voix finit par se perdre dans les aigus et son regard vers le plafond, tend à parasiter la vraie profondeur du texte.
    Il reste que le cinéma, avec son langage et son mouvement, est de plus en plus présent et bien présent : on songe ainsi aux longs travellings accompagnant les errances de Fanny dans Marseille jusqu'à la très belle contre-plongée sur Notre-Dame de la garde, aux profondeurs de champ (par exemple des cloches du mariage aux tours de la Bonne Mère, ou au jeu sur les avant-plans - césar (mal) dissimulé derrière une porte guettant le départ de ses compères.
    Les intermèdes ludiques et comiques (la pétanque, le bateau de M. Brun, l'assassinat du scaphandre) remplissent toujours bien leur rôle et l'abattage des comédiens, Raimu évidemment, Charpin, Alida Rouffe, Robert Vattier, Milly Mathis, emporte tout.