Words (2019)

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32 livres

par Paul_
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  • Manuscrit trouvé à Saragosse (1804)

    Sortie : 1804. Roman.

    Livre de Jan Potocki

    Roman picaresque, libertin, fantastique, philosophique qui conte les aventures du jeune Alphonse Van Worden, promu capitaine des gardes wallonnes, dans une Sierra Morena peuplée de princesses mauresques, de cabalistes, de géomètres et d'esprits. C'est surtout un texte étonnamment moderne, à la langue merveilleusement fluide, qui comprend des centaines de récits enchâssés les uns dans les autres, allant jusqu'à créer une quintuple mise en abîme. Dans l'esprit des Mille et Une Nuits, Potocki a ce don unique pour conter des vies imaginaires : j'ai eu la (pénible) tâche de compter les personnages du roman dans le cadre d'un cours, j'en ai recensé pas moins de 520, dont près de la moitié sont nommés ! C'est la vraie prouesse du livre que d'avoir bâti ainsi sa propre société, à taille quasi-réelle et d'une diversité insolite, où les pérégrinations d'un simple ramoneur ont la même valeur romanesque que celles du Juif Errant, où Cléopâtre serait presque l'égale d'un petit fabricant d'encre de Cadix, et où des fantômes de bandits pendus et des demi-dieux issus de la Kabbale rivalisent de majesté.

    .........

    « Comme le Bohémien en était à cet endroit de son récit, on vint le chercher pour les intérêts de sa peuplade. Lorsqu'il fut sorti, Velasquez prit la parole et dit : "J'ai beau faire attention aux récits de notre chef, je n'y puis plus rien comprendre. Je ne sais plus qui parle ou qui écoute. Ici, c'est le marquis de Val Florida qui raconte son histoire à sa fille, qui la raconte au Bohémien, qui nous la raconte. En vérité, cela est très confus. Il m'a toujours paru que les romans et autres ouvrages de ce genre devraient être écrits sur plusieurs colonnes, comme les traités de chronologie." »
  • L'Invention de Morel (1940)

    La invención de Morel

    Sortie : 1940. Roman.

    Livre de Adolfo Bioy Casares

    Une fable fantastique d'une rare puissance évocatrice, qui dégage une mélancolie infinie. Un homme piégé dans une boucle temporelle, son obsession pour une femme, l'incompréhensible incommunicabilité avec celle-ci, la hantise de la mémoire, l'empire des images, et puis la soif d'immortalité... On voit bien que Marienbad n'aurait pu exister sans l'invention de Casares. Celle-ci doit surtout sa vraisemblance à l'exactitude apportée aux détails et à la place accordée à la description matérielle des conditions de vie sur l'île : marées, centrales hydrauliques, topographie générale du lieu.
  • Les Frères Karamazov (1880)

    Братья Карамазовы (Brat'ya Karamazovy)

    Sortie : 1880. Roman.

    Livre de Fiodor Dostoïevski

    Alors voilà : comment expliquer que je puisse goûter aux grandes lignes de l'ensemble, visualiser l'idée du projet, sa trajectoire, en admirer les figures, le montage bloc par bloc, jusque dans l'assemblage des à-côtés (les gamins) en passant bien sûr par les plus beaux morceaux (le starets, la légende du Grand Inquisiteur, le cauchemar, les plaidoiries)... sans pourtant être jamais vraiment emporté dans mon regard « de près », saisi par la finesse de la matière même de l'œuvre, sa couleur, sa forme, son détail, bref : ses mots. Comme si le texte se jouait à côté de moi, comme si j'aurais pu en survoler les pages que cela n'aurait rien changé. Un peu comme une cathédrale aux pierres grossièrement taillées que je trouverais belle uniquement en la considérant de loin, ou en imagination. On me dira sans doute que les personnages ne manquent pas de chaleur, d'incarnation et les situations de pittoresque, qu'ils en sont justement si pleins. Je voudrais bien y croire mais rien n'y fait, je peux lire dans tous les sens, mon plaisir n'est que cruellement abstrait. Le mystère Dostoïevski persiste.
  • Étude sur la composition des Deux Étendards (2017)

    Sortie : . Journal et carnet.

    Livre de Lucien Rebatet

    Document absolument passionnant pour qui a eu le bonheur de lire Les Deux Étendards, cette « étude » constitue en fait un journal de bord tenu par l'auteur en prison et qui éclaire, chapitre par chapitre, le processus de création romanesque. C'est d'abord bien entendu le récit de conditions d'écriture si particulières, le froid et l'obscurité de la cellule, les chaînes aux pieds qui empêchent au condamné à mort de faire les cent pas pour mieux scander ses phrases comme il en avait l'habitude dans son appartement de Neuilly. Il y a aussi de quoi satisfaire le lecteur curieux de découvrir l'envers du décor fictionnel : la part autobiographique qui se révèle beaucoup plus importante que prévue (Rebatet a vécu quasi-intégralement l'histoire racontée, il ne fait que broder à partir de ses souvenirs et ses carnets des années 1920), le retour sur la genèse des épisodes les plus mémorables du roman mais aussi de sa dernière phrase, la révélation d'une fin alternative qui devait rallonger l'œuvre de plusieurs centaines de pages.

    Mais c'est en transcendant sa condition de journal de bord que l'ouvrage revêt un intérêt supérieur, pour devenir un témoignage précieux sur le métier d'écrivain, apportant des réponses aux questions incontournables : à quel rythme écrire (ici on ne jure que par 6 pages quotidiennes et une régularité à toute épreuve), comment ne pas perdre pied dans les moments plus pénibles (Rebatet avait en horreur ce qu'il appelait les « marquises », ces petits passages descriptifs en début de chapitre servant à recontextualiser l'action), comment faire illusion aussi, comme tout bon romancier (où l'on apprend que l'auteur n'a pas mis les pieds dans certaines villes qu'il décrit, qu'il est parfaitement autodidacte en matière de théologie, etc.). C'est sans doute là la grande leçon du livre : loin de toute idéalisation, l'art du roman est avant tout un art du bricolage, et si Rebatet n'était évidemment pas sans talent, c'est surtout grâce à son intransigeance absolue qu'il a réussi à tenir le cap. Le respect continu de ses principes stylistiques, qu'il tire de l'esthétique cinématographique (« une idée, une sensation sous chaque mot », une mise en scène minutieuse pour des personnages qui sont comme « des acteurs sur un plateau »), une mise à distance lucide de ses démons, la vulgarité et la chronique journalistique, et enfin une foi inébranlable en la littérature et en son propre génie, lui ont permis d'aller jusqu'au bout.
  • W ou le souvenir d'enfance (1975)

    Sortie : 1975. Roman et biographie.

    Livre de Georges Perec

    C'est vraiment un drôle de livre, je ne crois pas que pris isolément les deux textes aient un grand intérêt littéraire, mais justement, on ne les lit jamais vraiment séparément, on pense toujours à l'un en lisant l'autre, et cette fois la trouvaille de Perec consiste à ce que le lecteur prenne une part active à son œuvre en façonnant de lui-même un troisième texte avec son imagination, et qui serait comme le produit de la friction des deux premiers. Le plaisir qui en découle a une certaine parenté avec celui qu'on peut éprouver face au montage au cinéma.
  • Les Jeunes Filles (1936)

    Sortie : 1936. Roman.

    Livre de Henry de Montherlant

    Puissante et improbable compilation de cruelles épîtres à la Laclos, d'un essai sur les relations hommes-femmes à l'essentialisme pas très Butler-friendly, d'annonces matrimoniales devancières de Tinder, le tout baignant dans le feu sans flamme d'aphorismes clinquants. Mais c'est dans les morceaux romanesques – forme littéraire la plus pure – que je m'y suis senti le mieux, parce que c'est l'endroit où le personnage de Costals gagne en épaisseur en dévoilant enfin un peu de sentiment, et parce que le portrait de Solange scintille de petites phrases proustiennes qui font frissonner le cœur.

    .........

    « Les traits de son visage qui ne lui plaisaient pas, il les voyait comme les portes de secours d'une salle, par où le cas échéant on pourra s'échapper, ou comme les clauses équivoques d'un contrat : c'était ce menton un peu lourd qui lui permettrait un jour de la quitter le cœur léger. »
  • Baleine (2014)

    Sortie : mars 2014.

    Livre de Paul Gadenne

    Mon enthousiasme est sans doute à modérer quelque peu quand on considère la brièveté de la nouvelle, mais j'envie cette prose limpide, sa précision mathématique, la modestie de son hermétisme qui dessine, sans symbolisme facile ni scepticisme froid, des figures doucement incompréhensibles sur les sables fuyants d'une plage de France où est venue s'échouer une baleine. J'ai maintenant hâte de voir ce dont Gadenne est capable sur un format plus long.
  • Vents (1946)

    Sortie : 1946. Poésie.

    Livre de Saint-John Perse

    Toujours eu du mal avec la poésie érudite (dont T. S. Eliot serait le porte-étendard) qui relève pour moi d'un antagonisme difficile, peu naturel. Saint-John Perse ne fait pas exception : j'ai eu bien de la peine à retrouver le souffle de ses vents entre les pages de ce manuel de botanique, entre ces lourdes stèles couvertes de hiéroglyphes...
  • Les chansons de Bilitis (1894)

    Sortie : décembre 1894. Poésie.

    Livre de Pierre Louÿs

    Nostalgie de l'antique et douceurs érotiques.

    .........

    « Ici gît le corps délicat de Lydé, petite colombe, la plus joyeuse de toutes les courtisanes, qui plus que toute autre aima les orgies, les cheveux flottants, les danses molles et les tuniques d’hyacinthe.

    Plus que toute autre, elle aima les glottismes savoureux, les caresses sur la joue, les jeux que la lampe voit seule et l’amour qui brise les membres. Et maintenant, elle est une petite ombre. »
  • Hécate et ses chiens (1954)

    Sortie : 1954. Roman.

    Livre de Paul Morand

  • Le Guetteur (1930)

    Sortie : 1930. Roman.

    Livre de Vladimir Nabokov

  • Les soldats de Salamine (2004)

    Soldados de Salamina

    Sortie : février 2004. Roman.

    Livre de Javier Cercas

  • La Communauté désoeuvrée (1986)

    Sortie : 1986. Essai.

    Livre de Jean-Luc Nancy

  • La Communauté inavouable (1983)

    Sortie : 1983. Essai.

    Livre de Maurice Blanchot

  • Journal de deuil (2009)

    Sortie : février 2009. Correspondance / Journal.

    Livre de Roland Barthes

  • Autoportrait (2005)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Edouard Levé

  • Fragments d'un discours amoureux (1977)

    Sortie : 1977. Essai.

    Livre de Roland Barthes

  • Journal du voleur (1949)

    Sortie : 1949. Roman.

    Livre de Jean Genet

  • Le Vice-Consul (1966)

    Sortie : 1966. Roman.

    Livre de Marguerite Duras

  • La Vie mode d'emploi (1978)

    Sortie : 1978. Roman.

    Livre de Georges Perec

  • Cinna (1643)

    Sortie : 1643. Théâtre.

    Livre de Pierre Corneille

  • La Résistible Ascension d'Arturo Ui (1941)

    Der aufhaltsame Aufstieg des Arturo Ui

    Sortie : 1941. Théâtre.

    Livre de Bertolt Brecht

  • Boris Godounov (1831)

    Sortie : 1831. Théâtre.

    Livre de Alexandre Pouchkine

  • Médée (2001)

    Sortie : 2001. Roman.

    Livre de Christa Wolf

  • L'Homme foudroyé (1945)

    Sortie : 1945. Biographie.

    Livre de Blaise Cendrars

  • Richard III (1592)

    Sortie : 1592. Théâtre.

    Livre de William Shakespeare

  • Les Amours jaunes (1873)

    Sortie : 1873. Poésie.

    Livre de Tristan Corbière

  • Défense de Prosper Brouillon (2017)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Éric Chevillard

  • Zadig ou la Destinée (1747)

    Sortie : 1747. Conte.

    Livre de Voltaire

  • Hippolyte (1573)

    Sortie : 1573. Théâtre.

    Livre de Robert Garnier

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