Bibliothèque poétique
Répertoire des ouvrages de ma bibliothèque personnelle appartenant au domaine poétique.
85 livres
créée il y a 8 mois · modifiée il y a 29 joursŒuvres poétiques (1555)
suivi de Rymes
Sortie : 22 avril 1983 (France). Poésie
livre de Louise Labé et Pernette Du Guillet
Annotation :
LABÉ Louise, dite « La Belle Cordière » (v. 1524-1566)
« (...) contrainte en mon lit de veiller,
Entrai si fort en contemplation,
Qu'on ne m'eût su en veillant réveiller :
Lors travaillant l'imagination
Je discourais plus avant que les Cieux
Avecques douce, et longue passion.
Avis m'était qu'en lieu délicieux
Je me trouvais, avec un si grand aise,
Que souhaiter je n'eusse su de mieux. »
Trois sonnets / Voix et Musique jouée au Luth Renaissance par Carolyne Cannella :
https://www.youtube.com/watch?v=TYZ2j2qq8cQ
Louise LABÉ – La belle rebelle et le « françois nouveau » (France Culture, 1987)
https://www.youtube.com/watch?v=4Reuj6XO_b0
Les Chants du crépuscule (1835)
Sortie : 1835 (France). Poésie
livre de Victor Hugo
Annotation :
HUGO Victor (1802-1885)
« Les autres en tout sens laissent aller leur vie,
Leur âme, leur désir, leur instinct, leur envie ;
Tout marche en eux, au gré des choses qui viendront,
L'action sans idée et le pied sans le front ;
Ils suivent au hasard le projet ou le rêve,
Toute porte qui s'ouvre ou tout vent qui s'élève ;
Le présent les absorbe en sa brièveté.
Ils ne seront jamais et n'ont jamais été ;
Ils sont, et voilà tout. »
(XXXV)
« Dis-moi, crois-tu, vraiment, posséder ce royaume
D'ombre et de fleurs, où l'arbre arrondi comme un dôme,
L'étang, lame d'argent que le couchant fait d'or,
L'allée entrant au bois comme un noir corridor,
Et là, sur la forêt, ce mont qu'une tour garde,
Font un groupe si beau pour l'âme qui regarde ! »
(À un riche)
« Quand vous vous assemblez, bruyante multitude,
Pour aller le traquer jusqu'en sa solitude,
Vous excitant l'un l'autre, acharnés, furieux,
- Ne le sentez-vous pas ? - Le peuple sérieux,
Qui rêvait à vos cris un dragon dans son antre,
Avec la flamme aux yeux, avec l'écaille au ventre,
S'étonne de ne voir d'autre objet à vos coups
Que cet homme pensif, mystérieux et doux. »
(XXXII)
Voir aussi Guitare mis en musique par Brassens :
https://www.senscritique.com/morceau/gastibelza/6984409
https://www.senscritique.com/album/melodies_sur_des_poemes_de_victor_hugo/105063936
Flebile nescio quid (Arr. for Orchestra and Soprano by Richard Dubugnon) :
https://www.youtube.com/watch?v=lD01q0mRSsQ
L'Art d'être grand-père (1877)
Sortie : 1877 (France). Poésie
livre de Victor Hugo
Annotation :
« Jeanne était au pain sec dans le cabinet noir,
Pour un crime quelconque, et, manquant au devoir,
J'allai voir la proscrite en pleine forfaiture,
Et lui glissai dans l'ombre un pot de confiture
Contraire aux lois. Tous ceux sur qui, dans ma cité,
Repose le salut de la société,
S'indignèrent, et Jeanne dit d'une voix douce :
- Je ne toucherai plus mon nez avec mon pouce ;
Je ne me ferai plus griffer par le minet.
Mais on s'est récrié :- Cette enfant vous connaît ;
Elle sait à quel point vous êtes faible et lâche.
Elle vous voit toujours rire quand on se fâche.
Pas de gouvernement possible. À chaque instant
L'ordre est troublé par vous ; le pouvoir se détend ;
Plus de règle. L'enfant n'a plus rien qui l'arrête.
Vous démolissez tout. - Et j'ai baissé la tête,
Et j'ai dit : - Je n'ai rien à répondre à cela,
J'ai tort. Oui, c'est avec ces indulgences-là
Qu'on a toujours conduit les peuples à leur perte. »
(VI)
La Fin de Satan (1886)
Sortie : 1886 (France). Poésie
livre de Victor Hugo
Annotation :
« Guerre à ce ciel où Dieu met tant de faux attraits !
Il a cru m'en chasser, c'est moi qui m'y soustrais.
Il me croit prisonnier, je suis libre. Je plane.
Et le démon c'est l'aigle, et le monde, c'est l'âne.
Et je ris. Je suis fier et content (...). »
Gaspard de la nuit (1842)
Fantaisies à la manière de Rembrandt et de Callot
Sortie : 1842 (France). Poésie
livre de Aloysius Bertrand
Annotation :
BERTRAND Louis, dit « Aloysius » (1807-1841)
« Le pouce est ce gras cabaretier flamand, d'humeur goguenarde et grivoise, qui fume sur sa porte, à l'enseigne de la double bière de mars.
L'index est sa femme, virago sèche comme une merluche, qui, dès le matin, soufflette sa servante dont elle est jalouse, et caresse la bouteille dont elle est amoureuse.
Le doigt du milieu est leur fils, compagnon dégrossi à la hache, qui serait soldat, s'il n'était brasseur, et qui serait cheval s'il n'était homme.
Le doigt de l'anneau est leur fille, leste et agaçante Zerbine qui vend des dentelles aux dames, et ne vend pas ses sourires aux cavaliers.
Et le doigt de l'oreille est le Benjamin de la famille, marmot pleureur qui toujours se brimbale à la ceinture de sa mère comme un petit enfant pendu au croc d'une ogresse.
Les cinq doigts de la main sont la plus mirobolante giroflée à cinq feuille qui ait jamais brodé les parterres de la noble cité de Harlem. »
(Les cinq doigt de la main)
+ Le Bibliophile (p. 127) ; Les Grandes Compagnies (170) ; Scarbot ([I] 135 - [II] 243).
Poésies et souvenirs (1824)
Sortie : 1824 (France). Poésie
livre de Gérard de Nerval
Annotation :
NERVAL (de) Gérard [Gérard LABRUNIE] (1808-1855)
ÉPITAPHE
« Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet,
Tour à tour amoureux insoucieux et tendre,
Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre,
Un jour il entendit qu'à sa porte on sonnait.
C'était la Mort ! Alors il la pria d'attendre
Qu'il eût posé le point à son dernier sonnet ;
Et puis sans s'émouvoir, il s'en alla s'étendre
Au fond du coffre froid où son corps frissonnait.
Il était paresseux, à ce que dit l'histoire,
Il laissait trop sécher l'encre dans l'écritoire.
Il voulait tout savoir mais il n'a rien connu.
Et quand vint le moment où, las de cette vie,
Un soir d'hiver, enfin l'âme lui fut ravie,
Il s'en alla disant : « Pourquoi suis-je venu ? » »
Poèmes antiques (1852)
Sortie : 1852 (France). Poésie
livre de Leconte de Lisle
Annotation :
LECONTE De LISLE Charles Marie (1818-1894)
« La lune n'était point ternie,
Le ciel était tout étoilé ;
Et moi, j'allai trouver Annie
Dans les sillons d'orge et de blé.
Oh ! les sillons d'orge et de blé ! »
(Annie)
« Car sa force est cachée en sa lutte éternelle ;
Il se complaît, s'admire, et s'agrandit en elle.
Avide de lumière, altéré de combats,
Le sol est toujours noir, les cieux toujours bas ;
Il vole, il monte, il lutte, et sa serre hardie
Saisit le triple éclair dont le feu l'incendie ! »
(Khirôn)
« Bienheureux ! Il croyait la Terre impérissable,
Il entendait parler au prochain firmament,
Il n'avait point taché sa robe irréprochable ;
Dans la beauté du monde il vivait fortement »
+ Nanny [le courlis siffleur] (p. 281)
Les Fleurs du mal (1857)
Sortie : 25 juin 1857. Poésie
livre de Charles Baudelaire
Annotation :
Charles BAUDELAIRE (1821-1867)
Le collier de griffes (1908)
Sortie : janvier 1972 (France). Poésie
livre de Charles Cros
Annotation :
CROS Charles (1842-1888)
« Ma pensée est une églantine
Éclose trop tôt en avril,
Moqueuse au moucheron subtil
Ma pensée est une églantine ;
Si parfois tremble son pistil
Sa corolle s'ouvre mutine.
Ma pensée est une églantine
Éclose trop tôt en avril.
Ma pensée est comme un chardon
Piquant sous les fleurs violettes,
Un peu rude au doux abandon
Ma pensée est comme un chardon ;
Tu viens le visiter, bourdon ?
Ma fleur plaît à beaucoup de bêtes.
Ma pensée est comme un chardon
Piquant sous les fleurs violettes.
Ma pensée est une insensée
Qui s'égare dans les roseaux
Aux chants des eaux et des oiseaux,
Ma pensée est une insensée.
Les roseaux font de verts réseaux,
Lotus sans tige sur les eaux
Ma pensée est une insensée
Qui s'égare dans les roseaux.
Ma pensée est l'âcre poison
Qu'on boit à la dernière fête
Couleur, parfum et trahison,
Ma pensée est l'âcre poison,
Fleur frêle, pourprée et coquette
Qu'on trouve à l'arrière-saison
Ma pensée est l'âcre poison
Qu'on boit à la dernière fête
Ma pensée est un perce-neige
Qui pousse et rit malgré le froid
Sans souci d'heure ni d'endroit
Ma pensée est un perce-neige.
Si son terrain est bien étroit
La feuille morte le protège,
Ma pensée est un perce-neige
Qui pousse et rit malgré le froid. »
(École buissonnière)
Poésies (1899)
Sortie : 1899 (France). Poésie
livre de Stéphane Mallarmé
Annotation :
MALLARMÉ Stéphane (1842-1898)
« Parce que de la viande était à point rôtie,
Parce que le journal détaillait un viol,
Parce que sur sa gorge ignoble et mal bâtie
La servante oublia de boutonner son col,
Parce que d'un lit, grand comme une sacristie,
Il voit, sur la pendule, un couple antique et fol,
Ou qu'il n'a pas sommeil, et que, sans modestie,
Sa jambe sous les draps frôle une jambe au vol,
Un niais met sous lui sa femme froide et sèche,
Contre ce bonnet blanc frotte son casque-à-mèche
Et travaille en soufflant inexorablement ;
Et de ce qu'une nuit, sans rage et sans tempête,
Ces deux êtres se sont accouplés en dormant,
Ô Shakespeare et toi, Dante, il peut naître un poëte ! »
+ Chanson du fol (p. 98).
Fêtes galantes / Romances sans paroles (1863)
précédé de Poèmes saturniens
Sortie : 1863 (France). Poésie
livre de Paul Verlaine
Annotation :
VERLAINE Paul (1844-1896)
« Leurs jambes pour toutes montures,
Pour tous biens l'or de leurs regards,
Par le chemin des aventures
Ils vont haillonneux et hagards.
Le sage, indigné, les harangue ;
Le sot plaint ces fous hasardeux ;
Les enfants leur tirent la langue
Et les filles se moquent d'eux.
C'est qu'odieux et ridicules,
Et maléfiques en effet,
Ils ont l'air, sur les crépuscules,
D'un mauvais rêve que l'on fait ;
C'est que, sur leurs aigres guitares
Crispant la main des libertés,
Ils nasillent des chants bizarres,
Nostalgiques et révoltés ;
C'est enfin que dans leurs prunelles
Rit et pleure - fastidieux -
L'amour des choses éternelles,
Des vieux morts et des anciens dieux !
- Donc, allez, vagabonds sans trêves,
Errez, funestes et maudits,
Le long des gouffres et des grèves,
Sous l'œil fermé des paradis !
La nature à l'homme s'allie
Pour châtier comme il le faut
L'orgueilleuse mélancolie
Qui vous fait marcher le front haut,
Et vengeant sur vous le blasphème
Des vastes espoirs véhéments,
Meurtrit votre front anathème
Au choc rude des éléments.
Les juins brûlent et les décembres
Gèlent votre chair jusqu'aux os,
Et la fièvre envahit vos membres
Qui se déchirent aux roseaux.
Tout vous repousse et tout vous navre,
Et quand la mort viendra pour vous,
Maigre et froide, votre cadavre
Sera dédaigné par les loups ! »
Les Amours jaunes (1873)
Sortie : 1873. Poésie
livre de Tristan Corbière
LeBouquiniste a mis 8/10.
Annotation :
TRISTAN CORBIÈRE (1845-1875)
« Faisant, d’un à peu près d’artiste,
Un philosophe d’à peu près,
Râleur de soleil ou de frais,
En dehors de l’humaine piste. »
(Le poète contumace)
« Ma Patrie… elle est par le monde ;
(…)
Ma patrie est où je la plante :
Terre ou mer, elle est sous la plante
De mes pieds – quand je suis debout.
(…)
Que les moutons suivent leur route,
De Carcassonne à Tombouctou…
– Moi, ma route me suit. Sans doute
Elle me suivra n’importe où. »
(Paria)
Les Chants de Maldoror (1869)
Sortie : 1869 (France). Poésie
livre de Comte de Lautréamont (Isidore Ducasse)
Annotation :
LAUTRÉAMONT [Isidore DUCASSE] (1846-1870)
« - À quoi pensais-tu, enfant ?
- Je pensais au ciel.
- Il n'est pas nécessaire que tu penses au ciel ; c'est déjà assez de penser à la terre. Es-tu fatigué de vivre, toi qui viens de naître ?
- Non, mais chacun préfère le ciel à la terre.
- Eh bien, pas moi. »
(Chant deuxième)
La chanson des gueux
Poésie
livre de Jean Richepin
Annotation :
Jean RICHEPIN (1849-1926)
[1876]
Oiseaux de passage
https://www.senscritique.com/morceau/les_oiseaux_de_passage/3092807
https://youtu.be/wRdXZRZ5lkE
L'Imitation de Notre-Dame la Lune · Les Fleurs de bonne volonté (1886)
Sortie : 2001 (France). Poésie
livre de Jules Laforgue
Annotation :
LAFORGUE Jules (1860-1887)
« 'Notre Père qui êtes aux cieux' (Oh ! là-haut,
Infini qui êtes donc si inconcevable !)
'Donnez-nous notre pain quotidien'... - Oh ! plutôt,
Laissez-nous nous asseoir un peu à Votre Table !....
Dites ! nous tenez-nous pour de pauvres enfants
À qui l'on doit encor cacher les Choses Graves ?
Et 'Votre Volonté' n'admet-elle qu'esclaves
'Sur cette terre comme au ciel ?...' - C'est étouffant !
Au moins, 'Ne nous induisez pas', par vos sourires
'En la tentation' de baiser votre cœur !
Et laissez-nous en paix, morts aux mondes meilleurs,
Paître, dans notre coin, et forniquer, et rire !...
Paître, dans notre coin, et forniquer, et rire !....
(Petite prière sans prétentions) »
La Rose et les épines du chemin
Les reposoirs de la procession I
Poésie
livre de Saint-Pol-Roux
Annotation :
SAINT-POL-ROUX (1861-1940)
Le Fol
« Près d'un champ de lin en fleur, sur un tronc mort, je découvris, vêtu de sac, pieds nus, l'air d'un naufragé de la Vie, l'haleine en va-et-vient de scie, un homme aux regards vers 'ailleurs'.
Une pièce d'or en hostie, je m'approchai.
La fusée d'ironie gicla de son gosier.
- « Fi de ta rondelle ! Selon toi, je suis pauvre ; mais tu es misérable, selon moi. Tu crois à la richesse qui tombe sous le sens, je crois à l'autre. Naïf qui me fais l'aumône, contemple donc mon palais et mes domaines. »
Et d'un geste qui paraissait illustrer le vide, l'homme objectiva terres et tourelles devant moi.
Ensuite, simulant d'ouvrir un lourd portail de fer, il dit :
- « Entrez. »
Pitoyable à son illusion, je parodiai un pas.
- « Ouais ! gare-toi d'écraser les tulipes de l'allée ! » »
Poésies (1929)
Sortie : 1929 (France). Poésie
livre de Paul Valéry
Annotation :
VALÉRY Paul (1871-1945)
[-]
Gestes et opinions du docteur Faustroll pataphysicien (suivi de) L'Amour absolu (1980)
Sortie : 25 mars 2005 (France). Récit
livre de Alfred Jarry, Noël Arnaud et Henri Bordillon
Annotation :
JARRY Alfred (1873-1907)
De la surface de Dieu (pp. 108-11)
Les minutes de sable mémorial (1894)
Sortie : novembre 2007 (France). Poésie
livre de Alfred Jarry
Annotation :
César-Antechrist
« UBU: Ah le chien de temps - il gèle à pierre fendre et la personne du Maître des Finances s'en trouve fort endommagée.
PILE : Hon! Monsieuye Ubu, êtes-vous remis de votre terreur et de votre fuite ?
UBU : Oui ! je n'ai plus peur, mais j'ai encore la fuite.
COTICE, 'à part' : Quel pourceau.
UBU : Eh ! sire Cotice, votre oneille, comment va-t-elle ?
COTICE : Aussi bien, Monsieuye, qu'elle peut aller tout en allant très mal. Par conséiquent de quoye - le plomb la penche vers la terre et je n'ai pu extraire la balle.
UBU : Tiens, c'est bien fait ! Toi aussi tu voulais toujours taper les autres. Moi j'ai déployé la plus grande valeur et sans m'exposer j'ai massacré 4 ennemis de ma propre main sans compter tous ceux qui étaient déjà morts et que nous avons achevés.
COTICE : Savez-vous, Pile, ce qu'est devenu le Palotin Giron ?
PILE : Il a reçut une balle dans la tête. »
Le Cornet à dés (1917)
Sortie : 1917 (France). Poésie
livre de Max Jacob
Annotation :
JACOB Max (1876-1944)
« Adam et Eve sont nés à Quimper. »
Alcools (1913)
Sortie : 1913 (France). Poésie
livre de Guillaume Apollinaire
Annotation :
APOLLINAIRE Guillaume [Wilhelm Apollinaris de KOSTROWITZKY] (1880-1918)
Schinderhannes
« Dans la forêt avec sa bande
Schinderhannes s'est désarmé
Le brigand près de sa brigande
Hennit d'amour au joli mai
Benzel accroupi lit la Bible
Sans voir que son chapeau pointu
À plume d'aigle sert de cible
À Jacob Born le mal foutu
Juliette Blaesius qui rote
Fait semblant d'avoir le hoquet
Hannes pousse une fausse note
Quand Schulz vient portant un baquet
Et s'écrie en versant des larmes
Baquet plein de vin parfumé
Viennent aujourd'hui les gendarmes
Nous aurons bu le vin de mai
Allons Julia la mam'zelle
Bois avec nous ce clair bouillon
D'herbes et de vin de Moselle
Prosit Bandit en cotillon
Cette brigande est bientôt soûle
Et veut Hannes qui n'en veut pas
Pas d'amour maintenant ma poule
Sers-nous un bon repas
Il faut ce soir que j'assassine
Ce riche juif au bord du Rhin
Au clair des torches de résine
La fleur de mai c'est le florin
On mange alors toute la bande
Pète et rit pendant le dîner
Puis s'attendrit à l'allemande
Avant d'aller assassiner »
Poèmes à Lou (1947)
Sortie : 1947 (France). Poésie
livre de Guillaume Apollinaire
Annotation :
Ispahan
« Je suis ici le frère des peupliers »
Si je mourais là-bas...
« Si je mourais là-bas sur le front de l'armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée »
https://www.senscritique.com/morceau/si_je_mourais_la_bas/16468137
L'Enchanteur pourrissant (1972)
suivi de : les Mamelles de Tirésias / Couleur du temps
Sortie : 28 mars 1972. Roman, Théâtre, Poésie
livre de Guillaume Apollinaire
Annotation :
« Dès l'aurore, la forêt s'emplit de rumeurs et de clartés éblouissantes. Les oiseaux chanteurs s'éveillèrent, tandis que le vieil hibou savant s'endormait. De toutes les paroles prononcées pendant cette nuit, l'enchanteur ne retint pour les approfondir que celles du druide abusé qui s'en alla vers la mer : « J'apprends à redevenir poisson. » Il se souvint aussi, pour en rire, de ces mots proférés par le monstre miaulant Chapalu : « Celui qui mange n'est plus seul. » »
Le Guetteur mélancolique (1952)
suivi de Poèmes retrouvés
Sortie : 1970 (France). Poésie
livre de Guillaume Apollinaire
Annotation :
Le mendiant
« Nous pleurâmes C'était quand nous venions de naître
Et les yeux secs j'attends Si Thanatos m'aimait
Puisque tu veux nier la douleur positive
Adapte un masque hilare et drape l'oripeau
Va L'histrion tire la langue aux attentives
J'attends que passe Thanatos et son troupeau »
'À mon bleu ciel des rêves feuillolent '
« Tout ce que nous disons est mensonge
Et je ne crois plus aux pâmoisons
Les yeux sont pareils aux éponges
On presse on pleure et Tout est Raison »
Les Doukhobors
« Les Doukhobors las des patries
Ont fait flamber les étendards. »
Les Poésies de A.O. Barnabooth (1913)
Sortie : 1913 (France). Poésie
livre de Valery Larbaud
Annotation :
LARBAUD Valery (1881-1957)
L'Innommable
« Quand je serai mort, quand je serai de nos chers morts
(Au moins, me donnerez-vous votre souvenir, passants
Qui m'avez coudoyé si souvent dans vos rues ?)
Restera-t-il dans ces poèmes quelques images
De tant de pays, de tant de regards, et de tous ces visages
Entrevus brusquement dans la foule mouvante ?
J'ai marché parmi vous, me garant des voitures
Comme vous, et m'arrêtant comme vous aux devantures.
J'ai fait avec mes yeux des compliments aux Dames ;
J'ai marché, joyeux, vers les plaisirs et vers la gloire,
Croyant dans mon cher cœur que c'était arrivé ;
J'ai marché dans le troupeau avec délices,
Car nous sommes du troupeau, moi et mes aspirations.
Et si je suis un peu différent, hélas, de vous tous,
C'est parce que je vois,
Ici, au milieu de vous, comme une apparition divine,
Au-devant de laquelle je m'élance pour en être frôlé,
Honnie, méconnue, exilée,
Dix fois mystérieuse,
La Beauté Invisible. »
Poésies documentaires complètes
Sortie : 21 octobre 1982 (France). Poésie
livre de Pierre Mac Orlan
Annotation :
MAC ORLAN Pierre (1882-1970)
Le bouquiniste
« Voyez cet honnête homme, créé par le Tout-Puissant pour vivre auprès de son feu. Une agitation surprenante fait de lui un centre de scandale sur la voie publique. Il saute comme un danseur de ballet russe, s'arrache les cheveux par poignées et gémit comme un récupéré de la classe 1903.
C'est qu'il vient d'apprendre par la voie autorisée du libraire établi en boutique - le libraire expert qui dirige les ventes de l'hôtel Drouot - que le petit livre qu'il a vendu ce matin même à un passant sournois pour la somme de trois francs, n'est autre que la fameuse première édition d'un bouquin qui a fait dix mille francs en vente publique. »
Gravitations (1925)
suivi de Débarcadères
Sortie : 1925 (France). Poésie
livre de Jules Supervielle
Annotation :
SUPERVIELLE Jules (1884-1960)
La Chanson du baladin (Débarcadères)
« Il avait tant voyagé
Que son cœur très allégé
Précédait son corps moins leste.
Puis un jour, bon gré, mal gré,
Sa cervelle avait viré
En une bulle céleste.
Et longtemps après sa mort
Ces accessoires encor
Dans les ténèbres agrestes
Tournaient avec leur chant fou
Mais horlogé de coucou. »
Au coeur du monde (1929)
Poésies complètes 1924-1929
Sortie : 1968 (France). Poésie
livre de Blaise Cendrars
Annotation :
CENDRARS Blaise (1887-1961)
« Dire que des gens voyagent avec des tas de bagages
Moi je n'ai emporté que ma malle de cabine et déjà je trouve que c'est trop que j'ai trop de choses
Voici ce que ma malle contient
Le manuscrit de Moravagine que je dois terminer à bord et mettre à la poste à Santos pour l'expédier à Grasset
Le manuscrit du Plan de l'Aiguille que je dois terminer le plus tôt possible pour l'expédier au Sans Pareil
Le manuscrit d'un ballet pour la prochaine saison des Ballets Suédois et que j'ai fait à bord entre Le Havre et La Pallice d'où je l'ai envoyé à Satie
Le manuscrit du Cœur du Monde que j'enverrai au fur et à mesure à Raymone
Le manuscrit de l'Équatoria
Un gros paquet de contes nègres qui formera le deuxième volume de mon Anthologie
Plusieurs dossiers d'affaires
Les deux gros volumes du dictionnaire Darmesteter
Ma Remington portable dernier modèle
Un paquet contenant des petites choses que je dois remettre à une femme à Rio
Mes babouches de Tombouctou qui portent les marques de la grande caravane
Deux paires de godasses mirifiques
Une paire de vernis
Deux complets
Deux pardessus
Mon gros chandail du Mont-Blanc
De menus objets pour la toilette
Une cravate
Six douzaines de mouchoirs
Trois liquettes
Six pyjamas
Des kilos de papier blanc
Des kilos de papier blanc
Et un grigri
Ma malle pèse 57 kilos sans mon galurin gris » (Bagages)
Éloges (1911)
La Gloire des rois - Anabase - Exil
Sortie : 1911 (France). Poésie
livre de Saint-John Perse
Annotation :
SAINT-JOHN PERSE (1887-1975)

































