Le top de la musique minimaliste

La musique classique contemporaine est dite minimaliste (encore appelée musique répétitive)

Ce courant, venu des USA après la Seconde Guerre Mondiale entend réintroduire l'harmonie, la mélodie par rapport à la musique dite sérielle incarnée par Pierre Boulez. Cette dernière, considérée ...

Afficher plus

Liste de

8 albums

créee il y a presque 4 ans

 · 

modifiée il y a plus de 2 ans

The Complete Piano Etudes
7.9

The Complete Piano Etudes (2014)

Sortie : 25 novembre 2014 (France).

album de Philip Glass et Maki Namekawa

Tom_Ab a mis 8/10.

Annotation :

Typique de la musique minimaliste, Philip Glass, pianiste très fortement influencé par le jazz et la musique moderne américaine, réinvente totalement dans les années 50 et jusqu'à nos jours la musique classique contemporaine en réintroduisant la notion de variations et de mélodies.

Critiqué et jugé par les défenseurs de la musique sérielle comme commerciale voire le degré zéro de la musique classique, son oeuvre est volontiers intimiste même si Philip Glass s'est attaqué à tous les genres classiques, y compris l'opéra (il est le compositeur d'opéra vivant le plus joué).

Il serait faux de penser que cette musique est simple, malgré les apparences. Elle repose sur des exigences de composition rigoureuse. D'ailleurs tous les musiciens cités dans ce "top" sont issus de formations classiques en musique, souvent chefs d'orchestres et parfois dans de prestigieuses académies musicales.

Popularisé grâce à des bandes originales de film (dont plusieurs nominées aux oscars : The Hours, Kundun ou encore Koyaanisqatsi).

Symphony No. 3 'Symphony of Sorrowful Songs'

Symphony No. 3 'Symphony of Sorrowful Songs' (2012)

Sortie : 1 novembre 2012 (France).

album de Henryk Mikołaj Górecki, Isabel Bayrakdarian, DR SymfoniOrkestret et John Axelrod

Tom_Ab a mis 9/10.

Annotation :

Oeuvre très sombre, composée par Gorecki pour soprano et orchestre symphonique marque un tournant. Le compositeur polonais et catholique (détail important) rompt avec cette oeuvre avec la musique sérielle, au même moment qu'Arvo Part. Sa symphonie puise comme ce dernier dans la liturgie chrétienne. Il y a bien évidemment une dimension mystique et réactionnaire dans cette musique qui s'inscrit, avec le retour à la tonalité, en rupture avec la musique sérielle ou atonale.

Music for 18 Musicians
8.2

Music for 18 Musicians (1998)

Sortie : 31 mars 1998 (France). Post-Modern, Contemporary, Classical

album de Steve Reich et Steve Reich and Musicians

Annotation :

Steve Reich, compositeur américain très influencé par le jazz (notamment Coltrane) et la musique traditionnelle notamment sud-américaine et africaine signe avec cette oeuvre une sorte de synthèse de son oeuvre. 18 instruments sont nécessaires : dont 4 pianos, des clarinettes, des cordes, 2 xylophones, des maracas, des marimbas, des voix, entre autres. L'oeuvre a remporté un succès énorme et est l'une des pièces maitresse de la musique minimaliste.

Fratres / Tabula rasa / Spiegel im Spiegel / Summa / Festina lente / Cantus in memoriam Benjamin Britten
8.3

Fratres / Tabula rasa / Spiegel im Spiegel / Summa / Festina lente / Cantus in memoriam Benjamin Britten (1994)

Sortie : 1994 (France). Classique

album de Arvo Pärt, Tasmin Little, Martin Roscoe, Bournemouth Sinfonietta et Richard Studt

Tom_Ab a mis 8/10.

Annotation :

Arvo Part marque un sens genre de la musique minimaliste, la musique dite mystique. Fortement inspiré des chants grégorien et orthodoxe (Arvo Part étant un estonien orthodoxe), utilisant une orchestration de chambre, de l'orgue et du tintinabuli (un instrument de la famille du piano au son entre la cloche et le xylophone), Arvo Part est également célèbre grâce au cinéma (Malick, Sorrentino l'ont utilisé plusieurs fois).

On aurait tort de croire à l'écoute que la musique est ici simplement réactionnaire par rapport à la musique atonale et sérielle. En effet, Arvo Part utilise également des tonalités étranges et des superpositions de sons, au milieu d'emprunts à la musique liturgique chrétienne. Cette notion d'emprunt est essentielle et va inspirer la musique par exemple de Richter qui lui aussi va plagier et se réapproprier les classiques.

Children of Men (OST)
7.1

Children of Men (OST) (2006)

Sortie : 12 décembre 2006 (France).

album de John Tavener

Tom_Ab a mis 8/10.

Annotation :

La bande originale d'un film qualitatif pour ce compositeur britannique décédé il y a quelques années et qui, comme Arvo Part, s'inspire grandement de la liturgie chrétienne. Là encore on notera des sonorités dramatiques et extatiques, qui collent parfaitement aux propos noirs et mystiques d'oeuvres comme Les fils de l'homme ou les fims de Malick qui en usent également (The Tree of Life notamment).

Recomposed by Max Richter: Vivaldi – The Four Seasons
8.3

Recomposed by Max Richter: Vivaldi – The Four Seasons (2012)

Sortie : 31 août 2012 (France). Contemporary, Classical, Baroque

album de Max Richter, Daniel Hope, Konzerthaus Kammerorchester Berlin et André de Ridder

Tom_Ab a mis 9/10.

Annotation :

Reprenant les principaux thèmes de Vivaldi, Max Richter les réinterprète et les détourne. Utilisant la répétition, une orchestration de chambre, avec énormément de cordes (ses instruments de prédilection), il ajoute à la musique minimaliste la réutilisation, un peu à la manière des collages ou des détournements dans l'art pictural (Warhol). Sa réinterprétation de Vivaldi est magnifique selon moi car il en tire l'essence et les principaux thèmes pour en faire des motifs déclinés à l'envie jusqu'à l'étourdissement. Le but est de redécouvrir une musique que tout le monde connait de manière légèrement détournée, pour en retrouver l'essence.

Outre la musique classique, il recours beaucoup à l'éléctronique, un peu à la manière d'un Hans Zimmer. Ce n'est pas un hasard s'il est reconnu pour ses musiques de film d'ailleurs, devenu véritablement une vitrine pour la musique classique contemporaine, une musique il faut dire plus émotive et collant bien plus à l'image que la musique sérielle. On le connait notamment pour les musiques des séries The Leftovers, Black Mirror ou de films comme Valse avec Bachir, Premier Contact, Mémoires de jeunesse, Perfect Sense. Il sait également être à ce titre très polyvalent.

Sleep
7.9

Sleep (2015)

Sortie : 4 septembre 2015 (France). Ambient, Electronic, Classical

album de Max Richter

Tom_Ab a mis 9/10 et a Ă©crit une critique.

Annotation :

Qu'est ce qui caractéristique le style minimaliste ? La recherche non pas d'une technicité musicale, d'un substitut, d'une complexité, mais l'expression simple, minimale, sans artifices, du sentiment. Richter ne se pose pas la question de la signification de son travail. Il compose ici un album de plus de 8h, avec comme seul objectif relaxer et faire dormir. C'est au fond le mal de notre siècle contre lequel il lutte.

Il en résulte une musique émotive, presque un tapis sonore merveilleux. Mais la musique de Richter est précisément belle parce qu'elle est ambiguë. On ne sait pas si son univers onirique est gai ou triste. Il est à la frontière entre deux émotions contraires, deux sentiments contradictoires et c'est peut-être précisément ce qui en fait la beauté.

Orphée
7.8

Orphée (2016)

Sortie : 16 septembre 2016 (France).

album de JĂłhann JĂłhannsson

Tom_Ab a mis 9/10.

Annotation :

Encore un enfant prodige mis en lumière par Deutsch Grammophon, qui a, en terme de musique "savante", une longueur d'avance sur tout le monde, Johann Johannsson, malheureusement décédé l'année dernière. Le compositeur islandais, comme Max Richter s'est illustré dans la musique de film, au côté des plus grands, aussi bien Malick que Villeneuve, deux cinéastes qui aiment les univers contemplatifs, ce qui colle parfaitement avec le style musical minimaliste. Johannsson est plus expérimental que Max Rcihter, mêlant toujours classique et musiques électroniques, avec des pointes d'expérimentations sonores et d'effets ainsi qu'une dimension religieuse et mystique évidente. D'ailleurs, le religieux, est un des axes de la musique minimaliste, partageant un désir ascétique et épuré. Il en résulte chez Johannsson, une exploration de thèmes musicaux très proches, réitérés au piano, à l'orgue, au violon, au synthétiseur, sous toutes ses formes, de manière compulsive, obsessionnelle ; ce qui aboutit à un album proche du mysticisme avec une thématique mythologique. L'onirisme, la fantasmagorie et l'harmonie sont ses terrains d'explorations.

Finalement, la musique minimaliste ne serait-elle pas réactionnaire, dans sa forme comme dans son fond ? Peut-être. En tout cas on parle de musique postmoderniste, précisément en réaction ou en réponse à la musique moderne (Pierre Boulez est un exemple de musique moderne). Mais peut-être faut-il parler de dépassement du débat moderne/passé pour parler du minimalisme ? Car le minimalisme finalement est bien moderne dans ses formes, ses instrumentalisations, tout en faisant honneur à l'harmonie et au mysticisme de la musique passée. De plus, existe-t-il une esthétique moderne et une esthétique réactionnaire ou existent-ils des esthétiques ? Ne dit on pas que la beauté est universelle ? Dans ce cas, la question de modernisme ou post modernisme ne se pose pas.