Lectures 2025
30 livres
créée il y a environ 1 an · modifiée il y a 19 joursGargantua (1534)
Sortie : 1534 (France). Roman
livre de François Rabelais
Diothyme a mis 4/10 et le lit actuellement.
Annotation :
(A)Bon, vraiment, j'aurais essayé, j'ai même trouvé un charme à l'ancien français. Mais j'ai eu l'impression d'assister à un mauvais spectacle de Bigard. Je comprends que ce document constitue une pierre importante dans l'histoire de France, et j'ai regardé même récemment une vidéo de Thiellement où il adoube Rabelais comme un révolutionnaire, notamment avec les personnage de Picrochole, un Charles Quint à peine déguisé ; mais franchement, ça ressemble à ce qu'imaginent certains du Moyen-Age (bien que le livre lui succède historiquement), des paysans grossiers qui ne pensent qu'à bouffer et rient aux éclats quand on leur parle d'excréments ou d'autres fluides corporels. Je suis bluffée quand je compare Tristram Shandy et Gargantua, je m'attendais pas à trouver le premier drôle, et il n'est pas du tout daté, l'humour est vif, et même quand il touche à la sexualité, il est subtil et bienvenu, ce qui est loin d'être le cas des blagues de Gargantua qui ont la lourdeur d'un pachyderme dans le magasin de porcelaine que sont mes pauvres yeux. Il y a quelques originalités salutaires toutefois, dans la narration et le style, (liste interminable d'adjectifs, monastère utopique et chevaux de bois... J'entends bien que l'humour est quelque chose de personnel, mais malheureusement je n'ai pas grand chose à juger ici.
Dernières nouvelles (2016)
The Ancient Minstrel - Brown Dog
Sortie : 11 octobre 2017 (France). Recueil de nouvelles
livre de Jim Harrison
Diothyme a mis 7/10 et le lit actuellement.
Annotation :
(T315) Trois nouvelles très différentes où trois personnalités fortes doivent composer avec les aléas de la vie.
L'Art de la joie (1998)
L'arte della gioia
Sortie : 9 septembre 2005 (France). Roman
livre de Goliarda Sapienza
Diothyme a mis 5/10.
Annotation :
(636)J'ai mis 8 mois à terminer ce livre, non pas tant à cause de sa taille qu'à cause de l'ennui qu'il me cause. Je l'ai sorti de mon sac cet été chez ma meilleure amie, qui s'est exclamée "Je t'ai prêté ça? ça me surprend, tu détesterais." Il faut croire qu'elle me connaît mieux que moi-même. Pourtant, ça aurait pu me plaire, l'Italie, une période historique passionnante, une femme forte, et même des scènes d'amour saphiques. Les premières pages, choquantes, laissaient aussi présumer d'un livre unique et intéressant. Cependant, j'ai eu l'impression de lire ce que je déteste dans de nombreux polars, soit la création d'un avatar consolateur pour un auteur qui pense qu'il méritait mieux de la vie. Modesta, la mal-nommée, est, disons-le tout net, une psychopathe, la vie de personnes, même vulnérables ne sera pas un frein sur son chemin vers l'indépendance et le pouvoir. C'est une anti-fasciste de premier plan, évidemment, puisque étant une femme ambitieuse, elle a besoin d'une liberté que ne permettrait pas un régime plus conservateur, cela ne va pas plus loin, et les rares débats politiques sont plutôt un prétexte pour régler des différends personnels. Les dialogues, interactions ou scènes d'amour qui composent la majorité de ce long texte sont régressifs et mièvres, parfois incestuels, peut-être une traduction pataude, mais j'en doute. Il n'y a que des chamailleries ou des éloges sur l'amante-mère primordiale autour de qui tout ce petit monde tourne. C'est une galerie de miroirs et non pas de personnages à laquelle on à affaire ici. Il n'y a peut-être que Carmine qui a un semblant de relief.
Underground (1997)
Sortie : 7 février 2013 (France). Roman
livre de Haruki Murakami
Diothyme a mis 5/10 et le lit actuellement.
Annotation :
(A)J'ai trouvé la première partie du livre particulièrement ennuyeuse, des témoignages bruts de survivants des attaques de la secte Aum. Par conséquent, les évènements sont les mêmes, et les personnalités des victimes assez similaires et fades, l'évènement ne suffit pas à rendre quelqu'un intéressant. Finalement le récit le plus intéressant était celui d'une victime qui était toujours hospitalisée et ne parvenait plus à s'exprimer après l'attentat, portrait fait par ses proches. La seconde partie, basée sur les membres de la secte était plus pertinent, même si là aussi on trouve étonnement des profils similaires, mais différents de ce que j'ai constaté sur les membres de sectes occidentaux. Habituellement ce sont des personnes plutôt banales, mais qui ont un manque narcissique et émotionnel et qui ont besoin de validation. Ici nos avons affaire à des marginaux qui ne se sentent pas à l'aise dans la société rigide japonaise, rejettent les normes et sont en recherche de sens et de spiritualité. Cette époque a marqué une scission matérialiste chez une culture qui n'y a pas été habituée.
La Femme et le Pantin (1898)
Sortie : 1898 (France). Roman
livre de Pierre Louÿs
Diothyme a mis 6/10 et le lit actuellement.
Annotation :
(A)Pas ce à quoi je m'attendais. J'aime Louÿs et ses perversions, moins quand celles ci sont uniquement morales. Ici on nous présente un monstre, qui aurait complètement brisé la vie d'un honnête homme. Il s'avère que la sadique en question est une adolescente, dont le crime est d'être, disons-le clairement, une allumeuse. Il lui faudra la tabasser et la violer pour qu'elle tombe enfin amoureuse de lui. Je préfère ses livres érotiques où les femmes sont moteur, quitte à pervertir les hommes, que cette bluette moralisatrice compassée.
Soufi, mon amour
Sortie : 26 août 2010 (France). Roman
livre de Elif Shafak
Diothyme a mis 6/10 et le lit actuellement.
Annotation :
(A) Bluette classique, sur un schéma tout aussi classique de crise de la quarantaine où une quadragénaire reprend le contrôle de sa vie et décide que ses envies et son plaisir doivent passer avant les injonctions sociales et les habitudes. L'histoire parallèle est plus intéressante, elle présente l'histoire du soufisme et de son influence principale, le poète Rumi. J'ai apprécié les débats théologiques qui m'ont rappelé le point de vue de certains gnostiques. Toutefois, le personnage de Chams (censé être l'alter égo du personnage principal) parait déplacé dans le contexte. Il est présenté comme l'inspiration et le grand amour (l'homoérotisme de la relation n'est jamais discuté) de Rumi, pourtant sa personnalité est mesquine et narcissique, et ses leçons de morale servent souvent à punir son entourage qui ne l'estime pas suffisamment.
Dieu, le temps, les hommes et les anges (1996)
Prawiek i inne czasy
Sortie : 2020 (France). Roman
livre de Olga Tokarczuk
Diothyme a mis 7/10 et le lit actuellement.
Annotation :
(391) Encore un roman choral et mystique, ce qui n'est pas pour me déplaire. L'intrigue se passe à Antan, une région hors du temps, en Pologne, jusqu'à l'arrivée des soldats. La galerie des personnages est variée, haute en couleur, certains semblant sortir tout droit de contes de fées. Il y a un rapport particulier à la temporalité, que je ne saurais expliquer. Les familles et les amours se font et se défont, chaque personnage est tiraillé par une quête de sens jamais résolue.
Le Couteau (2024)
Réflexions suite à une tentative d'assassinat
Knife
Sortie : 18 avril 2024 (France). Essai, Autobiographie & mémoires
livre de Salman Rushdie
Diothyme a mis 3/10 et le lit actuellement.
Annotation :
(A)J'ai été très choquée d'apprendre l'attaque de Rushdie, alors que venais de lire les Versets Sataniques qui m'attendaient depuis longtemps. Autant j'ai été bluffée par les qualités incroyables de son plus célèbre roman, autant j'ai été atterrée par celui-ci. Évidemment, l'agression est condamnable, ce n'est pas discutable, mais ça ne fait pas pour autant un sujet pertinent ou intéressant, du moins pas avec ce traitement. J'ai eu l'impression d'une correspondance sur la pluie et le beau temps, polie, avec un membre de la famille perdu de vue. Ses postures sont d'une banalité affligeante et confortent ma théorie néo-platonicienne sur la grâce qui s'incarnera le temps d'un livre dans un écrivain qui n'en sera que le véhicule. Il se veut le héraut (et héros) de la liberté d'expression, d'ailleurs il a été attaqué lors d'une conférence sur la sécurité des auteurs. Cependant, il admet lui-même n'avoir eu aucune velléité politique lors de l'écriture des versets, et effectivement, le récit n'attaque pas les musulmans et le seul blasphème présent est de faire preuve de créativité sur l'histoire des religions. Ainsi, je pense que le A., comme il l'appelle, n'est donc pas un terroriste, il n'a a priori de lien avec aucune organisation, mais un tueur de stars solitaire, un Chapman. La lecture m'a été carrément pénible, entre banalités, name dropping de toutes les stars de son entourage, regrets d'avoir abîmé son joli costume ralph lauren et détails logistiques interminables. J'oubliais aussi ce moment un peu gênant où il est fier de gagner un débat dans lequel il joue les deux protagonistes.
Le Lieutenant Kijé (1927)
Voskovaia persona - Molodoi Vitouchichnikov - Podporoutchik Kije
Sortie : 1966 (France). Recueil de nouvelles
livre de Iouri Tynianov
Diothyme a mis 7/10.
Annotation :
(87) Petit récit sur l'absurdité bureaucratique russe sous le tyran Paul Ier. Les coquilles d'un scribe pressé, trop terrifié pour oser les corriger, vont donner vie à une arlésienne, et ôter celle-ci à une personne pourtant bien vivante. Le ton me rappelle Boulgakov, par un humour un peu pince sans rire et ironique, qui dénonce entre les lignes un régime oppresseur. La figure mégalomane pathétique de l'empereur, prend encore plus d'ampleur dans le contexte actuel où les insécurités narcissiques de grands chefs d'état entraînent le monde dans une pente glissante.
J'irai cracher sur vos tombes (1946)
Sortie : 1946 (France). Roman, Policier
livre de Boris Vian
Diothyme a mis 3/10 et le lit actuellement.
Annotation :
(A) Si j'avais noté une certaine propension pour l'éphébophilie chez Vian, je passais outre pour me concentrer sur sa créativité narrative et lexicale. Ici, malheureusement je n'ai pas eu cette possibilité, puisque l'intégralité du récit est concentré sur la réification, dont acte, de très jeunes filles. Comme souvent dans ce cas, les adolescentes sont délurées et en redemandent, toutefois, pour celles qui ne sont pas aussi volontaires, il reste la force ou les faire boire jusqu'à l'évanouissement. Le narrateur est un noir, qui, par on ne sait quelle rareté génétique, a des traits aryens, il est bouffi de ressentiment après le meurtre de son petit frère et a décidé de le venger. Un peu facile comme vengeance. Un livre complaisant comme il en existe déjà beaucoup trop, qui ne raconte rien, où tout le génie habituel de Vian semble s'être concentré dans son bas-ventre.
Okuribi (2018)
Renvoyer les morts
Sortie : 1 octobre 2020 (France). Roman
livre de Hiroki Takahashi
Diothyme a mis 7/10 et le lit actuellement.
Annotation :
(123) Dans ce court roman où Ayumu découvre la vie à la campagne, lui qui n'a jamais eu le temps de se sentir chez lui nulle part. Entre exotisme et tradition, les coutumes des habitants le fascinent. Étant donné le faible nombre de camarades, il doit se fondre dans un petit groupe où les dynamiques qu'il a déjà constatées ailleurs ont l'air amplifiées. Minoru, la tête de turc de la classe en paie le prix par un harcèlement physique et des humiliations créatives, toujours sur la brèche, on tremble pour lui tout en espérant que le point de non-retour soit franchi, ce qui ferait basculer le livre de descriptif et un peu froid à tragique.
Ils vivent la nuit (2012)
Live by Night
Sortie : 20 mars 2013 (France). Roman
livre de Dennis Lehane
Diothyme a mis 6/10.
Annotation :
(A) Un polar assez classique sauvé par la période historique où il se déroule, la grande dépression, ma préférée. Le personnage principal est un gangster, mais un gangster au grand coeur, qui refuse d'exploiter les femmes et ne tue que quand c'est nécessaire. Ses histoires d'amour sont touchantes. J'ai aimé les relations tumultueuses avec Cuba et la vision des différents enjeux de l'arrêt de la prohibition. Les nombreux deus ex machina pour maintenir vivant le protagoniste m'ont beaucoup moins convaincue, cet artefact m'agace déjà assez au cinéma.
Le Dieu manchot
Memorial do convento
Sortie : 1982 (France). Roman
livre de José Saramago
Diothyme a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
(420) J'étais un peu réticent avant de me lancer dans cette lecture, car je ne suis pas tout à fait férue d'histoire et que je ne connaissais l'auteur que de réputation. Je ne regrette pas de m'être jetée à l'eau car Saramago semble avoir toutes les qualités pour me plaire. Ce que je préfère dans la littérature c'est quand un écrivain comprend exactement les codes de son genre, et les plie à son bon vouloir, créant quelque chose de nouveau, de la prog' littérature. Ici on a affaire à un narrateur facétieux, de mauvaise foi et sarcastique qui n'est pas sans me rappeler une autre belle découverte : Laurence Sterne. Le récit est une tapisserie tissée avec des fils tirés de la réalité mais dont le tableau est indistinct jusqu'à la toute dernière page. Quelques réflexions politisantes parsèment les pages, mais elles me semblent plus être le produit du bon sens que d'un courant défini, des sarcasmes sur les abus des puissants, sur la condition féminine ou humaine. On trouve aussi, comme chez mon bien-aimé Pynchon, des aspects fantastiques, "De-Vincéistes", et pour ne pas trop en dire, qui ne sont pas sans rappeler l'épopée de Mason et Dixon. L'histoire d'amour entre Blimunda et Balthazar est passionnelle, mais évite l'écueil habituel de ce genre de relation en étant tout de même touchante et durable. C'était beau et unique, j'ai hâte de renouveler l'expérience.
Comme un roman (1992)
Sortie : février 1992. Essai
livre de Daniel Pennac
Diothyme a mis 5/10.
Annotation :
(173) J'aime bien Pennac, même si j'ai un peu de mal avec le ton bienpensant qui se dégage de ses écrits. J'essaie de remettre en contexte avec l'époque, et oublie vite au milieu des péripéties de la truculente famille Malaussène. Cela a donc été plus difficile à faire ici, puisqu'il donne des conseils naïfs aux parents et professeurs pour donner le goût de la lecture à des jeunes, qui selon lui n'attendent que ça sans se l'avouer. J'aimerais le croire, mais je suis trop amère. Toutefois, je suis lectrice, et il me brosse forcément dans le sens du poil en parlant de Melville, Suskind et consorts. Je ne partage juste pas son goût pour le souvent cité Guerre et Paix que j'ai trouvé parfaitement assommant, je préfère l’œuvre de jeunesse de l'auteur.
Scènes endormies dans la paume de la main (2022)
Tenohira ni nemuru butai
Sortie : avril 2025 (France). Recueil de nouvelles
livre de Yōko Ogawa
Diothyme a mis 7/10.
Annotation :
(277) J'aime les nouvelles car elles demandent au lecteur une plus grande suspension de jugement, pas de présentation de l'univers ou des personnages ; on plonge yeux fermés dans une eau qui peut être aussi limpide que grouillante de créatures terrifiantes. Mes autres lectures de cette autrice étaient plutôt décevantes, je trouvais ses récits un peu superficiels et/ou puérils. Cette fois j'ai failli abandonner au bout de quelques pages, la première histoire narre la relation entre une couturière d'usine et une petite fille encore au "jardin d'enfants" (sic) toutes deux découvrent l'opéra et l'enfant se met à rédiger une correspondance enflammée avec la ballerine principale, l'adulte servant de factrice. Le style épistolaire des requêtes ne correspond pas du tout à celui d'une jeune enfant, même très douée, on dirait plutôt la prose d'un vieillard cultivé et séducteur... ça m'a complètement sortie du livre. Cependant, je suis contente d'avoir insisté car le niveau de la suite est nettement supérieur. J'ai apprécié qu'il y ait un continuum de thème, quasi chaque nouvelle se déroulant dans l'univers du théâtre. Le fantastique est savamment dosé pour laisser une impression étrange mais tout de même familière. Une mention particulière pour la 3e et 4e nouvelle.
Le Grand Quand
Long London, tome 1
Sortie : 9 octobre 2024 (France). Roman, Fantastique
livre de Alan Moore
Diothyme a mis 6/10.
Annotation :
(a) Si j'avais plutôt aimé les nouvelles de Moore, j'ai trouvé ce demi récit moins à mon goût. Plus adolescent, notamment à cause du personnage principal, et plus bédé-esque, malgré un Londres en miroir maléfique tout ceci était bien trop gentillet à mon goût.
La Littérature nazie en Amérique (1996)
Literatura nazi en América
Sortie : 2003 (France). Recueil de nouvelles, Littérature & linguistique
livre de Roberto Bolaño
Diothyme a mis 6/10.
Annotation :
(T279) J'ai acheté ce livre à l'aveuglette, sur la simple foi du nom de l'auteur qui fait partie de mes chouchous. J'ai été assez déçue, qui aurait pu deviner que le sujet de ce livre serait "la littérature nazie en Amérique"? Oui, je suis stupide. Je n'ai pas compris tout de suite que les biographies étaient fictives, et n'ai donc pas vraiment compris l'intérêt du livre. Cependant, même comme ça, je trouve qu'on a du mal à sortir d'un exercice de style, plutôt drôle, en poussant le vice jusqu'à ajouter une bibliographie. Ce n'est pas sans rappeler les écrits de Calvino. On aurait envie qu'il développe certains des truculents personnages, mais je trouve ce livre bien en dessous de sa production habituelle.
Le Problème à trois corps (2008)
sān tǐ
Sortie : 5 octobre 2016 (France). Roman, Science-fiction
livre de Liu Cixin
Diothyme a mis 6/10.
Annotation :
(A) Si le début du roman m'a mise en appétit, d'abord avec la répression culturelle maoïste, où les intellectuels sont persécutés et peinent à retrouver leur place dans la société ensuite. Puis la découverte du jeu vidéo à l'astronomie intrigante... Mais le déroulement m'a laissée sur ma faim. J'ai eu un problème similaire que celui que me pose la littérature japonaise souvent, des personnages dont le caractère me semble superficiel, froid, et je ne parviens pas à me sentir émotionnellement impliquée.
L'Effondrement (2024)
Sortie : 1 octobre 2024. Récit, Biographie, Culture & société
livre de Édouard Louis
Diothyme a mis 6/10.
Annotation :
(A) J'étais curieuse de découvrir cet auteur, et ce n'est probablement pas le meilleur livre pour cela, je verrai avec en finir avec Eddy Bellegueule que j'ai mis de côté. Il n'y a rien à dire sur la forme le style est fluide et plutôt élégant, et l'histoire touchante malgré la froideur avec laquelle l'auteur la dissèque. Cependant, la situation est tristement banale, et si il y a beaucoup de questions il n'y a aucune réponse. Une fatalitas moderne, de cet Icare de frère qui s'est brûlé les ailes et dont les proches ne sont pas restés indemnes qui reste irrésolue. Pouvait-on le sauver, pourquoi a-t-il suivi ce chemin alors que sa soeur a connu les mêmes traumatismes? La seule réponse que je peux apporter à Edouard et à l'esprit du personnage principal c'est que, oui, le narrateur ici ne fait finalement que de parler de lui.
Les Armoires vides (1974)
Sortie : 1974 (France). Roman
livre de Annie Ernaux
Diothyme a mis 4/10 et a écrit une critique.
Annotation :
(A) cf critique
Le Créateur de Poupées
Sortie : août 2021 (France). Roman
livre de Nina Allan
Diothyme a mis 6/10.
Annotation :
(454) Nouvel essai avec Nina Allan, que j'ai vraiment envie d'aimer. Je reste à nouveau sur ma faim. La lecture est fluide et on a pas envie de poser le livre. J'aime le roman choral, et ici il est rythmé par trois voix, les lettres de Bamber, la vie d'Andrew, son interlocuteur, et les nouvelles d'Ewa Chaplin. Et je les ai appréciées dans cet ordre, malgré le suspense de ce qui l'a conduite à l'hôpital, la correspondance de Bamber (et d'ailleurs le devenir de sa relation avec le principal protagoniste) me laissait froide, Andrew était un peu plus stimulant, mais c'était pour moi juste un intermède pour lire les nouvelles intercalées. Nouvelles, qui, si j'ai bien compris, avaient pour certaines préexisté à l'écriture du roman et cela se sent un peu, comme si le livre avait été écrit pour enrober ces nouvelles, parfois dystopiques mais toujours cruelles, où le narrateur se débat avec son dégoût de la différence d'autrui. La conclusion du livre aurait dû être plus exceptionnelle, puisque tout le cheminement de l'histoire nous y amenait.
Nu dans le jardin d'Eden (1969)
Naked in Garden Hills
Sortie : novembre 2013 (France). Roman
livre de Harry Crews
Diothyme a mis 7/10.
Annotation :
(236) Ce polar primé n'a aucune caractéristique de cette catégorie, il n'y a ni meurtre, ni enquête, ni malfrat, ni flic, pourtant on sent bien l'ambiance lourde représentative du genre. Le titre français est pour une fois mieux choisi que le titre original, et lui donne une profondeur supplémentaire. Les personnages sont des figurants, coincés dans un cauchemar d'un jardin d'Eden maudit et figé dans le temps, en représentation éternelle. Une aliénation différente de celle qu'on peut avoir l'habitude de voir surtout dans la culture états-unienne, chacun courant après une marotte toute personnelle. La beauté fatale, incontournable, est dévorée vivante par le poids du regard masculin, qu'elle croit être une force, elle garde son hymen comme un talisman, une clef magique qui lui ouvrirait toutes les portes. Tous sont des Sisyphes, et ils aiment leur rocher d'un amour profond. J'ai juste regretté que comme d'habitude, être gros est la caractéristique principale du personnage ainsi décrit, comme toujours, ses préoccupations sont la nourriture et l'espoir de perdre du poids.
Tous des oiseaux (2018)
Sortie : 21 mars 2018. Théâtre
livre de Wajdi Mouawad
Diothyme a mis 7/10.
Annotation :
(A) Si j'étais au départ séduite, malgré un thème éculé et périlleux (l'amour entre une arabe et un juif). J'ai apprécié les personnages, touchants, complexes essayant de trouver du sens dans le chaos de la vie, et spécifiquement par accident celui qui touche cette zone géographique. Quelques traits d'humour pointent entre des débats philosophiques. Je regrette juste l'artifice un peu facile du rebondissement de l'intrigue, je pense que le texte n'en avait pas besoin. Malgré tout, et encore plus au vu des circonstances actuelles, Mouawad parvient à éviter de prendre parti sans être tiède.
Le Temps d’après
Here in This Next New Now
Sortie : 15 janvier 2025 (France). Roman
livre de Jean Hegland
Diothyme a mis 5/10.
Annotation :
(A) Quelle n'a pas été ma joie de tomber sur la suite de Dans la forêt qui m'avait chamboulée. Ce livre-ci est écrit sous le point de vue de Bearl, le fils des protagonistes du premier opus. Si l'ambiance du précédent était étouffante et anxiogène, et sensibilisait forcément sur la situation écologique et la sauvegarde des ressources, celui-ci présente un monde où la catastrophe est déjà arrivée, et je dirais digérée. Sous l'oeil nouveau d'un enfant qui n'a pas connu la civilisation, il y aurait sûrement eu beaucoup à faire et à dire. L'enfant est censé avoir développé un nouveau langage, plus en adéquation avec la nature, et en anglais utilise des pronoms neutres. C'est une bonne idée mais c'est vraiment anecdotique, je m'attendais à devoir me battre contre ses mots pour comprendre le texte, mais tout est extrêmement transparent et anecdotique. Le livre m'a semblé superficiel et un peu naïf, gâchant l'impact qu'avait eu sur moi celui d'avant.
La Garde blanche (1926)
Bielaya Gvardia
Sortie : 1929 (France). Roman
livre de Mikhaïl Boulgakov
Diothyme a mis 6/10.
Annotation :
(318)Encore un livre choisi sur simple foi du patronyme de l'auteur. La lecture m'a été d'abord pénible, non pas à cause du style mais du sujet, j'ai beaucoup de mal avec les romans historiques et surtout ceux sur la guerre. Heureusement, Boulgakov a le don de saupoudrer le récit de situations et commentaires humoristiques qui rendent le tout plus digeste. On retrouve aussi l'auteur du Maître et Marguerite dans certaines passages hallucinés et spirituels, notamment à la fin. J'aurais aimé que tout le livre fut dans cet esprit.
David Copperfield (1849)
(traduction Paul Lorain)
The Personal History, Adventures, Experience and Observation of David Copperfield the Younger of Blunderstone Rookery
Sortie : 1894 (France). Roman
livre de Charles Dickens
Diothyme a mis 4/10.
Annotation :
(A) Décidément, je crois que Dickens n'est pas fait pour moi, je n'arrive pas à m'intéresser aux situations des personnages. Tout me parait terriblement superficiel et les péripéties passent du coq à l'âne de manière utilitariste. Cela m'a fait penser à du Balzac, que j'aime peu, en moins bien écrit.
La Passion selon G.H. (1964)
A Paixão Segundo G.H.
Sortie : 1981 (France). Roman
livre de Clarice Lispector
Diothyme a mis 7/10.
Annotation :
(A) Mon premier essai avec Lispector n'avait pas été concluant, ça m'avait fait l'effet d'élucubrations creuses d'une bourgeoise glaciale (caractéristique que je rencontre beaucoup chez les écrivains femmes dernièrement). Étonnement, on pourrait sans doute décrire ce livre de la même façon, et pourtant le style change tout. C'est un flux de pensée, qui coule sans trouver d'obstacles et en devient presque hypnotisant. Je vois ici pourquoi cet auteur trouve sa place dans le panthéon littéraire.
Le Rêve d'un homme ridicule (1877)
Son smechnovo tcheloveka
Sortie : 1993 (France). Recueil de nouvelles
livre de Fiodor Dostoïevski
Diothyme a mis 5/10.
Annotation :
(A) Un dostoïevski mineur, et un peu naïf, ce qui détonne avec les analyses psychologiques profondes qu'il développe habituellement.
Vol de nuit (1931)
Sortie : 1931 (France). Roman
livre de Antoine de Saint-Exupéry
Diothyme a mis 6/10.
Annotation :
(A) Qu'est ce que j'aime encore moins que les romans historiques et les romans de guerre? Les avions! ça m'a d'ailleurs gâché la moitié des Miyazaki qui lui aussi est passionné par le sujet. Nous partions donc sur des différends difficiles à résoudre. Cependant, je voulais lire St Exupéry dont je ne connais que l'oeuvre enfantine et éculée que chacun sait. Malgré cela, le rythme du livre est haletant et les personnages touchants, j'aurais sans doute aimé d'avantage dans un autre cadre.
Les Nuits de la peste
Veba Geceleri
Sortie : 10 mars 2022 (France). Roman
livre de Orhan Pamuk
Diothyme a mis 6/10.
Annotation :
(A) On sent tout de suite ce qui a inspiré l'écriture de ce livre, la pandémie mondiale à laquelle nous avons tous dû faire face. Contrairement à l'ouvrage de Camus sur le sujet, Pamuk prend le parti de décrire la gestion de l'épidémie du point de vue des décideurs, et ce travail d’équilibriste à faire entre rassurer la population et la protéger, ainsi que de ne pas montrer de faiblesse devant d'éventuels adversaires dans des considérations géopolitiques. L'auteur mêle réalité et fiction et utilise l'histoire de cette île inventée pour nous narrer le développement de la Turquie, en route vers le progressisme. Il y a comme dans les autres romans que j'ai lus de lui, une enquête, mais elle est vraiment mineure et le nom de Sherlock Holmes est constamment évoqué, en vain. Malgré de bonnes bases, le roman est poussif, il y a beaucoup de répétition, et malgré des histoires dramatiques, on ne s'attache que peu à la galerie de personnages.































