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Mes lectures de 2026
Nouvelle année, nouvelles résolutions pas très nouvelles, lire moins de nouvelles...
2 livres
créée il y a 16 jours · modifiée il y a 12 joursL'Étranger (1942)
Sortie : 19 mai 1942. Roman
livre de Albert Camus
Garmonbozia_ a mis 7/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Je sors, ronflant encore de Kafka, épuisant. Et je tombe, nez à nez, dans une boite à livre, après dix kilomètres de courses à pieds dans le froid, avec son successeur français, Camus. J'avais plutôt détesté La Peste, ses phrases soporifique et le thème de l'absurde devenant lui même absurde m'avait laissé de marbre.
Or, ici j'ai apprécié l'œuvre pour son honnêteté. Meursault vie en Algérie au bord de la mer, sa vie insignifiante se ponctue de cafés, clopes, copains et de femmes. Il est une sorte d'esprit vagabond, un ubermench pas très uber, même pas très humain. Il n'est mue que d'indifférence, celle du monde croit nous dire Camus mais aucune grandeur ici. Meursault se retrouve à tuer un homme par hasard dit-on, mais aussi parce que le soleil tapait fort sur la tête, et peut-être surtout parce que son assaillant tentait de l'enrichir au couteau. Meursault est jugé coupable, peine capitale pour lui et son flegme légendaire. Enfin dans le couloir de la mort, son altercation avec un curé dévoile les motivations de l'auteur, c'est toute la matière humaine que fustige Camus.
L'homme est un animal anomalique, Meursault (Mourir sot ?), est l'allégorie de cette conscience pleine et vivante. Le monde est absurde, tuer un homme qui nous importune équivaut à écraser une mouche et aucune grandeur ne peut sauver l'homme. Seul un constat subsiste, il mourra tôt ou tard. C'est assez déprimant mais le livre se tient très bien et il est rapide.
Candide ou l'Optimisme (1759)
Sortie : janvier 1759 (France). Conte, Roman, Philosophie
livre de Voltaire
Garmonbozia_ a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Annotation :
Ce livre fait partis des lectures obligatoires que l'on subit au collège et dont j'avais probablement lu un résumé mal foutu sur Wikipédia. Il s'avère que j'avais grand tord de ne pas lui donner sa chance, c'est prodigieux. Au travers de la perception simpliste du monde de Candide que tout ira pour le mieux quoiqu'il arrive on traverse les désespoirs de la matière. Que les choses soit causées dans un ordre dédié à l'harmonie et le bien, Voltaire en châtie l'éthique occidentale face aux accalmis du monde moderne. Guerre, pandémie, cruautés, barbarismes, Candide est projeté comme témoin des enfers qui planent déjà sur la Terre. Il en rapporte les absurdités que l'on se raconte dans les soirées mondaines, toutes plus hypocrites les unes que les autres. Ce monde ci est un véritable chaos dont il est sain d'en détesté les pourtours. Martin (nom probablement référence au théologien protestant), philosophe et compagnon de voyage de Candide, exprime cette haine pour le mal physique et moral en ces termes ;
"(En parlant du diable) Il se mêle si fort des affaires de ce monde qu'il pourrait bien être dans mon corps, comme partout ailleurs; mais je vous avoue qu'en jetant la vue sur ce globe, ou plutôt ce globule, je pense que Dieu l'a abandonné à quelque être malfaisant...".
Voltaire ressuscite ainsi la pensée gnostique (ou manichéenne) comme un affront à la matière éphémère et caustique. Il prône alors un retour à la terre et aux parcelles divines qui nous élèvent, c'est en ces termes que je comprend le fameux et décrié "cultive ton jardin", un jardin intérieur, sa spiritualité et sa vertu, et un jardin physique, chérir sa communauté, sa famille.



