文芸

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136 livres

par Senscritchaiev

Mêmes motifs, même punition.

SHIKIBU Murasaki / SAIKAKU Ihara / MORI Ogai/ Soseki NATSUME / SUZUKI DT / HIGUCHI Ichiyo / TAYAMA Kataï / IZUMI Kyôka / NAGAI Kafu / TANIZAKI Junichirō / KYUSAKU Yumeno / AKUTAGAWA Ryūnosuke / EDOGAWA Ranpo / MIYAZAWA Kenji / UNO Chiyo / KAWABATA Yasunari / ISHIKAWA Jun / KAJII Motojiro / HORI Tatsuo / SAKAGUCHI Ango / TAKAMI Jun / INOUE Yasushi / DAZAI Osamu / DESHIMARU Taisen / MINAKAMI Tsutomu / YAMADA Futaro / ENDO Shusaku / ABE Kobo / MISHIMA Yukio / NOSAKA Akiyuki / KAIKÔ Takeshi / TERAYAMA Shuji / OE Kenzaburo / MURAKAMI Haruki / MURAKAMI Ryu / SHIMAZAKI Aki / KUROSAWA Kiyoshi / HIGASHINO Keigo / TSUJI Hitonari / OGAWA Yoko /AOYAMA Shinji / YOSHIMOTO Banana / YUSHIDA Shuichi / HIRANO Keiichiro / ABE Kazushige

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  • 1

    Le Dit du Genji (1008)

    源氏物語 (Genji Monogatari)

    Sortie : 1008. Roman.

    Livre de Murasaki Shikibu

    CRITIQUE INSIDE ↓
  • 2

    Le Grand Miroir de l'amour mâle – tome 1

    Nanshoku ookagami

    Sortie : 1688. Recueil de nouvelles.

    Livre de Ihara Saikaku

  • 3

    Le Grand Miroir de l'amour mâle – tome 2

    Nanshoku ookagami

    Sortie : 1688. Recueil de nouvelles.

    Livre de Ihara Saikaku

  • 4

    Contes de pluie et de lune (1776)

    Ugetsu Monogatari

    Sortie : 1776. Recueil de contes.

    Livre de Akinari Ueda

    L’extrême distance qui nous sépare de ce recueil de contes fantastiques (chacun des neuf textes tournent autour de la rencontre avec différents types de fantômes, spectres, esprits, le plus souvent maléfiques) est en même temps ce qui fait son charme si particulier pour un lecteur occidental. Alors qu’Akinari s’adresse à un public de lettrés pour qui ces variations autour de thèmes directement inspirés par les grands textes chinois sont comme des jeux de pistes à décoder (et l’occasion pour l’auteur de montrer son extrême virtuosité stylistique), le livre lu ici et maintenant n’a plus rien à voir avec sa destination première. Mais l’opacité qui en résulte ne va finalement pas si mal à l’ambiance générale de ces récits crépusculaires, et progressivement on se laisse gagner par l’aura mystérieux qui s’en dégage, ce flou permanent, cette porosité inquiétante dans laquelle évoluent les héros perdus d’Akinari, confrontés à l’incertitude d’un monde flottant entre comédie grotesque et tragédie sanglante.
  • 5

    La Danseuse

    舞姫

    Sortie : 1890. Recueil de nouvelles.

    Livre de Mori Ōgai

    Mori Ogai est un nom phare pour tout japonais, et ses livres ont marqué l’évolution du roman nippon, à l’instar de ceux de son quasi contemporain Soseki. Je connais mal l’un et très bien l’autre, mais l’effet qu’ils me font est très (très) éloigné. Peut-être faudrait-il lire Ogai dans le texte (perso ça ne sera pas pour tout de suite) car à ce que j’ai compris son style est très particulier, imprégné de culture chinoise et d’archaïsmes assumés, lui qui pourtant a beaucoup oeuvré pour faire connaître à ses concitoyens la littérature étrangère du tournant du siècle. Bref, vue de loin, cette nouvelle n’a vraiment rien de passionnant, ni rien de désagréable non plus. Peut-être était-elle nécessaire à l’époque pour se dégager des carcans si prégnants, mais ainsi va l’Histoire, elle m’a semblé bien dépassée désormais
  • 6

    Vita Sexualis (1909)

    ヰタ・セクスアリス

    Sortie : 1909. Roman.

    Livre de Mori Ogai

    Publié avant Le jeune homme et l’Oie sauvage, Vita sexualis se pose ouvertement au carrefour entre occidentalisme et traditionalisme japonais, place qu’occupera toujours Mori, infatigable défenseur du métissage culturel. Dans un texte d’une modernité exemplaire - par la revendication qui y est faite d’un texte troué, fragmentaire, auquel aucun dessein positif ne peut être alloué, l’auteur met en scène un professeur de philosophie qui lui emprunte bien des traits, s’essayant à une dérisoire confession sexuelle, ou plutôt asexuelle puisque le placide Kanai Shizuka ne se décide à consigner les étapes de son « apprentissage amoureux » qu’après avoir constaté à quel point la « chose » ne l’a jamais intéressé. Dans un style d’un détachement et d’une objectivité extrême, il retrace les étapes qui auraient dû faire de lui un homme, sans qu’en fait aucune épiphanie n’intervienne jamais. Et c’est avec une sorte de fatalisme désabusé que le professeur finit par interrompre ses confessions, puisqu’en réalité il n’a rien à confesser, et qu’il ne parvient finalement pas à comprendre ce qu’il cherchait à expliquer. Roman éminemment frustrant donc, pour dessiner les contours de la frustration, jouant en maître avec le désir du lecteur pour éclairer le jeu de dupe qu’entraîne tout désir, Vita Sexualis est un virtuose exercice quasi flaubertien, un merveilleux monument érigé en l’honneur du creux et du négatif - dans le sens photographique du terme - qui ont par ailleurs toujours été l’apanage des plus grands artistes nippons.
  • 7

    Le Jeune Homme

    青年

    Sortie : 1910. Roman.

    Livre de Mori Ōgai

  • 8

    L'Oie sauvage (1911)

    Gan

    Sortie : 1911. Roman.

    Livre de Mori Ogai

    CRITIQUE INSIDE ↓
  • 9

    L'intendant Sansho

    山椒大夫

    Sortie : 1913. Recueil de nouvelles.

    Livre de Mori Ōgai

  • 10

    Je suis un chat (1905)

    吾輩は猫である - Wagahai wa neko de aru

    Sortie : 1905. Roman.

    Livre de Natsume Sōseki

    Ce premier roman de Soseki (il avait alors 38 ans et revenait d’un séjour en Angleterre de près de 3 ans) fut écrit au fil de la plume sous forme de feuilleton dans la revue Hototogisu. L’auteur, qui ne pensait faire qu’une nouvelle, eut tellement de succès avec sa première livraison, qu’il se laissa convaincre de continuer pendant un an cette chronique satirique avant de la terminer un peu brusquement, lassé de son dispositif. Mais l’on sent néanmoins tout le plaisir qu’il prend à laisser parler son héros, un jeune chat vaniteux qui trouve que les hommes qu’il côtoie chez son maitre sont de fieffés imbéciles. Entre quelques aventures toutes félines - chasser des souris, grimper aux arbres, espionner les voisins, chaparder des boulettes de riz - le chat (à qui personne n’a pensé à donner un nom) se plait surtout à écouter et disséquer les discours des amis de son maitre, un professeur d’anglais irascible et valétudinaire (Soseki lui-même !). Autant d’occasion pour le romancier de croquer avec un humour cruel tous les travers de la société nippone de l’époque, déboussolée par les changements intervenus avec l’ouverture du Japon aux influences occidentales.
  • 11

    Botchan

    Sortie : 1906. Roman.

    Livre de Natsume Sōseki

  • 12

    Le 210e jour (1906)

    Nihyakutōka

    Sortie : 1906. Roman.

    Livre de Natsume Sōseki

  • 13

    Une journée de début d'automne

    Sortie : 2012. Recueil de nouvelles.

    Livre de Natsume Sōseki

    Encore un petit bijoux, décidément. 7 textes courts, où Soseki raconte quelques souvenirs, quelques anecdotes, et nous donne la chance de partager le temps de quelques pages son quotidien. C'est doux, c'est drôle, on se ballade avec lui, on regarde le monde à travers ses yeux, on s'émerveille d'un rien, ce type est un magicien.
  • 14

    Échos illusoires du luth, suivi du Goût en héritage (1906)

    琴のそら音 / 趣味の遺伝

    Sortie : 1906. Recueil de nouvelles.

    Livre de Natsume Sōseki

    C'est la veine légère, fantaisiste et ironique de Soseki qui s'en donne à cœur joie dans ces deux nouvelles (je ne sais pas si une veine peut s'en donner à cœur joie, ou si dans ce cas là il s'agit plutôt d'une aorte... bref, passons). Deux histoires racontées à la première personne, par des héros un peu trop jeunes, un peu trop maladroits, un peu trop pressés et empressés. De croire aux fantômes, à l'amour, au destin, ou aux lois de l'hérédité. C'est plein de digressions, de dialogues hilarants, de confusions, de conjectures, d'amour, de larmes, de brises nocturnes et de foules en liesse, c'est génial, c'est Soseki.

    "C'était bien là la véritable tranquillité - car il est faux de considérer que la tranquillité n'est qu'une absence de mouvement. Il faut qu'un élément unique se meuve à l'intérieur d'une vaste zone de calme pour comprendre vraiment ce qu'est le calme. En outre, il faut que cet élément en mouvement ne donne pas une impression trop forte de mobilité - en somme, son mouvement doit avoir l'apparence de la tranquillité - mais il faut aussi qu'il se déplace juste assez pour renforcer le calme environnant : alors, à cet instant précis, s'éprouve l'essence même de la tranquillité"
  • 15

    Oreiller d'herbes (1906)

    草枕

    Sortie : 1906. Roman.

    Livre de Natsume Sōseki

  • 16

    Rafales d'automne (1907)

    Nowaki

    Sortie : 1907. Roman.

    Livre de Natsume Sōseki

    Changement de thème, de milieu, de ton, mais voilà, comme d’hab, Soseki s’amuse à ne pas être là où il fait croire qu’il sera. Et s’évertue à multiplier les indices pour mieux foutre le wouaille dans son bouquin, et dans l’esprit un peu trop ronronnant de son lecteur. Cette fois, il nous plonge dans une études de mœurs bien balisée : deux jeunes amis, tout juste diplômés ès lettres, aussi différents que le jour et la nuit, et un professeur aussi iconoclaste que nonchalant, qui abandonne l’éducation où il n’arrive à rien, pour se lancer dans la carrière de penseur, tendance « brûlons les livres, descendons dans la rue ». Soseki soigne tout particulièrement les dialogues et l’ironie de ce trio d’intellectuels partant un peu à vau l’eau, et puis quand tout est prêt, il abat une masse de plomb sur tout ça pour casser son joujou. Lassitude, provocation, expérimentation, maladresse ? A chacun son interprétation, en ce qui me concerne, et sans rien dévoiler de plus, je crois que c’est juste une nouvelle preuve, aussi évidente et douloureuse qu’une craie crissant sur un tableau, du triple effet Soseki : profonde justesse, intelligence diabolique, et humour dévastateur.
  • 17

    Le Mineur (1908)

    Kōfu

    Sortie : 1908. Roman.

    Livre de Natsume Sōseki

  • 18

    Petits contes de printemps (1909)

    Eijitsu shōhin

    Sortie : 1909. Recueil de nouvelles.

    Livre de Natsume Sōseki

    De ces 25 esquisses que Soseki publia en feuilleton dans un journal sur environ deux mois, de natures très diverses (des souvenirs, notamment de son séjour à Londres, des impressions, des petits contes, des sensations), se dégage une mélodie plus nostalgique que d’habitude. Mais la règle du jeu est la même : une lecture (car une écriture) entre les lignes, pour deviner plus que pour comprendre : nous avons depuis Baudelaire les poèmes en prose, là on tient l’équivalent, comme des haïkus développés dans une forme plus quotidienne et plus longue, mais selon une logique identique. Et comme à travers un fusuma se dessine la figure si douce et si flottante de l’auteur, qui se dit dans les silences, et se montre en s’effaçant.
  • 19

    Sanshirô (1908)

    三四郎

    Sortie : 1908. Roman.

    Livre de Natsume Sōseki

    CRITIQUE INSIDE ↓
  • 20

    Et puis (1909)

    Sorekara

    Sortie : 1909. Roman.

    Livre de Natsume Sōseki

  • 21

    La Porte

    Sortie : 1910. Roman.

    Livre de Natsume Sōseki

  • 22

    À l'équinoxe et au-delà (1912)

    Higansugi made

    Sortie : 1912. Roman.

    Livre de Natsume Sōseki

  • 23

    Le Voyageur (1912)

    Kôjin

    Sortie : 1912. Roman.

    Livre de Natsume Sōseki

    "Étonnants voyageurs, quelles nobles histoires nous lisons dans vos yeux"… ouais ben là, c'est certes étonnant mais plutôt pour la raison inverse. Soseki a définitivement pour particularité d'expérimenter des voies nouvelles à chaque œuvre. Celle-ci déroute par la façon que l'auteur a de garder le cadre romanesque mais de le vider de toute histoire, de tout rebondissement, de toute solution. On dirait une machine qui tourne à vide, ou un film pour lequel le cameraman aurait toujours posé la caméra à la mauvaise place, là où on ne peut rien voir, comme si formellement Soseki cherchait à retrouver l'état dépressif dans lequel le frère du narrateur est en train de se laisser engluer. De la psychologie sans explication psychologique, des séries d'événements qui n'aboutissent pas à grand chose, mais qui à chaque fois semblent cacher autre chose, sans que rien ni personne ne le dise non plus, on est dans de l'expérimental diffus et troublant. Étouffant. Et finalement assez noir.
  • 24

    Mon individualisme (1914)

    Watakushi no kojin shugi

    Sortie : 1914. Essai.

    Livre de Natsume Sōseki

    La première qualité du texte, et pas la moindre, est de nous permettre d’accéder à la parole directe de Soseki, comme un coup de fil venu du monde des morts. Même si le romancier a à son actif quelques petits textes autobiographiques, lire le compte-rendu d’une conférence, (ou quelques lettres comme celles réunies à la fin) apporte un plaisir supplémentaire, une effraction dans le cerveau de l’homme, la possibilité de l’imaginer parlant, la chance de l’entendre donner son avis tel qu’il l’a imaginé pour son public d’étudiants. Sur le fond, le thème choisi par lui est également savoureux, puisqu’il s’essaye à une défense de la notion traitre d’ « individualisme », cherchant une voie médiane qui permettrait de développer sa liberté, sans nuire à celle des autres, mais sans tomber non-plus dans une sur-valorisation du Moi, tentation qu’il a toujours détesté. Pas de surprise : Natsume est encore une fois délicieux, humble, drôle, et profond dans sa légèreté même.
  • 25

    À travers la vitre (1915)

    Garasudo no uchi (硝子戸の中)

    Sortie : 1915. Récit.

    Livre de Natsume Sōseki

    En marge de ses romans, si clairs et obscurs à la fois, si touffus, flirtant avec la complexité et la simplicité mêlées, heureusement Soseki nous a aussi laissé quantité de textes autobiographiques, des promenades dans son cerveau, dans lesquelles, du bout des doigts, il joue nonchalamment avec ses souvenirs, ses pensées sans importance, tout en notant, de ci de là, la plaisir fugace qu’il ressent à regarder le spectacle de la nature autour de lui. Ainsi A travers la vitre est un recueil de courts articles publiés deux ans avant sa mort dans un journal de Tokyo. C’est comme des petits bonbons au gout différent, menthe, cerise, citron, c’est inutile et c’est bon. C’est aussi comme des notes de koto, c’est bouleversant et terriblement fragile, à peine le coeur touché que la note disparait. Sans fioritures, sans chichi, la plume de Soseki caresse la page, comme ces peintures qu’on fait en trempant le pinceau dans de l’eau, sur une pierre polie, le temps d’un instant.
    « Maintenant que la sérénité s’est installée dans la maison et dans mon coeur, je vais ouvrir en grand la vitre et j’achève ce texte, en plein ravissement, plongé dans la lumière calme du printemps. Puis je compte faire une sieste sur la véranda, un coude replié »
  • 26

    Le Pauvre Cœur des hommes (1914)

    Kokoro

    Sortie : 1914. Roman.

    Livre de Natsume Sōseki

  • 27

    Clair-obscur (1916)

    Meian

    Sortie : 1916. Roman.

    Livre de Natsume Sōseki

  • 28

    Le non-mental selon la pensée zen

    Livre de D. T. Suzuki

    Suzuki se penche sur la figure de Hui-neng (VIIe s), qui fit rentrer le bouddhisme zen dans une nouvelle ère, où Méditation et Réflexion n'allaient plus chacun leur chemin mais essayaient, ensemble, de dégager la voie du Mental — ou non-mental, selon le point de vue. Le zen n'est pas à une contradiction près.
    Construit autour du Vide Parfait, du Non Dicible, de l'Intuition pure, du Saut Alogique, il ne faut évidemment pas attendre de ce livre des réponses claires et directes, un "mode d'emploi" tout cuit pour "comprendre le Zen en 20 leçons". C'est une affaire d'infusion lente, on vous dit. "Patience, patience patience dans l'azur. Chaque atome de silence est la chance d'un fruit mûr", comme disait le poète.

    "Sans nous en rendre compte nous sommes tout le temps engagés profondément dans la cogitation, et nous jugeons chacune de nos expérience sous l'angle de la cogitation. Nous n'allons pas droit dans la Vie même, nous nous gardons d'aller vers elle. Aussi notre monde est-il toujours antithétique, opposant sujet et objet. Les maîtres Zen désirent que nous regardions dans la direction opposée. Si nous regardions auparavant au dehors, ils désirent que nous regardions maintenant au-dedans; si nous regardions auparavant en dedans, ils nous disent de regarder maintenant au dehors."
  • 29

    Les Chemins du zen

    Essai.

    Livre de D. T. Suzuki

    J'ai l'impression qu'il en est de Suzuki comme de Deshimaru : indépendamment du sujet de l'article, ou de la conférence qu'on est en train de lire, il y a une aura immédiate qui se dégage, par-delà les mots et les thèmes (ou plutôt à travers eux, comme un tamis fin), un nuage d'harmoniques qui flotte autour du sens premier du discours. Ce qui est dit évidemment est important, mais l'on comprend vite que tout ce qui est contenu en creux, restant tu, l'est autant si ce n'est plus. Il y a une douceur incommensurable dans les assertions et les paradoxes de cette parole, une douceur qui pousse au lacher prise de l'intellect, afin d'arriver à une sorte d'infusion où c'est à l'instinct de reprendre la main.

    "Si le Zen est tellement inattendu et imprévisible, c'est d'abord parce qu'il transcende la conceptualisation. Il s'exprime de la façon la plus impossible ou irrationnelle ; il ne laisse rien subsister entre lui-même et son interprétation. En fait, la seule chose qui limite le Zen est de vouloir s'exprimer."
  • 30

    La Treizième Nuit (1894)

    Jūsanya (十三夜)

    Sortie : 1894. Recueil de nouvelles.

    Livre de Ichiyô Higuchi

    Bon, même si chez nous son nom ne dit pas grand chose, au Japon Higuchi est encore révérée comme la première écrivaine moderne, et a la chance (!) d’avoir son effigie sur le billet de 5000¥. Pour une jeune fille fragile morte à 24 ans, laissant derrière elles des poèmes et moins de 20 nouvelles, c’est épatant. A lire les cinq récits ici réunis, on imagine bien tout ce qui peut plaire à ses concitoyens dans la prose délicate d’Ichiyo (largement dénaturée par le passage en langue étrangère, je crois comprendre, tant le demoiselle était subtile dans le choix de ses images et analogies lexicales) : ce mélange de raffinement et de prosaïsme, ces sentiments élevés au coeur de quartiers miséreux, ce sens plein de tact pour observer le désespoir de tous et de chacun - oui parce qu’autant le dire, c’est loin d’être joyeux la vie chez Higuchi. Pour preuve l’ultime nouvelle du recueil, la plus longue et la plus poignante peut-être, qui joue avec beaucoup de finesse sur les tempos narratifs et les différentes formes de discours. Ici, tous souffrent d’amour, et presque tous en meurent…