San Jacinto, holy fuck
A l'occasion de la sortie de i/o, j'avais envie de revisiter l'oeuvre de Peter Gabriel
Les commentaires suivront, patience...
Compilations :
- Peter Gabriel Substance (4h)
https://link.deezer.com/s/32oS10rerGowcrAdSaoaY
-Peter Gabriel San Jacinto (8h)
https://link.deezer.com/s/32oS8Id00cDhFZxaiBblv
Il y a pour moi 3 périodes distinctes :
- Ses débuts : sa période de recherche, albums I & II
- Le tournant : albums III et IV, toutes les recherches en matière de son, son univers dark, puis l'incorporation d'éléments africains et world, la gated reverb
- Real World Studio : l'album So, et post-, globalement tous les enregistrements faits à Real Wold Studio, où il y a vraiment un son identifiable
15 albums
créée il y a plus de 2 ans · modifiée il y a 3 joursPeter Gabriel (1977)
Sortie : 25 février 1977 (France). Rock, Pop rock
Album de Peter Gabriel
Laughing Stock a mis 8/10, a écrit une critique et l'écoute actuellement.
Annotation :
I
"Moribund the Burgmeister" ouvre de façon magistrale la nouvelle incarnation de Peter Gabriel sans Genesis. Ouf ! Un morceau d'entrée bizarre, il annonce la couleur.
Alors évidemment, c'est un album qui prend le contre-pied, mais aussi qui suit l'homme du moment, David Bowie, la direction qu'il impulse dans ses albums. Et on l'entend clairement avec "Modern Love"
"Solsbury hill" est l'immédiat classique, frais, avec une structure rythmique en 7 temps, malin. et intelligemment cela ne s'entend pas.
C'est un album quand même produit par Bob Ezrin, monsieur Alice Cooper, "Berlin" Lou Reed, et "The wall" Pink Floyd. Donc pas un manchot. Il est dit que Ezrin va co-produire l'album, lui s'occupant de "la section rythmique américaine", et Gab plus des "trucs Européens", les bizarreries.
Il invite sur son album Robert Fripp et Tony Levin, ce qui est virtuellement et techniquement King Crimson. Marrant, non ? C'est marrant aussi de réaliser qu'ils ont tous les deux tourné avec Gab pour la promotion de cet album, un truc que je rêverais de voir.
"Excuse me" est un morceau très drôle, un peu dans l'humeur d'un Beatles déconnant.
"Humdrum" est le titre le plus émouvant de l'album, encore plus déchirant sur "Plays live", j'en chialais quand j'avais à peine 12-13 ans.
"Slowburn" reprend son pli à la Bowie. Je crois que Gab voulait renouer avec le rock
"Waiting for the big one" est un blues à la con, je crois même que Genesis s'est moqué de cette volonté de trop se démarquer de Genesis. C'est un titre où je me force un peu à écouter poliment aussi.
"Down the Dolce Vita" est une pièce dynamique orchestrale, avec une section rythmique à double guitares donnant cet effet télescopé cher à Fripp. C'est peut-être le titre le plus prog de l'album.
"Here comes the flood" est le second morceau émouvant de Gab. J'étais très fan jeune, maintenant moins. Gab lui-même déclare que ce titre est surproduit. D'ailleurs, on aura droit à une version plus allégée dans la compile "Shaking the tree"
C'est un album assez satisfaisant pour un premier, mais c'est aussi un album plus "commun", dans l'air du temps, David Bowie en tête. Mais il y a des pièces très originales, "Solsbury hill", "Excuse me", "Moribund the Burgmeister", "Humdrum", et on sait que Peter Gab va aller chercher dans cette direction. Il avait déjà les clés, mais peut-être qu'il n'était pas encore assez sûr de lui. Pour moi, c'est un album marrant à écouter, mais pas complètement satisfaisant.
Peter Gabriel (1978)
Sortie : 2 juin 1978 (France). Rock, Alternative Rock, Art Rock
Album de Peter Gabriel
Laughing Stock a mis 7/10 et a écrit une critique.
Annotation :
II
A chaque fois c'est la même sensation, c'est un album que je n'ai pas envie d'écouter.
Trop sec, trop rachitique, je décroche assez rapidement. Disons-le tout de suite : c'est un album asthmatique
Alors bien sûr, il y a quelques perles comme "D.I.Y", "On the air", bien meilleures sur "Plays live", ou la beauté synthétique de "White shadow". J'ai aussi un faible pour la pièce un peu moyenâgeuse "Indigo", avec ses flutes. Ce titre aurait pu être un morceau de Genesis. Et "A wonderful day" est assez chouette.
Avec "Animal magic", on retombe dans les travers à la Bowie. Pas un problème vous me dites ? Ben pour moi, si c'est un problème.
Mais je n'aime pas comment cet album est enregistré. Et c'est un album qui n'a pas d'envergure, un saut particulier (ce que sera III) Des fois j'ai l'impression qu'ils ont enregistré cet album dans un local merdique, près du local à poubelles. Je ne vois même pas où est la patte Fripp, à part "Exposure" où elle l'est évidemment trop.
Alors parlons-en de "Exposure". Les fripptronics attaquent dur, suivi d'une basse super dynamique, puis le chant dégueule littéralement, le titre est glauque, il n'a pas de structure de chanson, c'est de l'art rock, et moi, ça me saoule dans l'album.
Je sais, certains adorent ce titre, donc admettons.
Bon, après "Exposure", il n'y a plus rien d'intéressant, enfin pas tout à fait, "Flotsam et Jetsam" est chouette, mais ces arrangements country avec la guitare me déglinguent le bocal, "Perspective" reprend son cycle Bowie, et la fin "Home sweet home" ressemble à du Elton John, un peu countrysant, pas dégueu, mais pas du tout à la hauteur non plus.
J'ai des fois l'impression que Peter Gab fait l'album de quelqu'un d'autre.
Mais heureusement, nous sommes en 2023, nous sommes les hommes du futur, et nous savons que Peter va prendre les choses en main avec III
Donc pour moi, II, un album vraiment faiblard
Robert Fripp, lui-même, de son propre aveux, dit que cet album a été un ratage.
https://www.youtube.com/watch?v=e57g_tPUgYw
@Mushroom : "On the air", on dirait presque Peter Hammill, non ?
Peter Gabriel (1980)
Sortie : 30 mai 1980 (France). Pop, Rock, Alternative Rock
Album de Peter Gabriel
Laughing Stock a mis 10/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Annotation :
III
Dès les premières secondes, j'ai des frissons. "Intruder" débarque sans prévenir, c'est un choc malsain, poisseux, bienvenue dans le monde de Peter Gabriel.
La production est fantastique, les synthés, les synthés marimba, la gate drum, puis d'entrée, le cri de Peter Gabriel, terrible, très "dark".
C'est marrant de penser que la maison d'édition américaine ne voulait pas sortir cet album.
"No self control" poursuit sur l'ambiance tendue. On sait qu'on n'est plus dans un album normal ou "conventionnel". Marimba à la Steve Reich, voix incantatrices, synthés et guitares abrasifs, puis la batterie magistrale de Phil Collins, notamment à 2'03, et sa signature rythmique de dingue. "No self control" est dévastateur, il n'y a rien qui ressemble à ça, et c'est toute la force de cet album.
Petite respiration avec "Start", pour pas longtemps, erreur fatale, car Peter nous enfonce encore plus avec "I don't remember". Bienvenue dans l'hôpital psychiatrique et la cour des miracles du Gab.
"Family Snapshot" m'a longtemps traumatisé, surtout dans la version "Plays live". "I don't really hate you, I don't care what you do, we were made for each other, me and you. I want to be somebody, you were like that too, if you don't get given you learn to take, and I will take you" resonne encore dans ma tête.
C'est un album produit par Steve Lilywhite (Lilith ?), avec comme ingénieur Hugh Padgam, et cela a son importance. C'est sur cet album qu'ils ont perfectionné la technique de la reverb gate sur les futs, pour compenser la règle de Peter Gab de ne pas utiliser de cymbales pour les batteurs. Cette technique aura une influence majeure pour le reste des années 80, et sera souvent mal comprise, à part Phil Collins et Genesis.
"Games without frontiers" est une perle ironique, comparant les grands de ce monde à des enfants. Une claque politique, et un morceau fantastique. Les paroles sont cinglantes, et la musique est originale. C'est un album révolutionnaire, le versant "gothique" de Peter Gabriel, "Not one of us" est magistral, aussi magnifique sur "Plays live".
Le son de cet album est abouti aussi, travaillé dans les détails. On entend plus John Giblin à la basse, et il fait un super boulot. J'aime beaucoup "Lead a normal life", avec les marimba et le piano électrique (Yamaha CP-80), un titre qui annonce la suite aussi.
Puis "Biko" finit cet album en beauté. C'est un hymne politique qui s'adresse au monde.
Merci Peter.
Peter a enfin trouvé sa voie.
Peter Gabriel (1982)
Sortie : 5 septembre 1982 (France). Prog Rock, Rock, Art Rock
Album de Peter Gabriel
Laughing Stock a mis 10/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Annotation :
IV
Entre cauchemard névrotique poisseux, musique africaine, sons électroniques, exaltations et émotion, Peter Gabriel produit un album "qui n'existait pas".
"The rhythm has my soul"
PG : "I don't believe that I can play music belonging to another culture, just there will be certain key elements which I will steal to start off as a structure for something that i'm working on."
En d'autres termes, PG s'éloigne du rock pour aller chercher sa pulse, sa structure organique qui va alimenter un autre processus créatif. Certains malins pourraient dire qu'il fait de la musique progressive, mais avec les musiques du monde. Il "emprunte" des éléments, et le broie dans sa machine créative.
L'introduction de "Family and the fishing net" utilise les instruments lancinants d'une musique venant d'Ethiopie (12'51 dans le documentaire) Peter Gabriel va vraiment puiser ailleurs son inspiration, et c'est ce qui va caractériser cet album.
Il est fascinant de voir Gabriel présenter son travail de pré-production, accompagné par le producteur David Lord. C'est le voir en pleine effusion créative, encore brouillon, comme un magma, qui est destiné à être réenregistré avec ses musiciens de studio, pour entendre ce qu'on entend sur l'album final.
L'utilisation du Fairlight est un instrument magique pour Peter Gabriel. Il lui confère une puissance créative nouvelle, un nouveau réservoir de sons qu'il peut créer lui-même. Et c'est aussi la caractéristique de cet album : les sons manipulés et créés ouvrent une autre dimension.
C'est encore fascinant de voir que "Rhythm of the heat" est basé sur sample de sifflet de cygne modifié, avec une boucle créant un rythme (18'18 dans le doc)
Peter Gab a une façon très organique et émotive d'enregistrer sa musique. Il est à la recherche du son et de l'émotion de ce son. L'histoire de Carl Jung effrayé par le pouvoir des rythmes africains inspire Peter et place cette chanson sous l'angle de la peur, de l'incantation qui se révèle à nous. Rien que ce titre est brillant en soi.
Remarques : pas une seule chanson "rock" (il a fini avec son ère Bowie)
album sous l'ère de la technologie, du Fairlight CMI (purée j'en ai un !), de la boite à rythmes (Linn drum) et des percussions, de la musique africaine
"Hold the line" (San Jacinto)
The South Bank Show (documentaire sur la préparation de IV)
https://youtu.be/GK9qVQu9vS4?si=vEiQa6zm7wIC4R5F
(23'34)
Plays Live (Live) (1983)
Sortie : 8 juin 1983 (France). Prog Rock, Rock, Art Rock
Live de Peter Gabriel
Laughing Stock a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Birdy (OST) (1985)
Sortie : 18 mars 1985 (France). Soundtrack, Ambient, Stage & Screen
Bande-originale de Peter Gabriel
Laughing Stock a mis 8/10.
So (1986)
Sortie : 19 mai 1986 (France). Electronic, Funk, Pop
Album de Peter Gabriel
Laughing Stock a mis 10/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Annotation :
V
"Red rain" commence avec du charley, élément qu'il avait banni de ses deux précédents albums.
Dès l'ouverture, le son est phénoménal, la basse de Tony Levin profonde.
Alors évidemment, c'est l'album des tubes, "Sledgehammer", "Big time", "Don't give up", et "In your eyes", mais c'est un album au son fantastique.
C'est aussi un album plus lumineux, malgré un "Red rain" tendu et menaçant.
Mes perles perso, "Mercy street", "This is the picture" avec Laurie Anderson, et le lancinant "We do what we're told"
C'est un album qui rencontre son époque, plus mainstream certes, mais qui contient ses moments de crépuscule, de mystère, et de beauté aussi. C'est un album que j'adore, disons-le.
Un album dominé par le groove de Tony Levin à la basse, ce son si profond, à la fois léger et lourd. Prends par exemple la fin de "Don't give up", la basse, mais je tuerai pour cette ligne basse ! J'aimerais rappeler que Tony Levin est le bassiste de King Crimson depuis les années 80.
L'album est aussi marqué par la présence lumineuse, vive et subtile de Manu Katché.
"Mercy street" est un titre envoutant, avec ce rythme organique, mais doux, puis ce pont "Let's take the boat out, wait until darkness comes" chanté comme une comptine africaine me donne la chair de poule. Le titre est triste, brumeux, et comme entouré de magie. Peter Gabriel sublime tout, et ici, on est embarqué dans un voyage crépusculaire, et le triangle nous amène en transe.
"Big time" est peut-être le titre que j'aime le moins de cet album, mais la ligne de basse est si géniale (encore), et tout groove d'enfer.
La liste des musiciens invités sur certains morceaux est vertigineuse, Nile Rodgers, L. Shankar, Laurie Anderson, Kate Bush, Youssou N'Dour, Jim Kerr au choeurs (!), et même Steward Copeland aux cymbales (Red rain) et à la batterie (Big Time) !!!
A noter que Peter Gabriel a changé l'ordre des morceaux, en mettant "In your eyes" à la fin de l'album.
"We do what we're told" et "This is the picture" forme un ensemble pour moi.
Je suis obsédé par le premier, ce son rythmique mystérieux, cette légèreté, puis la guitare qui vient poser une lourdeur au milieu de cet ensemble vaporeux, et les chants qui arrivent, comme une marche de pénitenciers. J'ai quitté la planète, je ne sais plus où je suis.
Puis "This is the picture" arrive comme une suite logique, on a quitté Big Time, bienvenue dans le monde de Laurie Anderson, plus conceptuel, pourtant toujours très groove.
Live in Athens 1987 (Live) (2012)
Sortie : octobre 2012 (France).
Live de Peter Gabriel
Laughing Stock a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Passion: Music for The Last Temptation of Christ (OST) (1989)
Sortie : 5 juin 1989 (France). Electronic, Folk, Rock
Bande-originale de Peter Gabriel
Laughing Stock a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Us (1992)
Sortie : 14 septembre 1992 (France). Rock, Downtempo, Electronic
Album de Peter Gabriel
Laughing Stock a mis 9/10 et a écrit une critique.
Annotation :
VI
Quand "Passion" rencontre "So"
L'album de la surproduction, l'album Real World, un emblème du Label qui fait jouer un nombre incroyable de musiciens venant de tous horizons. C'est Us quoi, nous, ensemble, un chant mondial, une célébration.
Je rappelle que c'est l'album qui succède à "Passion", une immersion dans les musiques orientales, musiques africaines
Peter Gabriel est passé par 3 ou 4 structures différentes de ses chansons, sur 2 ans et demi. Les titres sont travaillés à l'extrême. On comprend qu'il est pris par un besoin de perfectionnisme, de surproduction. C'est aussi un instantané de là où il en est, une vitrine pour son studio et son Label, Real World. Tout y est, et le son est fantastique.
On pourrait penser que c'est un album proche de "So", mais il perd de sa légèreté, de son côté évident, il va plus loin. Il va un peu souffrir de son trop plein, or c'est un album sur lequel on peut passer du temps, scruter les recoins, visiter les lieux, prendre son sac à dos. C'est un album Real World, qui pose son empreinte, qui ordonne un monde multipolaire et sur les albums suivants.
"Come talk to me" est une ouverture monumentale. Un résumé de tout ce qu'est à ce moment Peter Gabriel, une vibration planétaire, les percussions africaines, la cornemuse, et cette ligne de basse qui me rend dingue. C'est une chanson les bras tendus. Il s'adresse à sa fille, "come on, come talk to me". Cela me donne envie de pleurer.
J'aimerais attirer l'attention sur deux titres qui à mon sens sortent du lot. "Washing of the water" et "Digging in the dirt". "Washing of the water" me rappelle les premiers Gabriel, le morceau est plus simple, basé sur l'émotion, sur ce break incroyable "Letting go, it's so hard". On dirait le classique d'une chanson enfouie, un hymne main sur le coeur.
Puis "Digging in the dirt" est un retour crade de Gabriel, qui nous ramène à III et IV. Une chanson malade, quelqu'un qui engueule une autre personne, un moment dramatique, qui racle jusqu'à nos instincts les plus bas, nos côtés sombres. Et c'est pourtant un appel à l'aide.
Voilà, un très bel album, mais au final, peu de chansons qui attirent mon attention
Puis "Secret world" clot comme il avait commencé, et j'ai envie de faire partie de son monde secret.
L'univers est planté. Peter Gabriel vient nous raconter un monde ancestral, traversé par les cultures, il a dépassé sa pop, c'est un être éveillé qui nous embarque dans son monde réel.
Secret World Live (Live) (1994)
Sortie : 28 août 1994 (France). Electronic, Rock, Synth-pop
Live de Peter Gabriel
Laughing Stock a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Up (2002)
Sortie : 24 septembre 2002 (France). Electronic, Downtempo, Rock
Album de Peter Gabriel
Laughing Stock a mis 9/10.
Annotation :
VII
New Blood (2011)
Sortie : 9 octobre 2011 (France). Rock, Symphonic Rock
Album de Peter Gabriel
Laughing Stock a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
VIII
Live Blood (Live) (2012)
Sortie : 22 avril 2012 (France). Pop, Rock, Acoustic
Live de Peter Gabriel
Laughing Stock a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
i/o (2023)
Sortie : 1 décembre 2023 (France).
Album de Peter Gabriel
Laughing Stock a mis 8/10 et a écrit une critique.
Annotation :
IX
Deux mix, "Bright-side mix" et "Dark-side mix", ma préférence va au "Dark-side"
C'est un album superbement produit, fouillé, exigeant, peut-être parfois surproduit
Mais il y a vraiment des moments remarquables.
C'est un album dans la continuité de "Up", et dans une certaine mesure "Us", c'est le son "Realworld", du studio de Bath.
Pourtant un titre comme "Playing for time" est assez épuré, légèrement soul, au piano et orchestre, avec une structure classique. Il me rappelle "Washing of the water" sur "Us"
Il en a la même structure, avec ce pont dramatique. On sent aussi l'influence de "New blood", dans sa construction classique.
C'est un album que je ressens plus intimiste, un peu plus naturel que "Up"
Il s'efforce toujours de faire des refrains, comme sur "i/o". Le piano est toujours présent, mais je trouve la caisse claire trop présente. C'est un reproche que je ferai sur tout l'album.
Cette manière de produire est dépassée, dans le sens où on essaye aujourd'hui plus de revenir à une production naturelle. On n'est plus dans les années 90.
C'est un album aussi où il m'a fallu m'y reprendre à plusieurs reprises pour l'apprivoiser, et aussi décider entre les deux différents mix. Parfois, on retombe dans les travers de "Us", comme une sorte de dilution de l'impact mélodique, qui était parfait sur "So"
Mais la qualité reste énorme, Peter Gabriel s'est bâti un standard qui l'empêche de tomber dans le moyen, mais la magie, le mystère, semble moins opérer, c'est parfois presque trop téléphoné, enfin, pour moi, c'est un peu trop laborieux.
Et puis globalement, il n'offre rien de nouveau depuis "Us"
C'est à l'image de "Road to joy", qui aurait pu figurer sur "Us" ou "Up", c'est un "Kiss that frog" bis.
Le titre est pourtant très bon
J'aime beaucoup "Olive tree", j'aime beaucoup cette construction très épurée dans le couplet, puis l'explosion soul dans le refrain. C'est quand même une constante chez Peter, la soul, depuis "Looking for someone"
C'est peut-être mon morceau préféré, un peu Earth, wind & fire, et ironie, cela rejoint Phil Collins avec les cuivres ^^
Je trouve qu'il y a trop de ballades, de morceaux mous "Love can heal", "This is home", "And still", j'imagine notre ami Epitaph péter un cable sur ces morceaux, s'ennuyer gentiment. A ce stade, je n'imagine même plus Mushroom.
Le morceau final, "Live and let live", est un "In your eyes" en trompe-l'œil (l'oreille), un peu musique de film. Il est difficile de complètement adhérer à cet album


















