Sérénades et gros boucan : mon 2019 en musique

L'année dernière ayant marqué mon arrivée dans le game des listes d'écoutes et de visionnages, je poursuis l'aventure en cet an de grâce MMXIX.
Le but est toujours de centraliser les albums qui me sont passés dans les oreilles tout en compilant mes observations souvent verbeuses et ...

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248 albums

créee il y a plus de 3 ans

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modifiée il y a plus de 2 ans

Terminal
7.7

Terminal (2018)

Sortie : 6 juillet 2018 (France). Doom metal, Sludge Metal

album de Bongripper

Raton a mis 8/10.

Annotation :

[Doom / Sludge - USA]

Ah, on me dit dans l'oreillette que cet album serait le plus lourd de 2018.
Quoi ? Plus que Sleep, Obliteration, Thou, Sepulcher et Yob ?

Oui.

They Say I’m Different
7.6

They Say I’m Different (1974)

Sortie : 1974 (France). Funk

album de Betty Davis

Raton a mis 7/10.

Annotation :

[Funk / Funk rock - USA]

Je n'apprends qu'aujourd'hui que Betty Davis n'est pas son vrai nom : alors qu'elle était divorcée, elle a gardé son nom d'épouse qui claque mieux que "Betty O. Mabry".
D'autant plus qu'elle a gagné le "Davis" par son union express avec Miles Davis !

Si vous avez besoin d'un album qui fait l'effet d'une bonne tasse de café ou d'un album qui double l'effet de votre bonne tasse de café, Betty Davis est un choix qui se considère.
Furie de la funk, Betty déploie sur 8 morceaux pêchus un sens du groove délicieux soutenu par une rythmique implacable.
L'album ne dure heureusement que 33 minutes car les titres tendent à se confondre les uns avec les autres, à l'exception du titanesque "They Say I'm Different".

An Insatiable High
7.6

An Insatiable High (1977)

Sortie : 1 décembre 1977 (France). Fusion, City Pop

album de Masayoshi Takanaka

Raton a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

[Jazz-Fusion / City Pop - Japon]

Vous voyez à quel point la synthwave, la vaporwave ou le glam peuvent être niais et sirupeux (cette ambiance sonore que les anglophones appellent "cheesy") ?
Imaginez encore plus moelleux - style ambiance ascenseur de grand magasin des années 80 - et rajoutez des lignes mélodiques à réveiller un mort ; vous obtenez alors cet album de Masayoshi Takanaka.

Fier représentant de ce sous-genre japonais de la "City pop" (pop urbaine sucrée et veloutée avec des bouts de funk, disco et jazz), l'album enchaîne les gros tubes qui parlent au bassin jusqu'au point de rupture, à la déraison absolue qui nous voit plonger nu dans un océan de sirop et boire la tasse jusqu'à la noyade de bonheur.

12 Winter Moons Comes the Witches Brew
7.7

12 Winter Moons Comes the Witches Brew (2018)

Sortie : 20 février 2018 (France). Black Metal, Metal avant-gardiste, Progressive Metal

album de Arkheth

Raton a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

[Black avant-garde / Black atmo / Prog - Australie]

Alors que la pochette m'avait pourtant méchamment tapé dans l’œil, cette sortie a passé 2018 à prendre la poussière dans mes envies.
C'est en écumant les tops et bilans 2018 qu'il m'est revenu à l'esprit.
Arkheth est une version black de King Crimson, une espèce de bestiole complètement hystérique et dispersée qui cale des cuivres et de la disto à n'importe quel moment.
C'est un grand bain jouissif de bruit et de malice, qui ne se prend jamais trop au sérieux et qui régale de plans crapuleux.

En plus d'être complètement délirant, il est réécoutable dans de multiples situations et donne toujours une pêche de gros coquin.
En tout cas, moi c'est du black qui me donne clairement envie de faire des bêtises.

Cursed Below the Waves
6.6

Cursed Below the Waves (2018)

Sortie : 7 décembre 2018 (France). Black Metal

album de Drowning the Light

Raton a mis 5/10.

Annotation :

[Black atmo-isant - Australie]

Typiquement le black metal qui m'ennuie.
Tremolo picking incessant, intensité toute relative et production torchée, rien ne relève le niveau de cet album extrêmement neutre et commun. Bon après, je me rends compte que cette phrase pourrait s'appliquer à 70% de la production black, mais franchement rares sont les albums qui m'inspirent aussi peu.
Les morceaux passent, le souffle n'est jamais là et moi j'attends, passif.

En revanche, il aura eu le mérite de lancer des propositions Spotify de grande qualité (Craft, Ulthar, Akitsa, Beherit...)

Art Blakey and The Jazz Messengers
8.4

Art Blakey and The Jazz Messengers (1958)

Moanin'

Sortie : 1958 (France). Jazz, Hard Bop

album de Art Blakey & The Jazz Messengers

Raton a mis 7/10.

Annotation :

[Hard bop - USA]

Période de partiels oblige, je me remets à écouter quelques classiques du jazz pour me concentrer à des heures indues.
Je n'arrive toujours pas vraiment à tomber amoureux de ces albums et ils me paraissent toujours un peu lointains et froids (culture légitime, est-ce de ta faute ?) mais celui-ci me plaît bien. Le côté rondouillard et avenant de "Moanin'" ou la bienveillance calme de "Come Rain or Come Shine" notamment.

J'aime particulièrement la trompette de Lee Morgan qui régale de lignes mélodiques malines et de groove joueur.
C'est d'ailleurs probablement le côté ludique de cet album qui me le fait aimer de cette manière. En tout cas, ce n'est pas la dernière fois qu'il passe.

EP2 (EP)
7.2

EP2 (EP) (2017)

Sortie : 3 novembre 2017 (France). Ambient, House, Hip-House

album de Yaeji

Raton a mis 6/10.

Annotation :

[Ambient house / Hip-house / Ambient pop - USA]

Tombé un peu par hasard (même si avec Spotify rien n'est hasard et tout est destin) sur le titre dévastateur "raingurl", capable de faire vriller une soirée entière, je m'étais exclamé intérieurement "eh tu es capable d'avoir un coup de coeur sur un morceau de house, jette-toi sur l'EP".

Résultat, l'EP est chouette mais n'égale jamais la proposition de son titre phare. Il y a bien l'efficace "drink i'm sippin on" mais le reste est assez neutre et ne colle pas suffisamment au cerveau. Je note néanmoins l'essai quasi dream pop de "feelings change" qui pourrait donner quelque chose de très cool s'il était poussé plus loin.

A Patient Man
7.6

A Patient Man (2018)

Sortie : 9 novembre 2018 (France). Sludge Metal, Slowcore, Mathcore

album de Cult Leader

Raton a mis 6/10.

Annotation :

[Mathcore / Sludge / Slowcore - USA]

Groupe phare dans cette scène que l'internet aime à appeler "chaotic hardcore" (groupes dans le sillage de Converge et signé sur le label de Jacob Bannon, Deathwish), Cult Leader a renforcé son assise avec ce deuxième album qui a globalement convaincu (top 10 sludge et top 5 mathcore 2018).

Ce qui fait tout l'intérêt de "A Patient Man" sont ses incursions slowcore. Pour les non-initiés, ce nom barbare pourrait évoquer un énième sous-genre de musique de bourrin alors que c'est tout l'inverse. Le slowcore part de l'indie rock pour créer une bulle vaporeuse, très lente, minimaliste et sourde
Il est donc tout à fait surprenant d'en trouver dans un album de mathcore grinçant. Mais là où la superposition des deux aurait pu faire des étincelles, les éléments slowcore ne sont pas suffisamment variés et ennuient plus qu'ils n'apaisent.
Difficile après ces interludes ronflants de retrouver le chemin de l'immersion et l'album finit par devenir terne, même dans ces élans métalliques urgents.

American Football
7.5

American Football (1999)

Sortie : 14 septembre 1999 (France). Midwest Emo

album de American Football

Raton a mis 6/10.

Annotation :

[Midwest Emo / Math Rock - USA]

Nouvelle année, nouvelles sonorités. Ce n'était de toute façon qu'une question de temps avant que l'emo ne se pointe dans mes écoutes.
Arrivé dans le hardcore par ses sous-genres les plus inhospitaliers (mathcore, powerviolence, grindcore), le screamo m'a rapidement plu alors quoi de plus logique que de ralentir encore le tempo et de baisser la distorsion pour entrer dans les contrées du midwest emo.
Sous-genre de la musique emo se rapprochant de la scène indie rock, constitué surtout d'arpèges de guitare scintillants et d'un chant plaintif mélancolique, le midwest emo garde l'intensité de ses aînés mais adopte un son clairement moins abrasif.

Et si écouter de temps en temps quelques titres de American Football me ravissait (surtout le magique "My Instincts Are the Enemy" sur le deuxième album), l'écoute intégrale de ce premier opus ne m'a pas transcendé.
Pris indépendamment, les morceaux sont convaincants mais leur répétition lasse vite dans la mesure où les variations ne sont pas folles.

J'ai pourtant beaucoup insisté, mais je peine toujours à adhérer à l'ensemble du disque qui manque cruellement de temps forts et de moments de bravoure.
Le prochain (et troisième) album du groupe, prévu pour cette année, s'annonce pourtant drôlement bien.

Let Pain Be Your Guide
6.5

Let Pain Be Your Guide (2018)

Sortie : 16 novembre 2018 (France). Screamo

album de portrayal of guilt

Raton a mis 6/10.

Annotation :

[Screamo / Emoviolence - USA]

Sensation screamo-patate de l'année 2018, ce premier album des Texans énervés de Portrayal of Guilt.
Il s'inscrit dans la claire lignée du screamo new age, métissé et décomplexé en incorporant dans sa mixture des passages sludge ou black metôl. Mais il s'agit uniquement de petites touches venant enrichir la palette sonore.

Le véritable problème de "Let Pain Be Your Guide" est sa (relative) inconsistance. Trop hétérogène, l'album éprouve de grosses difficultés à emporter son auditeur sur la durée ; et quand on se rend compte que l'album ne dure que 22 minutes c'est un énorme handicap.

À titre d'exemple, le très efficace "Your War" est suivi par un interlude tout aussi dissonant mais bien plus calme et qui dure DEUX MINUTES. Un interlude de deux minutes sur un album d'emoviolence ??!! Et deux morceaux plus loin, rebelote.

En l'état, et malgré des titres dévastateurs, l'album ressemble trop à une ébauche et manque de cette urgence, de cette panique nécessaire pour créer l'intensité et la cohérence qui lui manquent.

Only Self
7.6

Only Self (2018)

Sortie : 24 août 2018 (France). Metalcore

album de Jesus Piece

Raton a mis 5/10.

Annotation :

[Metalcore - USA]

Rattrapant mon retard dans les sorties hardcore 2018 et suivant de près l'ami Maxwell sur YouTube, le premier album de Jesus Piece s'est naturellement mis en travers de mon passage.

Metalcore moderne lui permettant de siéger fièrement dans l'actuelle scène hardcore kidz (avec les autres demeurés de Code Orange, Harm's Way ou Turnstile), Jesus Piece fait dans le hardcore à sourcils froncés, ce genre de hardcore qui incite à caresser avec vigueur le visage de ton voisin à l'aide de tes phalanges durant un concert.

C'était bien parti pour me plaire et pourtant je me demande comment le ratage aurait pu être plus complet.
Déjà la production est infâme. Compressée comme jamais, c'est une grosse bouillie de décibels qui nous est offerte. Tu vois, dans le bon hardcore, les guitares elles crachotent et elles bavent, alors que dans le mauvais hardcore, les guitares bah elles crachotent et bavent mais c'est du mauvais hardcore.

Ensuite, tous les titres se ressemblent. Si on enlève les petites accalmies anecdotiques, les riffs sont ultra similaires, les breakdowns manquent cruellement d'originalité (celui de "Lucid" est peut être à sauver) et les structures semblent se reproduire à l'identique (le mixage plat comme une limande n'aide pas).

Enfin, aucun titre ne sort du lot. Le chanteur a beau s'époumoner, le guitariste de balancer ses plans les plus lancinants et vicelards et le batteur de... taper comme un neuneu perdu au fond du mix (?) ; la sauce ne prend pas à un seul instant (allez je suis médisant, le titre "Punish" racle pas mal les écoutilles).

Verdict : bof étoiles /10.

Friends. Lovers. Favorites.
7.9

Friends. Lovers. Favorites. (2018)

Sortie : 20 avril 2018 (France). Grindcore

album de Hirs

Raton a mis 8/10.

Annotation :

[Powerviolence / Queercore / Grindcore - USA]

Puissance 4 avec les grosses sorties HxC de 2018 à la suite.
Sauf qu'après Cult Leader, PoG et Jesus Piece, HIRS vient relever le niveau avec fracas.

Surtout car le collectif HIRS est porteur d'un message fort et radical. Le groupe est le principal représentant actuel de cette frange ultra politisée du punk, le queercore, qui, à défaut de se caractériser par des critères musicaux se définit par son engagement pro-LGBT.
Ce qui était une scène est devenue un genre par la forte cohésion de ses membres.

+HIRS+ s'est entouré d'artistes majeurs pour cet album : Shirley Manson de Garbage, Laura Jane Grace d'Against Me!, Martin Sorrondeguy de Limp Wrist et Los Crudos, Marissa Paternoster de Screaming Females, Sadie Switchblade de G.L.O.S.S., etc.

Force est de constater que le résultat est flamboyant. 30 morceaux, 31 minutes et une avalanche de torgnoles à chaque virage.
Chaque morceau apporte quelque chose à l'équation et contrairement aux albums précédemment commentés, les changements de rythme sont parfaitement gérés et jamais l'auditeur ne décroche.

Surtout, l'album, qui a une grosse prédominance powerviolence, se permet des écartades bassement grindcore qui tapent dans la bidoche sans dire pardon.
L'aspect anarchiste-décontracté et furieusement effréné donne au disque une saveur acidulée extraordinaire qui colle un grand sourire en plus de donner une hargne de buffle.

Clairement inévitable pour tous les amateurs de hardcore et d'anarchie musicale.

Grieved
7.2

Grieved (2016)

Sortie : 22 janvier 2016 (France). Hardcore punk, Post-Metal

album de Grieved

Raton a mis 7/10.

Annotation :

[Hardcore punk - Suède]

Merci à Elrickh pour la super reco car en terme de hardcore goûtu, Grieved met la barre assez haute.
Alors que la Suède n'a plus rien à prouver rayon hardcore/D-beat/crust/grind, il y a encore des nouveaux groupes qui émergent soudainement pour mettre une petite claque et repartir aussi sec.

C'est le cas de Grieved et de cet unique album, sorti un an avant la séparation du groupe.
Hardcore sombre et texturé, ce disque est au hardcore ce qu'un café bien serré est à une matinée difficile : radical et efficace.

Banco del Mutuo Soccorso
7.7

Banco del Mutuo Soccorso (1972)

Sortie : 1972 (France). Prog Rock, Symphonic Prog

album de Banco del Mutuo Soccorso

Raton a mis 7/10.

Annotation :

[Rock progressif / Prog symphonique - Italie]

Bien qu'étant une des scènes les plus éclatantes du genre, j'ai trop souvent dédaigné le prog italien.
Il y a bien l'excellent album éponyme d'Alphataurus, mais les classiques de BMS, PFM et autres Museo Rosenbach me sont encore très obscurs.

Il faut avouer qu'il ne s'agit pas du prog le plus accessible. À côté, un album de Pink Floyd sonne comme du Aerosmith.
Le prog italien a la particularité d'avoir donné ses lettres de noblesse au sous-genre du prog symphonique. Claviers dégoulinants, voix empruntant beaucoup à l'opéra et mélodies grandiloquentes, le prog sympho est ultra expansif mais demeure assez hermétique.

Il m'aura fallu 3-4 écoutes pour commencer à saisir l'intérêt immense de l'album. À chaque nouvelle écoute, une ligne mélodique apparaît, un changement de rythme ravit les oreilles et l'ambiance surréaliste prend un peu plus de consistance.

Sans aucun doute un album majeur pour le genre et inévitable pour tous ceux qui veulent pousser le prog au-delà des sempiternels groupes britanniques.

IV
7.3

IV (2018)

Sortie : 20 novembre 2018 (France). Dungeon Synth, Medieval

album de Fief

Raton a mis 6/10.

Annotation :

[Dungeon Synth / Folk néo-médiévale - USA]

Fief avait livré en 2016 un bijou de dungeon synth dans une scène pourtant saturée de projets plus anecdotiques les uns que les autres.
Son successeur, en 2017, poursuivait sa démarche sans pour autant ajouter quoique ce soit d'innovant et ne touchait pas aussi juste.

Ce quatrième opus arrive et tranche avec les précédents par son approche musicale. Le dungeon synth est ici mélangé avec de la folk néo-médiévale dont la guitare tricote des petites mélodies guillerettes sur tout l'album.
Si cet apport est théoriquement intéressant, ce qui l'est moins c'est l'absence totale de sursauts dans la composition.
L'album entier se maintient sur une ligne et n'en dévie jamais. Sur deux trois titres c'est fort sympathique, mais sur 7 ça devient vite morne.

Dreaming in a Dead Language
6.8

Dreaming in a Dead Language (2019)

Sortie : 11 janvier 2019 (France). Black Metal

album de Mo'ynoq

Raton a mis 8/10.

Annotation :

[Black Metal - USA]

Cette année, il aura fallu attendre le 25 janvier pour que j'écoute ma première sortie de 2019.
Écoute certes tardive mais Ô combien gratifiante.

Mo'ynoq est incontestablement la sortie black metal de ce début d'année (oui j'en ai écouté qu'une seule mais je me permets de donner des grandes vérités générales parce que j'ai un ego boursouflé).
Aussi dense qu'un album d'Ulcerate, ce "Dreaming in a Dead Language" pousse dans une sphère redoutablement surréaliste le USBM tel qu'on le connaît.
Vous en avez marre de ces groupes d'écolos à la Panopticon et Wolves in the Throne Room et vous voulez un groupe qui rentre dans le lard sans aiguiser son couteau ? C'est là que Mo'ynoq entre en jeu avec son métal noir au vitriol.

Bien qu'extrêmement compact et inhospitalier, le black de Mo'ynoq ne s'interdit pas des riffs énergiques et fédérateurs avec des passages rythmiques dévastateurs irréprochables.
La production y est nickel, sans trop de compression et sans non plus verser dans l'atmo cliché.

Car parfois on assiste à des envolées assez grandioses et mieux maîtrisées que 90% des groupes d'atmo pur. J'en tiens pour exemple "Carve My Name", absolument exemplaire dans sa démarche.
Extrêmement varié et riche, ce premier album révèle de nouvelles prouesses à chaque écoute et ne peut que se bonifier avec le temps.

The Woods
7.6

The Woods (2019)

Sortie : 11 janvier 2019 (France). Post Rock

album de A Swarm of the Sun

Raton a mis 7/10.

Annotation :

[Post-rock - Suède]

"The Woods" est la bonne surprise post-rock du début d'année. Publiant ici son troisième album, le groupe suédois (proche de la scène metal et notamment de Katatonia et October Tide) délivre un post-rock minimaliste et introspectif de toute beauté.

Si le premier et le dernier morceaux sont un peu trop épurés à mon goût, le titre central éponyme est une petite merveille de post-rock solennel, avec un côté ritualiste qui pourrait rappeler les productions récentes de Godspeed You! Black Emperor. L'ajout d'un orgue menaçant ajoute à la majesté du morceau, qui peut ainsi se hisser au niveau des meilleures titres du genre.

Sans être l'album le plus innovant de l'année ni même le plus surprenant, il est difficile de rapprocher "A Swarm of the Sun" d'un autre groupe. Cet album apporte définitivement quelque chose au genre et saura sûrement grimper dans le coeur des amateurs de post-musique.

KILL YOURSELF Part VIII: The Seppuku Saga (EP)
6.8

KILL YOURSELF Part VIII: The Seppuku Saga (EP) (2015)

Sortie : 8 janvier 2015 (France). Cloud Rap

album de Suicideboys

Raton a mis 5/10.

Annotation :

[Memphis Rap / Southern Hip-hop / Cloud Emo Rap - USA]

Ça faisait longtemps que je n'avais pas poursuivi ma progression dans la saga des Kill Yourself de $uicideboy$ et j'aurais aimé que mes retrouvailles avec les néo-orléanais soient meilleures.
Ce 8e opus est assez anecdotique et tombe dans les mêmes écueils que ses prédécesseurs en n'offrant qu'un titre intéressant (en l'occurrence "Bags") et trois morceaux de remplissage manifeste.

Stories of the Astral Lizard
7.6

Stories of the Astral Lizard (2018)

Sortie : 4 juin 2018 (France). Psychedelic Rock, Stoner Rock

album de The Re-Stoned

Raton a mis 7/10.

Annotation :

[Rock psyché / Stoner des collines cosmiques - Russie]

Trouvé en complet sur YouTube sur une chaîne thématique (style Stoned Meadow of Doom), cet album du groupe russe de trifouillage de guitares (plus simple à comprendre que d'accoler les étiquettes psyché/space/stoner/jam) a été une vraie brise fraîche entre deux albums plus exigeants.

Jams hallucinés et voyage cosmique à la recherche du troisième oeil sont au programme pour ce Earthless-like très pertinent sans jamais être furieusement innovant.
Le premier morceau notamment est une excellente preuve qu'il est encore possible de faire du stoner psyché inspiré et digne d'intérêt.

Home
7.3

Home (2016)

Sortie : 22 juillet 2016 (France). Black Metal, Shoegaze

album de Numenorean

Raton a mis 5/10.

Annotation :

[Blackgaze / Black atmo - Canada]

Le premier album de Numenorean avait fait beaucoup de bruit à sa sortie et pas pour la qualité de sa musique mais pour sa pochette ultra graphique représentant une fillette morte, mutilée par son propre père dans les années 70 aux Etats-Unis.

Après un bad buzz retentissant, le groupe a essayé de se justifier péniblement en disant que ce qui les intéressait c'était que, malgré la violence ahurissante de la scène, la fillette avait presque un sourire, comme si elle était heureuse de s'échapper de ce monde infâme et inadapté à son innocence.

Si vous voulez mon avis c'est un peu du bullshit et le choix de l'illustration était surtout une volonté assez immature de choquer l'opinion publique en prenant un parti misanthrope de bas étage. Je trouve également douteux de prétendre qu'une petite fille est heureuse d'être morte sous les coups de son père afin de soi-disant rejoindre un au-delà plus accueillant.

Finalement, le groupe a bénéficié de cette médiatisation et "Home" a finalement obtenu une réception bien meilleure que si la pochette avait juste laissé figurer le nom du groupe et de l'album (ce qui a été privilégié par la suite).

Je pense en effet que sans ce biais (assez malhonnête), l'album serait passé inaperçu à cause de la pauvreté de la musique qu'il propose. Du blackgaze, chouinant sur les bords, tout ce qu'il y a de plus conventionnel et qui ne parvient pas à faire varier sa substance sur 45 longues minutes.
Sans être médiocre, "Home" n'a pas grand chose pour lui et n'aurait jamais dû occuper autant les esprits.

Reste à voir ce que vaudra son successeur, à paraître dans 2 mois chez Season of Mist.

amo
5.5

amo (2019)

Sortie : 25 janvier 2019 (France). Pop rock, Alternative Rock, Electropop

album de Bring Me the Horizon

Raton a mis 3/10.

Annotation :

[Electropop / Pop rock - Royaume-Uni]

Aaaah après tant d'années à constater le bashing constant de BMTH, il fallait bien que je me rende compte par moi-même de ce qu'est devenu le groupe de deathcore le plus edgy du Royaume-Uni.

Sans grande surprise, le groupe a purgé petit à petit les éléments deathcore, metalcore puis metal de ses compositions pour finalement échouer sur une plage electropop vaguement énervée.

Sans grande surprise non plus, c'est extrêmement racoleur et assez simpliste dans les compositions. Non pas que ce soit forcément un problème mais dans le cas présent, ça me semble relativement peu assumé.

On retiendra les featurings surprenants de la prodige de la synthpop Grimes, du tout petit Dani Filth (!) et du rappeur Rahzel qui sont tous aussi anecdotiques les uns que les autres.

Je reconnais malgré tout que certains morceaux appuient sur des cordes si évidentes qu'il est compliqué de ne pas reconnaître leur côté fédérateur (je pense à "MANTRA" surtout).
Ceci étant dit, le tout reste bien boiteux et écœurant. Néanmoins, je me rappelle avoir plus souffert à l'écoute des deux derniers Gorillaz, donc c'est un 3 sincère que voici.

Carrie & Lowell
7.6

Carrie & Lowell (2015)

Sortie : 31 mars 2015. Indie Folk

album de Sufjan Stevens

Raton a mis 6/10.

Annotation :

[Indie Folk - USA]

J'ai beaucoup de sympathie pour Sufjan Stevens, petit bonhomme qui ne paie pas de mine, mais qui se révèle être un orfèvre de la folk du 21e siècle.
Aimé de tous pour ses ritournelles toutes douces et ses accords cotonneux, Sufjan Stevens évolue d'un projet à l'autre entre indie folk, art pop et pop de chambre.

"Carrie & Lowell" avait eu un énorme succès à sa sortie, certains le considérant comme le meilleur album de l'artiste et se hissant commercialement directement derrière son premier énorme succès, "Illinois".

Et il est vrai que la sensibilité à fleur de peau de Sufjan Stevens est désarmante et qu'il est difficile d'en vouloir à un artiste qui semble livrer son cœur en carpaccio à chaque morceau.

Toutefois, même si son album est parfaitissime pour mettre en fond et bosser dessus ; il faut admettre qu'il peut être ronflant par moments.
Prises indépendamment, toutes les chansons sont pertinentes et offrent de purs moments de grâce, mais leur enchaînement sur trois quarts d'heure peut vite devenir ronronnant.

Errorzone
7.3

Errorzone (2018)

Sortie : 22 juin 2018 (France). Metalcore, Mathcore

album de Vein

Raton a mis 7/10.

Annotation :

[Metalcore / Mathcore - USA]

C'est pas comme si le Massachusetts avait encore quelque chose à prouver en matière de hardcore mécontent : de Have Heart à Orchid et de Isis à Converge, le savoir-faire est indéniable.
Mais voilà qu'apparaît de (presque) nulle part un nouveau challenger. Les 5 membres de Vein offrent un metalcore nerveux qui confine parfois au mathcore le plus crispé.

Le fait est que l'album administre torgnoles sur uppercuts sans jamais essayer d'être homogène et progressif. Tout à fait chaotique, complètement imperturbable et absolument infaillible, "Errorzone" se fait sans peine un des albums de metalcore le plus solide de l'année. Je regrette juste un manque de refrains accrocheurs pour pouvoir différencier les morceaux entre eux ou garder un titre au-dessus des autres.

Aussi, certains y voient des grosses influences nu metal, mais dans la mesure où j'y connais que dalle, je laisse les amateurs s'y pencher.

Reconquista
7

Reconquista (2018)

Sortie : 14 décembre 2018 (France). Black Metal

album de M8L8TH

Raton a mis 7/10.

Annotation :

[Black metal nazi - Ukraine]

Et voilà je suis encore tombé dans le panneau.
Je voulais continuer à éviter les sorties NSBM, naviguant paisiblement dans le black metal, loin des boneheads et autres nostalgiques de l'aristocratie prestigieuse. Mais non ! Avec le solide ancrage de notre Famine national en Ukraine et l'utilisation de ce dernier comme nouvelle mascotte du label néo-nazi Militant Zone, le groupe M8l8th, second couteau du label, se retrouve projeté au premier plan.

Alors moi tout ce qui est souverainisme aryen, promotion de milices ukrainiennes nostalgiques du troisième Reich et autres invitations à l'épuration ethnique, c'est clairement pas mon dada mais comme un nul je me retrouve à écouter cet album "pour ne pas mourir bête".

Alors déjà, plot twist, je ne suis pas plus intelligent après l'écoute, juste un peu plus désabusé par le discours poussif des Russes.
Mais, Ô malheur, il se trouve que leurs compositions tiennent bien la route voire même envoient carrément.

Leur black metal sait être épique, solennel et puissant (comme les chevaliers qu'ils regrettent tant sans doute), les interludes ne sonnent pas cheap et les interventions du Grand chef de la roue libre, Famine, sont efficaces.

Je ne m'étendrai pas sur les qualités de l'album car je me sens toujours pas à l'aise de faire la promotion de ce genre de groupes dangereux.
Si jamais l'envie vous vient d'écouter cet opus, prenez bien soin de l'écouter sur une plateforme qui ne reversera pas un centime à l'artiste car je tiens vraiment à insister sur le fait que le moindre centime qui leur parvient est utilisé pour financer une idéologie racialiste et haineuse de premier ordre.

No pasaran comme on dit.

CLPPNG
6.7

CLPPNG (2014)

Sortie : 4 juin 2014 (France). Hardcore Hip-Hop, Industrial Hip Hop, Experimental Hip Hop

album de clipping.

Raton a mis 6/10.

Annotation :

[Hip-hop industriel et expérimental - USA]

Figure majeure de la scène hip-hop industriel, sous-genre agressif et bruitiste du hip-hop expérimental, aux côtés de Dälek, JPEGMAFIA et des inévitables Death Grips ; clipping. est un étrange projet, particulièrement violent et menaçant.

Cet album, leur plus connu et véritable institution outre Atlantique, enchaîne titres angoissants et nerveux et morceaux plus accessibles - et, de fait, moins intéressants -.
C'est là que le bât blesse : l'album est trop hétérogène et fatigue très vite l'auditeur, qui aimerait un peu plus de constance plutôt que de naviguer incessamment entre rythmiques distordues hostiles et refrains plus radio-friendly.

Si l'album s'était plus concentré sur les propositions nihilistes et sombres, j'aurais probablement poussé jusqu'au 7 mais en l'état il y a trop de choses à jeter pour dépasser le 6.

Fuck Your Emotional Bullshit (EP)
6.5

Fuck Your Emotional Bullshit (EP) (2009)

Sortie : 2009 (France). Midwest Emo

album de Snowing

Raton a mis 6/10.

Annotation :

[Midwest Emo - USA]

L'expérience emo avec American Football ayant été mitigée, j'ai voulu retenter l'expérience avec cet EP ultra court (13 minutes pour la version longue) et semble-t-il, très apprécié dans la scène.

Là encore, le bilan est partagé. D'une part l'ambiance me plaît mais d'autre part, je n'arrive même pas à maintenir mon attention durant 10 minutes. Le premier titre, "Sam Rudich" est une bonne entrée en matière, d'autant plus qu'il se prolonge par le très solide "Important Things (Specter Magic)", mais la suite ne brille que par son inconsistance, surtout le troisième morceau, que je n'arrive jamais vraiment à écouter tant il est creux.

Mais je ne désespère pas car vu l'offre conséquente je trouverai bien mon bonheur dans la scène Midwest emo.

Marquee Moon
7.9

Marquee Moon (1977)

Sortie : 8 février 1977 (France). Art Rock, Post-Punk

album de Television

Raton a mis 7/10.

Annotation :

[Art punk / Art rock / Post-punk - USA]

Moins d'un an après les premiers singles des Ramones et des Sex Pistols, alors que le punk n'est qu'à l'état embryonnaire et s'apprête à exploser au visage du monde occidental, Television sort son premier album et prend tout le monde de court en annonçant deux nouveaux sous-genres : l'art punk et le post-punk. Père Ubu faisait bien des expérimentations au même moment mais leur premier album ne sort que fin 1978.

S'il fallait trouver un adjectif pour cet album ce serait probablement "décomplexé". Les riffs sortent de nulle part et la voix flegmatique et nasillarde de Tom Verlaine se déposent avec cynisme sur la musique comme si de rien n'était.

Pourtant l'ensemble a quelque chose de mystique et de galvanisant que je ne saurais pas vraiment expliquer. Alors que les morceaux se ressemblent beaucoup à la première écoute, petit à petit ils s'éloignent les uns des autres pour former 8 titres iconiques et reconnaissables entre mille.

Un étrange disque, jeté à la face du monde comme un élégant crachat et qui ne donnera jamais véritablement de suite digne de ce nom. Stupéfiant.

American Football
5.9

American Football (2016)

Sortie : 30 septembre 2016 (France). Emo, Math Rock

album de American Football

Raton a mis 6/10.

Annotation :

[Midwest Emo / Math Rock - USA]

Bah alors ? Il est pas si mauvais que ça ce deuxième opus.
Je ne comprends pas vraiment pourquoi il a bénéficié d'un tel bad buzz, mais le fait de sortir 17 ans après un album ultra culte et majeur dans son genre n'a pas dû aider pour un disque aussi commun que celui-ci.

Malgré le caractère interchangeable d'une bonne moitié des titres, certains sortent vraiment du lot et restent collés au cerveau comme l'exceptionnel "My Instincts Are the Enemy". Le reste se déroule sans accrocs, mais sans bravoure non plus, ce qui rend l'album absolument parfait pour les premiers rayons de soleil (pour bruncher au jardin du Luxembourg avec des petites IPA des familles hihihihi)

The Score
7.7

The Score (1996)

Sortie : 12 février 1996 (France). Conscious, Hip Hop

album de Fugees

Raton a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

[Hip hop east coast / Rap conscient - USA]

Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise à part que ça tourne en boucle depuis presque deux semaines ?
C'est énorme, c'est que des tubes, le message est grave cool et les samples sont parfaits.
(oui je ne le découvre que maintenant, y a quoi ?)

Storia di un minuto
7.6

Storia di un minuto (1972)

Sortie : janvier 1972 (France). Prog Rock, Symphonic Prog

album de Premiata Forneria Marconi

Raton a mis 7/10.

Annotation :

[Rock prog / Symphonic prog - Italie]

Après l'étape Banco del Mutuo Soccorso, c'est au tour de l'autre poids lourd du prog italien, Premiata Forneria Marconi.
Je fais à ce premier album le même reproche que j'ai fait à tous les albums de prog italien que j'ai écoutés jusque là : une ambiance envoûtante mais des morceaux trop inégaux et des passages intenses contrebalancés par des sections beaucoup plus oubliables.

Ici, le temps fort c'est les deux parties de "Dove... quando..." adoptant un style traditionnel italien du meilleur effet. L'approche triomphante et grandiloquente classique du genre fait de ce premier effort un passage obligé mais pas transcendant non plus.