Cover Words (2023)

Liste de

2 livres

créee il y a 9 jours

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modifiée il y a 5 jours

Anthologie de l'OuLiPo
8.1

Anthologie de l'OuLiPo

Sortie : 2009 (France). Poésie

livre de Paul Fournel et Marcel Bénabou

Paul_ a mis 7/10.

Annotation :

Voilà près de 900 pages que je sirote depuis deux ans. Il y a forcément à boire et à manger comme dans toute anthologie, mais c'est un délice de découvrir toutes ces idées de contraintes poétiques (qu'on a envie de faire siennes séance tenante !) : anagrammes, lipogrammes, poèmes homophoniques bien sûr mais aussi des parodies de Proust, des dialogues amoureux uniquement constitués de titres de films, ou encore des micro-récits de masturbations simultanées dans le monde ! C'est d'une drôlerie magique, parce que les Oulipiens sont animés par une foi dans le langage et dans les libertés qu'il permet, et parce qu'ils ont l'élégance de ne jamais se prendre au sérieux. Même si les idées sont souvent plus belles en soi que leurs réalisations, on ressent toujours ce plaisir d'écrire qui est communicatif. C'est aussi l'occasion de découvrir une autre facette du travail d'Hervé Le Tellier, tout aussi doué, voire plus, sur le format du fragment. L'ouvrage compte enfin des passages théoriques intéressants, les manifestes du groupe ou ce propos de Calvino sur l'idée, qui guide en réalité tous ces humbles esprits, que l'art n'est que la découverte d'une œuvre déjà existante, présente dans les mots de la même manière qu'une statue de Michel-Ange se cache dans le marbre.

La Dernière Nuit de Don Juan
7.3

La Dernière Nuit de Don Juan

Sortie : 1911 (France). Théâtre

livre de Edmond Rostand

Paul_ a mis 6/10.

Annotation :

J'ai lu cette pièce par affection pour le travail de Rostand, mais aussi parce que – lubie personnelle – je suis toujours curieux de voir comment on écrit encore des alexandrins au XXème siècle (d'ailleurs, si vous avez des références, je suis preneur). Ici, comme dans Cyrano, les vers sont souvent tronçonnés, se chevauchant entre les répliques, peut-être un peu trop à mon goût – je préfère les monologues. En tout cas c'est toujours intéressant de découvrir la manière dont on s'empare d'un mythe : Rostand le rejoue avec modernité et humour, obligeant son Don Juan, dans un dialogue avec le diable, à reconnaître ses 1003 victimes pour obtenir son salut. L'action est également déplacée à Venise, dans le cadre d'un spectacle de marionnettes, et notre héros finit transformé en pantin du Burlador, le Don Juan original dont s'est inspiré Molière. C'est une œuvre courte, publiée de manière posthume, sans doute peu révisée, et ça se ressent : c'est plaisant à lire, on retrouve le panache de Rostand au début, puis l'écriture semble de moins en moins tenue, et les enjeux assez lourdement didactiques. Il manque un peu d'audace, peut-être d'un parfum d'immoralité. À lire comme une curiosité.

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« Plus d'un sommeil d'Infante espagnole a besoin
Que j'aille le troubler dans son blanc moustiquaire. »

« Une seule épitaphe est à Don Juan permise :
"Il naquit à Séville et mourut à Venise !" »