C'est le roman qui a servi de scénario au film de Tavernier, "coup de torchon". Dans l'esprit, le film est d'ailleurs assez fidèle sauf que Tavernier le transpose dans une colonie de l'AOF … Le roman original se passe dans une bourgade du Middle-West américain complètement paumée.
Avant de parler du roman, deux précisions s'imposent.
La première, c'est que c'est un roman publié initialement en France dans la Série Noire. Et surtout qu'il s'agit du fameux numéro 1000 … Pour la petite histoire, le livre je l'avais trouvé chez un bouquiniste sur une place de marché dans un village pour pratiquement rien alors qu'il est (normalement) un objet de collection …
La deuxième, c'est que c'est Marcel Duhamel, himself, qui l'a traduit, en a fait une petite préface et surtout supprimé quelques pages et en réduisant la population de 5 personnes. C'est ainsi que le titre est passé de l'original "Pop. 1280" à "1275 âmes". Il parait qu'il existe aujourd'hui une version complète mais le sujet ne m'intéresse plus vraiment. Ah, "traduttore, traditore", comme on dit dans les milieux littéraires …
Pour finir, je me demande quand même si Marcel Duhamel n'a pas atténué les propos de l'auteur Jim Thompson puisque le texte ne m'a jamais paru comme "un gouffre dantesque" ou une "apologie de l'abomination" pour reprendre les expressions de l'éditeur.
Le roman décrit la vie d'un petit shérif sans envergure et plutôt minable qui prenant conscience qu'il risque de ne pas être réélu va se transformer en justicier occulte en prenant soin de faire porter le chapeau sur d'autres têtes que la sienne. Ainsi, il épure le village de divers éléments perturbateurs (des maquereaux) mais aussi de gens qui le bafouent comme son beau-frère et bien d'autres. L'étoile du shérif, bien utilisée, est bien pratique. Surtout quand on traine une réputation de loser. Et surtout quand l'enquête est menée par soi-même.
Au final, pour une raison que je n'ai pas réussi à bien cerner, j'ai moins apprécié le roman à la relecture qu'il y a une bonne trentaine d'années … Usure du temps, pollution par le souvenir du film de Tavernier, insuffisance d'empathie pour le narrateur qui décrit avec complaisance ses turpitudes, je ne sais pas …