Voici un écho de notre expérience 2020, où la sécurité primée et de loin, sur nos libertés de choix, pour entretenir la santé du bien commun, et qui avait divisé les gens sur les priorités liés à la crise sanitaire.
Dans cette dystopie écrite en 1963, Lino Aldani imagine une société obsédée par le risque sanitaire. Tout est réglementé : température à prendre chaque jour, vaccins obligatoires, contrôle total sur tout ce qui touche au corps. Les services de santé sont partout, et personne ne peut y échapper, même si, en théorie, c'est censé être pour notre bien. Mais au final, c'est un monde où l'on te fait comprendre que la moindre erreur est un risque pour ta survie ou celle des autres. Quelques personnages y voient une entrave à leur liberté individuelle, celle de choisir ce qui est bon et ne l'est pas. le fait de choisir sa santé, ne regarde personne. Ou est-ce important pour le bien commun?
Il est vrai qu'entre les actionnaires pharmaceutiques, les lobbing de médicaments, difficile de savoir si le but est lucratif ou altruiste.
Ce qui est vraiment intéressant dans 37° Centigrades, c'est l'ironie qui se déploie à la fin. Sans spoiler, l'histoire prend un virage qui oblige à réfléchir sur cette obsession pour la santé et la liberté qu'on croit défendre. On se rend vite compte que tout n'est pas aussi simple qu'on le pensait. Cela m'a fait penser à SOS Bonheur de Jean van Hamme. Tout comme la BD, la nouvelle d'Aldani, nous fait réfléchir sur cette question : qu'est-ce qu'on est prêt à sacrifier pour être libre ou pour être en bonne santé?