7 jours
7.4
7 jours

livre de Deon Meyer (2011)

Pour celles et ceux qui aiment l'Afrique, même du Sud.

On s'était pourtant promis de ne pas abuser de Deon Meyer, un auteur qu'il vaut mieux savourer à petites doses sous peine de trouver ses polars un peu trop indigestes.
Mais quelques semaines seulement après l'excellent Kobra (qu'on vous recommande), le hasard et le cirque des constances ont fait que nous voici avec 7 jours entre les mains.
Un bon polar de bonne facture avec une bonne histoire à raconter : une enquête savamment et patiemment construite. Et comme d'habitude une galerie de personnages bien dessinés, c'est la marque de fabrique de Deon Meyer et le principal atout de ses bouquins.
La police du Cap est en train de laisser pourrir deux affaires d'assassinats. Deux jeunes femmes de la bonne société, trucidées, deux meurtres sans aucun rapport entre eux.
Un sniper mystérieux entreprend de réveiller les enquêteurs : chaque jour qui passe (il y en aura 7 pour ceux qui ont suivi), le sniper tire sur un flic. La pression monte. On reprend les enquêtes à zéro. On repart des rapports et des interrogatoires. Un lent et minutieux travail d'investigation, intelligemment décrit, ponctué chaque jour par les tirs du sniper.
L'équipe des Hawks, menée par Benny Griessel que l'on connait bien et ses accolytes Mbabi Kaleni et Vaughn Cupido, se met en chasse.
Une belle et bonne enquête, du stress et de la pression, une course contre la montre et le calendrier du sniper. C'est devenu son habitude, Deon Meyer épice son bouquin de quelques nouveautés high-tech : téléphonie et internet sont appelés à la rescousse. Mais ce côté est un peu moins réussi que le même volet dans Kobra.
Ses collègues considèrent Benny Griessel comme un 'vieux renard'. Mais Benny considère que seul le côté 'vieux' est véridique et que le côté 'renard' laisse à désirer.
Comme d'habitude, et c'est bien sûr tout l'intérêt des polars de Deon Meyer, on entrevoit de nouveaux aspects de ce qu'est devenue la nation Arc-en-ciel après Madiba. Les problèmes de couleur sont toujours très prégnants et l'on découvre quelques travers du BEE (Black Economic Empowerment), le programme qui vise à repeindre en couleurs plus foncées le pouvoir économique : la discriminitation positive appliquée au monde des affaires. Avouons que l'on se perd un peu dans les méandres de cette excursion économique (corruption, blanchiment, main-mise étrangère, OPA, ...) : Deon Meyer explique à la fois trop et trop peu et se fourvoie un peu dans le dosage.
Mais pas suffisamment pour nous gâcher le plaisir de ce bon gros polar, nerveux et efficace, que l'on dévore en bien moins de 7 jours.
Un Deon Meyer sans surprise mais presque sans fausse note. Mais tout de même un cran en-dessous du récent Kobra.
BMR
7
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le 21 janv. 2015

Critique lue 179 fois

Bruno Menetrier

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