Le récit commence par plusieurs points de vue qui s'enchaînent. Le style est fluide et rythmé mais avec des défauts. On retrouve de nombreux clichés (vieux mentor magicien, jeune orphelin, village détruit, le méchant inquisiteur-empereur manichéen qui chasse toute résistance, des sbires sombres et vaporeux à la Nazgûls, objets magiques surpuissants et convoités), mais c'est efficace ... au début.
En effet, en commençant notre lecture, les pièces se mettent en place, on voyage dans de la fantasy old school, les personnages sont bien décrits et le background est immersif.
Mais plus on avance, plus le rythme s'accélère. Ce qui était une qualité devient un défaut. Les chapitres sont beaucoup trop courts. On plonge à peine dans une histoire qu'on change de personnage. L'effet est un détachement du lecteur, surtout avec un synopsis si classique.
D'autre part, la présentation du monde est maladroite. Le besoin d'expliquer prend parfois le dessus sur l'action ou l'intrigue. Nous sommes dans l'esprit des personnages, leurs déductions sont trop faciles, les raccourcis, trop rapides. Certaines situations ou réflexions n'ont d'autres buts que de présenter l'univers ou faire comprendre l'intrigue au lecteur. L'alchimie ne fonctionne pas. A force de vouloir tout expliquer rapidement, il n'y a plus de surprise.
C'est d'autant plus dommage que le roman commençait bien et avec talent.
Le fait que ce premier tome soit court me fait espérer une suite focalisée sur l'action. J'aimerai retrouver l'ambiance et le style prometteur des premières pages, plus travaillé et immersif.