Court roman jeunesse, Bulle Ballu est narré par Zoé, 13 ans trois quarts, qui nous raconte comment sa famille et deux autres familles ont acheté et emménagé dans une résidence partagée en trois avec un jardin en plein Paris. En tout, ce sont donc 3 familles et 14 personnages (parents et enfants) qui forment une petite communauté dans cette résidence, appelée la "Bulle Ballu", parce que située rue Ballu. Sans oublier les copains d'école et la mère de Zoé, partie quelques années auparavant, et on atteint la vingtaine de persos qui tiennent tant bien que mal dans ce court texte !
Malgré cela, on les retient assez bien et rapidement, car ils sont caractérisés efficacement. Et on peut toujours revenir au début du livre, où Zoé nous dresse la liste des familles ; on a aussi le droit, vers le milieu, à la Galerie de portraits, donc à un portrait individuel un peu plus développé, accompagné d'un dessin.
L'histoire est assez simple : les familles s'installent dans cette résidence et vivent un rêve pendant quelques mois, jusqu'au jour où l'un des couples annonce sa séparation. Cette nouvelle met à mal l'ambiance sereine de la Bulle, et les enfants vont tout faire pour sauver la situation !
C'est une histoire "simple" mais pleine d'espoir que j'apprécie. En revanche, c'est ce que nous promet le résumé, mais l'annonce de la séparation arrive vers les 2/3 du livre. Heureusement, il y a l'action militante (très chouette) et la romance (qui ne fonctionne pas du tout au début, assez comique) qui viennent rythmer la première partie.
Maintenant, parlons de l'aspect le plus déroutant : le style.
C'est un style haché.
Un peu, à cette manière.
Avec une phrase par ligne.
Et des paragraphes de quelques lignes.
Des virgules, qui séparent verbe et sujet.
Une sorte de poésie en prose, sans rime ni rien.
Il m'a fallu plusieurs pages pour y adhérer. Mais finalement ? Eh bien, on s'y fait et j'ai fini par apprécier ! On sent aussi la voix de Zoé, jeune narratrice, avec ses expressions et sa pensée bien à elle. Quant aux dialogues, ils sont plutôt réussis et vraisemblables, et ils viennent apporter un changement de rythme agréable. Mention spéciale aux noms de chapitres amusants.
En bref, rien qui révolutionne le genre, mais le style osé et très personnel est un pari risqué qui, selon moi, fonctionne au moins partiellement. Note finale : 6,5/10.