Après quelques années d'exil sur Terre, John Barbare™ est de retour sur Gor ! Notre bon vieux Tarl n'a pas pris une ride et il reprend bien vite ses vieilles habitudes – qui consistent essentiellement à se battre avec tout le monde, parce qu'on règle toujours tout avec une bonne bagarre.
Le début intrigue : sa cité a disparu, son nom est maudit, et il se met enfin en route vers les Prêtres-Rois, ces êtres mythiques qui contrôlent tout sur la planète.
Sauf que, spoiler, à la fin du livre, c'est retour à la case départ : il se prépare de nouveau à aller les voir ! C'est assez frustrant quand on se rend compte, au bout de quelques chapitres, que l'intrigue se dirige ailleurs.
Et concernant l'intrigue dans sa globalité...
Il arrive à Tharna, la seule cité de Gor à être dirigée par une femme, la Tatrix, et son conseil de femmes au masque d'argent. Vu la misogynie et le machisme caractéristiques de Gor, on s'attend pas à ça ; la cité nous est présentée comme une anomalie, mais aussi comme une cité étrangement accueillante, qui autorise les étrangers à y pénétrer. Sauf que, bien vite, Tarl déchante : tout est gris, les hommes sont tristes et maussades, et au bout de 10h passées dans la ville, on lui "souhaite la bienvenue", une formule codifiée qui signifie qu'il est désormais considéré comme un esclave pour la ville. En fait, ce gouvernement de femmes est présentée comme étant équivalent, voire plus cruel que ceux masculins : les femmes de Tharna méprisent les hommes, les considèrent comme des bêtes et les font s'entretuer dans les "Divertissements" qui ne sont pas sans rappeler les jeux du cirque romains.
Bref, tout n'est pas doré ici-bas. Un twist que j'ai d'abord apprécié, avant que la personnalité de la Tatrix change du tout au tout : elle se fait enlever par Tarl qui s'enfuit miraculeusement, puis elle accepte de changer complètement de politique, de réhabiliter les hommes et d'être de nouveau dominée par eux, et tout va bien et c'est une happy ending ?? Je résume grossièrement bien sûr, mais au final, c'est ça qu'il se passe. J'ai cru en la sincérité de l'auteur jusqu'à ce qu'il avoue à demi-mot que c'était sans doute dans la nature de la femme d'être dominée et réduite en esclavage par l'homme... parce que, dans le sens inverse, c'était vraiment trop cruel, voyons. Y'avait du potentiel avec cette cité de femmes fortes dans un monde machiste, mais tout est retombé avec le dénouement. Assez déçu donc
Bref, à la fin du livre, on a encore toutes nos questions sur l'univers et le worldbuilding, et on a juste l'impression d'avoir fait un gros détour qui a abouti à un "retour à la normale" où les femmes sont des esclaves dociles qui se laissent gentiment faire. C'est vraiment tout en nuance ici et pas du tout manichéen. Malgré tout, le style est toujours sympa, ça se lit vite, Tarl casse la gueule à quelques gueux et entame une révolution, et l'ambiance du début est plutôt sympa avec la cité progressiste qui se révèle petit à petit de plus en plus sombre. 5/10.