Cartons
6.8
Cartons

livre de Pascal Garnier ()

Cela faisait (trop) longtemps que je n'avais pas lu un roman de Pascal Garnier. J'ai presque oublié pourquoi j'aimais cet écrivain. C'est avec ce roman posthume que je me suis rattraper.

Quel bonheur ! Décidément, Pascal Garnier est hors catégorie pour moi, une écriture si particulière, tragi-comique, désespérément humaine. Et puis cette façon si originale de tout plaquer, d'en finir brutalement avec chacune de ses histoires !

Pour ce qui est de l'histoire justement : un homme déménage à la campagne mais ne se résout pas à vider ses cartons et préfère attendre sa femme dont l'absence commence à devenir pesant pour lui. Est-elle partie pour toujours ? décédée ? C'est une femme du village rencontrée par hasard, une sorte de vieille-fille qui lui redonnera l'envie de vivre, quoique...

Je ne résiste pas à citer quelques passages qui m'ont bien fait rire, que je trouve beaux tout simplement :

- vous êtes ponctuel, c'est bien
- c'est difficile de faire autrement, ici. J'avoue que jai encore du mal à me faire à cette cloche.
- il n'y a plus de curé dans l'église, il faut au moins une cloche, pour le remplacer. Asseyez-vous.

Après avoir manipulé l'antenne, l'image se stabilisa. Un couple d'animateurs, dont l'élément masculin était un ancien présentateur météo fraîchement moumouté, proposait avec un enthousiasme débordant dans un décor de pavillon témoin un lot de films antiadhésifs, soit en rouleaux de 40x30, soit en disque de 33,26,24 centimètres de diamètre protégeant pour l'éternité le fond de vos poêles, vos plaques de four, pour la modique somme de 24,95 euros. Blanche n'en revenait pas.
- Je vais faire un café, vous en voulez ?
- Merci, j'ai déjà pris mon chocolat. Vous vous rendez compte, 24,95 euros, pour l'éternité !

L'eau, épaisse comme un sirop, grasse comme de l'huile, renvoyait au ciel sa propre image dans un défi magnifique. De flaque en flaque, elle bouillonnait, bondissait, éclaboussait les bourrelets minéraux, fière de son opulence, ivre de bulles, enragée, écumante. Des larmes lui vinrent aux yeux.
Fromtheavenue
7
Écrit par

Créée

le 8 févr. 2014

Critique lue 128 fois

Fromtheavenue

Écrit par

Critique lue 128 fois

D'autres avis sur Cartons

Cartons

Cartons

4

flotte_krucq

5 critiques

Critique de Cartons par flotte_krucq

Vraiment je n'ai pas accroché, très certainement parce que je m'étais fait une toute autre fausse-idée de ce que pouvait raconter ce livre.Il s'est présenté à moi en bouquinerie alors que je venais...

le 14 juin 2026

Cartons

Cartons

7

Fromtheavenue

145 critiques

dernier carton !

Cela faisait (trop) longtemps que je n'avais pas lu un roman de Pascal Garnier. J'ai presque oublié pourquoi j'aimais cet écrivain. C'est avec ce roman posthume que je me suis rattraper. Quel...

le 8 févr. 2014

Cartons

Cartons

6

Yuko-en-pages

1197 critiques

Critique de Cartons par Yuko-en-pages

A travers une histoire de cartons, c'est le mouvement de la vie qui s'ébranle et se joue. Le roman de Pascal Garnier évoque tour à tour, l'absence, la solitude, l'attente, la transition et le...

le 15 sept. 2013

Du même critique

Free Fall

Free Fall

8

Fromtheavenue

145 critiques

Chute libre

Freier Fall, Chûte libre donc, nous a donné à voir le monde de la police allemande sous un angle bien particulier. Deux policiers se rencontrent à l'université. Ils se retrouvent pour s'entraîner à...

le 27 janv. 2014

Taekwondo

Taekwondo

9

Fromtheavenue

145 critiques

Un film magique et troublant avec de très beaux moments d'émotions.

Marco Berger nous a habitué à un cinéma lent, contemplatif et mystérieux (à travers Plan B, Absent et surtout le magnifique Hawaii). Dans cet opus il nous offre avec Martin Farina, en plus de ces...

le 23 mars 2018

En finir avec Eddy Bellegueule

En finir avec Eddy Bellegueule

8

Fromtheavenue

145 critiques

La baffe du début d'année !

Bon déjà , avec un titre pareil, ça me donne envie. J'ai à peine lu la quatrième de couv, rien lu sur l'écrivain, je sais juste qu'il a 21 ans et que c'est son premier roman...autobiographique. Allez...

le 27 janv. 2014