👉 20 mai : Mise à jour de notre journal de bord (qui devient hebdo)
Le bilan de la nouvelle version du site est accessible ici.

Broyée par la vie et la barbarie

Charlotte Salomon, née à Berlin le 16 avril 1917 et morte en 1943 à Auschwitz est une artiste plasticienne et peintre. Froideur d'une notice biographique. Entre les deux dates, une existence. Courte, intense, dramatique. Et une oeuvre : Vie ? Ou théâtre ? Un peu oubliée, qui repose le plus souvent dans les réserves du musée juif d'Amsterdam. C'est peu de dire que David Foenkinos est devenu obsédé par la destinée de Charlotte depuis qu'il l'a découverte lors d'une exposition à Berlin. L'écrivain a enquêté, interrogé des descendants de témoins de sa vie, visité les lieux qu'elle a fréquentés, de Berlin au sud de la France. Mais comment rendre hommage à cette femme ? Comment raconter une existence marquée par les suicides dans sa famille, dès avant à sa naissance, jusqu'à sa mère et sa grand-mère ? Comment dire sa passion pour l'art, son adolescence dans l'Allemagne nazie, son départ pour la France ? Comment donner corps à cet amour éperdu qu'elle ressentit pour l'homme de sa vie, qu'elle côtoya si peu ? Comment, enfin, parler de ses derniers moments ? Foenkinos a choisi une forme originale, au départ frustrante pour le lecteur, mais qu'il tient de bout en bout, pour que l'émotion ne submerge pas tout, pour que, en définitive, Charlotte Salomon reste un personnage avec sa part de mystère, fait de lumière et d'ombres grandissantes. Charlotte adopte le rythme et la scansion poétique -des phrases qui font toujours moins d'une ligne- dans un récit sobre et contenu. Une forme qui épouse le fond : un destin tragique qui avance par saccades et secousses. La meilleure façon de rendre grâce à un être d'exception broyé par la vie et la barbarie.

6nezfil
8
Écrit par

il y a 5 ans

Charlotte
Docteur_Jivago
8
Charlotte

Une Vie Brisée

Devoir quitter son pays pour fuir les horreurs d'un régime. Se faire rattraper et mourir alors qu'on est enceinte et à Auschwitz. La création qui va lui permettre de s'inscrire dans le temps...

Lire la critique

il y a 5 ans

19 j'aime

2

Charlotte
François_CONSTANT
8
Charlotte

Critique de Charlotte par François CONSTANT

La chevauchée tragique de la Mort qui pousse à vivre. La Mort qui s’approche, s’accroche, fait peur, étouffe, éloigne, rapproche. La Mort qui force Charlotte Salomon, juive allemande, à devenir sa...

Lire la critique

il y a 7 ans

18 j'aime

4

Charlotte
ThomasRoussot
1
Charlotte

Se rendre à la ligne du point zéro.

Le point zéro de la littérature est atteint avec ce "Charlotte". Ce n'est pas en allant à la ligne du début à la fin que ça lui confère une quelconque valeur poétique (tout juste une épaisseur...

Lire la critique

il y a 7 ans

16 j'aime

6

The Power of the Dog
6nezfil
8

Du genre masculin

Enfin un nouveau film de Jane Campion, 12 ans après Bright Star ! La puissance et la subtilité de la réalisatrice néo-zélandaise ne se sont manifestement pas affadies avec Le pouvoir du chien, un...

Lire la critique

il y a 8 mois

61 j'aime

12

Mon inconnue
6nezfil
7
Mon inconnue

Relativité restreinte

Et si on supprimait les bandes-annonces des salles de cinéma ? Celle de Mon inconnue, outre le fait qu'elle dévoile copieusement tous les tenants et presque les aboutissants du film, en accentue la...

Lire la critique

il y a 3 ans

55 j'aime

9

Drunk
6nezfil
8
Drunk

Mélan(al)colique

Le problème de Thomas Vinterberg est d'avoir atteint un niveau très élevé dès son deuxième long-métrage, Festen, sans être capable de réitérer pareille performance par la suite, malgré quelques...

Lire la critique

il y a plus d’un an

51 j'aime