Dans tous les sens
Pratiquant la sociologie du travail sauvage, je distingue boulots de merde et boulots de connard. J’ai tâché de mener ma jeunesse de façon à éviter les uns et les autres. J’applique l’expression...
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Une centaine de pages d’anecdotes sur la boxe, certaines tordantes, d’autres plus plates ; certaines de quelques lignes, d’autres de plusieurs pages ; certaines cruelles, d’autres drôles ; certaines qui sentent le cuir, d’autres le mensonge, d’autres encore trop invraisemblables pour ne pas être vraies. Un exemple, que vous placerez dans la catégorie de votre choix :
« Meyer Shapiro avait accepté un combat contre un type soi-disant inexpérimenté, à la fin du 3e, il était K.-O.
– Il s’appelait Robinson… c’est vrai qu’il avait pas beaucoup d’expérience, il gagnait toujours au premier round ! » (p. 58)
Faut-il aimer la boxe pour apprécier Comptés debout ? Je n’y aurais sans doute pas jeté un œil si je n’avais pas lu le bon Alias Ali, du même auteur, à l’époque où j’étais plus proche des welters que des poids moyens. (Il me semble d’ailleurs qu’une anecdote du livre de 2020, page 88, reprend un passage de celui de 2013.) Il faut peut-être simplement – mais est-ce plus répandu ? – aimer « Félix Fénéon, / L’Incomparable », à qui est dédié ce recueil. Le style de Frédéric Roux n’a certes pas la violence subtile du Bombardier du Foyot, mais il y a de pires patronages.
Et puis cette écriture, souvent dynamique, parfois relâchée sans faire dans l’expérimental, dans laquelle les dialogues prennent une large part, convient assez bien à cette mythologie du noble art dans laquelle baigne peu ou prou (barbote ?) Comptés debout. On y trouve ainsi des boxeurs de troisième zone, des combats truqués, d’autres douloureux (« Avant le dernier round, il demande à son homme de coin : “J’en suis où ?” / – Si tu le tues au prochain, tu fais match nul », p. 90), de la fanfaronnade (« J’te dis qu’il a mis un cheval K.O… », p. 71), un peu de misère intellectuelle (« Faut combien de billets de 100 pour faire 1000 ? », p. 77) et du désir d’ascension sociale à la Rocky. Et l’héroïque Robin Deakin.
Créée
le 21 mars 2020
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