Machi est un homme qui vu de l’extérieur semble tout avoir. La gloire, la fortune, le pouvoir. Une femme ravissante et une bardée de jeunes prostituées sous sa botte prêtent au moindre de ses désirs. Rien ne lui résiste, il n’a pas d’ennemis (à sa connaissance), tout le monde lui envie ce qu’il possède lorsqu’il file devant leurs yeux à bord de sa BMW à deux cents milles balles. Enfin jusqu’à ce qu’il crève un pneu sur l’autoroute et fasse connaissance avec le ravissant cadavre défiguré et attaché dans son coffre.
Commence l’angoisse de l’homme traqué. À l’affût de l’ennemi, se sentant observé sans pouvoir en être certain, Machi tombe dans une spirale infernale pour tenter de trouver une solution à son problème. Comment dégager ce macabé de sa splendide voiture, qui lui a fait un coup pareil mais également pourquoi ? L’homme qui se disait aimé et admiré de tous va finalement faire la liste de ceux qu’il a évincé, jetté, ou encore détruit au court de sa propre ascension. Le pourri jusqu’à l’os qu’il incarne voit son socle de marbre commencer à se briser sous le poids de ses méfaits. C’est violent, implacable, très hot, sans temps mort. Bienvenue dans le monde derrière l’image, nimbé du blanc de la drogue, du rouge du sang, du vert de la corruption, et du bruit des talons que font les fleurs de pavés. Un éclair fugace dans la vie de cet homme et vous trouverez un cadavre caché dans le placard …
De loin on dirait des mouches, celles qui attendent et guettent la blessure pour venir pondre afin que leur progéniture vive et profite du cadavre prochain. Des mouches folles comme dit l’auteur, qui volent avec frénésie dans un ballet sans forme ni ordre, un chaos innommable et insondable. Un peu comme Machi également, une mouche qui va de droite et de gauche dans la panique de l’instant. Quand on referme ce livre, on se dit « merde, c’est déjà fini, et comme ça? Ah non non non » sauf que si, à nous d’imaginer la suite et la fin de Machi, à supposer que son calvaire voit un jour une issue, un temps mort.
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