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Des mille et une façons de quitter la Moldavie par Nanash

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Quand je lisais Jonas Jonasson et son « Analphabète qui savait compter » je pensais que ce genre de roman loufoque et humoristique ferait d’excellents moments de détente entre d’autres œuvres plus sérieuses et noires. Je ne pensais pas retomber si rapidement sur un roman de cet acabit mais c’est chose faite par l’insistance de la Salle 101 à me faire lire Vladimir Lortchenkov avec en plus la possibilité d’y trouver un peu plus qu’un roman humoristique.

La Moldavie, ce pays qui me fait immédiatement penser au « Sceptre d’Ottokar » (qui ne s’y déroule pas) et que je suis bien infoutu de placer sur une carte serait donc le théâtre d’un exode massif de sa population, ou tout du moins d’une tentative, vers l’Italie. Pour cela tous les moyens sont bons, du classique emploi traditionnel de passeurs véreux à la construction d’un tracteur volant et bien d’autres projets dingues que je ne dévoilerai pas. Si l’entièreté de la population tente de fuir le pays le plus pauvre d’Europe – y compris son président à qui Berlusconi refuse tout entretien – c’est sur un village en particulier que se concentre le roman. Larga possède un atout de choix, Seraphim parle Italien (probablement Italien à vrai dire car la couverture du manuel était déchirée) et il a fait de l’Italie son plus grand rêve et son seul avenir.

Les personnages sont très bien traités et s’émancipent de leurs façades clownesques pour plus de profondeur à mesure qu’échouent leurs plans infaillibles. Sans clairement l’indiquer, l’indifférence du monde occidental à leur sort et la propension à les confondre avec des terroristes barbares reflètent bien le cynisme ressenti par un auteur de l’Est sur la forteresse qu’est devenue l’Europe. Outre le ton franchement drôle des différentes tentatives avortées le roman tente d’introduire quelques notions plus ancrées dans le réel et dans la réalité Moldave. La misère est présente partout, la note du communisme n’est toujours pas soldée et la religion contribue à la confusion de tous. Ces aspects auraient probablement méritées d’être un peu plus prégnants sur l’histoire bien que cela aurait été surement plus compliqué en terme d’harmonie globale du roman.

Une belle découverte qui me donne envie de poursuivre l’œuvre de Vladimir Lortchenkov. 8/10

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