Elévation à mi-hauteur

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Avec élévation, on s’attend dès le positionnement du pitch de base à une version actualisée et modernisée de « sac d’os » ou de « la peau sur les os ». Il est vrai que, 40 ans plus tard, les divagations de bohémiennes font désormais plus partie du folklore que des craintes des lecteurs.

Pour autant, ici, dans cette grande nouvelle plus que petit roman, visiblement sortie sous le format poche par pur opportunisme, nous n’avons pas le King des grands jours mais celui des commandes.
En effet, le roman court sur un décorateur d’intérieur divorcé qui, sans raisons, perd peu à peu son poids sans changer d’apparence n’est qu’un prétexte à un bon pink-washing à l’américaine, visant à rappeler que le couple de femme est formidable à chaque page, et qu’elles ont raison d’être odieuses puisque la société l’est (on est beaucoup moins miséricordieux pour Randall Flag dans d’autres pages du bonhomme).

Dans l’absolu, c’est un choix comme un autre, et un pan d’écriture qui aurait pu se justifier. Mais c’est ici amené avec tellement peu de finesse et sur un ton tellement sentencieux que ça en vient à desservir totalement le propos. Le sujet mérite mieux et plus de finesse, et Stephen King a fait beaucoup mieux, souvent avec une finesse dans la description des comportements humains ici tellement absente qu’on doute de l’identité de l’auteur.

On peut néanmoins garder en toile de fond une certaine poésie et un hommage à Theodore Sturgeon. Et il n’y a jamais assez d’hommage à l’auteur de Cristal qui songe. C’est déjà ça.

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