L'histoire d'une femme qui se noie. Et qui revient à la surface, au moins pour un temps. Malgré l'adversité et les contingences sociales. Jean-Luc Seigle, dans Femme à la mobylette, a tenté d'écrire un roman populaire contemporain, de la précarité et de l'angoisse des lendemains qui déchantent. On ne lui demandait pas d'être Hugo mais la vie de son héroïne, Reine, qui élève comme elle peut ses trois enfants et exerce le métier de thanatopracteur ne sonne pas constamment juste. On voudrait y croire car l'auteur est toujours bienveillant mais ce conte est parfois alourdi par un excès de misérabilisme et beaucoup d'éléments narratifs difficiles à croire (le voyage en mobylette de l'Auvergne à Biarritz, la personnalité de l'amoureux de Reine, un grand artiste devenu routier (sic)). Le récit est heurté, rarement fluide, considérablement lesté de considérations plus ou moins pertinentes sur la pauvreté, l'art, la religion, etc. Reine est bien au centre du livre mais son chemin de croix puis d'espoir semble comme au service d'un plaidoyer, voire d'une thèse. Cette héroïne prend les contours d'une abstraction, d'un symbole, fort sans doute, mais schématique et réducteur.